Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SÉISMES EN TURQUIE ET EN GRÈCE

L'armée turque et la question kurde

Inprecor n° 439-440, septembre-octobre 1999, n° 439/440 · p. 23 · 538 mots

Grèce et Turquie

sommes partie prenante. Nous l'avons combattu. J'ai déjà dit que si on demande notre avis, nous risquons d'agir avec nos sentiments. Maintenant, cette affaire a deux dimensions : la dimension juridique et celle qui est politique. Ce sont les intérêts du pays qui détermineront l'orientation à prendre à ce sujet.

Si les intérêts du pays sont l'application de la décision juridique, c'est elle qui sera appliquée. Si les intérêts du pays vont dans l'autre direction, c'est cette décision qui sera valable. Quelle que soit la décision qui sera prise par les politiciens, ce sera cette décision qui sera valable. Le chef du PKK a affirmé qu'ils allaient quitter le pays à partir du 1 septembre et ils ont commencé à le faire. Un groupe de quelques centaines de membres du PKK a effectivement quitté la Turquie. Mais ils vont laisser sur place un nombre limité de militants. Le fait qu'ils quittent la Turquie, ce n'est pas très important. Il faut qu'ils se rendent et qu'ils bénéficient de la loi sur le repentir. L'important est qu'ils abandonnent les armes. Ils ont compris qu'ils n'aboutiront nulle part avec les armes. Dans le passé, il y a eu des cessez-le-feu semblables, mais ils ont été rompus. Pour cette raison, il faut attendre et voir. Comme l'a dit le chef de l'organisation terroriste, ils ont accepté le fait qu'ils ne peuvent aboutir nulle part avec les armes. Ils pensent à une solution politique. Ils ne veulent également pas de fédération. Ils veulent certains droits culturels. De toute manière, ils en ont certains. Les journaux et les cassettes en kurde sont libres. Dans le

Sud-Est de l'Anatolie, certaines chaînes de TV et de radios émettent en kurde*. Dans le cadre du développement de la démocratie, ces droits-là peuvent être élargis. 37 mairies sont dirigées par le Hadep.

Personne ne s'y est opposé et personne ne leur a demandé pourquoi ils ont été élus. Mais les journaux en parlent souvent. Prenez le cas du Hadep. Ils ont été élus maires dans 37 départements et sous-pré-

* En guise de télévision en kurde, il y avait celle, • illégale •, par satéllite du PKK ; et celle du PDK d'Irak (Barzani), qui émet grâce au soutien de la Turquie. Parmi les radios, qui diffusent des chansons en kurde, il y en a une qui attire particulièrement l'attention : La Voix de l'Euphrate, qui dispose aussi de programmes et débats en kurde, appellant les militants du PKK à se constituer prisonniers.

Cette radio anonyme émet sur les ondes de la TRT... la chaîne publique turque ! De là à en déduire que l'armée s'est déjà résignée à la libéralisation totale du statut de la langue kurde : qu'elle en vient à • tolérer - la chaîne du PKK : et qu'elle prend les devants en matière de radio, émettant elle-même fectures. S'ils rendent les services qu'il faut au pays, tout le monde sera très content. » en kurde, il n'y a qu'un seul pas... un peu prématuré ? ou déjà franchi ?

Propos du chef d'état-major sur la question kurde

«J'ai déjà exprimé mon point de vue au sujet de l'exécution du chef de l'organisation terroriste. Nous

[En réponse à une question sur le sort d'Öcalan]

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