Inprecor 1974–2004

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ETAT D'ISRAËL

Une société morcelée

· Inprecor n° 404, juillet 1996 · p. 31-34 · 3 262 mots

Palestine et Israël Grande-Bretagne

Le 29 mai, les électeurs ont choisi Benjamin Netanyahu contre Shimon Pérès. Ce choix reflète-t-il un rejet du processus de paix, comme le pense beaucoup d'observateurs?

Une analyse détaillée des résultats montre facilement que tel n'est pas le cas.

Etat d'Israël

Jérusalem, juin 1996 AU DÉBUT DE L'ANNÉE 1996, le Parti travailliste était à son apogée tandis que la droite était complètement sur la défensive. L'assassinat de Rabin a fourni à Pérès un appui massif et à l'« héritage de Rabin » un soutien populaire incontestable. Presque personne n'osait remettre en cause la « politique de paix » menée par le dirigeant assassiné. Cette politique avait abouti à un succès complet qui a permis la reconnaissance internationale d'Israël, sa normalisation avec le monde arabe et une amélioration réelle de la sécurité individuelle sans notable résistance de la part de l'opposition palestinienne. Parallèlement, l'extraordinaire croissance économique et l'augmentation des revenus de la majorité de la population israélienne venaient confirmer ce bilan positif. Tous les sondages prévoyaient une nette victoire de Pérès, favorisée par les divisions, la désorganisation et la panique de l'aile droite de l'opposition. Se basant sur ces données, Shimon Pérès décidait d'anticiper les élections. Toutefois, il devait commettre en même temps deux erreurs fatales. La première erreur fut de tout faire pour apaiser les sentiments hostiles à la droite et faire retomber la mobilisation provoquée par l'assassinat de Rabin. « L'unité nationale » était l'axe principal de la politique de la direction travailliste qui a tout tenté pour arrêter la moindre tentative de polarisation de la scène politique israélienne. Des meetings avec les colons d'extrême-droite ont été organisés. Ainsi, au lieu d'affirmer un profil politique spécifique, la direction travailliste a avancé un nouveau programme dont l'objectif était de montrer qu'il n'y avait pas de divergence de fond entre le Likoud et les travaillistes, notamment en ce qui concerne le nouveau concept public qui devrait être intégré dans la charte de l'accord final israélo-palestinien stipulant qu'une majorité des colonies resteront sous souveraineté israélienne.

Michel Warshawski Cette tactique a sauvé Benjamin Netanyahu, en lui offrant la légitimité populaire dont il avait besoin et la possibilité de défendre l'idée selon laquelle les divergences avec le Parti travailliste ne sont pas sur la paix, ou sur l'« héritage de Rabin », mais bel et bien sur quelle paix voulons-nous ? Quelle tactique adopter sur la base du consensus établi par Rabin ? L'« erreur » des travaillistes ne peut se comprendre que si l'on garde à l'esprit le fait que leur politique était bien celle du Likoud avec la rhétorique et le style des travaillistes, et qu'au sein même de la direction travailliste il existait un large courant opposé à la voie « hâtive » identifiée à la politique de Shimon Pérès au Moyen Orient. Pour contrecarrer leur aile droite, les travaillistes auraient du développer une propagande offensive contre la colonisation et en faveur d'un compromis de longue durée avec les Palestiniens. Une telle propagande aurait été un tournant dans l'attitude face à l'Autorité palestinienne, permettant une accélération du processus de négociation. Cette politique ne pouvait pas recueillir l'appui de la majeure partie de la direction travailliste qui soit soutient, soit craint la fraction militaire de la classe dominante israélienne. La deuxième erreur fut d'assassiner le héros du groupe de Azadin el Qassam, Yihya Ayash, ce qui a provoqué la fin du cessez-le-feu de fait entre Israël et Hamas et réouvert la vague sanglante des opérations-suicide, compromettant ainsi le réel succès des accords israélo-palestiniens en ce qui concerne la sécurité d'Israël. En décidant d'assassiner Ayash, Pérès a détruit l'image positive dont bénéficiait l'accord israélo-palestinien aux yeux du public. Cette décision dont les conséquences négatives pour les travaillistes étaient manifestes fut le résultat de pressions exercées par l'establishment militaire. Contrairement à Rabin, Pérès était trop faible pour pouvoir refuser les exigences des chefs des Services de sécurité.

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Jérusalem UN PUTSCH MILITAIRE? La politique suicidaire du Parti travailliste peut être expliquée soit par son extrême confiance en lui même après l'assassinat de Rabin, soit par son sens des responsabilités et sa peur de provoquer une polarisation au sein de l'opinion publique israélienne. Il existe cependant une troisième explication, qui a été avancée par certains commentateurs aussi bien étrangers qu'israéliens, mentionnant une tentative consciente et planifiée de la part de l'establishment militaire pour mettre un terme au gouvernement travailliste ainsi qu'à sa politique de « compromis hâtifs et démesurés ». Cet establishment est puissant au sein même de la direction travailliste et avait employé tous les moyens pour freiner le processus de négociation israélo-palestinien. A plusieurs occasions, l'armée et les Services de sécurité ont obligé le gouvernement à changer de position : le retrait dans le cadre des accords du Caire de nombreuses avancées énoncées dans la déclaration de principe d'Oslo, la décision de saboter le cessez-le-feu entre le Président Arafat et Hamas, la décision de prendre le contrôle de la zone B suite aux opérations-suicide, la décision de provoquer le Hezbolah par la violation des accords de 1993 concernant le Sud Liban et d'y provoquer la guerre — toutes ces décisions ont été prises sous la pression de l'armée et ont changé complètement l'esprit des relations israélo-palestiniennes établies à Oslo en 1993. En réalité, c'est relativement sans importance de savoir s'il y a eu une tentative consciente de se débarrasser du personnel de Pérès et des ministres du Meretz, en provoquant la chute de Shimon Pérès, ou seulement des pressions sur le gouvernement pour qu'il adopte une politique plus conforme aux intérêts et aux conceptions de l'establishment militaire. Dans les deux cas cela a provoqué l'échec de la stratégie de Pérès dans sa composante la plus importante aux yeux de l'opinion publique israélienne à savoir la question de la sécurité. Jusqu'alors, la « politique de paix » avait été identifiée à davantage de sécurité personnelle, elle a depuis lors perdu sa popularité et nourri la propagande des partis de droite. En d'autres mots, la chute de Pérès reflète la victoire de la frange militaire de la classe dominante israélienne aux dépens de la frange capitaliste, ou encore, la victoire de la vieille conception militaire qui a dominé les 40 premières années de l'État d'Israël aux dépens de la nouvelle conception accordant la priorité à la normalisation avec le monde arabe comme partie prenante du nouvel ordre mondial. C'est la victoire des forces, toujours puissantes, du passé, au détriment de l'aile marchante et du capital israélien et étranger. Mais une telle victoire n'aurait pu être réalisée sans la grande division au sein de l'opinion publique israélienne qui est en réalité la raison fondamentale de l'échec des travaillistes. UNE SOCIÉTÉ DIVISÉE La nouvelle loi électorale, établissant pour la première fois une séparation entre l'élection du premier ministre et les élections de la Knesset, a fourni à la population israélienne une occasion unique pour s'exprimer de la façon la plus nette. Les résultats des élections ont reflété de façon claire deux tendances majeures de la société israélienne. L'élection du premier ministre a permis de montrer le grand fossé qui sépare les deux camps antagoniques, ou encore les

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deux regroupements sociaux. Il ne s'agit pas de deux camps idéologiques ni de deux camps de classes dans le sens classique du terme. Aussi bien le Likoud que le Parti travailliste sont des partis bourgeois en titre, avec, en gros, le même programme politique et social. Toutefois, aux yeux de l'opinion publique israélienne, ils représentent deux alternatives socio-politiques radicalement opposées. Trois forces socio-politiques sont réunies derrière Benjamin Netanyahu. D'abord la droite idéologique organisée en partie par le Likoud, le Parti national religieux (PNR) et les autres partis d'extrême droite. Ils ont voté pour Benjamin Netanyahu pour une raison politico-idéologique : ce dernier est plus à droite que Shimon Pérès. Si l'on regarde les résultats des élections à la Knesset on peut estimer le courant de droite à environ un quart des votants, dans la mesure où au moins la moitié des votants du Likoud et une partie substantielle de ceux du PNR ont été motivés, dans leur vote pour le Likoud, non pas par une idéologie politique de droite, mais pour d'autres raisons que nous développons ultéreurement. Le second groupe qui a voté pour Benjamin Netanyahu concerne la majorité des juifs orientaux (les Juifs de culture arabe) exprimant ainsi leur rejet du projet de société des travaillistes-Meretz. Pour ces Juifs orientaux, le sionisme travailliste est leur ennemi, c'est l'establishment responsable de leur déculturation et de la discrimination dont ils sont victimes et responsable également des problèmes sociaux auxquels ils sont confrontés. Et par-dessus tout le sionisme travailliste méprise leur culture et leur identité et désire les obliger à cesser d'être juifs comme ils l'entendent. Leur vote est un vote pro-juif dans un double sens : c'est un vote contre les Arabes et également contre l'occidentalisation et l'américanisation des valeurs et du mode de vie développées en Israël au cours des deux dernières décennies. La majorité des Juits orientaux sont exclus et menacés par l'occidentalisation d'Israël et considèrent le Parti travailliste et surtout le « courant-gauche » du Meretz comme la principale menace qui pèse sur leur mode de vie et la culture et l'identité auxquelles ils s'identifient. « Tout sauf travaillisteMeretz » tel est leur principal slogan reflétant leur rejet du rêve Pérès-Meretz d'un nouveau Moyen Orient façonné par MacDonald, MTV, la privatisation et l'individualisme total. La troisième composante du bloc pro-Netanyahu est la communauté religieuse, en partie identique aux deux premiers groupes, mais spécialement motivée par la peur de la « dé-judaïsation » et la sécularisation d'Israël. Dans un sens, les motivations des Juifs orientaux et des religieux sont similaires quant au rejet de la conception occidentale de modernisation défendue par le sionisme travailliste et au rêve d'un « retour à la tradition glorieuse » (principal slogan de Shass) de la vie juive, de ses valeurs et de sa culture. La dimension anti-arabe d'une telle idéologie est davantage due à une peur de tout ce qui est étranger (américain ou arabe) menaçant le type de société dont ils veulent faire partie qu'à un racisme sioniste classique. « Meretz, ce ne sont pas des Juifs » a été un argument très populaire lors de la campagne électorale, c'est-à-dire : ils sont avec les Arabes et n'ont rien de commun avec notre culture et notre héritage. Le parallèle entre la prétendue politique pro-palestinienne et la soi-disant dé-judaïsation d'Israël est la base du large soutien de la majorité des Juifs orientaux aux partis de droite, ou plus exactement leur irréversible rejet du sionisme

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travailliste. A l'opposé de ce camp, on trouve la coalition des élites bourgeoises et petites bourgeoises occidentalisées, la population palestinienne et cette minorité au sein de la classe ouvrière qui a peur de tout ce qui est de « masse » considéré comme une menace pour son rêve américain du nouveau Moyen Orient de Pérès. L'ÉCHEC DU CREUSET Le second aspect des résultats des dernières élections est le partage au sein des votes non pas selon des lignes idéologiques, mais selon des sous-groupes sociologiques. Un tiers des voix pour la Knesset ne sont pas allées à des partis idéologiques mais à des formations représentant des sous-groupes : 9 sièges aux partis arabes, 7 pour le Parti russe, 13 aux partis religieux et 10 pour les partis orientaux (religieux) Si l'on considère que le Likoud est le parti où une importante partie de la population orientale s'exprime, nous pouvons dire que 40 à 45 % de la population s'est exprimée non pas sur une base idéologique mais sur la base du sous-groupe auquel elle appartient. Force est de constater, qu il ne peut guère exister une expression aussi claire de la division de la société israélienne selon des critères culturels et identitaires ainsi que de l'échec total de l'ancien objectif sioniste de construire une identité et une culture israéliennes à partir du creuset des diverses immigrations. L'intégration sioniste a été un échec et l'objectif principal de créer une nation est aujourd'hui remis en cause. Les «minorités » qui étaient censées être provisoirement un résidu du passé, sont devenues la majorité et leurs expressions spécifiques (à partir de partis spécifiques) sont loin de disparaître, bien au contraire elles ne cessent de se développer d'une élection à une autre. Ce phénomène se réalise, manifestement, aux dépens des deux grands partis, le Parti travailliste et le Likoud qui sont passés respectivement de 44 à 34 sièges et de 40 à 32 sièges. Et dans une moindre mesure au détriment des partis idéologiques : à gauche, Meretz a perdu 3 de ses 12 sièges et l'extrême droite 1 de ses 3 sièges. Ces analyses peuvent nous aider à mieux percevoir la relation gauche-droite (c'est-à-dire : modérés extrémistes sur la question des rapports avec les Palestiniens). Au sein de la Knesset sortante il y avait : 61 sièges dans la coalition-Oslo (44 travaillistes + 12 Meretz + 5 les listes arabes) en face 49 sièges anti-Oslo (33 Likoud + 6 PNR + 10 d'extrême droite) en plus des sièges des partis orthodoxes religieux non-sionistes. Aujourd'hui nous avons au sein de la Knesset un bloc de droite de 43 sièges, un bloc de centre-gauche ayant 52 sièges avec un centre de 25 mandats (11 non-religieux et 14 des partis orthodoxes). Néanmoins les partis orthodoxes qui avaient auparavant une position modérée sur la question du conflit israélo-arabe sont devenus au cours des dix dernières années de plus en plus partie prenante du bloc de l'aile droite Toutefois, la coalition qui appuie Netanyahu est hétérogène politiquement. I y a d'un côté, le PNK avec sa ligne dure sur la question des colonies, de l'autre les faucons travaillistes (le Parti de la troisième voie) qui soutiennent ouvertement le processus d'Oslo et enfin Shass dont la direction religieuse

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* ETAT D'ISRAEL est opposée à l'idéologie du Grand Israël. LE VOTE PALESTINIEN Jusqu'à il y a trois mois tout le monde s'attendait à une impressionnante montée du taux de participation des citoyens palestiniens aux elections, certains pensaient que ce taux allait dépasser les 80 % traditionnellement réalisés par la population juive-israélienne ainsi qu'une grande mobilisation en faveur de Shimon Pérès et un vote palestinien majoritairement pour le Parti travailliste. Les élections étaient perçues comme un point culminant d'un long processus d'« israélisation » de la population arabe en Israël et la fin de ses aspirations nationales comme étant une partie intégrante du peuple palestinien. Ce ne fut pas le cas. Quelques centaines de (relativement) jeunes militants nationalistes ont changé radicalement le ton et le contenu de la campagne. Ils ont réussi à transformer une campagne assommante et presque apolitique en un débat national vivant. L'Alliance nationale démocratique (regroupant toutes les organisations nationalistes arabes-palestiniennes en Israel) a offert pour la première fois un programme national à la population palestinienne sous le slogan pour une Autonomie culturelle au sein d'un Etat pour tous les citovens combinant ainsi des droits nationaux avec une alternative démocratique à l'Etat juif sioniste. Ainsi la preuve a été donnée qu'avec une direction réelle et un programme clair la population palestinienne d'Israël demeure une minorité extrêmement politisée, capable de jouer un rôle crucial sur la scène politique israélienne. NOUVEAU GOUVERNEMENT ET NOUVEAUX DEFIS La nouvelle coalition de droite détient aujourd'hui les rênes. Elle aura rapidement à composer avec le processus entamé par la précédente coalition travailliste. On peut présager que a nouvelle coalition ne se retirera pas des négociations ouvertes à Madrid, et poursuivies à Oslo, le Caire et Taba en raison des intérêts de l'impérialisme américain, de la bourgeoisie européenne et des capitalistes israéliens. Le nouveau gouvernement mettra, toutetois, des obstacles sur le chemin des négociations avec les Palestiniens en additionnant de nouvelles provocations à celles, nombreuses, faites au cours des trois dernières années par l'ancien gouvernement travailliste : davantage d'indiscrètes constructions dans les colonies, des mesures à l'encontre des maisons orientales à Jérusalem, davantage de violations des accords (à Hébron par exemple) et davantage de manœuvres pour gagner du temps. Le résultat en sera une nouvelle vague d'opérations militaires et de nouveaux attentats en Israël, ce qui obligera le gouvernement à choisir, par manque de personnel de sécurité, de renforcer la collaboration avec l'Autorité palestinienne. Parallèlement Netanyahu devrait accélérer les négociations avec la Syrie en espérant ainsi gagner du temps dans les tractations avec les Palestiniens. Les changements attendus auront plutôt une dimension intérieure, à savoir la tentative de réviser la tendance libérale qui s'est développée au cours des quatre dernières années. Une des cibles serait certaines lois civiles, des attaques à l'encontre des femmes, des homosexuels et des droits individuels en général. Le prochain gouvernement stoppera certainement le proces sus de réforme du contenu obsolète et réactionnaire du système éducatif, mettra fin à l'amélioration substantielle de la situation des citoyens palestiniens en Israël au niveau des services et de la prise en charge gouvernementale. Davantage de lois religieuses, davantage de contenu patriotique dans les médias et l'école, davantage de politiques et d'attitudes officielles racistes. Le résultat risque d'être un approfondissement du fossé entre les deux Israël : l'Israël occidental de la classe moyenne libérale se sentant menacé par la nouvelle tendance quasi-fondamentaliste. L'erreur fatale pour la gauche non-sioniste et surtout pour le bloc arabe au sein de la nouvelle Knesset serait de s'aligner sur ces forces sociales libérales, en dépit des protestations égitimes qu'elles peuvent émettre contre diverses tentative le limiter leurs droits civiques, leurs libertés individuelles e malgré la tonalité probablement ouvertement raciste de la nouvelle coalition. La politique du vote blanc n'est pas seulement justifiée face au choix entre Pérès et Netanyahu, elle l'est également dans la prochaine confrontation entre la coalition et l'opposition sioniste. C est le choix entre le mouvement populaire dirigé par des éléments ultra-droites (aussi bien sur le terrain politique que social) et une élite bourgeoise occidentale défendant ses privilèges et sa conception réactionnaire d'Israël en L'alternative réellement démocratique, pluraliste et non-sioniste a besoin de gagner les forces populaires qui soutiennent le Likoud et ses alliés. Une alternative qui rompe avec la vision de Pérès d'un marché libre au Moyen-Orient, avec un Israël poste avancé de l'occident, organisé selon la devise « chacun pour soi », sans la moindre responsabilité ou solidarité sociales, aussi bien qu'avec l'ancien ordre fondamentaliste et raciste. Tant que le choix de la gauche demeure l'alignement sur la deuxième force au détriment de la première, I n'v aura aucune chance de gagner la majorité des classes exploitées juives. Ces dernières continueront à considérer le Likoud et les partis religieux comme l'unique voie pour se protéger contre les ravages du nouvel ordre mondial, ses privatisations son renoncement à la protection sociale et sa culture MacDonald. Seule la perspective d'un Etat démocratique intégré en Orient, luttant jusqu'au bout pour la solidarité sociale et l'égalité réelle entre les différents groupes nationaux et les différentes cultures ethniques, est capable de renverser le cours dramatique dans lequel les dernières élections nous ont placés.

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