Par Paul Kleiser* A schauble de toutes ses fonctions (pre- vec la démission de Wolfgang sidence du Parti chrétien-démocrate et du groupe parlementaire CDU-CSU), la crise du parti conservateur et de la droite allemande a ouvertement éclaté. Schäuble avait accepté 100 000 Deutsche Mark (1 DM vaut 3,40 FF) de l'industriel et trafiquant d'armes bavarois Karlheinz Schreiber au moment de la campagne électorale de 1994. Il avait ensuite nié ce contact devant le Parlement allemand, le Bundestag, incapable de donner une version crédible de la provenance de cet argent, empêtré dans des déclarations contradictoires avec celles de la trésorière du parti, Brigitte Baumeister. Derrière cette situation se profile un déclin rapide de l'autorité du numéro 2 du parti (après Kohl), qui reflète la crise profonde de ce courant politique, après le départ du « chancelier de l'unité allemande » suite à la défaite électorale de septembre 1998 et au changement de gouvernement. Schäuble était la seule figure du parti nationalement reconnue par toutes ses composantes et en quelque sorte son "idéologue en chef", mais il était aussi le leader du groupe parlementaire depuis 1992, l'homme qui négociait les compromis entre les ailes et tendances du parti, celui sur qui reposait l'action politique de Kohl. Il n'y a plus aujourd'hui, à la tête de la CDU, de personnalité jouissant de la même autorité et de la même expérience que Schäuble. La crise du parti est une crise multiple : une crise de direction, une crise de programme et une crise de relation avec les adhérents et l'électorat.
L'élément déclencheur de cette crise a été la découverte en Suisse et au Liechtenstein de caisses noires du parti et de sa branche hessoise, découverte plus ou moins due au hasard, au cours des enquêtes menées par des juges d'instruction à Paris et * Paul Kleiser est rédacteur du bimensuel Sozialistische Zeitung - SOZ.
de l'histoire
de la CDU
à Genève. En 1991, les enquêteurs ont retrouvé la trace d'un "don" d'un million de DM en récompense de la vente de trente-six tanks des stocks de la Bundeswehr (armée allemande) à l'Arabie Saoudite. Ces affaires avaient un volume de 450 millions de DM, dont 220 millions étaient prévus comme pot-de-vin pour tous ceux qui avaient fait aboutir les négociations. La livraison des tanks (illégale, puisqu'une livraison d'armes dans « des régions de tension » est interdite par la loi) a été votée en cercle restreint du cabinet et contre la volonté du Ministre des affaires étrangères de l'époque, M. Genscher. On ignore combien d'argent est allé à la CDU par divers canaux, mais on sait que la Secrétaire d'État au Ministère de la défense, Agnes Hürland, a reçu plusieurs millions, qu'elle a accessoirement transférés au parti. Une partie de cet argent (comme la "récompense" pour la vente des chars) est par contre passée directement dans les poches d'intermédiaires membres du parti. Partout des caisses noires
Après l'éclatement de l'affaire, des journalistes se sont penchés sur les modes de financement du parti conservateur, les protagonistes du scandale étant les mêmes que lors de « l'affaire Flick » qui a ébranlé l'Allemagne au milieu des années 80 L'ancien Chancelier Helmut Kohl a été forcé, devant les faits, d'avouer qu'il avait accepté quelques 2 millions de DM entre 1993 et 1998 ; mais l'argent était à sa libre disposition et les sommes n'étaient pas indiquées dans le rapport financier du parti. En outre, il se tait toujours sur les noms des donateurs, qui étaient selon lui « de bons amis » Entre 1990 et 1992, l'ancien chancelier avait déjà reçu personnellement une somme, sans doute plus élevée. Après l'affaire Kohl, le scandale se poursuivit dans la CDU en Hesse.
Il faut, pour comprendre ces "affaires", revenir sur le financement de la CDU depuis la fondation de la République fédérale en 1949. La CDU a toujours été — à cause de la structure fédérale de la RFA, mais aussi de la tradition allemande — une sorte de fédé-
Schwarzer Schwarce
Politiker Kasse
Schwarzer Politiker mit schwarzer
Kasse
« Politicien noir [démocrate-chrétien], caisse noire, politicien noir avec caisse noire » ration, où les branches des Länder (les provinces) jouaient un rôle important. Très longtemps, le centre, à Bonn, dirigé entre 1949 et 1963 par le Chancelier Adenauer, a été relativement faible. Surtout, le parti, avec ses 200 000 membres payant des cotisations ridicules, n'était pas "concurrentiel" avec une social-démocratie qui avait quatre fois plus de membres et une discipline beaucoup plus forte. Déjà, sous Adenauer, le financement du parti passait par les "dons" de la grande bourgeoisie capitaliste.
Les conceptions politiques fondamentales d'Adenauer étaient l'intégration de l'Allemagne de l'Ouest dans un bloc occidental avec la France, les pays du Bénélux et l'Italie, dominé par le catholicisme réactionnaire et par un anticommunisme féroce Ainsi, l'unification allemande était un thème récurrent de ses discours, mais ne jouait pas de rôle pratique dans sa politique. Pour poursuivre sa politique contre la socialdémocratie, mais aussi contre les tendances dans son propre parti (dirigées par Jakob Kaiser et Ernst Lemmer, du "groupe de Berlin") qui n'étaient pas d'accord avec sa politique de partage de l'Allemagne, il fallait des moyens considérables. Adenauer s'adressa alors à Pferdmenges, un banquier de Cologne devenu riche grâce à "l'aryennisation" de biens juifs et à Abs, le PDG de la Deutsche Bank, condamné à dix ans de prison à cause de sa collaboration avec les nazis, mais libéré au début de la Guerre froide. Le troisième larron de ce cercle illustre était le ministre sans portefeuille et rapporteur officiel des lois (racistes) de Nuremberg, Hans Globke, qui recevait les contributions. Le président des industriels allemands, Fritz Berg, s'est aussi occupé de la subvention massive de l'« Union » par le grand capital
allemand (le partenaire dans la coalition, les libéraux du FDP ont eux aussi reçu des fonds). Mais en 1958 il fallut changer les modalités, car la Cour suprême de Karlsruhe interdisait ce mode de financement direct des partis (bourgeois) ; les juges y voyaient une violation profonde de l'égalité des chances dans les élections. Les partis bourgeois organisèrent alors une « fondation d'utilité publique » en Rhénanie-Palatinat, la Staatsbürgerliche Vereinigung (SV). L'objectif officiel était la formation de jeunes cadres pour la politique et l'industrie, et la commande de recherches scientifiques qui pouvaient aider à la prise de décision politique. Déjà, pendant les années 60, quand le jeune Helmut Kohl était chef du groupe parlementaire de la CDU en Rhénanie-Palatinat et à partir de 1969 Ministre-président de cette province, il avait un oeil vigilant sur l'argent venant de la SV. A plusieurs reprises, il intervint pour empêcher la justice d'étudier de près les comptes de la SV. Entre 1969 et 1980, cette SV a pu collecter quelques 250 millions de DM, dont la plus grande partie était versée à la CDU, le reste au FDP (libéral) et au SPD. A la suite de l'affaire Flick (ce trust avait contribué énormément à la réussite de la SV, mais il avait de plus organisé ses propres caisses noires pour influencer des décisions politiques), quand plusieurs managers et hommes politiques furent condamnés par les tribunaux, ce mode de financement des partis devint impossible et la SV fut dissoute. Une partie du "trésor" fut saisie par la justice, mais quelques 13 millions de DM finirent sur des comptes de la CDU, en Suisse et au Liechtenstein. En 1994, la loi sur le financement des partis fut amendée avec l'accord des partis de la CDU ; désormais, les caisses noires ne seront plus seulement saisies par l'administration, mais un parti qui organise ou tolère de telles pratiques devra redonner le double de la somme à l'État. Si l'on appliquait strictement cette loi à la CDU, ce parti devrait rembourser environ 700 millions de DM, ce qui provoquerait sûrement la banqueroute de l'organisation (dont le budget annuel est de l'ordre de 250 millions de DM). Évidemment, les autres partis, SPD et PDS inclus, n'ont aucun intérêt à une telle déstabilisation de la situation politique en Allemagne. Mais la première demande de l'administration du Bundestag, qui concerne seulement l'année 1998, est de 41,3 millions de DM. Et il reste encore un grand trou noir, à savoir l'affaire de la vente du complexe chimique Leuna en ex-RDA à la société française Elf-Aquitaine, pour laquelle on estime le montant des pots-de-vin à 80 millions de DM. On ne sait d'ailleurs pas si c'est la CDU ou seulement des membres de ce parti qui ont perçu de l'argent et combien : les documents relatifs à cette affaire ont disparu de la chancellerie. Le rôle de la CDU en RFA
Depuis sa fondation entre 1945 et 1949, la CDU n'était pas simplement un parti, mais en quelque sorte une confédération de partis. Le nom « Union » avait été choisi parce qu'on voulait en finir avec le déchirement du champ politique chrétien : avant le Troisième Reich, il existait le Centre comme parti catholique et plusieurs partis protestants Catholiques et protestants devaient s'unir dans un seul parti contre les courants "athées", c'est-à-dire les nazis et les communistes ; ce nouveau parti devait intégrer le catholicisme politique, le protestantisme libéral et le conservatisme bourgeois (à l'exception des nationalistes qui ont intégré pour la plupart le FDP). Mais la colonne vertébrale de la CDU était bien le catholicisme Même aujourd'hui, quelque 75 % des catholiques fidèles à Rome votent pour la CDU, même s'il s'agit d'une catégorie en baisse permanente. On dénombre encore aujourd'hui 125 catholiques sur les 200 députés actuels de la CDU-CSU au Bundestag.
Le "C" chrétien était en quelque sorte le plus petit dénominateur d'une organisation qui réunissait dans ses rangs des paysans (petits et grands), des négociants, des artisans, des petits et grands bourgeois, des fonctionnaires, des femmes de ménage et des retraités. La CDU était (et reste encore) un parti interclassiste. A cet égard, la CDU est l'héritière du Centre pendant l'Empire et la République de Weimar. Après la guerre de 1870-1871 qui avait abouti à l'unification allemande et à la fondation de l'Empire sous domination prussienne, les catholiques ultramontains entrèrent en conflit avec le nouveau pouvoir protestant à Berlin. L'empereur et son chancelier Bismarck ne voulaient pas tolérer une identification double, avec Berlin et Rome. C'est pourquoi Bismarck déclencha la "Kulturkampf" (lutte culturelle) contre les catholiques du Reich pour réprimer le pouvoir de l'Église. Cette lutte provoqua une vague d'auto-organisation et de politisation du catholicisme et l'émergence d'un parti catholique, le Centre Les conséquences s'en font sentir jusqu'à nos jours. Après la Première Guerre mondiale et la crise révolutionnaire de 1919, le Centre devint - avec la social-démocratie et les libéraux "de gauche" — un des piliers de la République de Weimar. Le Centre (et en Bavière le Parti bavarois populaire) était basé sur le milieu catholique avec son abondance de groupes, organisations et structures très hétérogènes, relativement indépendantes et autonomes. Pour englober des couches sociales si différentes et avec des intérêts divergents, il fallait une politique de négociation et de compromis, qui fut développée pendant les années 20 et dont la CDU d'Adenauer a beaucoup profité après-guerre. Mais le Centre et la CDU d'Adenauer n'étaient pas des partis de masse ; outre les députés et les conseillers, c'étaient surtout les notables qui y étaient organisés. Le milieu catholique, et dans une moindre mesure quelques milieux protestants, furent souvent, avec l'aide des prêtres, mobilisés à l'occasin des élections pour retourner chez eux après et continuer leurs activités culturelles ou de communauté. Il y avait un milieu catholique, mais ce milieu était décentralisé, localiste ou régionaliste.
De 1949 à 1994, la CDU-CSU a toujours dépassé sa principale rivale, la social-démocratie (SPD), aux élections fédérales, avec la seule exception de 1972, lorsque Willy Brandt dirigea une coalition sociale-libérale SPD-FDP. Dans la période de l'après-guerre l'Union était identifiée avec la formation de la République fédérale "libre" ', avec l'intégration de 12 millions de réfugiés venus de la Prusse orientale, de la Silésie et des Sudètes (devenus polonais et tchèque) et avec le « miracle économique », dont Ludwig Erhard, le représentant du protestantisme dans l'Union, était le père. Mais pendant les années 60, la direction de la CDU ne comprit pas que la politique de détente entre les USA et l'URSS pouvait remettre en cause la politique étrangère de la RFA (qui rompait ses relations diplomatiques avec tout pays envoyant un ambassadeur à Berlin-Est). La radicalisation de la jeunesse pendant la deuxième partie des années 60 effraya elle aussi la CDU et son "juste milieu". Tous ces événements produisirent des scissions dans le camp conservateur avec pour résultat la défaite aux élections. Pour un parti qui était quasiment abonné au pouvoir, ce fut un choc profond Le système Kohl
Pendant les années 60, Helmut Kohl était dans son parti un "jeune Turc". En 1967, il écrivit que « si l'on étudiait scientifiquement la CDU, on découvrirait qu'il ne s'agit pas d'un parti démocratique ». Il organisa autour de lui un cercle d'intellectuels avec le but de moderniser la CDU et d'en faire un parti de membres. Il fut beaucoup aidé en cela par la grande vague de politisation des années 60 et 70. Rainer Barzel, le chef de la CDU de 1969 à 1973, essaya tout
pour renverser la coalition SPD-FDP ; à l'aide d'argent et de postes, des députés du FDP furent intégrés dans la fraction parlementaire de la CDU. Tout semblait mûr pour un retour à une coalition dominée par les conservateurs. Mais Barzel échoua dans ses tentatives et perdit les élections. En 1973, Helmut Kohl fut élu président de la CDU à une grande majorité.
Sous la direction de Kohl, soutenu par le "moderniste" Biedenkopf et le catholique social Geissler, une réorganisation du parti fut amorcée. En 1971, la CDU comptait 329 000 membres, en 1977 664 000, et à son apogée, quand Kohl gagna les élections de 1983, 735 000. Le parti sut gagner des couches (petites) bourgeoises protestantes qui étaient choquées par la révolte des étudiants et les discours "socialistes" des jeunes socialistes dans le SPD. Avec les 180 000 membres de la CSU bavaroise, l'Union arrivait à égaler le SPD de l'époque.
La CDU n'était pas seulement devenue un parti de membres, mais la structure interne aussi fut changée ; les "regroupements mous" des notables furent remplaces par une structure bureaucratique et un appareil qui était capable d'organiser des campagnes politiques. Mais les traits fondamentaux du programme restaient les mêmes, la CDU étant toujours très opposée à la nouvelle "Ostpolitik" de Brandt/Scheel Schmidt/Genscher. En 1976, Kohl fut pour la première fois candidat à la chancellerie ; sa campagne portait le slogan typique « Liberté ou Socialisme ! ». Avec 48,6 % des voix il frôla la majorité absolue des sièges au Parlement. Mais c'est la vague néolibérale et le changement de conjoncture qui provoquèrent le changement de partenariat du FDP en direction de l'Union. En 1982 le gouvernement Schmidt fut renversé par une motion de censure et Kohl élu chancelier. A la fin des années 80, son régime devint passablement impopulaire, même dans les rangs de son parti, non seulement en raison de sa politique d'austérité, mais aussi à cause des scandales financiers qui commençaient à pointer. Au congrès de la CDU de 1989, l'aile "moderniste" autour de Süsmuth, Geissler, Biedenkopf, Späth et d'autres préparèrent une fronde contre Kohl en vue de le remplacer par le premier ministre de Bade-Wurtemberg, Lothar Späth. Mais avec le nombre grandissant de réfugiés venant de l'Est et l'ouverture de la frontière entre l'Autriche et la Hongrie, la grogne se tarit rapidement ; le parti ne vou1. Heiner Geissler, Gefährlicher Sieg Die Bundestagswahl 1994 und ibre Folgen, Köln 1995.
lait pas « changer de chevaux au milieu du gué ». En raison du bouleversement de la situation mondiale et de l'éclatement du bloc de l'Est, Kohl devint le « Chancelier de l'unité allemande ». Il se commua en « monument du juste milieu », appartenant déjà à l'Histoire, son régime dans le parti devenant de plus en plus autocratique. Un avenir incertain
Après la (petite) victoire aux élections de 1994, Heiner Geissler titra son nouveau livre "La victoire dangereuse"(1). En analysant les résultats, il aboutissait à la conclusion que la CDU était en train de perdre la majorité structurelle dans la société. La CDU avait gagné les élections grâce aux retraités et aux ouvriers de l'ancienne RDA ; il voyait très clairement qu'un changement d'attitude rapide chez les personnes âgées et la perte de confiance en RDA renverseraient la situation, ce qui se produisit effectivement avec la victoire de Schröder en 1998. Mais les « Et maintenant, encore un "Ave Maria", Mme Merkel droite : Wolfgang Schäuble (remplaçant de Kohl à la tête de la CDU, démissionné), Friedrich Merz (chef du groupe parlementaire), Angela Merkel (candidate désignée à la place de Schäuble) et Edmund ministre bavarois et chef de la CSU). processus qui ébranlèrent le plus la CDU furent les phénomènes de mondialisation du capital et la perte de « l'ennemi héréditaire » à l'Est.
La mondialisation a produit une rupture majeure dans le champ de la CDU entre la "génération internet" et le "juste milieu", entre les gagnants de la modernisation capitaliste et les perdants (surtout dans les milieux petit-bourgeois). Il devient très difficile de combiner le discours de la sécurité qui inclut aussi la sécurité sociale, avec le discours de la modernisation et du progrès, quand on veut démanteler le système de protection sociale et le service public et quand on demande à la petite bourgeoisie traditionnelle de s'adapter aux transformations causées par la concurrence mondiale. Les structures de base de la CDU se retrouvèrent de plus en plus désertées, le meeting politique étant remplacé par le show médiatique.
Schäuble avait essayé à partir des années 90 de combler le vide idéologique par un discours plus nationaliste. Il philosophait sur la nécessité de stabiliser un ordre établi (et ordre chez lui signifie État-nation), par une réintroduction des valeurs traditionnelles : selon lui, l'individu a le devoir de se subordonner au peuple et à la Nation. « Sans un esprit civique développé, un sens du devoir renforcé, un dévouement pour la communauté consolidé, un État libéral ne peut pas durer. » Ce tournant nationaliste eut comme conséquence un chantage au SPD pour qu'il accepte un amendement de la Constitution concernant les demandeurs d'asile politique. Ce droit fut pratiquement aboli. Mais le nationalisme se heurta rapidement à l'inté gration européenne, renforcée par l'introduction de l'euro, qui déchirait massivement les milieux petit-bourgeois.
Le changement le plus lourd de consé quences pour la CDU a probablement été la perte d'une grande partie des jeunes leaders des mouvements catholiques. Depuis les années 70, ces leaders se sont UND JETZT NOCH souvent engagés dans les camEİN „AVE MARIA FRAU MERKEL pagnes contre le nucléaire (la lutte a commencé il y a exactement 25 ans à Wyhl près de Fribourg) ou dans de multiples luttes écologiques, ainsi que dans les grandes vagues des mouvements pacifistes contre la course aux armements. Une ! » (De gauche à bonne partie d'entre eux est allée chez les Verts. Surtout, le Stoiber (premier catholicisme social est désormais quasiment asséché dans l'Union ; actuellement, on ne voit pas de jeune Norbert Blüm (le personnage qui dirigea le Ministère des affaires sociales pendant les 16 années des gouvernements Kohl).
Le personnel jeune du parti se caractérise par l'absence de bases sociales et par un carriérisme patent. Aucun des jeunes leaders n'a prouvé qu'il sera capable d'intégrer les différents courants du conservatisme. Déjà, une lutte intense a lieu pour la succession de Schäuble à la tête du parti, mais sans candidat(e) vraiment crédible. Les 25 ans de Kohl à la direction du parti pèsent lourd. Dans cette situation, un populiste réactionnaire comme Haider aurait quelques chances de mordre dans l'électorat de la CDU (et du SPD).
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'avenir de la CDU est plus sombre que jamais.