Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

INDONÉSIE

Parti démocratique du peuple (PRD)

Inprecor n° 425, juin 1998 · p. 4-5 · 819 mots

Partai Rakyat Demokratik - PRD

près l'écrasement sanglant du parti communiste indonésien, le mouvement ouvrier a été pour longtemps détruit. Ce sont donc les organisations confessionnelles, en premier lieu musulmanes, qui ont occupé le terrain du mouvement populaire. La gauche reste faible aujourd'hui, mais les militants du petit Parti démocratique du peuple (PRD) ont su jouer un rôle dans la restructuration et la politisation du mouvement démocratique

Le PRD a été constitué en 1994 par des militants de l'organisation étudiante SMID (Étudiants solidaires pour la démocratie), du syndicat ouvrier PPBI (Centre pour la lutte des travailleurs), de l'organisation paysanne STN et de celle des artistes JAKER - toutes issues des mobilisations populaires des années précédentes. En 1996 il a du faire face à une forte répression gouvernementale. Le journal de l'armée Berita Yuhda décrivait alors le PRD comme « agissant dans les secteurs stratégiques, parmi les étudiants et les ouvriers, manipulant l'opinion publique avec des tracts et d'autres publications. Dès qu'on voit un tract où une action de plus de mille personnes, le PRD est derrière. Ce sont des jeunes habiles et très intelligents. Non seulement ce sont des théoriciens brillants capables de tenir tête aux professeurs, mais de plus ils mettent en pratique ce qu'ils pensent. Ce sont d'excellents orateurs, capables d'influencer les gens, qui les comprennent. C'est cela le PRD »(1) Quant au général Soesilo Soedarman, ministre coordinateur du Conseil de la sécurité politique, il expliquait à la presse que « le PRD emploi des méthodes similaires à celle de l'ancien parti communiste indonésien » en s'opposant à « la dictature de l'Ordre nouveau »(2), crime suprême aux yeux des bou-

Le PRD et son organisation étudiante furent particulièrement actifs au sein du mouvement étudiant de ces derniers mois.

Le général Sjamsuddin, commandant militaire de Djakarta, expliquait à la presse fin mars 1998 que « la force qui va de l'avant en ce moment, ce sont ceux qui se donnent pour nom PRD et leur filiale étudiante SMID. Ce sont eux qui causent les troubles. Ils ne sont pas actifs directement, ils provoquent »(3). Et il a accusé le PRD d'avoir « un plan stratégique ».

En février 1998 la direction du PRD écrivait dans une déclaration (4) : « Le peuple croit maintenant que la seule solution pour la nation indonésienne est de renverser la dictature de Suharto. Si l'impasse constitutionnelle ne peut être dépassée (...) le peuple ira de l'avant selon les lois de la révolution. C'est à dire par un soulèvement populaire pour remplacer la dictature de Suharto, le gouvernement et toutes les institutions qui sont viles et décadentes, par un gouvernement populaire souverain, juste et démocratique. (...) Il faut créer un Conseil populaire souverain et indépendant pour remplacer la Chambre de représentants consultative (MPR) fantoche. Il faut établir les conseils populaires à tous les niveaux :

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dans le hameau, le village, le canton, la cité, le département, la province et au niveau national. Des conseils populaires doivent être créés dans les campus, les écoles, les usines et les bureaux. ». Il appelait à lancer des grèves et des manifestations. Il prônait l'unité et demandait d'arrêter les conflits ethniques et religieux « qui sont suscités politiquement par le régime Suharto pour pouvoir jouer la division » Il résumait ainsi les « revendications populaires centrales : 1. Annulation des élections frauduleuses de 1997 et dissolution de la Chambre de représentants consultative et du parlement (MPR/DR) fantoches ; 2. Abrogation de la session du MPR de 1998 et destitution de Suharto de la présidence ; 3. Réduction des prix 4. Arrestation et jugement de Suharto, de sa familles et de ses pairs qui sont la cause des souffrances du peuple ; 5. Abolition des cinq lois répressives (5). 6. Nationalisation des tous les avoirs économiques de Suharto, de sa famille et de ses pairs ; 7. Mise en place d'un Conseil populaire indépendant.»

Douze dirigeants du PRD ont été condamnés à de longues peines de prison et restent encore emprisonnés. Le PRD a aujourd'hui plus que jamais besoin de la solidarité du mouvement ouvrier international. (JM) 1. Cité par Max Lane, Viento Sur n° 28 d'octobre 3. Cité par Edwin Gozal, représentant du PRD pour la région Asie-Pacifique, International Viewpoint n° 301 de juin 1998 4. Publiée en anglais dans Free Indonesia n° 1, publication du Bureau international du PRD (abonnement 4 numéros : 25 $ australiens, à faire parvenir à : PO Box 458 Broadway NSW 2008

61-2-96901032, [email protected]) 5. Il s'agit des cinq lois répressives de 1985. Elles n'autorisent que trois partis reconnus, interdisent les activités partidaires dans les villages et les petites villes, autorisent le gouvernement à nommer 575 députés (75 sont des militaires) au sein du MPR qui compte 1000 députés, imposent l'idéologie d'État à toutes les associations sociales, politiques et culturelles, autorisent l'État à intervenir dans les affaires intérieures de toutes les associations.

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