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Fausto Bertinotti es raisons de notre unité vont bien au delà de la question de savoir si on se place dans la sphère de la majorité gouvernementale ou dans l'opposition. Ces deux positions peuvent coexister dans le projet politique que nous avons élaboré lors de notre congrès. Les raisons de notre unité ont leurs racines dans le processus de refondation d'un parti communiste de masse. Ces racines résident dans le fait d'avoir mis à nouveau à l'ordre du jour le problème du dépassement de la société capitaliste. Il s'agit d'un engagement pour aujourd'hui et non d'un rêve pour demain. Il s'agit de contribuer à la construction d'une gauche d'alternative. C'est une perspective concrète qui bouge au niveau européen. D'où l'importance des succès électoraux remportés par le PDS allemand et par les camarades suédois, qui ont doublé leurs voix après une période d'opposition au gouvernement social-démocrate (...)
A l'heure actuelle, soit le gouvernement opère un tournant, soit c'est la stabilisation modérée qui prévaut. Le gouvernement a fait un choix opposé à celui du tournant. Pèsent sur lui d'une façon prépondérante les forces économiques dominantes, la Confindustria (l'organisation du patronat de l'industrie), les soi-disant technocrates européens, le FMI. Ces forces ont estimé qu'une fois atteint l'objectif de l'Euro, le moment était arrivé d'exploiter le pacte de stabilité pour lancer une perspective hyper-néolibérale, l'État-providence et annuler le pouvoir de négociation des travailleurs. Ces forces veulent, au fond, ébranler le modèle social européen (...)
C'est dans un tel contexte qu'au niveau des orientations économiques s'impose un tournant qui comporte une nouvelle intervention publique dans l'économie en fonction de la lutte contre le chômage (même si l'objectif du plein emploi n'est pas encore à la
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Rapport et conclusions de Fausto Bertinotti (extraits)
portée) et pour échapper à la dépendance absolue du marché. C'est un tournant qui a une empreinte réaliste, du type néo-keynésien (avec l'accent sur "néo"), comportant des objectifs compatibles avec la réalité bien qu'en opposition avec la volonté politique prédominante (...)
Le processus de globalisation connaît des phénomènes de crise importants. L'Europe est emprisonnée dans la camisole de force de Maastricht, mais des gouvernements européens en demandent la rediscussion, y compris au nom d'une non-subordination aux États-Unis. Les résultats du SPD et des Verts et le succès du PDS en Allemagne représentent des faits importants susceptibles de modifier la situation européenne. Tout au long des gouvernements Kohl, l'Allemagne a joué le rôle de locomotive et de gendarme de l'Europe. Aujourd'hui, à l'exception de l'Espagne, l'Europe présente un cadre de gauche et sa locomotive n'est plus guidée par la droite. Même si son orientation concrète à gauche n'est pas encore là, le processus est ouvert. Les social-démocraties européennes doivent faire des choix d'orientation décisifs : revenir aux années 1980 ou entamer une politique de réforme ? Choisir, par exemple, entre le pôle Blair et le pôle Jospin. La droite reste dangereuse, mais sa crédibilité s'est fanée.
Le gouvernement italien a choisi aujourd'hui de se placer dans la sphère modérée. Si nous ne faisons pas un choix différent nous allons nous éloigner des meilleures expériences européenne et nous poussons en arrière les conditions réelles de notre pays. (...)
Nous proposons donc de faire un pas en arrière pour en faire deux en avant. Il s'agit, bien sûr, d'un échec si nous nous limitons à considérer le cadre politique, mais ce n'est pas donné d'avance que cela soit vrai aussi sur le terrain stratégique. Le processus de construction de l'alternative ne saurait être linéaire, il n'est pas la toute une série de "moindres maux" L'alternative exige des affrontements, des sauts qualitatifs (...) Conclusions
Il est évident qu'il existe des opinions différentes et opposées. Il faut comprendre que le choix de la rupture va à l'encontre d'un certain sens commun assez diffus, contre l'idéologie du "moindre mal" et qu'il est combattu par une campagne de presse imposante. Certes, il existe le danger des forces de droite. Moi, je pense que du point de vue politique, la droite est moins forte qu'au moment de sa défaite aux élections de 1996, mais elle est plus forte sur le terrain social ; elle est moins capable d'exprimer des directions politiques acceptables, mais plus apte à capter la protestation sociale (...) Pour battre la droite nous devons, bien sûr, garantir la tenue du système démocratique (...) Mais en même temps nous devons mener ensemble une bataille sur le terrain social pour éliminer la possibilité que la droite gagne un soutien.
Nous ne sommes pas en train de changer la ligne du congrès ni de l'appliquer de façon banale. Nous faisons un choix dans une situation nouvelle, qui représente une continuité avec cette ligne. Nous n'avons jamais eu le mandat de soutenir le gouvernement tout au long de la législature (...) Pour mener à bien notre choix nous avons besoin du travail de tout le monde, et, parmi d'autres, de ceux qui, en vertu de leur histoire, de leurs caractéristiques, de leur apport au mouvement ouvrier, jouent parmi nous un rôle fondamental.