Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

APPEL MONDIAL

BM, FMI, OMC : ça suffit !

Inprecor n° 400, mars 1996 · p. 25 · 1 027 mots

Économie mondiale

Appel mondial: BM, FMI,

DES LES

Banque mendiale ANNÉES 70, la

PFMT

Organisation mendiale Banque mondiale

Get le FMI ont du commerce : Ça suffit ! considéré que les effets négatifs de l'explosion de l'endettement du Tiers monde (et des pays dudit «camp socialiste » de l'époque) seraient annihilés par la croissance des revenus d'exportation obtenus par les pays du Tiers monde d'une production résolument tournée vers le marché mondial.

Systématiquement, ces deux institutions ont affirmé que les prix des matières premières allaient rester stables ou augmenter. L'ensemble de leurs projections s'est révélé faux. Pourtant dans leurs travaux les plus récents, ces institutions financières persévèrent dans leurs erreurs.

En effet, l'hypothèse de base (établie en 1995) pour les 10 années à venir, repose sur trois pronostics : primo, une croissance des exportations de 6 % pour les pays en « développement », secundo, 3 % d'inflation du dollar, tertio, le prix réel des exportations des pays en « développement », entre autres celui des matières premières, resterait stable.

Or, d'après leurs propres estimations, le prix d'une série de produits d'exportations des pays en développement va baisser. C'est le cas du café, du coton, de la banane, du sucre, des crevettes, du thé, du cuivre, du riz, de la bauxite, etc. Rien que la baisse du prix du café va représenter un nouveau drame pour le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda. La Banque mondiale et le FMI prévoient une baisse de 21 % du prix du café sur dix ans. Or le café représente 53 % des exportations du Rwanda, 54 % de celles du Burundi, 66 % de celles de l'Ouganda.

Dans ce dernier pays, considéré comme un bon élève de la BM et du FMI, en 1994, 2,5 USS étaient dépensés par habitant pour la santé contre 30 US$ (également par tête d'habitant) pour le remboursement de la dette extérieure.

L'Éthiopie sera elle-même touchée de plein fouet par la baisse du prix du caté qui représente 57 % de ses exportations. La Tanzanie sera touchée par l'effet conjoint de la baisse des prix du café et du coton qui

OMC : ça suffit !

représentent respectivement 24 et 18 % de ses exportations. La Zambie quant à elle, sera mise à genou par la chute du prix du cuivre qui constitue 77 % de ses exportations. Et le cycle infernal reprendra de plus belle : face à la chute des prix d'exportations, les pays concernés devront recourir à de nouveaux emprunts en raison du service de la dette : leur sujétion aux institutions financières multilatérales augmentera par la même occasion.

Ce qui est effarant, c'est que ces institutions puissent paraître un tant soit peu sérieuses dans les milieux politiques, économiques et financiers en accumulant de telles contradictions (en fait, de tels mensonges) dans leurs politiques. SOLIDAIRES FACE AU G7-LYON 1996

La préparation du contre-sommet de juin 1996 à Lyon s'est accélérée le weekend des 16-17-18 février 1996 à Paris. Après un meeting de lancement le vendredi soir, où ont participé environ 200 personnes, les ateliers et séances plénières des samedi et dimanche ont commencé à élaborer collectivement le contenu et l'organisation du contre-sommet qui aura lieu les 21,22 et 23 juin 1996 à Lyon. Des débats parfois un peu mouvementés (le temps commence à presser et beaucoup de choses restent à organiser) mais une volonté commune de créer un événement où « les Autres voix de la planète » se manifesteront en rupture avec les politiques du G7 au Nord, au Sud et à l'Est.

Ce sera un lieu de convergence extraordinaire puisque c'est là qu'aboutira également la marche de « AC ». LILLE 1996

Une avant-première aura lieu à Lille les 30 et 31 mars quand les ministres de l'Emploi et des Finances du G7 se réuniront pour préparer le sommet de juin. Un collectif lillois se constitue déjà. C'est indispensable : les documents préparatoires du G7 témoignent d'un cynisme absolu et exigent une riposte immédiate : « La conférence de Lille s'inscrit dans un effort de longue haleine visant à redonner confiance et espoir à des opinions publiques progressivement gagnées par le découragement et la crainte de l'avenir (et pour cause !) et à renforcer leur capacité d'adaptation au changement (voilà le fond de l'affaire !). La conférence doit s'efforcer de rétablir la crédibilité des politiques de lutte contre le chômage et la pauvreté, en démontrant que l'amélioration de la situation de l'emploi est aujourd'hui au cœur des stratégies du G7 (...) ». Il s'agit donc en fait d'une opération de « public relations » destinée à redorer le blason de l'institution plutôt que de s'attaquer réellement au chômage devenu structurel. La région de Lille et les régions proches de la Belgique sont à ce titre un bel exemple du désastre organisé par le G7.

Pour être tenu au courant de l'évolution de la campagne, de toutes les initiatives prises par des collectifs régionaux, du niveau de la préparation de Lyon 1996, un bulletin « 4 pages » de campagne paraîtra tous les quinze jours. On peut l'obtenir en prenant contact avec le CEDETIM (1). UN LIVRE DÉDICACÉ PAR RICCARDO PETRELLA

Nous signalons la deuxième édition du dossier du CADTM « BM/FMI/OMC : ça suffit ! » (II) sous forme de livre. « Face à l'esprit du temps prônant la totale sujétion aux intérêts financiers et marchands des puissants de ce monde, l'analyse rigoureuse et précise d'Eric Toussaint et de ses collègues, constitue un espoir majeur pour l'avenir : il y a encore de l'espace pour la « révolte », pour ceux qui — et ils sont centaines de millions — ont l'envie de construire un autre futur. C'est cela « 50 ans, ça suffit ! » (Riccardo Petrella, président du Groupe de Lisbonne).

Ce livre est disponible à la Librairie La Brèche : 9, rue de Tunis, 75011 Paris, ou peut être commandé au siège du CADTM. 29, rue Plantin, 1 070 Bruxelles en y envoyant un chèque de 110 FF (port inclus) émis à l'ordre de PECI.

1) CEDETIM : 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris. Tel (1) 43 71 09 11. Permanences téléphoniques les lundis et mercredis de 17 à 19h.

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