Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Déclaration européenne contre le libéralisme et pour l'humanité

Inprecor n° 404, juillet 1996 · p. 30 · 631 mots

Mexique

Déclaration européenne contre le libéralisme et pour l'humanité le 2 juin 1996 A l'opinion publique européenne Aux êtres humains du monde entier Aujourd'hui nous aussi nous disons « ya basta » ! Nous sommes plus de 1 000 venus de 26 pays européens, membres de groupes sociaux, politiques et culturels, de mouvements et de collectifs, ou simples individus, ceux qui n'ont pas de voix : nous nous sommes proposés de dire non aux forces de destruction qui dominent notre vie en Europe et de refuser tout aussi bien celles qui menacent les peuples hors d'Europe, dans le monde entier, par l'exploitation, la répression et la destruction des conditions matérielles et écologiques de la vie. Nous nous sommes réunis du 30 mai au 2 juin pour crier ensemble avec force « ya basta » ! En tant qu'êtres humains avec des vécus différents, avec des expériences différentes d'oppression raciste, sexiste, patriarcale, sociale, économique et culturelle, nos formes de lutte et nos modalités d'organisation ont été et restent déterminées par de multiples formes de résistance. Nous ne cherchons pas à nier ces différences, et n'avons pas l'illusion de connaître le chemin, ni la recette, la solution, la doctrine, la forme d'organisation, capables d'unifier toutes les différences que nous connaissons. Bien au contraire, nous ne voulons d'aucune unification qui nous priverait de notre variété, dans laquelle nous voyons notre force. Pourtant nous nous sommes réunis à Berlin pour un but commun. Celui de parler ensemble, de discuter de nos différences et de ce que nous avons en commun et d'inventer de nouveau l'espérance. Et nous ne sommes pas seuls. Au cours de ces semaines et mois, des personnes se réunissent sur tous les continents avec un but identique. ¡ Ya basta ! Par ce cri, l'EZLN a rompu le silence au Chiapas, le janvier 1994 au Mexique. Un silence trompeur, qui pouvait paraître approbateur des maîtres du nouvel-ancien ordre mondial. Mais aussi annoncer la fin de la passivité qui a toujours résulté de nos divisions. Nous avons repris à notre compte cet appel et nous envoyons aujourd'hui de Berlin notre « ya basta » aux peuples du monde. Il faut donc voir dans ce premier rassemblement européen contre le libéralisme et pour l'humanité, un début ; le début de la fin des divisions qui nous séparent, sans renoncer à débattre ; le début d'une lutte commune qui ne cache pas les différences ; le début de la recherche d'un accord et de la création d'un réseau par delà les frontières entre pays et entre individus. Nous avons fait ensemble ce premier pas au cours de ces quatre journées, nous avons débattu et analysé, polémiqué et rêvé dans plus de quarante groupes de travail. Nous n'en sommes qu'au début, mais nous avons eu le courage de nous y engager. Et nous poursuivrons sur la voie que nous nous sommes tracée. Nous ne sommes pas « tous » et n'avons pas non plus la prétention de pouvoir parler au nom de « tous ». C'est pourquoi nous parlons en notre nom et appelons tous les êtres humains qui luttent pour la démocratie, pour la liberté et pour la justice, à débattre avec nous et à rejoindre la marche entreprise. Ce rassemblement sera suivi par d'autres. Des rassemblements dans des communautés et des villes, des régions et des pays, d'autres rassemblements européens et, finalement, le rassemblement intercontinental qui, fin juillet, se tiendra à La Realidad, dans les montagnes du sud-est mexicain. Là-bas à La Realidad, face à l'Interationale de la terreur se dressera, grandissante, l'Intemationale de l'espoir. « Il n'est pas nécessaire de conquérir le monde. Il nous suffit de le créer à nouveau. Nous. Maintenant. » Voilà pourquoi nous vous saluons tous d'un énergique « ya basta » ! De la jungle métropolitaine de Berlin.

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