• CC du PCUS, Brejnev a pro Lors du dernier Plenum du noncé un discours dramatique sur la situation économique, discours dont il a depuis 1969, date il avait marqué clairement volonté de prendre en main la politique économique. Plenum de novembre avait été marqué firmation du rôie dirigeant du parti dans l'économie, face aux «gestionnaires» «réformistes». Ce qui avait signifié un coup de frein brutal à la réforme économique initiée en 1965.
Entre le discours de 1969 et celui de 1978, la continuité est grande : continuité au niveau de la critique des disfonctionnements et des difficultés l'économie, continuité dans les solutions (ou plutôt les recettes) proposées, continuité enfin dans la façon de faire porter le chapeau à d'autres : Mazourov, vice-président du Conseil des ministres (autrement dit, un «gestionnaire») est même s'il a droit - à la différence de ce qui s'était pou Podgorny - au des «raisons de plus que canonique des dirigeants actuels ne à donner la moindre crédibilité à ce motif), et il est remplacé par des gens tout dévoués à Brejnev. Il y a toutefois une différence - et qui est loin d'être négligeable - entre deux dates : depuis avec le gel de la réforme économique, c'est la «ligne Breinev» qui est en cause, et, s'il les contradictions et le secret à laquelle sa n'est en soi guère nouveau
Le
1969 sources par la réafsements avec des et aux stockage de de limogé
Secteur A passé
Secteur B
Productivité prétexte
Agriculture santé» (l'âge
Salaires
Revenu/Hab.
réussit pas ces
1969, soviétique encore toute relative, des resintégration faut en croire le même Brejnev, les difficultés n'ont fait que s'aggraver.
Le bilan de santé que dresse
Brejnev de l'économie soviétique gaspillage considérable de restant dans l'agriculture que l'industrie, gel des investisl'augmentation constructions inachevées
(Brejnev cite plusieurs cas d'usines en construction depuis plus de dix ans et dont l'achèvement relève encore de la futurologie), ce qui entraîne à son tour le biens d'équipedu Xe ments pour plusieurs milliards de roubles, manque de biens de consommation courante comme la viande et les produits laitiers.
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RESULTATS ET OBJECTIFS
VIlle PLAN
(1966-70)
Objectifs
Résultats
51%
46%
50
49
32
39
23
22
26
22
33
31
(Les pourcentages indiquent les taux de croissance sur les cinq années)
Ce qui est un peu plus nouveau, c'est que ces traits néga-
Xe tifs permanents de l'économie sont aggravés par deux problèmes : la raréfaction, sources énergétiques et minières, ce qui ne peut que renforcer le coût du gaspillage et la non-réalisation du plan concernant le charbon, le pétrole et différents minerais, d'une part; l'épuisement des ressources de main d'œuvre nouvelle pour l'industrie (parmi les palliatifs proposés, on trouve aussi bien le réemploi des retraités que le renforcement de la russification des populations d'Asie Centrale pour permettre leur meilleure dans le processus de production), d'autre part.
Ce rétrécissement des ressources tant énergétiques qu'en main d'œuvre pose, comme le souligne Brejnev lui-même, de façon toujours plus pressante le problème du passage d'un développement extensif à un développement intensif. LE Xe PLAN QUINQUENNAL ET LE PROBLEME DE LA PRODUCTIVITE
Ce problème central du développement intensif de l'économie tel qu'il apparaît au travers du discours de Brejnev, doit être replacé dans le cadre
Plan quinquennal. Les objectifs de croissance du Xe Plan s'inscrivaient globalement en baisse par rapport au plan DES PLANS QUINQUENNAUX
IXe PLAN Xe PLAN
(1971-1975) (1976-80)
Résultats Objectifs 46% 38-39% 37 26-28 34 30-34 13 14-17 20 16-18 24 20-22 Mais ce qu'il faut surtout souligner, c'est le fait qu'avec le
Plan, 90% de la croissance de la production doit être le résultat de la croissance de la productivité, ceci étant une
conséquence directe du tarissement des ressources de main d'œuvre. Or, les chiffres dispo nibles jusqu'à présent laissent quelques doutes réalisation de cet objectif : 3,3% en 1976, 4,1% en 1977, 5,4% (objectif) pour 1978, pour un objectif global de 30-34% sur 5 ans. Cet accroissement de la productivité passe en particulier par l'introduction de nouvelles technologies et la mécanisation du travail manuel (dont la part est beaucoup plus importante en URSS que pays capitalistes). Et la encore, le constat fait par Brejnev est pour le moins négatif : retard dans le secteur des machines-outils; ainsi, Brejnev mentionne le fait qu'en 1973 un programme de 8 ans avait été élaboré visant à assurer une réduction de la part du travail manuel, mais jusqu'à présent les principaux objectifs de ce plan sont restés lettre morte.
Le problème du passage à un développement intensif a suscité un grand nombre de débats en Union Soviétique. On retrouve déjà ce problème dans les débats qui précèdent le lancement de la réforme économique de 1965. Le blocage de cette première tentative n'a pas mis fin pour autant aux débats. Il suffit pour s'en convaincre de lire les revues spécialisées, comme Sotsialist itcheskij Trud(dont sous-titre pourrait «Comment faire travailler plus les ouriers soviétiques», depuis plusieurs mois consacre quasiment un tiers de chaque numéro aux leçons de l'expérience de Chtchekino (1).
La conclusion qui transparaît de la plupart de ces débats, c'est que tout développement intensif passe par une profonde réorganisation du fonctionnement de l'économie, et que dans le cadre actuel une telle perspective est profondément illusoire. Ainsi un certain A. Amchichkine écrit en conclusion d'un article publié dans le numéro 11 de 1975 de la revue Kommunist (revue «théorique» du PCUS) : «L'étude scientifique des problèmes du développement intensif n'est qu'à ses débuts. Il reste beaution de plans concrets et de mesures permettant d'assurer transition de l'économie soviétique vers des méthodes de développement essentiellement intensives». On pourrait multiplier les citations allant dans le même sens.
Quant à la contribution de Brejnev à ce débat, elle se
Le on sio en a
résume facilement toute réforme (que l'on souvienne de son rôle dans le gel de la réforme économique de 1965), vive la compétition socialiste (version brejnevienne du stakhanovisme), renforçons le contrôle du parti et la disci pline du travail, seuls remèdes a nos difficultés présentes (et futures). En d'autres termes, la politique économique juste, simplement les responsables chargés de l'appliquer ne sont pas à la hauteur. Et de fait, toute la deuxième partie du discours au dernier Plenum ne vise qu'à faire porter le chapeau aux «gestionnaires» du Gosplan et des ministères, ce qui est la version brejnevienne des «saboteurs de l'économie», à l'honneur sous Staline.
Accumulation des difficultés, renforcement. des contralendemains l'économie soviétique ne chantent guère, qui s'installent dans une stagnation relative, résultat de dix ans de politique brejne vienne. Une chose est claire en tout cas : c'est au niveau de la consommation que les résultats négatifs se feront le plus durement sentir. Et sur ce point, 1l Brejnev : «certains travailleurs des organes du Plan instances économiques continuent à considérer le secteur
(biens de consommation) comme une sorte de balancier : en sabrant dans les moyens qui sont assignés à son développement, us cherchent a surmonter certains desequilibres dans le Plan.» Sur ce point, il faut rappeler qu'alors que le Plan avait pour la première fois défini un développement prioritaire du secteur B (ce qui s'était d'ailleurs soldé par un échec), le Xe Plan a rétabli une très nette priorité coup à faire dans la formula- veur du secteur A (38-39%) contre 26-28% pour le secteur B. Et les difficultés actuelles permettent de penser que le déséquilibre risque encore de se renforcer au détriment du secteur B. NOTE 1) L'expérience de Chtchekino, lancée à la fin des année 60, visait à obtenir 1110 accroissement de la productivité en maintenant le fond de salaire à son niveau actuel quelle que puisse être la diminution du nombre d'ouvriers. PUBLICITE
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