Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ZAIRE

Justice pour le Rwanda !

Inprecor n° 411, mars 1997 · p. 33 · 401 mots

La nécessité d'exiger des institutions internationales et des gouvernements impérialistes un vaste plan de réparation et de reconstruction du Rwanda est de plus en plus urgente. Avec le million de réfugiés hutus revenus au Rwanda, sont rentrés aussi des miliciens impliqués dans le génocide et qui se réorganisent pour mener des opérations de déstabilisation au Nord du Rwanda, dans la région qui était le fief du clan du dictateur Habyarimana. Leur objectif est de terroriser les ONG et les observateurs pour obtenir leur départ, mais aussi de « finir le travail » en continuant à tuer les Tutsis et les témoins du génocide de 1994. En 1996, ce sont 227 survivants témoins du génocide qui ont été liquidés et dans la région, 2000 Tutsis rescapés du génocide ont dû quitter les campagnes pour se réfugier en ville devant les menaces qui pesaient sur eux. En janvier, un groupe de miliciens hutus a arrêté un minibus, séparé les Hutus des Tutsis et assassiné 15 de ces derniers. Trois médecins espagnols de Médecins du Monde ont été tués à Ruhengery (Nord Ouest) ; un prêtre y a été tué pendant la messe par ceux à qui ne plaît pas « ce que fait l'Église pour la réconciliation et la tolérance, pour que le Rwanda ait la chance de reprendre une vie normale et de travailler avec la communauté internationale », selon le diocèse. Des médecins de MSF Belgique, des observateurs de l'ONU ont été attaqués. Quatre observateurs de l'ONU ont été tués. La réaction des ONG, HCR, ONU est curieuse face à ces crimes dont les auteurs ne font pas de doutes ; les ONG se replient sur Kigali et menacent de quitter le Rwanda, alors qu'elles sont bien présentes dans les zones de guerre au Zaïre, du côté de Mobutu et des mercenaires. L'ONU et le HCR trouvent qu'il n'est pas nécessaire de maintenir des observateurs au Rwanda, après y avoir réclamé pendant deux ans une présence de I'ONU. Comme si, après avoir nourri et protégé pendant deux ans les génocidaires dans les camps du Zaïre, certains voulaient les laisser agir maintenant au Rwanda. Mais ce n'est pas l'avis de toutes les ONG, notamment de l'Oxfam et de MSF, qui se sont adressées au Conseil de Sécurité pour poursuivre leurs activités et qui soulignent : « l'action humanitaire n'est pas un substitut aux solutions politiques et économiques ».

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