Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ALBANIE

Perspectives incertaines

· Inprecor n° 413, mai 1997 · p. 27-30 · 3 318 mots

Ce qui se passe en Albanie est bel et bien une révolution populaire démocratique et à caractère de classe. C'est une révolution qui ne se base pas sur des traditions ni même sur des sujets subversifs.

Sa force, elle la puise dans son organisation par le bas. Elle a un projet incomplet et renferme des contradictions internes. Ses perspectives sont incertaines. Néanmoins, elle fait peur aux puissants et

Albanie c'est pourquoi elle mérite notre solidarité inconditionnelle.

Athènes, 17 avril 1997 APRES LE CHOC INITIAL QUE leur a provoqué l'insurrection armée du peuple albanais, Américains et Européens tentent aujourd'hui de reprendre le contrôle de la situation et sont en train de lancer une grande opération pour museler — ou même réprimer ouvertement — les Albanais en i révolte. Après la panique qui a suivi la prise des casernes par les insurgés et l'effondrement — au moins au Sud - de tout l'appareil de son régime, Bérisha reprend ses forces et tente de contre-attaquer en exploitant l'appui politique que lui a offert le Parti socialiste (PS). Indiscutablement, l'insurrection albanaise est entrée dans une phase critique. Le Sud insurgé, mais aussi une grande partie du reste du pays sont déterminés à continuer à exiger le départ de Bérisha, mais paradoxalement soutiennent le gouvernement de Fino qui à son tour s'ingénie — frisant la tendance suicidaire — à provoquer la désescalade de l'opposition populaire à Bérisha. Plus le temps passe plus les insurgés, en raison de leur inexpérience et de l'absence de cadres politiques parmi eux, voient s'éloigner la possibilité d'imposer leurs propres solutions. Dans le même temps, les rapports de forces évoluent en faveur de l'arrivée de la force multinationale « pacificatrice ». Cela ne signifie point que la répression de l'insurrection soit possible ni probable. L'INSURRECTION Force est de constater, que la portée, la dynamique et les résultats d'une insurrection ne peuvent être évalués en fonction de son issue finale, de sa victoire ou sa défaite. S'il en était ainsi jamais la révolution allemande de 1918, la révolution espagnole de 1936, la Commune de Paris et mai 68 un siècle plus tard, n'auraient écrit quelques unes des pages les olus brillantes du mouvement révolutionnaire international L'insurrection a avant tout une valeur intrinsèque. Son rôle est jugé en fonction du contexte dans lequel elle se déclenche, aux conditions dans lesquelles elle se prépare et aux adversaires qu'elle affronte, c'est-à-dire en fonction des données qu'elle bouleverse et des rapports de forces qu'elle

Par Nicos Yannopoulos façonne. Sous cet angle, indéniablement, l'insurrection albanaise constitue l'événement le plus important dans l'Europe « post-socialiste ». A l'instar du décembre français de 1995, qui représente une étape déterminante pour l'ouverture d'un nouveau cycle de luttes sociales en Europe occidentale, le mars albanais de 1997 est la première grande bataille « de l'autre Europe », de celle qui après 1989, a vécu la « fin de l'histoire ». Le fait est qu'en Albanie éclate une insurrection populaire qui réussit au moins au Sud à balayer totalement l'appareil d'État. Ceci se passe dans un pays où la population vit le choc du passage du régime stalinien le plus autoritaire et isolationniste de l'Europe aux formes les plus sauvages — et internationalisées — de l'exploitation capitaliste. Cette transition se réalise à travers la dissolution du tissu social, l atomisation la plus complète et la domination idéologique des « valeurs » les plus répugnantes du marché libre. Ce qui se passe constitue la preuve irréfutable que la crise est à a fois danger et chance et que la barbarie capitaliste est géné ratrice de sa propre catastrophe. Au pays de la capitale où 200 000 personnes avaient accueilli en 1991 le ministre des affaires étrangères des Etats-Unis, M. Baker, au pays de la pauvreté absolue, des centaines de milliers de gens ont pris leur destin en mains. Ces gens apeurés par la police de Hoxha et de Bérisha, ces Albanais humiliés et « orphelins » ont pris d'assaut des casernes et des prisons, ont affronté les prétoriens du régime et ont vaincu. Même si l'insurrection albanaise n'arrive pas à triompher, qui pourrait donc contester le fait que la lutte de classes trouve finalement son chemin même quand tout paraît impossible ? Qui pourrait affirmer qu'il y ait des peuples qui sont condamnés à la soumission ? Le mars albanais a donc démontré qu'à notre époque, époque de la domination impérialiste et de l'hégémonie idéologique *Nicos Yannopoulos est l'animateur du « Réseau de défense des droits politiques et sociaux ». Deux semaines après le début de l'insurrection albanaise, il a passé dix jours dans le Sud de l'Albanie où il a pu s'entretenir longuement avec les dirigeants du Comité national de salut public ainsi qu'avec les directions des Comités populaires de Saranda, Vlore, Tépéléne, Gjirocastre, etc.

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de la bourgeoisie, l'insurrection n'est pas seulement nécessaire, mais également possible. L'histoire a choisi parmi tous les pays européen, l'Albanie, le « maillon faible », pour semer la première grande panique parmi les puissants après leur triomphe de 1989. Les Albanais se sont insurgés pour des raisons similaires à celles qui ont poussé à l'insurrection les moujiks et tous les opprimés dans notre siècle : pour qu'on leur rende leur argent et pour le départ de Bérisha. L'aboutissement — et en un certain sens, même le caractère - d'une insurrection ne dépend pas de ses revendications, mais de sa capacité à imposer son droit, en d'autres termes, à bâtir son propre ouvoir tace et contre le pouvoir existant. C'est pourquoi existence de traditions « activistes » et de collectits révolutionnaires est une condition nécessaire pour la victoire mais pas pour l'éclatement d'une insurrection. C'est pourquoi ce qui est testé en Albanie aujourd'hui, ce qui est d'une importance historique, ce qui explique la panique des puissants et exige par là-même notre solidarité, c'est bel et bien la capacité des peuples non seulement à protester et à résister, mais à s'insurger totalement les armes à la main et sans aucune limite. Le sort de la domination capitaliste sera décidé définitivement par l'issue de la BANKA E KURSIM guerre sociale dans les métropoles, mais il SAVINGE BANK OF ALB se décide aussi quotidiennement par tout

Ice qui la déstabilise dans les actes et les consciences, à Los Angeles, au Chiapas ou à Vlore. Dans ce processus l'Albanie jusqu'à récemment « silencieuse » et méprisée, occupe désormais une place d'honSES CONTRADICTIONS Dernièrement, l'insurrection est entrée dans une phase de recul. Pour plusieurs raisons. Néanmoins, on peut exclure à l'heure actuelle un nouveau cycle de confrontations après l'arrivée de la force multinationale et même d'éventuelles nouvelles provocations de la part de Bérisha. Toutefois, sans aucun doute, depuis le 10 mars, l'insurrection est entrée dans une phase d'attente. Il est à craindre que cette attente ne soit tout simolement un recul dü, d'une part, à la tatigue des insurgés et à leur incapacité à proposer une alternative crédible de confrontation avec Bérisha et de l'autre à l'absence de structures permettant de rassembler les insurgés et de propulser leur action. Tandis que des milliers de gens refusent de rendre leurs armes avant que Bérisha ne s'en aille, et tandis que plusieurs d'entre eux se fâchent ou se révoltent contre la politique du gouvernement Fino (nous ne savons pas avec précision quelles sont leurs sentiments face à l'appui offert au gouvernement par le Comité national de salut public mais nous pensons que c est seulement une minorité qui prend ses distances), le climat général rappelle plutôt une tentative de surmonter les différends qu'une polarisation sociale ou une accentuation de la confrontation politique. C'est ainsi que plusieurs, même parmi les insurgés, considèrent plus important le rétablissement de l'ordre, ou en tout cas le ressentent comme un problème immédiat, tandis que tout en restant omniprésente, la revendication du départ de Bérisha s'éloigne progressivement des préoccupations quotidiennes des insurgés pour acquérir une dimension « parlementaire ». Et il est aussi significatif que personne n'ait osé dénoncer la « force multinationale » comme une force de répression de l'insurrection (ce n'est pas un hasard si le 7 avril, les Comités populaires ont simplement exigé des généraux qui la dirigent de ne pas rencontrer Bérisha, mais ont omis de commenter son déploiement en Albanie). En réalité, c'est depuis la mi-mars que certains leaders des Comités avaient déjà exprimé leur accord avec « la protection internationale de l'aide humanitaire ». Cette aide humanitaire n'est pas menacée par les insurgés ni même par les groupes orgalisés de bandits, mais par les voleurs qui agissent au sein les « autorités » locales et qui préfèrent la vendre au marché noir plutôt que de la distribuer aux nécessiteux. Tenant compte des données albanaises, les Comités populaires qui sont des collectifs d'organisation et d'administration des insurgés, ont un fonctionnement très démocratique bien qu'ils ne constituent pas des structures de démocratie directe puisque les délégués ne sont ni élus directement par les insurgés, ni révocables. Tout en ne traduisant ni une prise de conscience de la population ni une réduction correspondante du « clivage hiérarchique », ils expriment quand même la « moyenne » de l'insurrection ainsi que les sentiments de la majorité des insurgés. On peut donc dire que les Comités populaires ne représentent pas une tentative de reconstruction de l'appareil d'Etat dans les villes insurgées, mais qu'ils sont des collectifs contradictoires qui d'un côté maintiennent l'instabilité et mettent en avant les revendications des insurgés, et de l'autre légitiment — en collaborant avec eux — des partis et des institutions qui sont naturellement contre l'insurrection (collaboration avec les partis, avec les préfets et les autorités régionales afin de rétablir l'ordre, tentatives de reconstitution de la police et non pas des milices populaires ou des comités d'autodéfense sociale, etc.) Les Comités sont composés de gens qui ont une expérience militaire ou administrative, qui jouissent d'un prestige social et qui ont joué un rôle capital quand l'insurrection a éclaté. Cependant, la plupart d'entre eux ne sont pas des activistes de type des leaders naturels qui surgissent du sein de toutes les insurrections. Le plus souvent, ils sont d'un certain âge et proviennent des milieux qui dans la plupart des cas, ne sont pas composés des éléments les plus désintéressés et les plus « éclairés ». En plus, les militaires qui participent aux Comités jouent un rôle extrêmement contradictoire puisqu'ils semblent avoir eu une importance capitale quand les insurgés ont affronté les forces de répression, mais en même temps ils ne sont pas les plus indiqués pour développer l'autodéfense des insurgés surtout en raison de leurs traditions et de leur mentalité. La composition des Comités se combinant à l'absence d'expérience « activiste », de culture subversive, de noyaux révolutionnaires, ainsi qu à la fatigue (des milliers des gens qui ont participé à l'insurrection s'en vont ou veulent s'en aller d'Albanie) et à la confusion idéologique, déterminent tant les contradictions que les limites de l'insurrection albanaise. Il s'agit d'une insurrection armée de masse qui, après la formation du gouvernement de réconciliation nationale, ne dispose pas de projet politique pour développer sa confrontation avec le régime Bérisha et sa capacité d'organiser son propre pouvoir. Par conséquent, elle parait incapable d'imposer ses solutions ou tout au moins, de transtormer radicalement les rapports de forces politiques et sociaux. Cependant, elle dispose d'une importante dynamique pour pouvoir affronter Bérisha si ce dernier tente un renversement rapide de la situation, et elle peut donner naissance à une nouvelle opposition sociale combative dans la période qui s'ouvrira après son départ. SES PROBLEMES Les médias grecs (et européens), et surtout les chaînes de télévision, montent en épingle la violence qui règne en Albanie, en contondant souvent les cas de violence politique (comme la récente attaque contre un village du Sud de

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Albanie par des agents de Bérisha qui après avoir assassilé le président du Comité populaire local, ont été tous tué: par les habitants du village au cours de la bataille rangée qui a suivi) avec les cas de violence criminelle ordinaire ou organisée, et en passant sous silence les motifs et l'identité de leurs auteurs. C'est ainsi que même l'attaque meurtrière contre un bus sur la route Fieri-Tirana qui constitue un cas typique de « terrorisme blanc » a été présentée comme une preuve supplémentaire de l'existence du « cercle vicieux de chaos et d'anarchie inauguré par l'insurrection. » Tout d'abord, il faut rappeler que chaque insurrection est accompagnée par l'accroissement de la violence tant politique que sociale, ainsi que par l'augmentation de nombreuses « transgressions ». Dans le cadre de l'effondrement du pouvoir, il y a des gens qui tentent de se réapproprier des rôles et des biens sur une base individuelle — pas nécessairement parce qu'ils manquent d'esprit de solidarité mais surtout parce qu'ils ont subi des années durant des privations matérielles et des manipulations — prenant « ce qui leur appartient » même si ça n'appartient pas seulement à eux ou pire, même s'il appartient de droit à quelqu'un d'autre. Faut il rappeler que la propriété individuelle ou étatique qui provient de l'exploitation de la plus-value du travail et de l'appropriation de la richesse sociale est un vol, et que les valeurs d'usage personnelles sont les conditions de survie de l'homme et des éléments de la civilisations ? Alors, en attendant que l'insurrection transtorme sa juste cause en droit et que les insurgés organisent la vie à partir de nouvelles règles fondés sur l'égalité, la liberté et la solidarité, voilà donc ce qui fait que les « transgressions » soient habituelles et qu'elle n'aient jamais constitué dans l'histoire des révolutions la cause — mais plutôt le prétexte — pour la restauration des pouvoirs distincts et l'imposition des modèles régulateurs autoritaires et hiérarchisés. Les « transgressions » généralisées constituent sûrement un problème majeur pour l'avenir de l'insurrection ouisqu elles désorientent et rendent plus conservateurs de arges secteurs des insurgés, tandis qu'elles offrent des arguments aux nostalgiques de « l'ordre » et du redressement de l'Etat. Cependant, elles ne doivent pas être attribuées à l'insurrection (qui fait apparaître, mais ne provoque pas les « transgressions »), mais au contraire aux conditions sociales qui ont fait naître l'insurrection, c'est-à-dire aux privations matérielles et à l'abandon que ressentent presque tous les Albanais. Tout cela se combine aux traditions transgressives particulières de la société albanaise, aux rapports marginaux avec la légalité qu'entretenait un large secteur du peuple albanais (spécialement au Sud ou l'État le tolérait ou même l'encourageait, une frange de la population arrivait à survivre ainsi). La corruption galopante de l'appareil d'Etat du régime Bérisha rend inopérant tout respect et explique les « transgressions » diffuses qui tourmentent le Sud insurgé. Les Comités populaires ne sont pas parvenus à les juguler — même ses manifestations les plus antisociales et les plus odieuses —, tandis que quand ils le tentent, à vrai dire sans grands résultats, ils emploient des « vieux matériaux » (tentatives d'encadrer la nouvelle police avec des policiers de l'époque de Hoxha-Alija, etc.), sans mettre systématiquement en avant l'auto-organisation des insurgés et la formation d'organes d'autodéfense et de justice populaires. Nous ne savons pas dans quelle mesure ceci a été tenté durant la première phase de l'insurrection, mais après le 15 mars, le gros des insurgés a assisté presque passivement à l'extenion des « transgressions » comme d'ailleurs il est resté perplexe face aux initiatives de l'impérialisme international et aux tentatives restaurationistes du pouvoir albanais.

Pourtant, il serait très arbitraire de ne pas distinguer les transgressions sociales de l'action de la mafia et du « crime organisé » et surtout des actions des agents de Bérisha qui est en train de combiner son retour à l'épicentre de la vie politique avec la matérialisation d'un projet rappellent la « stratégie de la tension ». Tout en admettant qu'il est très difficile de distinguer où s'arrête la transgression sociale et ou commence le « crime organisé » (qui n'est pas seulement « importé », bien que la mafia dispose d'importants appuis locaux), il est sûr que le temps passant, la « transgression » ambiante se consolidera et par conséquent, sera utilisée au profit du pouvoir. Il est donc nécessaire que soient dévoilées toutes les dimensions de la « terreur blanche » qui est planifiée par l'état-major de Bérisha. Ces derniers jours on assiste à la multiplication des assassinats des adversaires politiques de Bérisha, à des attentats « aveugles » et à des sabotages (par exemple incendies des locaux du PS) qui ont un caractère propagandiste. Tirant profit du vide créé par l'insurrection contre son pouvoir, Bérisha tente de faire chanter les puissances étrangères en évoquant la menace du « chaos » et en se présentant comme le seul capable de rétablir la crédibilité et la cohésion de l'Etat. C'est ainsi que d'un côté, il prepare sa controntaton avec le gouvernement Fino, et de l'autre, il provoque l'escalade tension » afin de dénigrer l'insurrection, de pousser le PS à des positions plus conservatrices, de regrouper et de donner du courage à ses partisans, et de faire pression sur les puissances imperialistes pour qu'elles reconnaissent en lui le pole du pouvoir le plus fort en Albanie. Sous cet angle, il est très probable que les élections de juin soient reportées et que l'Assemblée constituante ne soit pas convoquée dans les délais prévus. SES ENNEMIS Bien qu'ils n'aient pas des intérêts communs, les pays impliqués dans la crise albanaise sont d'accord pour court-circuiter et même réprimer l'insurrection. On peut dire avec certitude qu'au delà de leur lutte intestine pour étendre leurs zones d'influence et protéger leur intérêts géopolitiques vitaux dans cette région, les pays « démocratiques » qui participent à la « force multinationale » aspirent sûrement à la liquidation de l'insurrection, ainsi qu'à mettre fin à « l'anarchie » et à l'effondrement d'un Etat qui appartient quand même à l'Europe. Indépendamment de leurs intérêts « nationaux » particuliers et de leurs divergences quant aux formes de leur intervention, les impérialistes américains et européens ne s intéressent ni aux pertes humaines albanaises (le nombre des victimes de l'insurrection est insignifiant comparé aux hécatombes du génocide au Rwanda et correspond à une fraction infime des morts provoqués par la guerre « publique » en Bosnie ou par la guerre « secrète » en Tchétchénie), ni au danger d'explosion généralisée dans la région — d'aucune analyse tant soit peu sérieuse ne résulte que l'insurrection albanaise puisse provoquer des guerres au Kosovo ou en

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Macédoine —. Par contre, ils s'inquiètent sérieusement de l'extension au reste des Balkans des phénomènes comme les insurrections populaires et l'effondrement des appareils d'Etat. C'est donc la cohésion et la crédibilité du « nouvel ordre mondial » qui sont menacées en Albanie, et non la paix ou encore moins, la démocratie en général. Voilà donc, la raion qui fait que pour protéger quelques tonnes d'« aide numanitaire », on fait débarquer en Albanie, 79 000 tonne: de matériel de guerre. SES AMIS L'insurrection albanaise, elle n'est pas le vestige d'un quelconque « passé héroique » et n'a pas été provoquée par l'action de quelques « nostalgiques ». Elle vient de l'avenir et annonce la résistance du « quart monde » au décollage de la barbarie capitaliste. Il est probable qu'elle ne représente pas une « révolution rêvée », mais il est certain qu'elle donne des cauchemars à la contre-révolution (d'ailleurs, même Marx a appelé le communisme « spectre » et non pas « ange » ou « petite fille aux allumettes ») qu'elle est un « mouvement subversif de l'état de chose existant des choses », et qu'elle démontre que l'hégémonie bourgeoise est asphyxiante, mais aussi historiquement limitée. Sous cet angle, la gauche européenne et le mouvement ouvrier ne doivent pas se contenter d'exprimer leur sympa hie aux insurgés albanais et de protester contre l'indifféren ce ou la mise en avant des intérêts égoistes de leur pays. Ils doivent coordonner leur action pour empêcher la répression internationale de l'insurrection tout en approfondissant l'analyse de ses caractéristiques, de son contenu et de ses messages.

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