Hugant du so dirigeant du soulèvela ment de paysan région de Cuzco, au
Pérou, et militant de l'Internationale, avait été emprisonné et risquait la peine de mort.
La IVe Internationale avait impulsé une campagne mondiale de solidarité, qui permit de le sauver. Nous publions ci- dessous la lettre écrite par Hugo dans sa prison, que la campagne de solidarité avait popularisée (1).
Peuple péruvien,
Ce procès ne s'ouvre pas contre ma personne, mais contre la révolution péruvienne. La réaction prétend l'amener au banc des inculpés ; et nous ne devons pas le permettre : au banc des inculpés doit se trouver l'oligarchie.
C'est justement parce que le jugement ne sera pas contre ma personne, que ce n'est pas la camarilla d'officiers et de porte-parole au service des monstres, c'est le peuple péruvien qui doit juger et c'est devant ce juge que nous devons faire notre rapport sur les trahisons de la patrie, les assassinats, les vols, les tortures, les violations commis par l'oligarchie toute entière et notamment par les propriétaires fonciers, dans tous les coins du pays.
C'est le moment le plus favorable pour le faire : le peuple péruvien suit le procès, pret à écouter et préparé à juger. Quel que soit notre effort dans cette direction, il sera insuffisant. Les syndicats, les fédérations des paysans, des ouvriers, des étudiants, des employés, etc., s'engager à devront fond dans cette tâche
J'ai eu le sort d'être celui qui doit s'asseoir au banc des inculpés, qui sera transformé en une tribune d'accusation de la révolution ;
C'est j'ai pourquoi besoin d'avoir le rapport des crimes des propriétaires tonciers et de l'oligarchie toute entiè re pour le jeter à la figure des tribunaux, qui seront le symbole de la
Hugo Blanco à son retour d'exil, réaction. Je demande en juillet 1977.
aux camarades de me transmettre ce rapport.
Malheureusement la salle du procès suffisamment large pour n'est pas accueillir dix millions d'hommes ; ce qui signifie que le juge véritable n'aura pas la possibilité d'entrer dans la salle : il se trouvera dans les rues des villes et des villages, dans les campagnes... Si nous voulons que notre accusation arrive devant lui, maintenant que l'histoire nous en donne la possibilité, il est nécessaire de préparer des millions de tracts, de brochures, peut-être un livre, et malheureusement, cela signifie de l'argent et, moi, je n'en ai pas. Je n'ai jamais demandé d'aides financières, mais maintenant je le fais, non pour moi, mais pour la dénonciation, pour l'accusation.
La terre ou la mort ! Nous vaincrons !
1. Nous publions ce texte de Hugo Blanco d'après la traduction parue dans Quatrième
Internationale n° 20, 21e année, de novembre 1963.