Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Déclaration de l'Union Camiliste - Armée de libération nationale (ELN)

Inprecor n° 427, septembre 1998 · p. 28-29 · 594 mots

l'Union Camiliste - Armée de libération revient sur les points essentiels de cet accord. Question : Dans le point 6, il est question de promouvoir une réunion impliquant les différentes forces de la guérilla et « d'autres acteurs de la guerre ». Cela veut-il dire que l'ELN est prête à dialoguer avec les paramilitaires ? Pablo Beltran : Catégoriquement, non. Cela concerne la société civile, qui subit l'agression des paramilitaires. Lors de la controverse cordiale à laquelle nous nous sommes livrés ces derniers jours, une des questions critiques concernait les personnes et les secteurs influents de la société qui soutiennent les groupes paramilitaires. Sans citer de noms, le mieux que nous ayons obtenu des secteurs présents à la réunion qui représentent certaines élites dirigeantes de Colombie, c'est la reconnaissance qu'il y a bien financement des paramilitaires, en partie volontaire et en partie forcé Question : Le texte de l'accord inclut un engagement de l'ELN à renoncer aux enlèvements pour se financer, pour autant qu'elle aurait la garantie d'autres sources de financement et que l'avancée du processus de paix ne s'accompagnerait pas d'une perte d'influence stratégique. Comment va se financer dorénavant l'ELN ? P. B. Cet accord à caractère humanitaire s'engage dans la reconnaissance que la guérilla colombienne, et pas seulement l'ELN, pourrait continuer à exercer son autorité dans les zones aujourd'hui sous son contrôle. Il n'est pas question que l'ELN reste sans ressources financières. Nous recherchons de nouvelles sources de financement avec le concours de certains secteurs en Colombie et de la communauté internationale, notamment ici avec la Communauté économique européenne et un important secteur patronal présent à cette rencontre. Question : Le bruit a couru qu'à l'occasion de son voyage en France, le Président Pastrana rencontrerait une délégation de l'ELN. P. B. Le Président a bien sollicité cette entrevue, mais notre organisation a jugé préférable qu'elle se tienne en Colombie, après la prise de fonction du Président nouvellement élu. Au sein de la CSGB (Coordination de la guérilla Simon Bolivar), les différentes forces se sont mises d'accord pour que tout

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contact entre la guérilla et le gouvernement ait lieu en territoire colombien. Nous avions l'intention d'avoir des discussions avec le ministre de l'Environnement, présent en Allemagne, mais nous avons réalisé que parallèlement au dialogue engagé avec la société civile, le bruit commençait à courir que l'ELN allait passer des accords sous la table avec un gouvernement qui doit céder la place dans trois semaines. Et nous tenons à ce que l'espace forces insurgées société civile reste à l'écart de tout gouvernement, tant celui qui quitte la scène que celui qui va prendre sa place. Question : Le processus de paix va-t-il déboucher sur le désarmement ? P.B. Je vais prononcer une hérésie : vu les conditions particulièrement difficiles du conflit en Colombie, l'idée que nous avons au sein de la Coordination de la guérilla, c'est que ce processus ne s'achève ni par la démobilisation, ni par le désarmement. On peut imaginer que chaque partie garde l'autorité dans la zone sous son contrôle, y compris l'Etat, et reste armée pour garantir sa défense et l'application des accords. Si nous sommes en guerre, c'est qu'il n'y a pas de confiance. Sur ce point nous préférons être d'une totale franchise. C'est ce que nous avons dit à plusieurs des patrons qui ont participé à cette rencontre. Nous avons été clairs sur la possibilité que nous gardions tous le contrôle de nos zones respectives, en restant armés et en assurant les fonctions d'un État, tout en garantissant le maintien de l'unité nationale.

Manuel Perez

1943 - 1998

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