L'article ci-dessous a été publié par notre camarade Me Kamil Dagher dans le quotidien libanais Al Safir sur le cas de Samir Al Qantar qui croupit dans une prison israélienne depuis 18 ans. Nous en reproduisons de larges extraits.
Samir Al Qantar est sans doute le doyen des prisonniers libanais en Israël. Il fut arrêté le 22 avril 1979, lors de sa descente avec plusieurs de ses camarades à la plage de Nahariya (Liban) pour exécuter une opération contre l'armée et les gardes frontaliers israéliens. Cette opération avait fait, à l'époque, deux morts parmi ses compagnons et deux blessés, dont lui-même, et avait provoqué du côté israélien la mort d'un policier et de plusieurs membres d'une famille chez laquelle les combattants avaient été obligés de se replier une fois encerclés par l'armée sioniste.
La guerre civile libanaise poussa Samir Al Qantar dès son jeune âge à s'engager politiquement. Refusant de rejoindre les milices confessionnelles, les rêves et les aspirations de Samir l'amenèrent à embrasser la perspective d'un changement radical. Un changement révolutionnaire de la réalité libanaise dans le cadre d'un processus de transformation plus large : celui de toute la région arabe, tel fut le choix de Samir. C'est ainsi qu'il adhéra en 1977, à l'âge de 15 ans, à une petite organisation le Groupe communiste révolutionnaire (GCR). Malgré sa participation critique aux combats contre le projet réactionnaire confessionnel, le GCR considérait, à l'époque, que sa tâche prioritaire était d'ordre propagandiste dans la perspective de gagner un mouvement de masse à sa ligne politique.
(...) A l'époque Samir Al Qantar ne s'adapta pas complètement à ce choix et brûla pour l'activité. C'est pourquoi il opta dès 1978, date de l'invasion sioniste de la bande frontalière au sud du Liban, pour l'activité militaire. Son choix il l'exécuta en participant à l'opération du 22 avril, dont il fut le seul Libanais.
Durant l'interrogatoire Samir fut victime de la torture, il fut condamné 4 fois à perpétuité et à 48 ans d'emprisonnement supplémentaire !
Malgré son jeune âge, il adopta une position très courageuse durant le procès. (...)
En prison où il passa plus d'années qu'en liberté, Samir joua un rôle très important dans les luttes des prisonniers arabes. Il adopta des positions correctes contre la voie de la réconciliation suivie par la plupart des régimes arabes et également contre les accords d'Oslo sous la houlette de l'OLP dirigée par Yasser Arafat.
Dans une lette parvenue par la Croix rouge à son ami au mois de juillet, Samir déclare « je suis convaincu sur la base de ma propre expérience que la volonté humaine dépasse toute prévision ».
(...) Il est impératif aujourd'hui de prendre en charge la question de l'élargissement de Samir. Forces nationales et Comités des droits de l'homme doivent donner la priorité à sa libération.
Espérons que l'année 1997 sera l'année de la libération d'AI Qantar...
Al Safir, février 1997