La mort de Deng Xiaoping n'a pas été, bien entendu, une surprise. Le petit timonier n'a plus été vu en public depuis trois ans, et n'avait d'ailleurs plus d'activité réelle. Ce qui n'a rien de surprenant pour un nonagénaire qui a eu une vie bien remplie d'autant de triomphes que de revers de fortune. Et pourtant le passage de pouvoir reste incertain, même si le successeur désigné, Jiang Zemin, se prépare depuis près de 8 ans à exercer la fonction suprême. Nous en saurons plus à cet égard dans le cadre de la préparation du 15ème congrès du PCC qui doit se tenir à la fin de l'année. On en est toujours aux grandes et
Les incertitudes de
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L'après Deng
discrètes manœuvres dans la haute direction. Il n'y aucun doute que les près de deux décennies de l'ère Deng ont bouleversé de fond en comble la Chine. La période Mao (1949-1976) s'était caractérisée d'abord par la mise en place, durant le premier plan quinquennal, 1953-1957, d'une forme assez peu originale de « socialisme réel », calquée assez étroitement sur l'Union soviétique. Ensuite, face aux difficultés évidentes d'application de ce modèle, Mao s'était efforcé de trouver une voie chinoise qui remettait en question bien des options (mais pas toutes et pas forcément les plus importantes) de l'importation soviétique. Il s'agit de la décennie qui va du Grand bond en avant (1958-1960) à la Révolution culturelle (1966 à 1969). Pour l'essentiel, ce fut un échec, qui laisse, pour diverses raisons, le pays traumatisé. Les fondations soviétiques, qui paraissaient mal adaptées au pays, résistent aux tentatives de changement. La décentralisation maoïste n'est pas mise en place de façon systématique et entre en contradiction avec la logique centralisatrice de l'économie pour une bonne part maintenue. A la mort de Mao, en 1976, une autre orientation est cherchée, de façon empirique, à l'essai, par tâtonnements. Le pragmatique Deng Xiaoping, l'ancien fidèle de Mao (des années 1930 aux années 1950), devenu à la suite du Grand bond en avant un adversaire de fait du Grand Timonier, devait être l'homme de la situation nouvelle. L'homme qui ouvrait la Chine sur le monde, et sur l'économie mondiale dominante, le capitalisme. En fait cette ouverture au monde, cette démaoïsation délibérée, mais inavouée,
Par Roland Lew deviendra progressivement une remise en cause du « socialisme réel », et un cheminement de plus en plus déterminé, mais jamais affiché comme tel, vers le capitalisme.
On peut dresser un double tableau de la situation du pays après le décès de Deng, le refondateur, dont l'un est pratiquement le négatif de l'autre, mais qui s'appuient tous les deux sur des faits réels. Ils expriment dans leur contraste le bilan incertain de l'ère Deng, ou pour le moins le caractère inachevé des évolutions en cours. « A SUCCESS STORY »
On peut d'abord dessiner, comme le font beaucoup, les traits d'une « success story », une réussite que personne n'imaginait au lendemain de la mort de Mao. Les 18 années couvertes par l'ère Deng, correspondant à la réforme qu'il lance en décembre 1978, ont été marquées par une formidable percée économique de la Chine. A l'échelle mondiale, c'est la réussite la plus frappante, surtout concernant une telle masse humaine. Avec un taux de croissance de 9 à 10 % par en an en moyenne (et de l'ordre de 15 % dans le secteur industriel), la RPC aurait quadruplé ainsi son potentiel économique. Le revenu par habitant (calculé selon de nouvelles normes), pourrait tourner autour de 2 000 à 3 000 $
Cela reste modeste en regard des grands pays développés (de un à huit ou à dix) ou même de Taiwan (de un à quatre ou cinq). Mais on est loin de l'image (d'ailleurs pro-
pagée avec complaisance, il n'y a guère, par les autorités de la RPC) d'un des pays les plus pauvre du monde, avec des revenus de l'ordre de cinquante à soixante fois moindres que ceux atteints par les nations d'Occident.
Toujours si l'on accepte ces estimations (qui sont d'origine occidentale ou de la Banque mondiale, et non de source chinoise), la RPC serait au deuxième ou au troisième rang mondial (après les États-Unis et peut-être le Japon) pour le PNB. Le pays qui vivait largement en autarcie (à la fois volontaire et forcée) à l'époque maoïste, est devenu une grande puissance commerciale, passant de 1 % des exportations mondiales, en 1978, à (au moins) 3 % aujourd'hui (autour de 150 milliards de $), avec un commerce excédentaire (surtout à l'égard des Etats-Unis) ; une part qui va fortement augmenter d'un seul coup avec la proche (ler juillet) réintégration de Hong Kong. Le pays s'est hissé au moins au 10ème rang commercial mondial, en moins de deux décennies. Il possède, en outre, les deuxièmes réserves de change du monde (une centaine de milliards de dollars), juste après le Japon. Et cela toujours sans ajouter les richesses de Hong Kong. Le pays est actuellement le deuxième destinataire (après les États-Unis) des investissement extérieurs : partis d'un niveau zéro à la fin des années 1970, ils atteignent maintenant la somme cumulée de plus de 100 milliards de dollars (toujours sans Hong Kong). Le niveau de vie de la population urbaine, et dans une moindre mesure dans les campagnes, a considérablement cru depuis l'époque, il est vrai très austère, du règne de Mao. Les villes sont Avec Mao, en 1959 même gagnées par une fièvre consumériste. La vitalité de la société est évidente, son dynamisme économique est visible, tout particulièrement le long de la façade maritime du pays.
Pas étonnant alors que depuis quelques années les journaux du monde entier se sont remplis d'articles sur la montée en puissance de la Chine populaire. L'on y trouve à foison des considérations inquiètes, ou des mises en garde répétées sur le devenir d'un pays perçu comme une future superpuissance (dans les deux ou trois décennies à venir). C'est l'ancien mélange de fascination et de peur pour l'empire jaune qui refait jour.
Pour une bonne part de la communauté internationale, la Chine populaire et « socialiste » avancerait plus résolument vers le capitalisme, à l'intérieur et sur la scène économique mondiale, que la Russie qui se veut libérale économiquement. Cette Chine consciente de ses nouveaux moyens montre sa force, affirme sa volonté de puissance dans les grands enjeux géopolitiques en Asie et sur la vaste zone du Pacifique, là où le pays entre en compétition avec d'autres, le Japon, et plus encore les Etats-Unis.
C'est un pays plus respecté et plus craint qui affiche ouvertement son nationalisme, ses intérêts impériaux, tout comme il exprime le sentiment, la fierté compréhensible, d'avoir surmonté les terribles épreuves et humiliations imposées aux 19ème et 20ème siècles par les divers impérialismes prédateurs qui voulaient le dépecer.
Voilà la tableau « rose » que l'on peut tracer : une réussite qui impressionne beaucoup de monde mais fait faire grise mine à certains. C'est en quelque sorte une vision
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macro-économique, un regard que l'on peut avoir lorsqu'on fait des considérations d'ensemble, où lorsqu'on fait le point actuel. UNE VISION PLUS SOMBRE
Mais on peut présenter une vision nettement moins réjouissante et qui s'appuie sur des faits non moins indiscutables ou sur des doutes raisonnés quant à l'ampleur effective des succès.
Le pouvoir central a certes repris ces derniers temps l'initiative économique, imposant une plus grande discipline financière, obtenant une réduction de l'inflation, mais pour l'essentiel le gouvernement apparaît assez faible. L'emprise qu'il exerce sur la nation s'est relâchée dès les années 80. Le pays est soumis à de nombreux effets centrifuges. Les régions, en premier lieu les provinces, ont acquis un pouvoir économique considérable qui en font de véritables fiefs qui protègent jalousement leurs avantages et leur revenus. Le pouvoir est aujourd'hui pour l'essentiel régional ou local. Les régions ont gagné une autonomie économique que le maoïsme leur avait promise sans jamais la leur octroyer effectivement, au risque de multiplier des logiques de développement contradictoires, selon une politique du chacun pour soi, sans que l'État central ne joue son rôle de régulateur, de protecteur des zones pauvres. Une Chine à plusieurs vitesses se met en place ; les inégalités se creusent, la richesse se concentre
C'est tout particulièrement le cas des zones côtières qui concentrent et dominent les grandes initiatives économiques (et la plus grande partie des investissement extérieurs) de l'après Mao. Elles se sentent
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d'autant plus fortes qu'elles captent actuellement la majeure partie des ressources budgétaires. Le budget du gouvernement central ne dépasse plus guère les 13-14 % du revenu national (contre plus d'un tiers dans les années 70). L'impôt des nouveaux privilégiés dans les villes n'est guère payé et les profits du secteur étatique qui fournissaient l'essentiel des finances de l'État à l'époque maoïste se sont réduits à peu de chose (c'est une conséquence directe de la réforme économique).
De toute façon, le pays est gangrené par une corruption qui atteint tous les niveaux de l'édifice social, et qui monte très haut (dans l'échelle du pouvoir et des sommes en jeu). Tout est littéralement possible : que les services des douanes maritimes fassent de la piraterie en haute mer ou près de Hong Kong ; que l'armée contrôle et exploite une part notable du réseau de la prostitution ; ou encore que des fonctionnaires soient autorisés (et parfois poussés) à se lancer dans les affaires, sans devoir quitter, dans un premier temps, leurs fonctions (ou du moins les avantages de leurs fonctions). On se demande ce qu'on ne peut pas acheter aujourd'hui en Chine, dans un univers où l'argent est roi, au point que nombre d'intellectuels et même quelques dissidents désertent leur activité ou leur cause pour tenter de participer à la fièvre
L'État central a toutes les peines à exercer son rôle d'arbitre, de redistributeur des ressources en faveur des régions défavorisées, et cela face à l'égoïsme des provinces prospères. Le nouveau capitalisme légal, chinois ou sino-étranger, est souvent d'une cruauté qui rappelle les mauvais souvenirs des débuts du capitalisme dans le monde. L'ouverture sur le monde, c'est aussi l'ouverture à la surexploitation. LE MONDE SOCIAL
Le monde social manifeste certes une indéniable vitalité, mais il reste profondément fragmenté. Le peuple est volontiers frondeur et critique à l'égard des graves travers du régime qu'il ne connaît que trop bien et subit d'ailleurs quotidiennement. Face à l'autoritarisme persistant du pouvoir, la population a conquis, pied à pied, de nombreux espaces de liberté surtout dans la sphère privée et économique, et même une liberté de ton. Mais on est loin d'un potentiel organisé de révolte.
Les grands bastions du monde ouvrier, les ouvriers du secteur d'État qui représentaient encore 80 % de la production industrielle en 1978, sont tombés à moins de 40 % aujourd'hui. C'est à eux qu'on assurait la meilleure protection sociale et la garantie du travail à vie, ces aspects majeurs qui incarnaient la substance effective du socialisme d'État chinois. Ce système n'a pas été détruit ; il est progressivement désagrégé, malgré la résistance ouvrière tenace mais dispersée. Sa disparition complète signifiera la mort du « socialisme réel » chinois, du moins de ce qu'il incarnait pour les ouvriers urbains, une minorité de 10 à 15 % de la population totale qui a formé un secteur relativement privilégié du « socialisme » chinois.
Plus grave encore, la cassure entre le monde rural et urbain se maintient et même s'aggrave : depuis une dizaine d'années les gagnants sont essentiellement du côté des villes. Les deux mondes ont des intérêts différents sinon contradictoires. Les revenus agricoles, qui ont considérablement cru entre 1979 et 1985, progressent peu depuis
Les paysans dans l'espoir d'améliorer leur condition vont travailler (ou une partie de la famille) dans le secteur de l'industrie rurale qui est en plein boom ou alors ils se dirigent en grand nombre ( on parle de 80 à 100 millions de personnes) vers les villes pour y chercher un travail, souvent dans des conditions très précaires, et en étant surex-
Les paysans sont particulièrement mécontents des abus de l'impôt auquel, eux, ne peuvent échapper : officiellement limité à 5 % des revenus, le niveau réel est facilement de l'ordre du double, voire plus. Mais ce qui est d'autant plus insupportable, pour eux, c'est que cette surtaxation est imposée arbitrairement par les autorités locales ou villageoises, et sert souvent à l'enrichisse-
ment de chefs qui n'hésitent pas à multiplier les taxes parfois sous des prétextes extravagants. On cite des cas de localités où plus d'une centaine de taxes sont exigées. Cela rappelle de très mauvais souvenirs aux paysans d'avant 1949 ; et d'ailleurs les pétitions, voire des mouvements de révolte au niveau local se multiplient. Mais le monde paysan, plus encore que celui des villes, est très parcellaire ; les solidarités dépassent rarement l'horizon d'un ou de quelques villages. Le monde rural reste désespérément faible face au régime.
C'est d'ailleurs ce qui explique que la réforme de l'après Mao a véritablement percé dans les campagnes, là où la volonté de changement était forte ; mais là aussi où les réformes les plus radicales (la rapide décollectivisation des terres, le retour au capitalisme...) menaçaient le moins le régime. Le plus décisif se jouant à l'époque et encore de nos jours dans les villes et dans le secteur industriel urbain. Et à ce niveau, l'introduction de la réforme a été beaucoup plus difficile.
Mais quand le capitalisme a véritablement pénétré dans les villes, c'est l'acte de mort du « socialisme réel » chinois qui a été signé. Ce qui a eu des effets autrement plus déstabilisateurs sur le régime que les transformations accomplies dans ce qui représente encore la majorité rurale. Ainsi que l'atteste la grave crise politique de l'année 1989, celle qui aboutit à l'écrasement des contestataires de la place Tian'anmen: ce qui est décisif se joue dans les villes. UN RÉGIME FRAGILE MAIS UNE OPPOSITION FAIBLE
De façon générale, le régime se sent fragile, mal aimé, peu légitime. A vrai dire, dans quelle mesure un régime bâti sur une expérience non capitaliste (ce qui ne veut pas dire socialiste !) est-il le meilleur candidat possible pour piloter une transformation capitaliste, même si elle incorpore de nombreuses spécificités chinoises ? La réponse du régime tient en trois éléments. C'est lui qui détient le monopole de la force de répression, et il a montré qu'il est prêt à l'utiliser, comme ce fut le cas en 1989. Les expériences à l'Est ont révélé que ce n'est pas toujours décisif.
Plus important : il n'y a pas d'alternative. Des dizaines d'années de politique de fragmentation, d'atomisation du social ne laissent pas espérer l'émergence rapide d'une opposition forte et cohérente. Surtout, le régime, sous l'impulsion de Deng Xiaoping, n'a pas si mal réussi jusqu'à présent à mieux nourrir et faire vivre la plus grande partie de la population. Améliorer vite les conditions de vie du plus grand nombre était d'ailleurs l'impératif le plus urgent de l'après Mao : nourrir les ventres pour faire taire les bouches, et regagner ainsi une légitimité au moins partielle. Une reconnaissance de la population mais pas forcément un grand amour...
L'incertitude sur l'état effectif du pays, sa dynamique d'évolution, est partout, dans les limites de nos connaissances certes mais elle découle aussi des évolutions erratiques du pays. Les succès économiques sont-ils d'ailleurs aussi significatifs qu'on le dit et que peuvent le faire penser les statistiques officielles ? Même à ce niveau, il y a des doutes... Le taux de croissance est-il de 10 ou de 8 voire de 6 % ? par an depuis 1979 ? Les experts en discutent et se disputent là-
Si à peu près plus personne ne conteste la prédominance de la logique capitaliste qui est à l'œuvre, la nature précise de ce capitalisme, le degré de pénétration et de transformation de l'ancien système du « socialisme réel », l'ampleur du capitalisme privé, la place du capitalisme international, tout cela constitue autant d'inconnues.
Le capitalisme privé se développe rapidement mais il reste nettement minoritaire et tant de choses sont cachées qu'il est bien difficile de savoir ce qu'il en est effective-
Selon nombre de bons chercheurs, le pays reste dominé par des variantes de propriété publique, au niveau central, régional et local. De ce point de vue, le capitalisme qui se met en place serait une sorte de capitalisme d'Etat et, plus souvent encore, une variante de « corporate capitalism », voire « d'État local », où le pouvoir de décision serait entre les mains des régions (provinces ou préfectures) qui géreraient et coordonneraient un ensemble d'entreprises, tout comme la direction de General Motors coordonne les nombreuses activités de la firme. Dans cette optique, il y aurait une cohérence dans la gestion, au niveau régional ou local; une sorte de bureaucratie (relativement) rationnelle imposerait une redistribution des avantages et bénéfices entre ceux qui font directement les affaires, manipulent l'argent et tirent les profits, et ceux, les cadres (fonctionnaires du parti, ou des administrations locales) qui pilotent, soutiennent, protègent (souvent contre le centre étatique) les diverses entités de leur « corporation ». Il se constituerait alors une nouvelle classe, bureaucratico-capitaliste, incarnant une sorte de mise en tutelle du capitalisme par les fonctionnaire. Ensemble ils formeraient la nouvelle élite de cette Chine réinsérée dans le marché mondial.
Mais il y nombre d'auteurs non moins sérieux pour insister sur l'effet dévastateur de la corruption, sur les conséquences négatives du parasitage incessant opéré par la bureaucratie au détriment des sujets qui lui sont soumis. Ils mettent aussi l'accent sur
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economique spéciale de
Shenzhen incompétence et le conservatisme d'un trop grand nombre de cadres du régime pour que l'évolution puisse être linéaire et rationnelle.
Ces incertitudes donnent la mesure des défis qui attendent la nouvelle direction. De leur capacité à les relever dépend le véritable bilan de l'ère Deng, étant bien entendu qu'il n'y a qu'une seule certitude : toute cette histoire concerne encore moins le socialisme que ce ne l'était le cas du socialisme réel de la période maoïste. L'inégalité sociale est au poste de commande. Et la cohérence d'ensemble n'est guère assurée par le PCC, lui-même en voie de décomposition, ou par l'État central qui lutte avec peine pour reconquérir ses prérogatives de maître d'ensemble de l'économie. Ce qui fait la cohérence de la politique chinoise, c'est le consensus qui existe dans les élites chinoises, qu'elles soient régionales ou centrales, qu'elles soient en faveur du régime ou critiques à son égard, en faveur de la puissance chinoise, de l'affirmation nationaliste. Un formidable attachement à l'unité du pays, qui vient loin du passé et s'est fortifié au 19ème et 20ème siècle sert de ciment idéologique entre des composantes très diverses des élites, et même entre celles-ci et la grande majorité de la population. La libération sociale, l'auto-émancipation n'entrent pas en ligne de compte, ne font pas partie des préoccupations ou des projets des animateurs et des bénéficiaires des mutations en cours.
Une fois de plus, les batailles de l'émancipation sociale, si elles peuvent se mener en Chine, se situent ailleurs que dans ce que fait ou ne fait pas le régime remodelé ou non. *