Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Intervention de Marco Ferrando (extraits)

Inprecor n° 434, avril 1999 · p. 22 · 563 mots

Italie

« Nous avons négocié un programme qui n'était pas le nôtre » A u dernier congres le slogan de la

\ maiorité était : « de la résistance au projet ». Mais tout au long de deux ans, en renonçant à l'opposition, nous avons renoncé à la résistance et le seul projet qui s'est concrétisé, dans la paix sociale, c'est le projet du capital financier, de l'entrée dans la nouvelle Europe impérialiste, de

AGRICOLTORI E BRACCIANTI UNTI FER IL RILANCIO DEL MEZZOGIORAO PARTITO DELLAR pays. C'est un fait. Certes, nous avons négocié, avec insistance, même d'une façon brillante, il faut le reconnaître. Mais nous avons négocié un programme qui n'était pas le nôtre. Nous avons négocié un programme opposé au nôtre dans son approche stratégique, dans ses racines de classe. Nous avons négocié pendant deux années, au delà de nos intentions, le programme de la bourgeoisie italienne contre le bloc social auquel nous faisons référence. Est-il possible aujourd'hui de garder le silence sur cette énormité sans assumer la responsabilité d'exprimer un jugement, voire de dire un seul mot dans le texte d'un congrès qui se veut extraordinaire ?

On pourrait dire : oublions le passé, occupons-nous du présent. Mais tout aspect du présent contient en soi le passé.

Les processus actuels de fragmentation sociale, qui impliquent une véritable colonisation du Midi, sont aussi le produit de ces mesures adoptées par le gouvernement Prodi que nous avons soutenues au parlement. Les coups portés aux travailleurs de Telecom sont également le résultat de cette vague de privatisations qui a assuré au gouvernement Prodi la première place dans la course aux privatisations en Europe et dans le monde et la chasse aux immigrés est l'aboutissement des mesures sur l'immigration prises par Prodi en provoquant les ravages des centres de concentration.

On explique aujourd'hui que nous sommes incompatibles avec la formation politique de l'ancien président Cossiga. Très bien, mais est-ce que nous ne sommes pas incompatibles également avec Prodi, Ciampi, Dini qui sont beaucoup plus représentatifs des intérêts des classes dominantes ? Est-ce que nous estimons encore, après deux ans d'expérience, que Prodi, Ciampi, Dini sont compatibles non avec une alternative de société, mais tout simplement avec un tournant réformateur ? Est-ce que nous croyons vraiment que le candidat des communistes à la présidence de la République puisse être Ciampi, le banquier par excellence, le gardien de Maastricht, celui qui a fait couler les larmes et le sang des travailleurs et des chômeurs ?

Il ne s'agit pas de critiquer le centre-gauche, mais d'analyser la nature de classe du centre-gauche en Italie aujourd'hui. A mon sens, le centre-gauche est de plus en plus le représentant gouvernemental du capital financier, la solution stratégique choisie par les grands patrons et les banquiers. C'est par la concertation avec la bureaucratie syndicale et les DS que ces messieurs lient à leur sort de larges secteurs des classes subal-

Devons-nous nous efforcer de monter à nouveau dans le wagon du centre-gauche et nourrir l'illusion d'un centre-gauche réformateur ou au contraire libérer les travailleurs de cette illusion ? Devons-nous, par ailleurs, persister dans notre attitude à l'égard de ces administrations municipales et régionales dont les représentants sont en première ligne dans l'attaque contre les droits démocratiques et veulent éliminer notre propre participation aux institutions parlementaires ou devons-nous leur retirer notre confiance, à commencer par la ville de Rome ?

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