Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER : LES ÉLECTIONS AUX ETATS-UNIS

Ralph Nader l'autre candidat

· Inprecor n° 407, novembre 1996 · p. 7 · 477 mots

Ralph Nader n'est pas un inconnu. C'est au cours des années 60 que cet avocat de formation fait son apparition sur la scène politique américaine. Contestataire modéré, réformiste, il prend la tête d'un mouvement de protection des consommateurs. A la tête d'une petite équipe d'avocats basée à Washington, il réussit à mobiliser l'opinion publique contre les grandes compagnies automobiles et alimentaires qu'il accuse de fabriquer des produits non seulement onéreux mais aussi dangereux pour la santé des consommateurs.

C'est le même Nader que l'on retrouve vingt-cinq ans plus tard, candidat des Verts aux élections présidentielles avec pour co-listière, une Amérindienne du Minnesota, Viona La Duke. S'il a accepté de se présenter au nom des Verts, un parti encore embryonnaire constitué sur le modèle européen, Nader n'en a pas pour autant épouser leur programme et ne soutient en aucun cas les candidats verts au Congrès. Sa campagne a démarré le 19 août à Los Angeles devant 350 délégués locaux mais sans la présence d'un seul leader national du parti vert.

Lors de cette convention, Ralph Nader a annoncé qu'il ne dépenserait pas plus de 5 000 dollars (environ 25 000 francs) pour effectuer sa campagne ... nationale. Il n'a donc pas entamé de tournée électorale dans le pays et n'utilise que les media gratuits pour diffuser son message qui tient en trois grands points. « A court terme, nous avons besoin d'un parti, modeste en taille, enraciné dans les groupes, les programmes, les énergies progressistes et qui concentre son action sur la mise au point de nouveaux et puissants instruments démocratiques à destination des électeurs, des travailleurs, des Républicains qui nous empêchent de défier la suprématie des multinationales ; un nouveau parti qui amène à la vie politique progressiste, une nouvelle génération d'Américains ». (1) Dans ses interventions, Ralph Nader dénonce ce qu'il appelle le « duopole du bipartisme » et renvoie dos à dos le candidat démocrate et le candidat républicain. « Il n'y a pas de limite à la mauvaise logique qui consiste à choisir entre le mauvais et le pire. Nous devons rompre ce moule et encourager le système politique à proposer un choix entre le bon et le meilleur » (2)

La candidature de Ralph Nader est loin de faire l'unanimité dans les rangs de l'extrême gauche américaine. De nombreux militants lui reprochent une campaane somme toute peu active - Nader ne sera présent que dans 30 États sur les 50 de l'Union - et une campagne qui ne s'intéresse guère à deux segments de la population américaine particulièrement touchés par la crise de la représentation politique et la crise économique : les travailleurs syndiqués et la communauté noire. Des populations qui de ce fait ne soutiennent pas sa candidature.

1) The Nation, The Greens and the Presidency by Ralph Nader, 8 juillet 1996.

2) In These Times, 16-29 septembre 1996

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