Thomas COUTROT et ouvrage est une contribution essentielle à une théorie marxiste de l'exploitation. Il cherche en effet repente a la question de son commer le pare euse te ton palet des.
L'entreprise néo-libérale, nouvelle salariés. T. Coutrot ne pense pas que les analyses marxistes classiques réussissent à intégrer toutes les dimensions de cette interrogation. Ainsi, le concept de - despotisme d'usine • employé par Marx ne suffit pas utopie capitaliste?
selon lui à rendre compte des formes modernes de coopération. De la même façon, l'analyse que fait
Editions
Braverman d'une déqualification tendancielle de la force de travail lui semble trop unilatérale. Dans son pro-
La Découverte, 1998.
jet de reconstruire une nouvelle grille de lecture, T. Coutrot est par ailleurs stimulé par les enseignements du riche matériel empirique dont il dispose, et qui vont à l'encontre de bon nombre d'idées reçues.
thomas coutrot
Cette double insatisfaction le conduit alors à opérer un large détour de production théorique, avant de proposer une synthèse originale. Celle-ci mobilise notamment les travaux du sociologue marxiste l'entreprise néo-libérale.
nouvelle utopie capitaliste ?
Burawoy, la théorie de l'agir communicationnel d'Habermas, et enfin l'approche marxisto-régulationniste de Dockès et Rosier. Le premier produit de cette refonte théorique est une typologie des - régimes de mobilisation de la force de travail • successifs. Les transformations du capitalisme font apparaître, en simplifiant, trois grandes phases. Au départ, le capitalisme commence par soumettre à sa logique des formes de mobilisation traditionnelles (la famille et la corporation) qui correspondent respectivement aux régimes • paternaliste • et - professionnel ». Puis, c'est l'ère du capitalisme pur, avec son régime • libéral ». Le capitalisme du troisième âge est quant à lui associé au régime • fordiste ». Il ne s'agit pas seulement de catégories descriptives, car T. Coutrot prend bien soin de montrer comment ces différents régimes se succèdent, se combinent, en fonction des transformations concrètes du capitalisme, qu'il s'agisse des formes de la concurrence, des innovations technologiques ou des conflits sociaux.
Concernant la phase actuelle du capitalisme, les deux principales propositions sont les suivantes. En premier lieu, le régime • toyotiste » existe mais n'a pas réussi, contrairement à un point de vue encore largement répandu, à se diffuser largement et à représenter une perspective de dépassement du modèle taylorien-fordiste en crise. Au contraire, et c'est sans doute la thèse centrale du livre, on assiste à l'émergence d'un régime néo-libéral, qui associe la carotte et le bâton, l'implication au travail et la peur du chômage. Ce modèle tend, au-delà des spécificités nationales, à s'étendre un peu partout, parce qu'il est porté par la mondialisation financière. Il ne représente pas pour autant une issue progressiste à la crise de l'emploi. C'est donc la résistance aux effets très régressifs de ce modèle de travail, et un regain de la conflictualité sociale qui peuvent esquisser les contours d'une alternative. Dans sa dernière partie, T. Coutrot oppose très clairement un projet de coopération généralisée (le socialisme démocratique) à la contreutopie capitaliste de la - coopération forcée »
Maxime Durand