a démission de Zeroual, après des mois de tractations et de lutte des clans du pouvoir, est d'abord un échec du régime.
Départ volontaire ou mise à l'écart, cela importe peu. La crise actuelle révèle qu'au-dessus du pluralisme de façade et d'un édifice institutionnel qu'on nous disait démocratique et parachevé, la caste militaire constitue un vrai pouvoir occulte qui se concerte, se déchire et décide en lieu et place du peuple algérien tenu sous tutelle. Et c'est l'ensemble de ce système qui porte collectivement la responsabilité de la politique catastrophique imposée aux Algériens.
La désignation de Zeroual en 1994 avait brutalement aggravé la crise politique. La politique de contre-terreur défendue par le chef de gouvernement de l'époque avait porté la confrontation militaire à un stade très supérieur.
Bénéficiaire involontaire du vote sanction contre les groupes armes islamistes en 1995, le régime a continué une politique répressive fondée dans son principe sur la méfiance à l'égard du peuple jusqu'à ce que l'ampleur des massacres de 1997 mette en évidence son incapacité à protéger les populations désarmées par ses soins en 1993
Le pluralisme de façade, le simulacre de dialogue politique, les contacts entrepris avec les adversaires islamistes se distinguent certes de l'aveuglement sectaire des clans éradicateurs mais ils ne remplacent pas la vraie démocratie, le vrai resMobilisation contre les bases américaines à Okinawa (D.R.)
pect des droits de l'homme et des libertés individuelles et collectives. Ils n'ont pas empêché les limitations aux activités des partis ni les disparitions et les exécutions extrajudiciaires. Les surenchères électoralistes ont conduit, quant à elles, toutes ces tendances du pouvoir à s'aligner le plus souvent sur les pressions conservatrices en matière de droits des femmes et sur le chauvinisme le plus fermé en matière de droits culturels des berbérophones.
L'acceptation au printemps 1994 de la politique économique imposée par le FMI engageait le processus d'effondrement de l'économie de notre pays et allait précipiter la grande masse des Algériens dans la pauvreté. Les velléités de résistance au libéralisme sauvage de certains groupes d'intérêts n'ont pas dépassé le stade de la formule électorale vague, alors que le chômage, la crise de la caisse des retraites, les licenciements massifs et les très nombreuses liquidations d'entreprises sont des réalités concrètes subies dans leur chair par les masses populaires.
Si les oppositions algériennes se sont souvent égarées loin des intérêts démocratiques et sociaux des masses populaires, l'appareil de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) s'est compromis dans le soutien le plus direct au pouvoir.
Maintenant que les aspirations populaires à une alternative au libéralisme et à une ouverture vers la démocratie et les libertés se font jour de plus en plus nettement, il est temps de bâtir le camp des travailleurs, des masses populaires et de la jeunesse. Il est temps d'imposer une autre politique qui réalise la souveraineté du peuple et qui mette un terme à la mascarade démocratique et aux manœuvres suicidaires actuels.
Alger, le 12 septembre 1998 Secrétariat national du Parti socialiste des travailleurs (PST)