Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Le trotskisme à la une...

Inprecor n° 429, novembre 1998 · p. 24-25 · 991 mots

IVe Internationale Italie

A l'occasion du conflit au sein de

Refondation communiste et de la crise gouvernementale, les trotskistes et le trotskisme ont eu une place de choix dans la presse, à la radio et même à la Télévision. C'est le fait qu'après la rupture entre Bertinotti et Cossutta les voix de 48 membres du Comité politique national, élus en représentation de la minorité de gauche au dernier congrès (15% des mandats) , pouvaient s'avérer décisives, qui a entretenu un suspense pendant quelques jours en poussant des stur, se la tappa su 'è? Se зіла, dunque, è che gli elettori di sinistra non erdi destra é odiano più, o odiano di- meno, di quanto acantobiosa- cadde nel 94, T'elet- allora consint- viene chie*pece, dersi se 1 le tempt TOTL

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Livio Maltan prossima Corriere della Sera du 6 octobre. En exergue : « Je connais bien le trotskiste Maitan mais je n'accepte pas que tout dépende de lui » (citation de Vittorio Foa, qui dans le texte dit aussi "estimer" L. Maitan.)

journaux à avancer les hypothèses les plus disparates. En fait, il était clair dès le début qu'aucun des 48 ne soutiendrait l'orientation de Cossutta.

Les quotidiens les plus connus du pays — Corriere della Sera, La

Repubblica, La Stampa, Il Messaggero et l'Unita (de même que les quotidiens à diffusion régionale) — ont publié de nombreux reportages, des photos et des commentaires le plus souvent assez sommaires et parfois carrément fantaisistes. Livio Maitan et Marco Ferrando SOTIO потени deve andare insiem visto "Però non so se per l'italia questo mo- 10 J mento sia già quelle arrivato•. «Conosco bene 30-40 с sua, Vittorio Per parte il trotzkista produ agguc Foa con gli Matan ma non сеттала "altri" ha sem- cosa pre dialogato. accetto che tutto La sua ammi- tura c razione per il dipenda da lui» tinotti conservatore sul Indro Monta- inc nelli è nota, ma Foa é sioni tra D'2 anche l'uomo C ge, invite Fin ont été interviewés à plusieurs reprises.

Déjà le 24 septembre La Stampa avait publié un article au titre « Le professeur et les trotskistes », où on lisait, entre autres, que « du moins au sujet des dégénérescences soviétique et chinoise — ce qui n'est pas peu de choses — ils [les trotskistes) ont eu raison ». Le jour de l'ouverture du Comité politique, le 3 octobre, le Corriere della Sera a publié à son tour un article au titre « Trotsky et "le piolet" du professeur Maitan Plusieurs hebdomadaires ont aussi fait des commentaires sur les trotskistes et leur rôle. Une interview de Cossutta qui accusait Bertinotti d'avoir renoncé à l'alliance Bertinotti-Cossutta en faveur de l'alliance Bertinotti-Maitan ne pouvait qu'encourager davantage la presse à s'intéresser aux trotskistes. Le jour après le vote, des journaux ont titré : « Bertinotti gagne avec les voix du trotskiste Maitan ». Certains n'ont pas caché leur étonnement : Comment était-il possible qu'un vieux professeur puisse faire tomber le gouvernement ? Un quotidien de Rome écrivait pour sa part : « La crise gouvernementale a le visage de la trotskiste Flavia D'Angeli qui s'est approchée de la présidence [au moment du vote] en criant "Quatrième" » (par une coïncidence un peu paradoxale, la motion de Bertinotti était dénommée motion n°4) Le supplément hebdomadaire du Corriere della Sera du 15

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octobre a publié un reportage sous le titre : « L'homme qui a fait tomber Prodi : Livio Maitan, de Trotsky à Bertinotsky ».

Le jour suivant, le supplément de La Repubblica a publié aussi un réportage sous le titre « Les derniers révolutionnaires : parfois ils reviennent. Les trotskistes furent décisifs pour faire tomber le gouvernement ». Le même jour, un article titré « Trotsky generation » est paru dans l'un des magazines les plus diffusés, Panorama. On y mentionne, entre autres, le camp des jeunes révolutionnaires organisé en été 1998 au Danemark.

Lors des déclarations de vote à la Chambre des députés le 7 octobre, trois députés ont mentionné le rôle des trotskistes et de l''utopie trotskiste". Le président de Alleanza Nazionale, Fini, a expliqué que le gouvernement était si faible que son sort dépendait de 22 trotskistes appartenant à l'organisation « archaïque » Quatrième Internationale. Dans son premier discours public après la scission, Cossutta a de nouveau reproché à Bertinotti d'avoir gagné grâce aux trotskistes.

Bertinotti n'a pas esquivé le problème. Ses conclusions au Comité politique comportent une véritable affirmation de principe : « Nous avons besoin du travail de tout le monde, et, parmi d'autres, de ceux qui, en vertu de leur histoire, de leurs caractéristiques, de leur apport au mouvement ouvrier, jouent parmi nous un rôle fondamental ». Le 6 octobre il déclare au quotidien La Repubblica : « Maintenant on dit que nous avons gagné grâce aux trotskistes... Cela veut dire que nous avons démontré encore une fois notre cosmopolitisme politique puisque ce courant de pensée est depuis toujours porteur d'une énergie créatrice dans le reste de l'Europe ». Finalement dans une interview au Corriere della Sera (13 octobre), après avoir réitéré l'idée selon laquelle il faut s'ouvrir à d'autres cultures, d'autres mondes, l'ensemble des traditions différentes du communisme italien, il ajoute « Personnellement, je crois que ce n'est que contre l'une de ces cultures, la tradition stalinienne, qu'il faut lancer une lutte politique ». Le journaliste lui posant la question : « En 1998 ? », il répond : « Oui, cela pourra apparaître comique. Mais si en 1998 l'accusation de trotskisme est considérée infamante, cela veut dire qu'en 1998 le stalinisme est encore là ». de audience, un des principaux coéquipiers de Cossutta, Marco Rizzo, ayant encore une fois fait allusion à une victoire de Bertinotti grâce aux trotskistes, le journaliste qui dirigeait les débats a remarqué : « Quand même, le trotskisme c'est mieux que le stalinisme »!

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