Grande Bretagne - Union
Les fai par
Socialist Outlook* élections européennes en Grande-
L Bretagne constituaient le premier test sérieux de la suprématie du leader de Parti travailliste, Tony Blair. Le résultat ne lui est pas favorable.
Le taux de participation, toujours bas aux élections européennes, a battu les records, l'abstention atteignant 77 % ! Le candidat à la tête du parti travailliste au pays de Galles, Rhodri
Morgan, soulignait que le taux de participation dans les circonscriptions populaires, bastion traditionnel de son parti, était de 10 %. Il était de 20% dans les circonscriptions les plus peuplées tandis que dans les plus prospères, et traditionnellement il conservatrices, tournait autour des
30 %.
Le verdict fut clair.
Dans l'ensemble du Royaume Uni, le Parti travailliste
(avec 28 % des voix et 26 sièges) arrive loin derrière les conservateurs (37,5 % et 34 sièges), pourtant en crise profonde depuis leur échec électoral en 1997. De plus, les libéraux-démocrates (alliés aux travaillistes en Écosse) régressent également, n'obtenant que 13 % des voix et 9 sièges (contre
16,8 % n 1994).
En Écosse et au pays de Galles les nationalistes ont continué à prendre des votes de gauche au Labour, ce qui met en évidence la fragilité accrue de l'Union. Le parti nationa-
* Nous publions ici une version réduite du commentaire par dans le mensuel Socialist Outlook
(diffusé par les militants britaniques de la IVe
Internationale)
Européenne lles du
New Labour
liste gallois Plaid Cymru a fait mieux qu'il ne s'attendait en gagnant deux sièges. Le Parti national écossais (SNP) avec 27,17 % talonne les travaillistes en Écosse (28,69 %). ont été particulièrement significatifs, le Parti socialiste écossais (cf. l'article ci-contre) Socialist Labour Party de Scargill. sion face à la politique du New Labour. tante dans le West Midlands, qui s'est prétiels et la liste était assez éclectique, ce qui
Pour la gauche les résultats en Écosse obtenant 4,02 %. C'est un très bon résultat, surtout si on additionne les
1,03 % obtenus en Écosse par le
« Deux ans après son arrivé au pouvoir (...)
Tony Blair caracole en tête de la nation (...)
Tout concourt a faire de didats lui le champion des sondages d'opinion, avec des scores auxquels on a peine à croire : 56 % d'intentions de vote pour le Parti travailliste (...) On cherchera en vain, dans toutes les directions d'un horizon bien dégagé le pas moindre signe d'une opposition digne de ce nom.
Extrait d'un article du quotidien britannique de gauche,
The Guardian, paru début juin
1999 ! (cité d'après le Courrier
International
John n° 448 du 3 juin 1999.) A force de se prendre pour le roi...
En Angleterre par contre la gauche n'a pas été capable de capitaliser de la désillu-
Christine Oddy, euro-députée travailliste sorsentée en tant qu'indépendante après avoir été exclue de la liste officielle sous prétexte qu'elle "ne faisait pas la campagne", a fait un bon score avec 36 849 voix (4,34 %).
L'autre euro-député travailliste sortant, Ken
Coates, qui s'est présenté sur une liste de gauche dans |' East Midlands, a fait moins bien avec seulement 17 409 (2,41 %). II a eu des difficultés avec ses partisans potende base.
sans doute explique ce score. Oddy s'est présentée dans la même circonscription qu'une des listes les plus crédible de l'extrême gauche, la West Midlands Socialist Alliance, lancée par le Parti socialiste (ex-Militant) et des anciens conseillers municipaux travaillistes. Cette liste, dirigée par Dave Nellist, aurait sans doute fait mieux s'il n'y avait pas eu cette concurrence
Les dirigeants du Parti travailliste ont essayé de minimiser les effets de son échec, en arguant que le nouveau mode de scrutin (proportionnelle dans 11 circonscriptions britanniques) les désavantageait et que le victoire des conservateurs les conduira à leur défaite à terme. Mais d'autres voix commencent à se lever dans le New Labour. Rhodri Morgan a averti que le New Labour avait offert trop peu pour galvaniser l'enthousiasme des électeurs de la classe ouvrière mal-payée et bien que les électeurs ROYAUME-UNI: u inégalement répartie démoralisés et déçus ont rejeté pour l'instant l'op- ÉCOSSE tion de voter pour des can- 5 123 000 ma alternatifs de gauche, le New Labour DU NORD IRLANDE aurait des problèmes si ces (1 675 000 ha électeurs décidaient à la prochaine élection de ne pas voter du tout. Il n'y a assez d'électeurs IRLANDE (EIRE) "middle class" pour compenser une baisse dans ses bastions à l'échelle des 2 927 000 % PAYS DE GALLI élections récentes locales et ANGLETERRE européennes. Le secrétaire 49 285 000 général de la TUC (contédération syndicale unique),
Monks, des "modernisateurs" du New Labour et partisan fervent du "partenariat" avec les patrons, a dénoncé les dirigeants travaillistes qui paraissent gênés par les sympathisants traditionnels du Labour et averti que le parti ne peut pas gagner sans eux. « J'avais toujours compris que le nouveau soutien devait être en plus du soutien traditionnel. Les résultats très inquiétants des élections européennes nous montrent un danger réel : nous l'obtenons aux dépens de notre soutien traditionnel ».
Mais il n'y a aucun signe que Tony Blair et son équipe proche des modernisateurs ait la moindre intention de changer de politique. Depuis les élections, les attaques contre les droits sociaux pour les handicapés, les réfugiés et les parents seuls ont été renforcées. Et des propositions sont faites sur la réorganisation du New Labour lui-même qui suppriment en pratique le rôle des militants