Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MOUVEMENT NATIONAL KURDE

Méthodes du PKK...

· Inprecor n° 432, février 1999 · p. 20 · 436 mots

Grèce et Turquie

Les accusations sur les "méthodes" du PKK sont souvent reprises dans la presse internationale, même par une partie de ceux qui ont de la sympathie pour la cause kurde : « Le PKK, une organisation qui mobilisait la petite paysannerie, tout en se voulant marxiste et nationaliste, a été incapable de traduire ses succès militaires sur le plan social, politique et populaire. Ses méthodes violentes (attaques contre les villages des milices pro-gouvernementales, tueries de femmes et d'enfants, attaques à la bombe dans les grandes villes), courantes jusqu'à la fin 1992, ont affaibli fuite en avant des militaires turcs", Le Monde diplomatique, décembre 1998).

Le secrétaire général du Parti socialiste du Kurdistan (KSP), Kemal Burkay, qui était intervenu auprès du premier ministre italien pour lui demander d'accorder l'asile politique à Öcalan, n'a pas pour autant hésité à formuler les mêmes critiques. Dans une interview accordée (21/11/1998), Burkay affirme que désormais, ce sont les méthodes plus pacifiques qui vont prévaloir et se félicite de voir qu'Apo « condamne à son tour certaines actions commises dans le passé [par le PKK] et qui s'apparentent au terrorisme ». Burkay précise la position de son mouvement : « En ce qui nous concerne, nous rence pour les méthodes politiques et pacifiques, qui nous semblent plus adéquates pour notre pays. Nous considérons qu'il est positif que le PKK ait décidé d'en faire autant, même si c'est avec un certain retard. Ainsi, il y a maintenant une chance pour que l'ambiance de querre et de violence, qui dure dans notre pays depuis 14 ans et qui a fait un grand tort à la fois au peuple kurde et au peuple turc, puisse enfin prendre fin. On peut désormais s'orienter vers une paix juste. (...) L'État turc s'est servi depuis des années des actions armées du PKK, en particulier de celles tournées contre les civils et les autres secteurs révolutionnaires ou patriotes, ainsi que ses actions violentes en Europe, en bref, des erreurs du ment kurde à l'opinion publique interne et internationale comme étant un simple phénomène de terrorisme. // s'est servi de ce prétexte pour dévaster le Kurdistan, menant un effroyable terrorisme d'État ».

Il est clair en effet que ces "méthodes de lutte" du PKK alimentent la propagande de l'État turc. Mais ce n'est pas une raison pour se taire sur ces actes indéfendables et être ainsi "plus royaliste que le roi", puisqu'Öcalan lui-même condamne aujourd'hui ces actions avec des termes d'une virulence telle que l'État turc ne le renierait pas (mais il en impute la responsabilité à ses lieutenants, en précisant que lui, n'a jamais tué personne !).

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