Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GUERRE DES BALKANS

Les oppositions à la guerre en Europe

· Inprecor n° 435, mai 1999 · p. 6-8 · 3 062 mots

Ex-Yougoslavie Italie Paix et armements Allemagne

Du côté de la droite... L Bretas remar pati conservateures Counde-

, Bretagne où le parti conservateur est ouvertement divisé. Selon un ministre de ce parti (cité dans le Financial Times, 15 avril), 100 parlementaires sur 162 s'opposent à l'intervention. Parmi les plus furieux, il y a deux "faucons" : Alan Clark, ex-ministre de la défense, et Lord Carrington, ministre des affaires étrangères pendant la guerre des Malouines, parce que « Blair bombarde un peuple chrétien qui n'a jamais fait de mal au Royaume-Uni ». Cela représente le courant nationaliste-britannique, qui, « légèrement anti-américain », ne peut concevoir la guerre que si « les intérêts nationaux sont menacés ». Cela ressemble aux courants « isolationnistes » dans les partis républicain et démocrate aux États-Unis.

Ce "subtil" anti-américanisme se retrouve dans les déclarations de beaucoup d'hommes politiques, notamment en France et en Allemagne.

Plus nettes sont les oppositions parfois virulentes de la droite populiste ou fasciste. Critiquant l'OTAN (et les USA) et leurs propres gouvernements, guidées par une grille de lecture "nationaliste" des réalités, elles ont parfois des difficultés à s'orienter et à garder leurs troupes unies. Couac chez le Vlaams Blok (le parti fasciste flamand) où la direction a soutenu la campagne d'aide aux Kosovars, alors que dans plusieurs municipalités ses conseillers s'y opposent. En Italie, Bossi (Lega Norte) a d'emblée pris position contre les bombardements et en faveur des Serbes d'une manière très visible. A gauche, les oppositions... • Au sein de la social-démocratie En allemagne, encore pere 1018, amate

, électorale (en septembre 1998), Schröder s'était exclamé qu' « il n'y aurait pas de troupes hors des frontières allemandes sans un mandat de l'ONU ». Même si l'antimilitarisme de la socialdémocratie allemande a été enterré dès avant 1914, l'histoire chargée du pays au cours du XX° siècle, ne rend pas les transgressions faciles.

Ainsi, au congrès du SPD, originellement conçu pour élire le Premier ministre comme président du Parti, ce dernier a dû utiliser les astuces de la procédure pour écarter la motion de l'aile gauche qui se prononçait contre la guerre terrestre, et il a fait adopter (mais sans compter les voix) une motion qui approuvait les bombardements. A cette occasion, l'aile gauche s'est manifestée à travers le "Cercle de Francfort" (de Detlev von Larcher) et des motions qui ont obtenu la majorité à Brême, dans le Schleswig-Holstein et à Munich. 8 députés du SPD, dont Andrea Nahles, président des Jeunesses socialistes ("Jusos"), ont publiquement pris position dans ce sens. Il est de notoriété publique qu'Oskar Lafontaine est opposé à la guerre. Discret pour le moment, il a annoncé qu'il prendra publiquement position lors de son meeting du 1º Mai à Saarbrücken.

En Grande Bretagne, il faut signaler l'opposition à la guerre du Parti Nationaliste Écossais (comportant un courant de gauche, sorti du Labour) qui dispute (dans les sondages) la majorité au Labour à l'occasion des élections pour le parlement régional (5 mai).

Au sein du Labour, 11 députés ont voté contre la politique du gouvernement, le lundi 19 avril (The Times du 21 avril) : Tony Benn, Jeremy Corbyn, George Galloway, Alice Mahon, Alan Simpson, Llew Smith (Wales), Audry Wise et Neil Gerrard — tous membres du "Campaign Group" qui regroupe une partie de la gauche socialiste — ainsi que Bob Wareing et Bob Marshall. Alors que les opposants sont violemment anti-OTAN, mais ne se prononcent pas contre le régime de Milosevic et sa politique au Kosovo, l'autre secteur de la gauche socialiste traditionnelle, emmenée par Ken Livingstone, est en pointe pour défendre les bombardements (« Pourquoi nous ne nous trompons pas en comparant Milosevic à Hitler », The Independant, 21 avril).

Alors que Blair peine à trouver un support public dans le monde culturel, la gauche occupe le terrain : la prestigieuse revue New Left Review mène campagne contre la guerre, et des artistes comme l'écrivain Harold Pinter, le cinéaste Ken Loach, la féministe Germaine Greer et d'autres ont condamné l'action de l'OTAN.

En France, Jospin, premier ministre, joue les équilibristes pour empêcher une dissidence sur sa gauche. Ce n'est pas compliqué pour ce qui concerne le PS, avec sa flopée de ministres. La "Gauche socialiste" (Julien Dray, Jean-Luc Melanchon, Gérard Filoche) qui en est dépourvue (heureusement !), a une position clairement opposée aux bombardements de l'OTAN, à Milosevic et en faveur des droits du peuple kosovar (Démocratie et Socialisme, n° 64 du 12 avril). En revanche, la pointe critique contre « la tutelle américaine » contraste avec le silence sur le PS. Ce qui manque au Mouvement des Citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevenement — hors du PS (pour combien de temps encore ?) mais fortement représenté au gouvernement — ce ne sont pas les critiques envers les USA, mais une position sur la guerre. Alors que ce MDC, par la

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bouche de Sami Naïr, continue de soutenir à fond Jospin (Le Monde, 23 avril).

En Italie, le malaise face à l'intervention de l'OTAN a existé dès le début, même si aujourd'hui une majorité de la population soutient « les frappes ». Avec Rifondazione Comunista, le premier opposant aux bombardements de l'OTAN (comme à l'épuration ethnique au Kosovo), fut... le pape. Le pape antimilitariste, à la gauche de D'Alema ! Ce dernier, premier ministre et membre des DS (ex-PCI, ex-PDS, aujourd'hui "Démocrates de gauche"), a, semble-t-il, reçu quelques félicitations au sommet de Washington pour ses acrobaties qui ont maintenu l'Italie, plaque tournante de l'intervention de l'OTAN, dans le camp de la guerre. Ainsi, obligé en tant qu'ex-communiste de donner des gages à Clinton et à l'OTAN, il a critiqué publiquement son ministre des affaires étrangères, Dini (homme de confiance de la grande bourgeoisie italienne), parce que ce dernier avait condamné le premier bombardement meurtrier contre la télévision serbe (pour s'excuser, peu après, de ses « émotions »).

Le gouvernement italien est le plus composite de toute l'Union Européenne (UE) : il comprend, à côté des DS, toute une gamme de courants issue de l'ex-Démocratie Chrétienne, des "partis" libéraux, les Verts et le Pdci (Parti des Communistes Italiens) de Cossutta, scission récente du PRC. Il a aussi la tâche de stabiliser le régime politique par une réforme électorale qui n'est pas prête d'aboutir. Cette situation explique qu'en même temps, les courants de gauche dans les Partis "populaires" au gouvernement s'agitent et menacent, mais ne veulent pas la chute de ce dernier.

Ainsi, 170 parlementaires (119 députés sur 630, et 51 sénateurs) ont signé un document public qui demande une trêve dans les bombardements, se prononce contre une guerre terrestre et contre l'épuration ethnique, tout en confirmant « leur soutien loyal et entier au gouvernement » (Corriere della Sera, 23 avril). Parmi les signataires, il y a tous les Verts et les Cossuttiens, la gauche socialiste des DS ainsi que la gauche du PPI (le tronçon principal de l'ex-DC).

En Espagne, le PSOE soutient la politique du gouvernement Aznar (démocrate-chrétien), et a plombé le parti qui compte dans ses rangs les personnalités les plus OTANesqe du pays : Felipe Gonzales et Javier Solana. Dans le vote au Parlement, 3 députés du petit courant de la Gauche Socialiste se sont abstenus, refusant de soutenir la motion gouvernementale et celle de l'opposition de Izquierda Unida (IU). • Chez les Verts Pour les Verts, cette guerre est leur baptême du feu, surtout pour ceux qui sont déjà au gouvernement (France, Allemagne, Italie) ou qui peuvent espérer y entrer bientôt (Belgique). Cette option (rester ou s'accommoder d'un gouvernement en guerre), résulte de l'énorme confusion politique introduite par l'idée d'une « guerre humanitaire » face à un nettoyage ethnique qui rappelle bien des souvenirs des années 30. On peut comprendre la confusion populaire. Mais on distingue bien, dans le monde politique, ceux qui veulent surtout « aller à la soupe » en s'identifiant à l'État bourgeois-impérialiste, sa raison d'être, sa stabilité, son avenir.

Ce passage qui implique reniements, mensonges et manœuvres, est certainement le plus douloureux pour les Grünen. Avec Joschka Fischer au gouvernail de l'appareil d'État impérialiste allemand, c'est vraiment leur « août 1914 ». Le tremblement de terre qui les affecte (dès avant une guerre terrestre qui frapperait alors leurs partis-frères de plein fouet), ne cesse d'envoyer ses secousses à travers le Parti, qui prépare son congrès du 13 mai (Sozialistische Zeitung, n° 8, 15 avril). Le premier symptôme de cette crise existentielle, c'est le départ en masse de membres et de certains dirigeants locaux (Judith Temba à Berlin, Daniel Kreuz en Westfalie du Nord). D'autres mènent la bataille. Dès le 26 mars, députés (dont Christian Ströbele et Annelie Buntenbach) ont voté contre l'engagement militaire en Yougoslavie. En même temps, il était de notoriété publique que des éclats ont opposé au sein du gouvernement le couple Schröder-Fischer à Trittin, qui se tait à l'extérieur, et Gila Altmann, secretaire d'État à l'environnement, ayant signé le premier appel des Verts critiques (et qui fut « invitée » à démissionner, ce qu'elle n'a pas fait pour le moment). A Tübingen, Claudia Haydt qui présidait la fraction municipale des Verts, a démissionné. Certains rejoignent le PDS. Un appel déclarant notamment que « Le Parti a franchi le Rubicon », a été initié par Uli Cremer qui fut, jusqu'en février, le porte-parole du "Groupe de travail pour la paix" des Grünen au parlement national. Au 13 avril, environ 700 membres l'avait signé ainsi qu'un certain nombre de "cercles" locaux. Le congrès du 13 mai sera donc un moment important de vérification.

En France, les Verts étaient solidement installés au sein de la gauche plurielle. La guerre étant là, et avec Cohn-Bendit, l'ami de J. Fischer, c'est une ligne "va-t-en guerre" qui s'impose, pour commencer, dans les media. Au Comité National des Verts, la résolution qui reprend les principaux axes de la politique des Verts (transformation du Kosovo en zone humanitaire, force d'interposition de police, aide aux réfugiés, conférence balkanique) obtenait plus de 70 % des voix. Le malaise est grand dans un Parti qui s'était totalement opposé à la guerre du Golfe. Mais le Parti reste derrière la politique gouvernementale. Cohn-Bendit et le député Noël Mamère apparaissent comme les porte-parole d'un courant offensif en faveur de la guerre. La minorité s'est trouvée une voix publique audible avec Martine Billard (une des 4 porte-parole officiels) et la député M.H. Aubert.

En Italie, les Verdi sont au gouvernement et y restent tout en menaçant d'en démissionner « la prochaine fois » (c'est l'attitude de Cossutta). En même temps tous les parlementaires ont signé l'Appel qui demande l'arrêt des bombardements (cf. supra).

En Belgique, les Ecolos (région francophone) et Agalev (côté flamand) avaient activé, depuis la rentrée de septembre, leur entrée dans le gouvernement (national et/ou régional) à l'occasion des élections pour les parlements national et régionaux (qui auront lieu en même temps que les européennes). C'est dire que cette guerre gêne fortement ces partis verts, originaires notamment du mouvement pacifiste de masse des années 80.

En "opposition" à un gouvernement socialdémocrate/démocrate-chrétien, et dans le débat parlementaire où l'on ne vote pas sur la question (!), ils se sont fait discrets. Emportés dans un premier temps par le vent humanitaire, ils ont approuvé l'intervention de l'OTAN. Mais la pression anti-guerre dans l'environnement de ces partis reste forte. Ainsi Ecolo décidait de changer d'opinion, en se prononçant pour « l'arrêt des frappes conditionné au retrait simultané des forces serbes et des milices de l'UCK ». Mais il fallait faire discret : aucun député ne devait signer des appels sur la base politique qu'Écolo venait d'approuver (2 avril). Dans le débat parlementaire du 27 avril l'écart est devenu public : le député Van Dienderen, porte-parole d'Agalev, a pris position en faveur d'un arrêt inconditionnel de l'activité militaire de l'OTAN, tandis qu' Écolo reste sur une position « conditionnelle ». C'est là le poids différent du mouvement pacifiste, qui prépare une manifestation pour le 2 mai, dans les deux parties du pays. • La mouvance communiste P dans les Balkans, avec comme épicentre le , our la mouvance communiste cette guerre régime de Milosevic, constitue quelque part le dernier acte d'une pièce de théâtre sur l'agonie du stalinisme. Le pathétique voyage de Cossutta, dans un passé reculé « l'homme des Russes » au sein du vieux PCI, désormais au gouvernement, débarquant à Belgrade après avoir rencontré Hue (à Paris), descendu à Berlin, puis à Moscou (chez

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son ami Ziouganov) pour enfin jouer le rôle du pseudo-négociateur chez Milosevic, en constitue l'acte final.

Il reste que, dans la plupart des PC maintenus, subsistent d'une manière diffuse des relents de campisme (on est contre l'OTAN, donc pour Milosevic) et de nostalgie du "socialisme réel", surtout celui de Tito, considéré comme « finalement très présentable ».

Les PC continuent à se rencontrer régulièrement soit au Parlement européen (avec invitation aux partis non-représentés), soit dans des conférences ad hoc à l'initiative d'un parti ou d'un autre, soit sur une base bilatérale ou régionale. Mais les désaccords ont atteint un point tel qu'aucune action forte et coordonnée n'a pu être initiée. Pour le moment. Une guerre terrestre pourrait éventuellement changer cela. Dans cet éventail, le PC grec (KKE) et le PC français représentent les extrêmes.

En Grèce, l'anti-impérialisme anti-britannique (lié à la guerre et à la guerre civile) et l'anti-américanisme (lié au régime des colonels) sont forts. Il sont de plus alimentés par la tension active avec la Turquie, le membre choyé par les États-Unis, et les affinités culturelles avec la Serbie. Le KKE est depuis toujours activement pro-Milosevic et a soutenu les tortionnaires Karadic et Arkan. Mais c'est un parti important, notamment sur le plan syndical. Il joue un rôle décisif dans les manifestations de masse contre la guerre, qui se doublent d'actes d'insubordination, d'occupation d'aéroport, d'actions contre les navires américaines, etc.

Le PC français de son côté traîne avec lui un discours qui dit une chose et son contraire, y compris sur la guerre en cours. Avec une limite : on ne quitte pas le gouvernement !

De tous les (grands) PC, c'est certainement Rifondazione italien qui pourrait jouer un rôle déterminant dans une opposition à la guerre. En soutenant et organisant plusieurs manifestations de masse (de 40 000 à 80 000 participants), le PRC dirige la lutte contre la guerre sur le plan politique et, peut-être demain, social. Ainsi, Bertinotti avait-il mis en perspective la préparation d'une grève générale contre la guerre. Cette initiative politique, bloquée pour le moment, pourrait devenir actuelle en cas de guerre terrestre : les grandes confédération syndicales (CGIL, CISL, UIL) ont dû organiser, afin de canaliser ce sentiment, une manifestation de masse (à Bari) ; elle était destinée « à favoriser la paix », mais de fait soutenait la politique de D'Alema.

Le quotidien Il Manifesto, publié par les intellectuels communistes, joue un rôle très positif en co-organisant une des grandes manifestations à Rome. Une de ses figures emblématiques, Rosanna Rossanda, vient de lancer un appel à la désobéissance des soldats au cas où l'armée italienne participerait à une guerre terrestre (Corriere della Sera, 23 avril). Cette dernière éventualité hante plusieurs esprits dont celui de Coferrati qui a lancé un avertissement au gouvernement (Corriere della Sera, 24 avril).

En Espagne, Izquierda Unida, opposé à la guerre au Parlement et dans la rue, a été le théâtre d'une vive lutte interne entre deux positions : une, qui s'oppose à la guerre mais soutient de fait ou ouvertement Milosevic, et celle, anti-impérialiste et activement contre la guerre, qui s'oppose à

Milosevic et soutient le droit démocratique des Kosovars.

Au départ, le duo Anguitta-Frutos (respectivement coordinateurs de IU et du PC) a pris la première position, en recevant l'ambassadeur yougoslave dans les locaux du Parti à Madrid, et semant le doute quant à la réalité des massacres antiKosovars. Récemment encore, dans une interview publiée dans El Pais, Anguitta appelait Milosevic « un homme de gauche ». Cette ligne politique trouvait sa traduction dans des tentatives d'opposer sur cette base une manifestation de rue proposée par le PC (IU) à celle en voie de préparation par une vaste coalition unitaire sur une base correcte. En fin de compte, l'unité a prévalu.

Ce qui n'a qu'alimenté et polarisé le débat au sein de IU, où Anguitta s'est heurté à plusieurs reprises aux coordinateurs régionaux de IU de Madrid, Catalogne, Valencia, ...

Ce débat a été tranché, au moins provisoirement, à la dernière réunion de la présidence de IU (lundi, 26 avril). Le rapporteur, Pedro Marcet, a été obligé d'accepter une série d'amendements qui corrigent substantiellement le texte, par l'intervention d' Anguitta jouant son rôle bonapartiste. Cela a signifié un changement de ligne politique, donnant satisfaction à une majorité des instances régionales de l'organisation. Frutos, le principal dirigeant du PC, et ses amis politiques ont refusé de voter.

Ce changement s'explique aussi par la pression montante qui s'exprime à travers le Manifeste pour une paix juste aux Balkans : « contre les attaques de l'OTAN ; contre la répression effectuée par le gouvernement serbe ; pour l'autodétermination du Kosovo », qui a été signé par une série impressionnante de personnalités intellectuelles et de dirigeants du mouvement social et politique, dont le philosophe Francesco Fernandez Buey, proche d'Anguitta, Augustin Moreno (dirigeant des Commissions Ouvrières, et son aile gauche), une majorité de la direction des Métallurgistes des Commissions Ouvrières...

Quant au PDS allemand, il s'oppose à la guerre et à l'OTAN, critique Milosevic pour son régime antidémocratique à l'intérieur de la Serbie et pour sa politique d'expulsion violente des Kosovars. Malgré cela, Gregor Gysi (comme Cossutta) est allé à Belgrade pour y serrer la main à Milosevic ; ce qui a été très mal perçu en Allemagne, même s'il a fait le voyage au Kosovo. D'autant plus, que le PDS ne pipe mot des droits démocratiques des Kosovars. Cela vaut aussi pour son « plan de paix », adressé aux partis de gauche en Europe occidentale et orientale. Il se place dans le cadre de l'ONU, demande l'arrêt simultané des activités militaires de part et d'autre, mais ne dit rien sur un retour des Kosovars expulsés !

Le PDS est actif dans le mouvement anti-guerre et prépare activement "sa" manifestation du 8 mai à Berlin. Winfried Wolf, député apparenté PDS, a pris une initiative spectaculaire, soutenu par la fraction parlementaire : un journal de la guerre, dont trois éditions ont paru (à 100 000, 300 000 et 500 000 exemplaires).

le 29 avril 1999 [F. V. avec nos correspondants en Europe]

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