Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

XIVe CAMP INTERNATIONAL DE JEUNES

Une brèche dans la forteresse Europe

· Inprecor n° 416, septembre 1997 · p. 5 · 871 mots

Femmes

Par Penny Duggan Les cinq cents jeunes camarades présents au quatorzième camp de jeunes en solidarité avec la Quatrième Internationale ont démontré du début jusqu'à la fin leur détermination de faire une brèche dans la forteresse Europe. Partant des discussions sur la lutte contre l'Europe de Maastricht, les accords de Schengen et autre critères de convergence, ils ont abordé à la fin de la semaine des sujets plus stratégiques : pourquoi et comment en finir avec la société d'aujourd'hui ?

XIV camp international de jeunes is ont échangé leurs expériences de lutte contre les restrictions budgétaires dans l'éducation, contre le racisme et le fascisme, pour la défense de l'environnement en vue d'arriver à une compréhension mutuelle, ce qui constitue une base indispensable pour un travail en commun. Il est impératif que les liens se renforcent entre les luttes et les forces actives dans chaque pays. Un engagement a été pris pour essayer de construire un réseau jeunes contre l'Europe néo-liberale en se basant, sur la mobilisation du mois de juin 1997 pour le contre-sommet d'Amsterdam ainsi qu'en participant à des initiatives unitaires (l'appel des jeunes de Refondazione pour une manifestation à Venise le 13 septembre et la prochaine manifestation contre le sommet européen à Luxembourg au mois de novembre).

Ces débats, dont le programme avait été décidé par des représentants des camarades jeunes des quinze pays qui co-organisent le camp, ont été riches.

On a pu donc écouter Daniel Bensaid sur divers sujets tels que l'actualité de la Révolution russe, la vie du Che et son importance ou encore notre projet de société. Alain Krivine était également présent et a expliqué aux camarades, pour la plupart même pas nés à l'époque, les formes de la radicalisation profonde de la jeunesse en « soixante-huit » et comment elle a pu contribuer au développement de la Quatrième Internationale.

Autre point fort de la semaine : le meeting sur l'Amérique latine où Pola Ferrari, Jeune Uruguayenne de 24 ans et une des organisatrices de la rencontre d'avril 1996 du Front jeunes contre la répression qui avait rassemblé cinq mille jeunes militants du Cône sud, nous a parlé de la situation en Amérique latine avec les luttes des jeunes, des sans-terre du Brésil et des indigènes du Mexique autour de l'Armée zapatiste de libération nationale...

Au moment du bilan, toutes les délégations étaient unanime pour considérer que les forums ont été tous bien préparés et d'un bon niveau. En témoigne aussi la bonne participation à toutes ces activités « politiques » stricto sensu.

Le camp est aussi une occasion où nous essayons de mettre en pratique, pendant une semaine, certains de nos principes. Il est d'abord un lieu où les propos et les actes racistes, sexistes et homophobes sont interdits. Il est aussi un lieu autogéré par les jeunes. Même si on fait appel à un certain nombre d'« adultes » pour des tâches politiques ou techniques, la direction du camp se définit au cours de réunions des représentants des différentes délégations. Ainsi, des jeunes du Portugal et de Pologne, de Suède et d'Italie apprennent à travailler ensemble malgré les différences de culture — aussi bien politique qu'alimentaire ou tout simplement de vécu quotidien.

Les femmes disposent aussi d'un lieu à elles, pour l'organisation de débats, de fêtes ou seulement pour se retrouver entre femmes. Et à la fin de la journée femmes — jour où tous les débats tournent autour de la lutte des femmes — la disco elle-même devient un espace « non-mixte » pour qu'une grande fête puisse clore cette journée avec une affirmation de la force et de la solidarité des femmes du camp.

Une autre tête très appréciée a été celle animée par les camarades portugais sur le thème de la solidarité avec le tiers monde. La musique occidentale y était bannie pour laisser la place à la musique latinoaméricaine, africaine et asiatique.

La dernière (et pour beaucoup la meilleure) fête du camp fut celle organisée par les camarades de l'espace gay et lesbien. Celle-ci est une tradition. Un espace est animé en permanence par les gays et lesbiennes avec des débats, des expositions pour que toutes celles et tous ceux qui le veulent se retrouvent ensemble. La fête dans la disco a une autre dimension, qui est d'encourager tout le monde à réfléchir sur sa sexualité et certaines inhibitions en la matière.

Un camp donc très réussi cette année malgré une certaine baisse de participation par rapport aux années précédentes. Le camp se chevauchait avec deux autres initiatives importantes pour des jeunes attirés par les idées de solidarité avec le tiers monde - la deuxième rencontre contre le néolibéralisme et pour l'humanité organisée cette année dans l'État espagnol et le Festival Mondial de la Jeunesse et des étudiants à Cuba auquel les organisations présentes ont envoyé un message solidarité. Pour la première fois une petite délégation de Russie était présente, ce qui, avec la participation chaque fois plus forte des nos camarades polonais, nous aide à faire une brèche vers l'Est dans la forteresse Europe.

Avec de grands remerciements aux camarades français pour tout leur travail, les délégations sont reparties en se donnant rendez-vous pour le quinzième camp au Danemark en 1998. =

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