WHY AREN- WE'VE SINGING CHANGED
THE RED FLAG? TUNE Au congrès du Labour party : Pourquoi ne chantons nous pas tous ensemble le «Drapeau rouge» ? - Nous avons changé de ton. transformer le Parti travailliste, du moins celle qui concerne le plus directement les militants de base. Et elle pourrait se heurter à une opposition potentielle significative. Malheureusement les propositions qui pourront être présentées aux congrès du parti devront passer par le crible d'une sorte de rétérendum et le congrès lui-même n'aura pas grand chose à décider.
Si l'enjeu pour Blair est de transformer le Parti travailliste en principal parti de la bourgeoisie britannique, il a aussi un autre objectif. C'est de s'assurer que lorsque la longue dépression du niveau des luttes sociales arrivera à sa fin en Grande Bretagne, aucune radicalisation nouvelle ne puisse trouver aisément son expression au sein du parti.
Cela a des conséquences importantes pour le combat futur de la gauche. Tout d'abord, s'il y encore des batailles à venir à l'intérieur du Parti travailliste, le terrain principal du combat entre la gauche et la droite se déplace du parti vers les syndicats ou les mouvements sociaux ou encore une combinaison des ces deux derniers. Et s'il est imaginable que la gauche dans le parti travailliste puisse tenter de se ressaisir ultérieurement, il est peu probable que ce soit là le début de la contre-offensive. C'est un argument pour que les militants de gauche privilégient leur investissement syndical et celui dans les mouvements sociaux.
BACKBONE? Devant la commission de candidatures, le député sortant portant son « pager » (imposé par la direction pour discipliner les députés) est sommé par Blair de répondre : « Quand la dernière fois as tu omis de courber la nuque? »
Par Bjarke Friborg*
Dimanche 13 septembre, avec l'élection de 425 conseils municipaux et de 19 exécutifs régionaux, la Norvège a été soumise à un sondage grandeur nature. Le résultat est essentiellement caractérisé par une faible participation, mais aussi par une certaine tendance à la polarisation. Avec 28 % des voix les sociaux-démocrates, dans l'opposition depuis l'automne 1997, réalisent leur plus mauvais score depuis les années 1920, perdant des voix tant sur leur gauche que sur leur droite. Bien que les trois partis du centre restent stables, les deux ailes -gauche et droite — augmentent leurs scores de 3 %.
Avec 8 % pour le Parti socialiste de gauche (SV, réformiste) et 2,1 % pour l'Alliance électorale rouge (RV, révolutionnaires), la gauche réalise un bon score. Néanmoins un tiers d'électeurs préfèrent toujours les Conservateurs ou le Parti progressiste (populiste), faisant de ces deux partis le bloc principal, devant les sociaux-démocrates et les partis du centre. Les grands perdants
Les résultats électoraux ne reflètent que partiellement le changement du paysage politique réel depuis les mobilisations de masse en relation avec le référendum sur l'entrée dans l'Union européenne en novembre 1994. En cinq ans seulement le mouvement contre l'Europe est devenu la plus grande organisation politique militante dans le pays, rivalisant même avec les sociaux-démocrates et leurs 140 000 membres (dont un grand nombre de militants). Le vote majoritaire contre l'intégration au sein de l'Union européenne, fruit de ces mobilisations, a opportunément rappelé que les grands mouvements populaires peuvent influencer le cours des événements. Pour RV et pour l'Organisation de la jeunesse rouge, ce fut aussi l'occasion de se lier à une nouvelle génération militante trempée dans le mouvement de masse. Rappelons
Grande Bretagne & Norvège que ce fut aussi l'occasion des mobilisations étudiantes, occupant massivement les rues, même si leur lutte n'était pas directement liée à celle contre l'Union européenne.
Les sociaux-démocrates étaient alors tenus d'une main ferme par leur dirigeante Gro Harlem Brundtland. Bien qu'elle soit internationalement reconnue pour son rôle en défense de l'environnement au sein de l'ONU, dans son propre pays, elle s'était fait la réputation de dévouement envers l'économie de marché et fut souvent en froid avec les défenseurs de l'environnement. Elle parvint pourtant à assurer encore aux sociaux-démocrates une popularité au niveau de 40 %, bien qu'elle soit massivement critiquée pour son engagement proUE. Même la principale confédération syndicale s'est détournée d'elle sur cette question, ce qui fut une grande victoire de l'aile gauche contre la bureaucratie syndicale traditionnelle. La lutte contre l'UE a aussi radicalisé le parti paysan traditionnel (le Parti du centre) et l'a rendu attrayant pour la gauche réformiste à cause de sa position ferme contre l'adhésion à l'UE.
Aujourd'hui tant le Parti social-démocrate que le Parti du centre peuvent être considérés comme les grands perdants des élections de 1999, le premier perdant ses électeurs traditionnels et le second perdant presque tous ses nouveaux soutiens. Les sociaux-démocrates ont perdu des voix en faveur des Conservateurs et surtout des voix d'ouvriers en faveur du Parti progressiste, raciste et populiste de droite. En même temps le Parti du centre a perdu sa crédibilité à cause de sa contre-performance au sein du trio des partis gouvernementaux. Sur le papier c'est une coalition hautement critique envers l'UE, mais en réalité ils n'ont pas hésité à se singulariser, recommandant même l'entrée de la Norvège dans l'espace Schengen. Cela a contribué à démoraliser leur électorat et montre qu'ils n'ont rien appris de la mobilisation populaire qui, en * Bjarke Friborg est membre du Comité exécutif national de l'Alliance électorale rouge (RV) et sympathisant de la IVe Internationale.
Norvège infligeant un camouflet aux sociaux-démocrates, les a portés au gouvernement. Socialistes de gauche, à droite toute ?
Pour leur part les Socialistes de gauche ne semblent pas davantage avoir appris cette leçon. La formation d'un nouveau gouvernement avec les sociaux-démocrates est devenue l'objectif stratégique de la direction du Parti socialiste de gauche (SV). Le parlementarisme est tout, tandis que les luttes dans des communautés locales et les entreprises semblent être sans importance : lorsqu'un groupe de jeunes occupait une maison à Oslo pour attirer l'attention sur les difficultés des mal logés, les candidats SV ont pris les distances avec l'action « parce que les politiciens n'ont pas recours à de tels moyens ». Pour l'opposition de gauche au sein du SV l'avenir semble bouché. Pourtant la radicalisation de l'organisation de jeunesse du SV depuis son assemblée en mars devrait être porteuse d'espoir. Aujourd'hui la Jeunesse socialiste est entrée en coopération avec son équivalent suédois Ung Vänstern, qui est également à la gauche de son parti adulte (Vänsterpartiet, Parti de gauche). Néanmoins l'importance des divergences au sein du SV reste une question ouverte et il est trop tôt pour dire si l'affrontement actuel conduira à une scission et éventuellement à de nouveaux regroupements
En avril le congrès du SV fut extrêmement tendu, parce que la présidente du parti Kristin Halvorsen menaçait de démissionner si elle n'obtenait pas une majorité en faveur de l'intervention de l'OTAN en Yougoslavie. Un situation d'autant plus scandaleuse pour un parti, dont les rangs sont largement issus du mouvement anti-OTAN des années 1960
Par chance pour Halvorsen la guerre avait été arrêtée avant que la campagne électorale n'atteigne sa phase décisive. L'enseignement étant un des thèmes principaux de la campagne, le SV s'est trouvé dans une position plus favorable, car c'est son terrain historique. Probablement ils ont tout d'abord perdu une partie de leurs électeurs au profit de RV, mais cette perte était largement compensée par les électeurs sociaux-démocrates frustrés qui se sont tournés vers le SV. Et avec la Jeunesse Socialiste nouvellement radicalisée comme porte-drapeau, ils sont devenus le premier parti parmi les jeunes entre 16 et 19 ans : 19 % de ce groupe d'âge s'est prononcé en faveur du SV lors d'élections organisés parallèlement dans les écoles, en comparaison des 6 % en faveur de RV. "Progressistes" = populistes et racistes
Le Parti progressiste est devenu le principal défi pour la droite traditionnelle, parvenant en 1997 à obtenir son meilleur résultat historique et menaçant de passer devant les Conservateurs. Cette fois-ci la combinaison du racisme et du populisme n'a pas été couronnée du même succès. Leur racisme fut pourtant sans limites: ainsi, leur principa candidat à Oslo n'hésitait pas à comparer l'occupation nazie en 1940 et l'immigration, alors qu'un autre candidat local se déclarait en faveur de la concentration des demandeurs d'asile dans des camps, de manière à leur interdire de se déplacer s'ils n'étaient pas accompagnés par un Norvégien. Le président de la principale Confédération syndicale (LO) demanda alors au public de tourner le dos aux progressistes pendant leurs réunions électorales, une méthode qui avait été employée avec succès pour contrer le Mouvement contre l'immigration au début de la décennie. Partout où le Parti progressiste appelait à des réunions électorales, il devait faire face à des manifestants montrant leur dégoût. Bien que le Parti progressiste ait une nouvelle fois crevé le plafond atteignait un score historique avec 13,5 %, il ne parvint pas à dépasser les Conservateurs et il a même perdu près de 6 % de votes dans les quartiers ouvriers d'Oslo, où il progressait régulièrement jusque là. Percée de la gauche rouge
Avec près de 42 000 votes (2,1 %), les révolutionnaires de l'Alliance électorale Librairie La Brèche 8, Rue de Romainville, 75019 Paris métro Télégraphe tél: 01 42 38 04 14 fax: 01 42 38 27 51 ouverture : lundi 14h-20h mardi à samedi: 12h-20h vente par correspondance Paris, province, etranger : ENVOI GRATUIT rouge (RV) ont fait une percée, après avoir lentement progressé depuis la fin des années 1970. RV avait été constitué en 1975 en tant que front électoral du Parti communiste ouvrier marxiste-léniniste (AKP-ML). АКР était alors le plus grand parti maoïste en Europe, avec un journal quotidien (Klassekampen) et plusieurs milliers de membres jusqu'en 1981. Après une décennie de stagnation relative, le RV s'est transformé en un parti indépendant, avec environ 1400 membres et une pleine liberté pour les tendances et les fractions. Aujourd'hui au sein du RV on trouve des maoïstes, des trotskistes et d'autres, mais la grande majorité préfère l'appellation de marxistes révolutionnaires. L'alliance électorale s'est transformée en un parti réel, actif en dehors des périodes électorales et présent de manière significative dans les syndicats et le mouvement de femmes. Le RV n'est pas encore aussi fort que l'était son précurseur AKP au début des années 1970. Le quotidien révolutionnaire Klassekampen, proche de RV, constitue pourtant un levier important pour les campagnes nationales. Récemment le quotidien et RV ont joué un rôle crucial dans les protestations contre la guerre, alors que la gauche avait été affaiblie par l'alignement de la direction du SV sur l'OTAN et le soutien apporté par le NKP (PC pro-Moscou) à Milosevic.
Lors des élections du 13 septembre RV a dépassé SV dans plusieurs endroits, obtenant dans certaines municipalités des scores entre 7 et 13,5 %. Dans les villes majeures RV obtenait 6,5 % à Bergen, 4,1 % à Trondheim et 4,2 % à Oslo. Dans la ville des Jeux olympique Lillehammer 4,4 % ont voté RV. Suite à ces élections RV a obtenu 82 élus municipaux (68 sur ses propres listes et 14 dans le cadre de listes d'alliances locales, généralement avec les organisations locales de SV, des Verts et du
NKP), et 16 conseillers régionaux (14 sur les listes RV et 2 dans le cade d'alliance plus large). Le thème principal développé par le RV dans ces élections fut la lutte contre l'étouffement des budgets locaux, contre les licenciements contre la centralisation et la concentration croissantes des richesses.
RV révélait aussi les raisons de la crise de l'industrie navale. D'ailleurs, une semaine seulement avant les élections
10 000 ouvriers des chantiers navals partaient en grève contre l'absence d'une politique industrielle cohérente du gouvernement et contre la dérégulation et la libéralisation des marchés à travers le monde.