Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URUGUAY/PAYS BASQUE

Manœuvres contre la paix en Euskadi

Inprecor n° 434, avril 1999 · p. 23 · 288 mots

Euskadi

L'arrestation, le 9 mars à Paris, de six Basques présentés comme de « très gros poissons » de l'ETA, le jour même de la visite officielle du Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, est un coup porté avec préméditation par le gouvernement français au processus de paix en Euskadi. Alors que l'ETA observe depuis septembre dernier une trêve militaire destinée à ouvrir la voie à une solution politique pour l'Euskadi, alors que dans la foulée l'ensemble des formations de la province ont signé les accords de Lizarra-Garazi sur la base de la revendication de souveraineté politique, le très droitier gouvernement de l'Etat espagnol cherche par tous les moyens à torpiller cette issue porteuse d'espoir pour la nation basque. Il est vrai que la sortie des errements de la lutte militaire passée s'est immédiatement traduite par une imposante victoire électorale des partis signataires des accords de Lizarra-Garazi contre la sainte-alliance des partis « espagnolistes ».

En procédant, sous l'oeil des caméras opportunément convoquées, au coup de filet du 9 mars, le gouvernement français se porte à la rescousse de l'entreprise de sabotage, menée par les gouvernants de Madrid, d'une possible paix en Euskadi. Lionel Jospin s'inscrit ainsi dans la continuité de la complicité de la Mitterrandie avec les agissements du GAL ou la reprise des extraditions de militants etarras vers Madrid dans les années 80.

Comme quoi, à tant se soumettre aux traités et dispositions qui, tels les accords de Schengen, font de l'Union européenne un espace d'arbitraire et de non-droit pour une partie de ses résidents, on en vient soi-même à garrotter les libertés et à cautionner les agissements de ce terrorisme dont on tait généralement les méfaits : celui des États.

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