Par Livio Mitan* a Chine fêtera au mais d'octobre le quarantième anniversaire de la fondation de la République populaire alors que le mois de juin marquera le dixième anniversaire du drame de Tien Anmen. Au delà des célébrations propagandistes opposées, c'est l'occasion pour dresser un bilan synthétique et encore plus de s'interroger sur la dynamique d'un pays qui, de toute façon, va jouer dans les prochaines décennies un rôle majeur à l'échelle mondiale.
Dans le bilan d'ensemble une distinction s'impose : alors que les trois décennies après 1949 ont été marquées par une succession de différentes orientations et de tournants brusques, dans les vingt années suivantes, à part quelques corrections et reculs partiels ou conjoncturels, on n'a pas changé de cap y compris après des événements majeurs comme la révolte de juin 1989.
Nous ne revenons pas sur la signification historique de la révolution chinoise ni sur les vicissitudes de 1949 à 1979. Notre mouvement a analysé cette période aussi bien dans des documents de ses congrès et de ses organismes de direction que dans ses publications. Quant à la période suivante, rappeIons tout simplement que la Chine a enregistré une croissance économique beaucoup plus importante et constante. Selon les chiffres officiels, au cours du dernier plan quinquennal achevé, de 1992 à 1997, son produit national brut a augmenté de 12,1% par an, alors que le niveau de vie a augmenté de 7,2% par an dans les villes et de 5,7% dans les campagnes (1). Des difficultés et des tensions qui s'accentuent
Un changement s'est toutefois dessiné les deux dernières années. Ainsi, la question se pose de savoir si le pays est en train d'entrer dans une nouvelle phase où tensions et contradictions à l'oeuvre iront s'aggravant au niveau socio-économique avec également des répercussions au niveau politico- institutionnel.
Tout d'abord, il faut constater un ralentissement incontestable du taux de croissance. Selon les évaluations les plus optimistes, le PNB aurait augmenté l'année dernière d'environ 8% (7,8% selon le dernier rapport de Zhu Rongji à l'Assemblée nationale) alors que d'après d'autres sources il n'aurait même pas atteint 6%. Pour la prochaine décennie on projette une croissance de 7% (Beijing Information, n° 1/1999), mais de nombreux commentateurs conseillent de prendre ce chiffre sous bénéfice d'inventaire
Rappelons qu'au dernier congrès du parti (septembre 1997) Jiang Zemin avait synthétisé la situation comme suit :« La qualité et l'efficacité de l'économie nationale dans son ensemble demeurent relativement faibles, la structure irrationnelle pose encore un problème assez proéminent et, tout particulièrement, certaines entreprises d'État manquent de vitalité. Le style de travail du Parti et du gouvernement, la conduite sociale actuelle et la sécurité publique demeurent encore en-deça des attentes du peuple ; la corruption, l'extravagance et le gaspillage et d'autres phénomènes indésirables sont encore chose courante et connaissent même une recrudescence ; le style de travail bureaucratique, le formalisme et la tromperie constituent de sérieux problèmes. La relation entre le revenu et la distribution doit être redressée, l'inégalité du développement régional est flagrante et certains citadins et ruraux vivent encore dans l'embarras ».
En novembre 1998 une publication officielle écrivait :« L'offre des articles de consommation, des financements et des installations d'infrastructure dépasse nettement la demande du pays. Le surplus de force productive a rendu inactifs 40% des équipements destinés à la transformation des machines et à la fabrication des appareils ménagers. A présent, les effets des goulots d'étranglement, fruit de l'économie pla nifiée traditionnelle, laisse la place aux effets des demandes, fruit de l'économie de marché. On assiste à la faillite de certaines entreprises et à la mise en chômage de certains employés excédentaires, et cela, à cause de
Chine
Une nouvelle phase,
dix ans après
Tien Anmen ?
la concurrence soulevée par les capitaux privés et à la commercialisation des banques (...) Le problème de l'emploi devient un problème crucial de l'économie chinoise » (B.l., n° 47/1998)
Début février de cette année The China Economic Times écrivait que les deux tiers des principaux produits manufacturés étaient excédentaires (+38,7% par rapport à l'année précédente). Différentes sources, dont le Financial Times, expliquaient que les entreprises pétrochimiques étaient en train de réduire leur production ; que les investissements dans le secteur de l'acier diminueraient de 50 % ; que la décision avait été prise de fermer 25 800 mines de charbon avec une perte de 400 000 emplois; que le secteur de l'électricité était en train de passer d'une carence de production chronique à une surproduction ; que des phénomènes de stagnation ou de recul se produisaient auss dans d'autres secteurs (transport aérien, autocars) ; que les sociétés chinoises avaient enregistré à la Bourse les pires résultats depuis le début des années 1990. Le fameux district modèle de Pudong, près de Shanghai, avait été également frappé par des tendances déflationnistes. Des sociétés étrangères faisaient elles aussi les frais de ces difficultés : selon des estimations de TA Kerney de Hong Kong plus de la moitié des multinationales - 30 % selon d'autres sources — n'obtiendraient pas de bénéfices
Par ailleurs, comme nous l'avons mentionné, la situation des entreprises d'État déficitaires est plus grave que jamais. Le fait qu'elles sont toujours considérées comme « le pilier de l'économie chinoise » et qu'à la fin de 1997 56 % de la force de travail *Livio Maitan, dirigeant de la IVe Internationale, est membre de la direction du Parti de la refondation communiste (Italie). 1. L'auteur de cet article a contribué aux analyses et aux réflexions de notre mouvement par deux livres : Le parti, l'armée et les masses dans la révolution culturelle chinoise, Maspero, 1971, et Il dilemma cinese, Data News, 1994. En ce qui concerne les dernières années cf. les articles sur la Chine parus dans Inprecor n° 405 de sep tembre 1996, n° 419 de décembre 1997 et n° 423 d'avril 1998.
Chine urbaine y était employée suffit à indiquer la portée du problème. Il est vrai que des restructurations avec des fusions et des suspensions d'activité ont été réalisées en 1998 à une échelle plus large qu'auparavant (par exemple, dans le textile et dans l'industrie charbonnière). Commission nationale pour l'économie et le commerce, des problèmes aigus subsistent, dont « la chute du rendement des entreprises publiques, la mauvaise santé de nombreuses entreprises, la pléthore croissante des employés et des ouvriers et la pression accrue sur l'emploi (...), la mise en place d'entreprises faisant double emploi depuis des années , (...) des équipements de production massivement au repos (...), l'approbation de projets même si on manque de capitaux, des entreprises lourdement endettées » (B.l., n° 2/1999). Il faut ajouter que même le secteur des entreprises dites collectives, qui a joué et joue toujours un rôle important, commence à connaître des difficultés avec une tendance à la diminution du taux de croissance. Plus généralement, si l'on en croit un responsable du Bureau des statistiques, « il sera difficile de surmonter en peu de temps les contradictions au sein de couches profondes de l'économie nationale. Premièrement, les problèmes structurels accumulés depuis longtemps sont difficiles à résoudre d'un seul coup ; deuxièmement, les entreprises chinoises ne sont pas compétitives dans le contexte de l'intégration à l'économie globale ; troisièmement, après avoir subi la crise financière, les pays d'Asie du sud-est vont avoir une compétitivité accrue sur le plan international et cela risque de nuire aux exportations chinoises » (B.l, n° 7/1999).
Plus récemment, l'attention a été attirée encore une fois sur la difficulté pour l'État de s'assurer un revenu fiscal adéquat (ce revenu correspondrait à 12% du PIB contre 32% en moyenne pour les pays sous-développés). Si aucune amélioration ne se produisait dans ce domaine, cela pourrait remettre en question les mesures "keynésiennes" adoptées pour faire face aux tensions accentuées par la crise asiatique (cf., par exemple, Financial Times, du 7 avril 1999).
Les conséquences sur le plan social sont assez largement connues. Le chômage ne cesse de monter. Sans remonter plus loin, en 1998, selon un économiste de l'Académie des sciences, Hu Angang, le chômage urbain aurait atteint 8% de la population active (de 13 à 15 millions) et pourrait croître davantage cette année. Selon des sources citées par Le Monde (5 mai 1998), les travailleurs excédentaires des entreprises d'État seraient de
30 à 40 millions. Par ailleurs, la décision a été prise, en principe, de réduire de 50% le nombre des fonctionnaires publics. Plus généralement, selon Zhou Lukuan de l'Université de Pékin, mentionné par la Far Eastern Economic Review, le taux du chômage réel serait proche de 20% de la population active.
Toutes ces tendances sont d'autant plus graves que la population dite excédentaire est loin de diminuer dans les campagnes. Rappelons que déjà en 1995 on avait avancé le chiffre de 120 millions dans une perspective de 200 millions pour l'année 2000. II n'y a eu aucun changement substantiel depuis lors. Qui plus est, les campagnes doivent faire face à d'autres problèmes majeurs. En plus de la stagnation de produits agricoles fondamentaux et de la détérioration ultérieure de l'environnement, c'est le rétrécissement des surfaces cultivables qui menace la Chine : selon l'agronome Bao Jianzhong dans 30 ou 40 ans la surface cultivable par tête d'habitant se réduirait à 0,08 hectare et en même temps la disponibilité d'eau correspondrait au tiers de la disponibilité actuelle.
Finalement, au cours des deux dernières années l'attention des spécialistes a été attirée par l'évolution des investissements et des activités financières. Bref, en ce qui concerne les investissements, y compris étrangers, un ralentissement s'est dessiné depuis 1997 et a continué en 1998 (si on tient compte des investissements effectivement réalisés et non de ceux annoncés). Au niveau des activités plus proprement financières, les préoccupations des milieux internationaux ont sensiblement augmenté à la suite de la faillite en 1998 de la puissante agence des investissements Guandong International and Investment Corporation (GITIC) et de la décision des autorités centrales de ne pas compenser les pertes subies par des hommes d'affaires étrangers.
Mais à la question de savoir si la Chine est en train d'entrer dans une nouvelle phase on ne saurait répondre, en fin de compte, qu'en abordant le thème des transformations structurelles socio-économiques.
Nous ne revenons pas sur les analyses que nous avons développées dans des articles précédents au sujet des transformations structurelles des deux dernières décennies. Nous sommes d'avis qu'aucun changement qualitatif ne s'est produit par la suite : à la différence de la Russie et d'autres Républiques de l'ancienne Union Soviétique, le système capitaliste n'a pas été restauré et la Chine reste une société de transition bureaucratisée en dépit des bouleversements qu'elle a connus. La couche sociale dominante est toujours représentée par cette bureaucratie qui s'était formée et assez rapidement cristallisée au lendemain de la victoire de la révolution (même auparavant dans les régions antérieurement libérées) et qui continue à sécréter sa propre idéologie, réadaptée selon les besoins de sa propagande, intrinsèquement inconsistante et de plus en plus éclectique. Par ailleurs, ce sont justement des mécanismes socio-économiques non capitalistes qui ont permis à la Chine de faire face à la crise asiatique mieux que d'autres pays. George Soros l'a remarqué lui-même en expliquant que la grande différence qui a sauvé la Chine réside dans le fait que sa monnaie n'est pas convertible et que son gouvernement peut encore exercer un contrôle sur l'afflux de capitaux.
Ceci dit, il faut quand même constater que l'intégration dans l'économie mondiale, aussi limitée soit-elle, pèse de plus en plus et c'est un fait que se produisent désormais en Chine des phénomènes de surchauffe, de surproduction, d'oscillations boursières, de variations des prix des terrains et de spéculation immobilière qui sont typiques de ce qu'on appelle une économie de marché beaucoup plus que d'une société de transition bureaucratisée.
Des changements pourraient se préciser y compris au niveau social si des hypothèses esquissées en matière de sociétés par action, notamment dans le but d'aborder plus résolument le problème des entreprises d'État déficitaires, se traduisaient dans la réalité. Si, plus concrètement, on adoptait, pour reprendre les propres mots de l'économiste Li Ji, « un système d'actions sur le capital » avec une « distribution des dividendes », cela ouvrirait inévitablement des brèches dans le système. Une accumulation privée, embryonnaire mais susceptible de se développer assez rapidement, deviendrait ainsi possible. Le chemin serait déblayé vers cette restauration capitaliste qui n'a pas eu lieu jusqu'à maintenant (2). Tien Anmen : rupture du substitutisme
Dans notre article susmentionné nous avions emprunté des clés d'interprétation de l'histoire contemporaine chinoise aussi bien à Étienne Balazs qu'à Roland Lew, en nous référant en même temps aux années 1920 2. Cf. à ce sujet notre article dans Inprecor n° 423 d'avril 1998, p.32. Il faut ajouter qu'au mois de mars dernier on a corrigé un article de la Constitution dans le sens de reconnaître un statut plus important au secteur privé : " Dans le cadre de la loi, les entreprises privées et individuelles et autres entités économiques du secteur non étatique sont une composante importante du système d'économie de marché socialiste ».
et 1930, à la période cruciale de la guerre révolutionnaire avant 1949 et, sous des formes plus particulières, à la "révolution culturelle" de la fin des années 1960 Ajoutons que le concept de substitutisme pourrait aussi aider à comprendre certains phénomènes des années 1990
En effet, la formation physiologique d'une classe capitaliste, d'une véritable bourgeoisie, s'est avérée extrêmement difficile, voire, jusqu'ici, impossible : aussi bien pour des raisons historiques nationales qu'à cause de la dynamique du capitalisme international d'aujourd'hui. Dans un tel contexte des fractions de la couche dominante bureaucratique - composées beaucoup plus de jeunes que de survivants des vieilles générations — pourraient jouer le rôle d'une classe capitaliste en tant que gérants de nouveaux mécanismes d'accumulation. Un tel processus ne pourrait, toutefois, se développer et à plus forte raison s'achever sans une neutralisation ou une relégation à un rôle passif aussi bien des masses ouvrières et populaires urbaines que des masses paysannes. De toute façon, une contradiction surgirait entre cette dynamique socio-économique nouvelle et le cadre politico-institutionnel fonctionnel quant au maintien et à la gestion d'une société de transition bureaucratisée.
Le recours à la clé d'interprétation du substitutisme, qui se base sur des éléments analytiques réels, risquerait d'amener à une conception schématique et unilatérale et d'inspirer une vue pessimiste du futur si on oubliait ces moments cruciaux où la logique substitutionniste n'est pas entrée en jeu, voire a été brisée. En d'autres termes, si on gnorait les phases de marée montante où les masses ont réussi à jouer le rôle de protagonistes.
Tout au long de sept décennies nous pouvons saisir trois de ces phases. La première correspond aux mobilisations ouvrières et populaires lors de la révolution de 1925-27. La deuxième remonte aux années 1946-47 alors qu'une nouvelle montée du mouvement paysan met à l'ordre du jour le renversement de l'ancien régime. La troisième est la révolte de juin 1989.
Cette révolte représente la rupture la plus spectaculaire avec le substitutisme de toute l'histoire de la Chine post-révolutionnaire. Ce sont des larges couches de la jeunesse estudiantine qui en ont pris l'initiative. Mais leur mobilisation a eu rapidement un écho puissant dans des couches ouvrières et populaires, parmi des fonctionnaires, des intellectuels et des journalistes, en provoquant des clivages même au sein du parti. Le caractère démocratique révolutionnaire du mouvement a été confirmé par le fait que dès le début, alors que les organisations officielles disparaissaient ou restaient passives, faisaient leur apparition de nouvelles formes organisationnelles et de nouveaux dirigeants, expression directe des jeunes générations. L'auto-organisation comportait également des formes de réorganisation embryonnaire de la vie sociale alors que des piquets se donnaient des fonctions d'ordre public. Qui plus est, des jeunes soldats fraternisaient avec les gens qui occupaient la grande place de Pékin, ce qui empêcha pendant deux semaines le gouvernement d'appliquer la loi martiale qu'il avait adoptée.
On peut se poser encore une fois la question de savoir pourquoi un tel mouvement a été écrasé et si rapidement dissous. La réponse est, en fin de compte, assez simple. Justement à cause de ses objectifs radicaux et de sa dynamique, il n'aurait pas pu gagner sans s'étendre au pays tout entier. En dépit des mobilisations dans d'autres villes, cela ne s'est pas produit et, qui plus est, ne se sont pas mobilisées, à quelques exceptions près, ces masses paysannes qui représentent la grande majorité de la population. Même si le mouvement avait acquis une dimension nationale, se serait posé un deuxième problème : l'élaboration d'une stratégie d'ensemble pour mener à bien une révolution antibureaucratique, démocratique et égalitaire, nécessaire y compris pour fixer des objectifs plus avancés. En d'autres termes une chose est de provoquer une situation tendancielle de dualité de pouvoirs, autre chose de généraliser cette situation et de construire une direction alternative.
Le printemps 1989 a donc marqué une rupture avec le substitutisme, mais n'a pas permis de le dépasser organiquement. Vers de nouveaux déséquilibres et déchirements
En ce dixième anniversaire de Tien Anmen il est légitime de s'interroger : est-ce qu'il est possible d'envisager pour le futur d'autres événements comparables à ceux de 1989 ?
Nous ne sous-estimons pas que des facteurs jouent encore en faveur d'un maintien du status quo, au delà des transformations qui ont eu lieu et pourront se poursuivre. Après tout, comme nous l'avons mentionné, les structures et les mécanismes qui existent ont permis à la Chine de rester partiellement à l'abri des tempêtes de l'économie mondiale. Les couches bureaucratiques tendent à ne pas remettre en question un statu quo social et politique qui ne cesse de leur garantir des privilèges substantiels, cela d'autant
Chine plus qu'elles ont devant leurs yeux l'exemple dissuasif de la Russie. Pour leur part, de larges couches ouvrières et populaires peuvent avoir des réflexes de conservation dans la mesure où des acquis sociaux post-révolutionnaires leur donnent encore une protection, aussi limitée et précaire soit-elle
Mais à la longue une telle situation ne saurait se prolonger. Face à des difficultés économiques croissantes et à l'éclatement de conflits sociaux, des secteurs de la couche dominante seront tentés de surmonter leurs contradictions par un retour en arrière, en mettant un frein à l'intégration dans l'économie mondiale et bloquant tout élargissement ultérieur de "l'économie de marché". D'autres pourront faire un choix diamétralement opposé. Si cette tendance avait le dessus, c'est le cadre politico-institutionnel lui-même qui serait remis en question.
Toutes les informations dont on dispose indiquent qu'au cours de la dernière année, pour ne pas remonter plus loin, des conflits sociaux ont éclaté aussi bien dans des secteurs urbains que dans les campagnes. A plusieurs reprises, même des dirigeants ou leurs porte-parole l'ont explicitement admis sans cacher leurs préoccupations. A l'heure actuelle il est difficile d'apprécier la portée de tous ces phénomènes et à plus forte raison leur dynamique. Quoi qu'il en soi, si les dizaines de millions de travailleurs des villes menaces par les restructurations en cours ou annoncées, les centaines de millions de paysans qui n'ont pas profité de la croissance économique et craignent d'être relégués parmi les "excédentaires", et les étudiants, qu'ils proviennent des villes ou des campagnes, se mobilisent en renouant avec les traditions les plus técondes des phases révolutionnaires et de la révolte de Tien Anmen, s'ils jouent un rôle de protagonistes sans faire confiance à de nouveaux mandarins, une époque nouvelle s'ouvrira en Chine avec des répercussions majeures sur la situation mondiale.
15 avril 1999