Le lie Congr
Parti des Tr
Par Fernanda Estima et Rosana Ramos*
Sesc Venda Nova à Belo Horizonte (Minas Gerais), 927 délégué(e)s se sont réunis pour participer au lle Congrès National du PT. Pour un coût d'à peu près 1 million de reals, le club du Sesc a été occupé par les délégations « pétistes » venues de tous les États du pays, ainsi que par de nombreux invités et observateurs brésiliens et internationaux, représentant des partis et des organisations politiques, écologistes et de défense des droits de l'homme, venus de pays comme la France, le Portugal; l'Uruguay, le Timor Est et le Mexique, entre autres.
L'ordre du jour du lle Congrès prévoyait trois discussions centrales, en plus de la rénovation de la direction nationale et de la présidence : élaborer un nouveau Programme pour le Brésil capable de dégager un nouveau projet pour le pays, cohérent avec la perspective socialiste ; la discussion de la conjoncture, spécialement le cadre politique et économique national, incluant ès du availleurs une prise de position vis-a-vis du gouvernement FHC (1), les alliances politiques et les élections municipales ; et la conception de parti que le PT adoptera pour le nouveau siècle. Cette dernière discussion - qui a opposé des conceptions politico-organisationnelles distinctes - devait se terminer par l'adoption des nouveaux statuts du Parti. Ont été présentées 12 thèses, discutant ces trois questions, et deux déclarations (une de la tendance o Trabalho [le Travaill et une autre proposée par Milton Temer)
Trois candidatures à la présidence du PT se sont alignées au début du Congrès : les députés fédéraux José Dirceu (Sao Paulo), candidat à un troisième mandat ; Milton Temer (Rio de Janeiro) ; et le secrétaire général du Directoire National, Arlindo Chinaglia (Sao Paulo). Nonobstant l'ordre du jour, la discussion a souvent été troublée. Peu de questions ont été débattues et les discussions sur la conception du parti et sur le socialisme n'ont presque pas eu lieu, laissant * Fernanda Estima et Rosana Ramos sont journalistes et militantes du PT. 1. Fernando Henrique Cardoso (actuel président du Brésil.
frustrés un grand nombre de délégué(e)s présents au Congrès.
Le débat sur l'adoption par le PT du mot d'ordre « FCH dehors !» a été responsable de la polarisation des discussions du lle Congrès. Pour ceux qui n'ont pas pu se déplacer à Minas Gerais, une équipe de journalistes a reproduit en temps réel les activités, les discussions et les votes. Les informations étaient aussi disponibles sur le site Internet du PT qui a accueilli 54 000 visiteurs Thèse-guide et amendements
Le Congrès n'a vraiment commencé qu'à la fin du deuxième jour avec la discussion des thèses. La thèse choisie a été celle de la tendance Articulação Unidade na Luta (Articulation Unité dans la Lutte), « Programme de la Révolution Démocratique ». La thèse-guide a été utilisée pour « orienter » la phase suivante, quand les délégué(e)s se sont réunis en groupes thématiques pour la discuter et l'amender. Trois groupes de discussion ont été créés : un sur l'inclusion du mot d'ordre « FHC dehors !» , un autre sur la défense du socialisme, et finalement un sur la construction du parti. Les amendements qui ont reçu au moins 20 % des votes dans les groupes, ont été présentés à l'assemblée. Sur le socialisme, l'assemblée du ll° Congrès a rejeté l'amendement proposé par la thèse Nosso Tempo (Notre Temps) et a maintenu le texte de la thèse-guide (amendé par l'Articulation elle-même, et réaffirmant les décisions prises lors de la VIle Rencontre du PT et du le Congrès).
La proposition de suspension du payement de la dette extérieure a été rejetée. C'est le texte de la thèse-guide qui a encore une fois été maintenu, avec la mise en avant de la renégociation de la dette, bien que comportant l'ajout suivant : « L'intransigeance des créanciers pourra amener à une suspension du payement de la dette extérieure publique. Et il est nécessaire d'établir des mécanismes de contrôle d'échange sur toutes les entrées et sorties de
LE CONGRES EN CHIFFRES Courants voiX % places à la aul DN CEN Notre Temps 90 10 Révolution Démocratique 398 35 Démocratie Radicale 73 Socialisme ou Barbarie 190 Mouvement PT 116 13 PT de luttes et de masses 26 Fidèle au PT des origines 19
DN : direction nationale : CEN : Comité exécutif national capitaux et la taxation des profits selon des échelons internationaux (30 %), différents des actuels 15 %. II taut bloquer les tentatives de re-étatisation de la dette extérieure ». L'orientation pour la conjoncture
Le texte approuvé a défini comme « arche des alliances » le PDT, le PSB, le PCdoB, le PC et les secteurs du PMDB en opposition avec le gouvernement FHC. Par rapport au PPS, des éventuelles alliances Avant l'élection présidentielle de 1998 les déclarations de "Lula" au sujet de son estime pour "FHC" ont fait la joie des caricaturistes sont conditionnées « à des accords programmatiques et à l'opposition à FHC et au néolibéralisme ». D'autres alliances sont encore envisageables, sous la condition d'être soumises aux Directoires Régionaux. L'amendement qui restreignait les alliances aux seuls partis qui se définissent nationalement comme opposition au néolibéralisme et au gouvernement FHC a été refusé. Les débats sur le « FHC dehors !» ont pratiquement polarisé le lle Congrès. Le député Milton Temer, lors de sa défense de l'inclusion du slogan, a rappelé que toutes les conventions de fédération d'état du PT -exception faite de celle du Paraná - ont élu leurs délégué(e)s pour voter le « FHC dehors !». Temer a encore souligné que les amendements sur ce thème ont mis autre chose en discussion comme « la conception du parti et la question de la démocratie interne, des sujets très chers au PT ». Après d'âpres débats sur l'inclusion du « FCH dehors !», l'amendement a été finalement rejeté, créant le moment de la plus grande tension entre les délégué(e)s. Nouvelle Direction
Pressée par le manque de temps, due principalement aux diverses réunions qui ont empêché le début des travaux à l'heure prévue, la discussion des statuts du PT a été reportée à la prochaine réunion du Directoire National (DN), avec deux importantes conditions : une Contérence Nationale devra être organisée pour discuter les questions relatives aux finances et, pour l'ensemble des changements statutaires (incluant ce dernier) il sera nécessaire d'obtenir l'accord d'au moins 60 % du total des membres du DN. En plus de la composition proportionnelle d'après les listes qui se sont présentées au vote, le DN comporte le président élu, les deux dirigeants à la Chambre et au Sénat, les représentations sectorielles (dans le cas présent, des syndicats et de la jeunesse), et encore le compagnon Lula, dont le nom a été approuvé directement par l'assemblée. Comme lors de la dernière Rencontre et sur cette même question une divergence importante entre les délégué(e)s s'est maintenue. Avec un vote et un compte des voix plus rapide grâce à l'utilisation d'urnes électroniques, on a pu avoir les résultats avant 17 heures le dimanche. Les sept listes qui se sont présentées à l'élection du DN ont obtenu les résultats suivants :
Au total on a comptabilisé 912 voix, incluant deux bulletins blancs et deux nuls. La liste Notre Temps a comme composant fondamental la tendance Démocratie Socialiste. La Révolution Démocratique est la liste de l'Unité dans la Lutte qui a incorporé l'ancien groupe pauliste, mené par Rui Falcão, ex-président national du PT. Socialisme ou Barbarie rassemble les tendances Articulation de la Gauche, Force Socialiste, Tendance Mouvement et plusieurs groupements régionaux. Le Mouvement PT a été la liste de Arlindo Chinaglia, Tarso Genro, Carlilhos Santana (président du PT de Rio de Janeiro), Tilden Santiago (secrétaire à l'environnement du gouvernement d'Itamar Franco), Geraldo Magela — député fédéral pour le DF (2)), entre autres. La liste PT de Luttes et de Masses a été tenue par Ricardo Berzoini et Jilmar Tatto, de Sao Paulo (C'est en fait une dissidence pauliste de l'Unité dans la Lutte qui s'est maintenue dans le Congrès). Pour la présidence nationale du Parti, José Dirceu a été réélu avec 496 voix. En deuxième place est arrivé le candidat Milton Temer, avec 296 voix. Arlindo Chinaglia a obtenu la troisième place avec 113 voix. Il y a eu encore trois bulletins nuls et quatre blancs. 2. Le District Fédéral (Brasília).