Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SERBIE

Liberté pour Albin Kurti

· Inprecor n° 446, avril 2000 · p. 33 · 282 mots

Ex-Yougoslavie

Albin Kurti a été condamné le 13 mars à 15 ans de prison pour « délit de menace de l'intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie » et pour « délit d'association en vue d'activité hostile en liaison avec le terrorisme ». Le tribunal du district de Nis, dans le sud de la Serbie, a en réalité jugé cet ancien dirigeant étudiant pour des raisons politiques qui n'ont rien à voir avec ces chefs d'accusation absurdes.

Albin Kurti a dirigé en 1997 les manifestations pacifiques des étudiants albanais réclamant le droit à l'école publique. Etudiant en électrotechnique à l'Université de Pristina lors de "l'Intifada" des étudiants, Albin Kurti est ensuite devenu le porte-parole d'Adem Demaqui en tant que voix publique de l'UCK qu'il a quittée avec lui lors de l'alliance de la rébellion armée avec les forces occidentales en 1999.

Refusant de faire l'amalgame entre peuple et régime serbe, prônant le dialogue et la vie en commun entre Serbes et Albano-Kosovars, ils ont rejeté les accords de Rambouillet qui ne donnaient aucune perspective d'indépendance aux Albanais et piétinaient celle des Serbes, permettant à l'OTAN de mettre en pratique ses visées impérialistes dans les Balkans.

Albin Kurti a refusé l'avocat serbe commis d'office et a déclaré d'emblée qu'il ne reconnaîtrait que la justice de son peuple. Il fait partie des 1500 otages que l'armée serbe a emmenés avec elle en quittant le Kosovo en guise de monnaie d'échange, et que la diplomatie occidentale oublie facilement dans ses marchandages avec le régime de Milosevic.

C'est au mouvement ouvrier démocratique serbe, kosovar et international d'agir. La paix au Kosovo commencera aussi lorsque les otages albanais auront été libérés.

R. P.

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