Xill congrès de la LCR
Xii' congrès de la LCR en présence de 150 délégués et d'une u 29 janvier au ler février 1998 s'est tenu, à Aubervilliers, le cinquantaine d'observateurs français et étrangers et de journalistes. Pour la première fois, les médias ont largement rendu compte des travaux. D'abord par un intérêt envers l'éventuel changement de nom de l'organisation mais aussi parce que ce congrès se déroulait dans une période de mobilisations sociales au sein desquelles des militants de la Ligue ont pris une part active. Avec la nouvelle majorité de 70 % des voix, majorité issue du regroupement sur une plate-forme commune de l'ancienne majorité et d'une tendance minoritaire (tendance « unir construire » du dernier congrès, ce congrès est une étape importante dans l'histoire de la LCR. Il s'agit, pour elle, d'apparaître comme un outil utile non seulement dans les luttes mais aussi dans la construction d'un débouché politique à ces dernières, alors que la gauche au gouvernement se trouve prisonnière de son respect scrupuleux de l'orthodoxie libérale, du traité de Maastricht et du Pacte de stabilité budgétaire
Imposer le changement en aidant au développement des mobilisations sociales les plus unitaires, tourner ces mobilisations vers la majorité élue grâce à un vote de rejet massif du libéralisme, exiger de cette dernière le respect des engagements souscris et s'efforcer de gagner dossier par dossier sur les revendications brûlantes du moment, travailler au rassemblement dans les luttes comme dans les élections d'une gauche dans la gauche, développer et ouvrir la Ligue au service de cette ambition politique : tels sont les objectifs que nous nous fixons.
Si, aujourd'hui, les militants de la LCR sont reconnus dans les mobilisations, la crédibilité politique de l'organisation reste faible, notamment sur le plan électoral. Une partie du mouvement social se politise et se radicalise sans pour autant se reconnaître dans les partis existants et, à gauche, personne ne vient polariser cette attente d'une nouvelle force politique. Une attente qui existe au sein des formations traditionnelles — comme le PS, le PCF, les Verts —, mais aussi dans le mouvement associatif ou syndical. La Ligue peut aider à accélérer les processus de clarification et de regroupement, à faire surgir à gauche un pôle unitaire et radical, anticapitaliste, féministe et écologiste.
Mais, pour cela, elle doit tenir compte qu'une partie importante des secteurs concernés ne se reconnaît pas dans le « communisme », surtout après la tragédie stalinienne. Répondre à leurs préoccupations, comme à celles des secteurs issus de la tradition communiste, à partir d'une aspiration commune « révolutionnaire » explique qu'une très grande majorité de la LCR ait souhaité changer de nom. Nul reniement dans cette volonté, mais la volonté de lever tous les obstacles à l'engagement militant dans une organisation révolutionnaire lucide sur les bouleversements de l'histoire.
La Ligue est prête à prendre ses responsabilités, elle entend peser sur tous les débats qui secouent la gauche. Active dans les mobilisations, elle fera tout pour aider à construire une gauche de combat, empêcher que l'attente née de la victoire électorale de juin dernier ne s'abîme une nouvelle fois dans la soumission à la loi des marchés, et ainsi aider à reconstruire l'espoir.