Parti socialiste écossais par
Socialist Voice*
L e Parti socialiste écossais a réussi une nouvelle avancée remarquable, en doublant son score électoral un mois seulement après sa percée aux élections écossaises. Aux élections européennes de juin le SSP a obtenu près de 40 000 voix, soit 4 % (ce qui doit être comparé aux
Densité
2 % obtenus lors de la population de l'élection du
Nombre d'habitants pa: km? (par comtes ou par districts, 1992)
Parlement écOs-
Plus de 1 000 sais). Dans la plus
De 500 J 999 grande ville écos-
De 200 a 499 saise, à Glasgow, le
SSP obtient 10 599
De 50 a 90 voix, soit 11 %.
Moins de 50
Dans la zone du
Conseil municipal de Glasgow, qui
2227 000 he regroupe neuf circonscriptions et demi, le SSP arrive en troisième position, devant les
Le "Grand Landres"
7 650 000 кл
Tories (conservateurs) et les libéraux-démocrates
Dans cinq circonscriptions le SSP arrive en troisième position derrière le Labour et le
Parti national écossais, dans trois autres en quatrième, devant les libéraux-démocrates.
Le SSP a également obtenu des résultats exceptionnels dans le Lanarkshire. Dans la zone des huit sièges du Lanarkshire le SSP a obtenu 6243 voix (plus de 6 %), qui doivent être comparés aux 5248 voix obtenus par les libéraux-démocrates. Cependant le SSP n'est pas seulement présent dans la ceinture industrielle centrale du pays. Dans les
Highlands et dans les lles, 2000 personnes ont voté pour le SSP, soit 2,5 %.
Dans toutes les circonscriptions enfin le
SSP écrase le BNP fasciste. Partout il obtient dix fois plus de voix que les nazis.
Les élections européennes ont également claritié la contusion présente au sein de la gauche radicale lors des élections de mai, lorsque les voix socialistes s'étaient partagées entre le SSP et le SLP d'Arthur
Scargill (1). Cette fois-ci dans les 72 circonscriptions le SSP est passé devant le SLP, obtenant en tout quatre fois plus de voix que ce dernier.
Cela pose la question de la viabilité du SLP en Écosse. Le SSP s'est toujours prononcé en faveur d'un parti socialiste unifié en Écosse. II réaffirme son invitation aux membres de SLP d'ouvrir une discussion avec lui dans le but d'accueillir les militants du SLP en son sein, en tant que membres individuels ou en tant que groupe constitué au sein du SSP.
Une nouvelle fois le Parti vert s'est bien tenu en Ecosse, surtout à Edinburgh (capitale administrative) où son score est très respectable. Néanmoins la croissance du vote vert fut modeste en comparaison avec le spectaculaire succès du SSP, même si la participation dans les bastions ouvriers du SSP n'atteignait parfois pas la moitié de celle dans les circonscriptions rurales ou petites-bourgeoises
Pour le New Labour il s'est agit du pire résultat électoral en Ecosse depuis 1918 L'écart entre les travaillistes et le Parti national écossais (SNP) — seulement 1,5 % — est également plus faible que jamais. Notons que dans le Pays de Galle, Plaid Cymru (le parti nationaliste gallois) a également réduit les travaillistes, alors qu'en Angleterre, le New Labour (3) a réussi à perdre l'élection face aux conservateurs en crise.
Cette humiliation électorale de Blair a eu lieu le jour même où il proclamait la victoire de l'OTAN dans les Balkans, ce qui était supposé jouer pour lui le rôle que la guerre des Malouines (Falklands) avait joué pour stabiliser Margaret Thatcher. Elle a lieu après une période de croissance continue de l'économie du Royaume Uni et le jour même où le gouvernement annonce le plus bas taux d'intérêts depuis vingt ans.
La majorité des sympathisants ouvriers du Parti travailliste ont, à ce stade, exprimé leur mécontentement de la politique du gouvernement d'une façon passive, en refusant de voter. Dans un futur proche, si le gouvernement continue sa politique thatcherienne, cette opposition passive peut se transformer en opposition active sur tous les
Union Européenne - Écosse fronts, y compris celui des urnes.
Le succès du Parti Vert à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre est une indication qu'un secteur de la jeunesse commence à se tourner vers des nouveaux partis radicaux, opposés à l'establishment. Pour le moment il n'existe pas de force socialiste capable d'otfrir une alternative nationale en Angleterre ni au Pays de Galles. Le SLP de Scargill a même obtenu encore moins de voix en Angleterre et dans le Pays de Galles qu'en Écosse.
Les performances électorales du Parti national écossais (SNP) et de Plaid Cymru soulignent une nouvelle fois la fragilité du Royaume Uni. Ceux qui avaient imaginé que la coalition libérale-travailliste à Edinburgh (capitale administrative de l'Ecosse) garantirait une nouvelle période de stabilité à l'Union en sont pour leurs frais : l'Ecosse entre dans une nouvelle période troublée.
L'émergence du nouveau Parti socialiste écossais avec son programme pour une Ecosse indépendante et socialiste et son orientation internationaliste, ajoute un ingrédient explosif à la politique écossaise. Tout comme le nouveau député SSP, Tommy Sheridan, commence à marquer le Parlement écossais, l'armée d'électeurs du SSP forte de 40 000 personnes pourra rapidement s'élargir, pavant ainsi la voie pour un parti de masse du socialisme écossais pour le nouveau millénaire. * Nous reproduisons ici une version légèrement abrégée de l'article paru dans l'hebdomadaire du Parti socialiste écossais, Socialist Voice. Inprecor a publié dans son n° 436 de juin 1999 un article d'Alan McCombes analysant le succès du SSP lors des élections du Parlement écossais. 2. Socialist Labour Party, SLP, dirigé par le mineur syndicaliste Arthur Scargill est issu d'une rupture à gauche du Parti travailliste. Il a toujours refusé les alliances avec les autres organisations de la gauche radicale britannique. 3. Le Parti travailliste — Labour party — est le parti ouvrier traditionnel en Grande Bretagne, incorporant en son sein les syndicats. Depuis son élection à la tête du parti, Blair cherche à le "rénover" (supprimer sa culture social-démocrate traditionnelle au profit d'une orientation social-libérale), d'où l'appellation New Labour (nouveau travaillisme).