Inprecor 1974–2004

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GRANDE-BRETAGNE

Le gouvernement travailliste passera-t-il l'hiver ?

· Inprecor n° 45, 15 février 1979 · p. 23-28 · 4 335 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme Stalinisme

Moins de trois Brian GROGAN

La Grande-Bretagne connaît actuellement son plus grand conflit salarial depuis 1974. Néanmoins, ce qui est en jeu, ce n'est pas le succès de telle ou telle négociation salariale, mais la réponse qui sera donnée à la crise d'ensemble. Ce qui est en cause, c'est l'échec manifeste du gouvernement travailliste, qui n'a pas su résoudre la crise dans l'intérêt des patrons, mais qui n'a pas non plus suffisamment démoralisé la classe ouvrière pour rendre vraiment viable une alternative Tory présentée par le Parti conservateur. Dans cette situation,

Le gouve lavalloue mois après avoir repoussé les élections générales,

Callaghan doit faire face à une offensive des salariés plus importante que celle qui a conduit à du gouvernement Heath en 1974.

des élections générales ne peuveni pas être longtemps repoussées. C'est cette conjonction de la lutte de masse avec l'approche d'élections générales donne un aspect si aigu à la crise d'hiver des travaillistes.

Lorsque Callaghan a ajoumé les élections générales en octobre dernier, il a pris un risque calculé. Il pensait que les dirigeants syndicaux bourreraient fois de plus le mou aux une travailleurs, et leur feraient aclimitacepter sa politique de limitation des salaires. Les trois premières étapes de son plan se rnement

•TA passera.t.il l'hiver?

la chute sont réalisées, même si la dernière n'a pas été avalisée par le Congrès des syndicats (Trade Union Congress - TUC). Mais ce qu'il n'avait jamais imaginé, c'était une révolte de la base.

Pourquoi l'aurait-il fait ? Les événements semblaient se dérouler comme il le souhaitait. Les résultats de sa politique d'austérité avaient calmé le Fonds monétaire international et cela, joint au solde positif de la balance des paiements grâce au pétrole de la mer du Nord, avait donné une certaine stabilité à la livre, surtout par

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rapport au dollar. Il pensait que la hausse de sa popularité - qui avait été au plus bas et était encore précaire - continuerait grâce à une baisse de l'inflation et à une petite reprise de l'économie.

Une étape de plus dans les négociations salariales, et le tour serait joué. Callaghan était très confiant, d'autant plus qu'il avait déjà évité une crise importante en Ecosse. Le tourant des travaillistes, qui soutiennent maintenant un certain degré d'autonomie gouvernementale en Ecosse et au pays de Galles, a transformé la situation. Le Parti nationaliste écossais (Scottish Nationalist Party), un parti bourgeois, avait à menacer le bastion travailliste. Il avait obtenu un tiers des voix populaires, soit autant que les travaillistes ou les Tories. Maintenant, le Parti travailliste recueille de nouveau 50% des suf-

Mais moins de trois mois après avoir repoussé les élections générales, Callaghan doit faire face à une offensive sur les salaires plus importante que celle qui a conduit à la chute du gouvernement Heath en 1974. La situation était d'autant plus dramatique que le mouvement des camionneurs suivait immédiatement la rupture de la «limite des 5%» imposée par le gouvernement salaires par une série de groupes importants, l'exemple le plus connu en étant les travailleurs de chez Ford qui ont obtenu une augmentation des salaires de 17% après neuf semaines de

Ce qui a finalement été déterminant, c'est que les travailleurs manuels mal payés du secteur public sont entrés en lutte. UNE CRISE POLITIQUE

Cette révolte menace donc sérieusement la stratégie d'ensemble de Callaghan - une stratégie qui a jusqu'ici reçu la bénédiction des secteurs bourgeois les plus influents. Mais il serait profondément erroné de voir dans cette expérience une réédition de la période 1970-74, où un conflit salarial élémentaire s'est approfondi et élargi au point de finalement renverser le gouverement Tory détesté. En effet, il y avait alors une alternative politique évidente : un gouvemement travailliste, qui permettait à luttes essentiellement sectorielles de trouver un objectif politique général. Il n'en est pas aujourd'hui. Il est vrai que la politique des 5% est en lambeaux. Mais son soubassement - l'alliance avec les dirigeants syndicaux - est toujours

Il est clair qu'aujourd'hui l'initiative échappe des mains du gouvemement et des dirigeants syndicaux et est entre celles de la direction à la base - essentiellement au niveau des délégués d'ateliers. Mais ceci ne pas durer longtemps. En effet, bien qu'un grand nombre d'entre eux soient conscients des problèmes politiques, délégués ne proposent pas de ré ponse altemative claire qui permettrait une généralisation politique de ce qui reste encore des conflits sectoriels - même s'ils cherchent à briser la limite des 5%. En fait, ils partent du postulat que la reprise économique limitée de l'année dernière permet des gains sectoriels. Le défi qu'ils lancent au gouvernement ne constitue pas encore une rupture politique avec l'argumentation qui a amené les masses à accepter dans un premier temps le «contrat social».

Le gouvernement fait accepter l'austérité comme une nécessité court terme qui permettrait une nouvelle expansion du capitalisme dont il assurait qu'elle conduirait au retour du plein emploi, à l'augmentation du niveau de vie et à l'expansion des services sociaux. La priorité était la «lutte contre l'inflation». Avec le renforcement apparent de l'économie britantravailleurs considèrent que la période où ils devaient se serrer la ceinture est terminée.

L'avenir, néanmoins, est loin d'être celui d'un capitalisme en expansion, comme cela va très vite apparaître. Aussi, tant tant qu'une alternative socialiste ne se constituera pas, Callaghan pourra espérer reprendre l'initiative, et relancer l'offensive gouvernementale. Le gouvernement utilise déjà les difficultés du capitalisme britannique pour renégocier un nouveau «contrat social» avec le TUC, en plein milieu du grand conflit sur les salaires. Ceci, combiné à quelques concessions mineures et à des attaques démagogiques contre les patrons au niveau des prix, pourrait remettre en question l'offensive ouvrière en cours.

Quant à la constitution d'une atmosphère «pré-électorale» par le gouverement travailliste et par les Tories, elle facilite la mise en place d'obstacles politiques importants face à la lutte de masse. UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

L'échec de la politique des 5% a sérieusement entamé la crédibilité de la stratégie de Callaghan dans la bourgeoisie. Cela a ouvert des possibilités à Thatcher, la dirigeante des Tories. Les Tories ont utilisé toutes les occasions de dramatiser la situation, atin de mettre en avant les themes politiques centraux autour desquels ils sentent qu'ils pourraient gagner des élections, essentiellement sur le thème de : «Qui gouverne, le Parlement ou les syndicats?».

Le succès phénoménal des camionneurs, spécialement dû à l'utilisation de piquets de grève volants, et la solidité de l'action des travailleurs du secteur public, qui s'est manifestée lors de leur grève nationale d'une journée le 22 janvier, ont posé le problème de l'approvisionnement et des services essentiels. Lors des premières semaines de la grève des camionneurs, dans beaucoup de villes, les décisions réelles sur ce qui serait transporté et sur qui aurait la permission de livrer des produits étaient entièrement aux mains des piquets de grève. Juste un exemple parmi tant d'autres : à Hull,

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sur la côte du Yorkshire, les camionneurs se sont mis d'accord avec les dockers pour empêcher tout déplacement de produits dans le port. Ils ont alors mis en place des piquets volants sur toutes les routes menant à la ville. Ils ont réussi à isoler effectivement la ville, sauf en ce qui concerne les produits que les camionneurs eux-mêmes considéraient comme essentiels. Un autre exemple, dans le secteur public, les travailleurs des hôpitaux ont refusé de servir les patients des cabinets privés. Ceci a bien sûr mis les Tories en fureur. Ils ont commencé à parler de l'existence de «deux pouvoirs», de l'uanarchie», de «sang et de violence», au Parlement et dans les médias. Une campagne massive a été lancée pour décréter des pouvoirs exceptionnels et envoyer des troupes en instituant un «état d'urgence».

Mais l'objet central de l'agitation était la question des piquets de grève. Un nouveau mot était apparu dans la politique britannique, pour désigner le phénomène qu'ils appelaient «piquets secondaires». Ce que Callaghan avait promis à la bourgeoisie, c'était de contrôler le pouvoir des syndicats, c'est-à-dire de contrôler les actions de la base, par l'intermédiaire de dirigeants «modérés». Si, comme cela semble être le cas,

Callaghan ne peut plus garantir ce mode de contrôle, une autre que les Tories demandent essentiellement, c'est l'utilisation de des tribunaux pour briser la combativité de la base que la bureaucratie a de plus en plus de mal à contenir. proposent de rendre les contrats salariaux exécutoires sous forme de loi, et d'autoriser la poursuite judiciaire des syndicats «coupables» d'actions de boycott afin d'obliger la bureaucratie syndicale à clure les militants des entreprises et des sous peine de réquisitionner les fonds syndicaux. En même temps, ils veulent agir contre les piquets de grève par l'intermédiaire de la police et des tribunaux. En résumé, Piquet de grève devant les entrepôts de Tilbury dans la région londonienne. ce qu'ils proposent est l'introduction duction en Grande-Bretagne d'une version de la célèbre loi Taft-Hartley qui est en vigueur aux Etats-Unis, et d'où l'utilisation du terme «piquets secondaires» est tirée.

Cela a donné la possibilité aux libéraux, et surtout à l'ancien dirigeant Tory Heath, de commencer leur campagne sur le thème d'un «gouvernement d'unité nationale». Même si une

Best hors de question avant les élections, elle pourrait prendre corps dans le cas probable où les élections donneraient naissance à un parlement sans majorité. C'est aussi dans un tel contexte que les exigences, fréquentes bien qu'encore prudentes, d'un blocage des salaires pendant six mois, pourraient devenir une possibilité réelle.

Ce serait pour Callaghan une gigantesque défaite que de devoir instaurer, sous la pression des Tories et du patronat, l«état d'urgence». Cela serait admettre l'échec total de sa stratégie et rappeler le souvenir de la fameuse «semaine de trois jours», le dernier sursaut de l'ancienne administration Tory sous Edward Heath. Le seul espoir de Callaghan est de renouer son alliance avec les dirigeants syndicaux, même si cela doit signifier l'octroi de concessions limitées à la base. L'offre de telles concessions a pour la première fois amené Callaghan à entrer en conflit avec la bourgeoisie. Le récent projet qu'il a proposé à la Chambre des Communes le 18 janvier n'est qu'un premier pas, mais même cela a entraîné les protestations de la CBI. Ce que la fédération patronale n'accepte pas, c'est qu'il ait l'intention de renforcer la Commission des prix et surtout qu'il ait proposé d'abolir la clause qui restreint les actions contre l'augmentation des prix lorsqu'il s'agit de firmes dont les profits vont être atteints. Bien sûr, ces

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mesures sont de la pure démagogie. Mais la CBI pense avec raison que cela va encourager la base à demander que l'on puise dans les profits et non dans les salaires pour résoudre la crise. C'est cela qu'elle considère comme dangereux.

En même temps, Callaghan est capable d'utiliser la campagne des Tories à ses propres fins afin de battre politiquement en brèche l'action de la base et aussi d'essayer de rendre de la fermeté aux dirigeants syndicaux. Callaghan a déjà obligé le TUC, et particulièrement Moss Evans, le dirigeant du syndicat camionneurs (Transport and General kers Union - T&GWU), fort de deux millions de membres, qui a organisé la grève des camionà mettre au point un «code de conduite» concernant les piquets de grève. En fait, c'est au dirigeant de «gauche» Kitson qu'est revenu le travail de mettre en œuvre ce nouveau code. Ceci a sapé la grève des camionneurs juste au moment où ils étaient prêts à obtenir une victoire complète. La lutte a donc été prolongée alors que cela n'était pas nécessaire, et l'accord sur 20% d'augmentation a remplacé la revendication

Les dirigeants des conducteurs de trains capitulent de même. Depuis plusieurs semaines maintenant, les roulants font deux jours de grève par semaine. Ils ont choisi le mardi et le jeudi pour causer le maximum de désordre avec une perte minimale de salaire. Cette action, combinée à la grève des camionneurs et au conflit du secteur public, est ce qui donné un tel aspect de désordre gigantesque dans les demières semaines. Les dirigeants de TASLEF ont maintenant arrêté cette action, lui préférant des accords nébuleux pour négocier par l'intermédiaire d'un tribunal «indépendant». LA CLE DE LA GREVE DU SECTEUR PUBLIC

Sans aucun doute, les négociations en cours pour mettre sur pied un nouveau «contrat social» ont pour but de saper la lutte des travailleurs manuels du secteur public contre les bas salaires. On ne peut mettre en question le militantisme et la détermination de magnifique journée d'action du 22 janvier a vu un million et demi d'ouvriers faire grève. Le même jour, une manifestation massive de 80000 ouvriers s'est terminée par un meeting de masse que la base a pris en mains avec le mot d'ordre retentissant de «tous dehors». Des débrayages de la base se sont déjà produits dans certaines localites, comme mesure préventive contre les tentatives de la bureaucratie de contrôler la grève par une «action sélective». L'objectif des bureaucrates est simplement de faire pression sur le gouvernement pour le gagner à leurs schémas favoris, qui sont loin des revendications des «60 livres» et des «35 heu-

La bureaucratie propose d'avancer, non sur la base de la lutte, mais sur celle d'une enquête publique afin de déterminer les possibilités d'«harmoniavec le secteur privé. Pour cela, elle est prête à permettre que les augmentations de salaires soient étalées sur deux ou trois ans, et même à abandonner l'arme de la grève dans certains secteurs, comme celui des hôpitaux.

Les militants vont bien sûr combattre très fortement contre une telle liquidation. Ils exercent actuellement une pression masla bureaucratie pour pousser à l'action. généralisée très vite le gouvernement à céder. Mais la bureaucratie tient bon contre cela. Chacun des syndicats du «fait sa propre action». Il est clair que ce pour quoi les militants devraient lutter est la formation d'une union des syndisecteur public, à la fois au sommet et par la création de comités de grève et de délégués d'ateliers, comités unitaires comprenant des délégués de tous les groupes de travailleurs en lutte. Les permanents syndicaux et les ressources des syndicats devraient être mis à la disposition de tels comités de délégués de base unitaires.

L'influence politique des militants peut être estimée à partir du fait qu'un tel comité de grève a déjà été mis sur pieds dans la région de Londres dans le plus grand syndicat concerné, le NUPE. Les Comités d'action contre les bas salaires, qui se forment actuellement dans tout le pays et regroupent militants actifs, devraient avoir pour but de généraliser cette expérience. Il serait bien sûr idiot que ces comités de militants s'auto-proclament la direction de la base.

Le ministre du Cabinet, William Rodgers, est entré en lice en appelant à un blocage total des salaires pour six mois, «pour donner aux ouvriers le temps de réfléchir», si les dirigeants syndicaux ne sont pas capables de contrôler la situation et de diminuer l'ampleur des revendications. Cela fait suite au succès de l'utilisation par Callaghan de la menace de l'«état d'urgence», pour amener la bureaucratie à contrôler elle-même les initiatives de la base en ce qui concerne les piquets de grève. Toutes ces manœuvres ont pour objectif de créer la confusion dans la base afin de renforcer la domination de la bureaucratie. REUNIR UN CONGRES DU TUC

On comprend donc aisément que le soutien à l'actuelle offensive ouvrière sur les salaires réclame en même temps la mise en avant d'une alternative socialiste à Callaghan. Le Congrès du TUC devrait être immédiatement réuni - d'abord pour développer une solidarité maximum avec l'actuelle offensive sur les salaires. Les sections syndicales puissantes comme celle des mineurs et celle des travailleurs de l'électricité qui ont des revendications à formuler devraient étre encouragées à les mettre

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en avant aux côtés de ceux qui sont déjà en lutte, particulièrement les travailleurs du secteur public. Au cours d'un tel Congrès, un plan devrait être mis sur pieds pour préparer le combat contre les menaces portant sur le droit à faire des piquets de grève. Mais, ce qui est le plus important de tout, le TUC devrait commencer à formuler les grands traits d'une solution socialiste claire qui, tout simplement, renverserait la formule qui a guidé le programme d'austérité du gouvernement travailliste. Le but de l'austérité travailliste était de pomper dans les ressources de la classe ouvrière pour gonfler les profits par des restrictions au niveau des salaires et des services sociaux, et par la création d'un chômage massif. Une politique dans l'intérêt des travailleurs devrait nationaliser sous contrôle ouvrier les secteurs capitalistes les plus importants élaborer un plan des travailleurs pour l'économie.

Les éléments à partir desquels une telle alternative socialiste pourrait être élaborée existent déjà. La lutte pour la semaine de 35 heures pour commencer à s'attaquer au chômage fait déjà partie de la plupart des revendications importantes sur les salaires. Son corrolaire évident est le partage du travail sans perte de salaire. De même, la plupart des revendications salariales s'appuient sur le fait qu'il faut récupérer les pertes g'avait engendrées la période du contrat social. Pourquoi ne pas traduire cette exigence dans une revendication réclamant que les salaires augmentent en même temps que le coût de la vie, celui-ci étant calculé par des comités syndicaux ? On doit ajouter à cela l'expérience obtenue dans le conflit salarial actuel, où les comités de grève ont commencé à imposer certains éléments de contrôle ouvrier prenant eux-mêmes des déciconcernant l'«approvisionnement essentiel».

Le combat pour réunir le Congrès du TUC doit être posé comme la poursuite des luttes actuelles. Un combat pour la création de comités inter-sectoriels comprenant tous qui sont prêts à la lutte, peut-être en tant que sous-comités des Conseils syndicaux, serait un pas en avant vital. Ceux-ci pourraient alors se regrouper pour former une conférence régionale du TUC. Une telle approche rendrait très difficile au gouvernement et aux l'utilisation Congrès des syndicats pour légitimer un nouveau «contrat social» mis au point derrière le dos des travailleurs en lutte. REUNIR LA CONFERENCE DU PARTI TRAVAILLISTE

La mise en avant d'une devient de plus en plus urgente au fur et à mesure que les élections générales approchent. De mandat Callaghan est-il investi pour appliquer sa politique actuelle ? La dernière Conférence du Parti travailliste a rejeté cette politique par une majorité de deux à un et a appelé à une campagne active contre les 5%. Quel mandat a-t-il, et quel mandat ont les dirigeants du TUC pour la promulgation d'un nouveau «contrat social» ? Et le Parti travailliste et le TUC se sont engagés à des «négociapreuve en est qu'un combat a actuellement lieu dans le Comité exécutif national au sujet de ladoption d'un nouveau manifeste du Parti travailliste. Mais ceci se passe en coulisses. La réunion d'une Conférence du Parti travailliste amènerait ce combat au grand jour, et permettrait l'intervention des forces actuellement lutte contre Callaghan. Nous ne devons pas sous-estimer les problèmes déjà posés au gouvernement par le simple rejet de sa politique de 5% par la dernière Conférence du Parti travailliste. La convocation d'une nouvelle Conférence mettrait des obstacles importants aux tentatives actuelles de la bureaucratie pour mettre au point un nouveau

Avec l'élaboration et l'adoption d'un nouveau manifeste s'engageant à une politique socialiste, une base serait posée pour la destitution de Callaghan et de tous ceux qui soutiennent l'austérité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Cabinet, de leurs rôles dirigeants dans le mouvement travailliste.

Mais la gauche travailliste et le Conseil exécutif national du Parti travailliste sont paralysés face l'ampleur des enjeux actuels. Ils ont été incapables de proposer une solution de rechange et se sont bornés à demander au gouvernement d'accorder quelques concessions au TUC pour leur permettre de garder le contrôle de leur base. Ce qu'ils ont choisi d'ignorer, c'est que Callaghan est tout à fait prêt à de telles concessions, mais dans le but de regagner du terrain et de reprendre l'offenLA REELECTION D'UN GOUVERNEMENT TRAVAILLISTE

En dépit de la faillite de la gauche travailliste et des attaques vicieuses du gouvernement contre les travailleurs, tous les socialistes doivent encore faire campagne pour la réélection d'un gouvernement travailliste.

On ne peut pas encourager ceux qui, même s'ils sont des militants honnêtes, commencent à soulever la traditionnelle revendication Tory d'un arrêt du politique et financier des syndicalistes au Parti travailliste. De telles mesures ne pourraient que renforcer l'emprise de l'aile droite sur le mouvement travailliste. Nous perdons tout si nous laissons aux Tories le soin de défaire les dirigeants de droite qui sont à la tête du mouvement travailliste.

En réalité, les développements des derniers mois montré que les événements vont exactement en sens contraire. En dépit des apparences, le fait que l'administration soit travailliste ne peut, si on s'en sert correctement, qu'aider à la création d'une solution de rechange cialiste. Le vieil adage léniniste «nous soutenons les travaillistes comme la corde soutient un pendu» est en train de se réaliser. En effet, l'avant-garde large dans la classe ouvrière est maintenant obligée de mettre en

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question la perspective politique de ses dirigeants au gouvernement et dans le TUC, justement parce qu'elle a fait l'expérience des variantes de la politique de droite qui étaient supposées

«à la longue» lui apporter la prospérité. La politique de lutte de classe est encore loin d'être soutenue par la majorité de la classe ouvrière. Mais les dirigeants des grèves actuelles au niveau des délégués d'ateliers problèmes politiques qui

Deux leçons fondamentales et vitales pour la construction d'une aile gauche de lutte de classe sont en train d'être assimilées par l'avant-garde large. Tout d'abord, cette avant-garde comprend maintenant ce qu'il en coûte de s'en remettre aux dirigeants syndicaux nationaux. Même si cette avant-garde est vulnérable face aux manœuvres de la bureaucratie tant qu'elle n'a pas une alternative politique d'ensemble, il y a néanmoins maintenant beaucoup plus de militants qui sont préparés à soutenir la formation de regroupements de lutte de classe à l'intérieur des syndicats. Un regroupement important de militants s'est cristallisé pendant la grève autour Groupe des travailleurs de Ford Il continue à organiser les militants au niveau des ateliers, et a pour orientation la recomposition de la direction des délégués d'ateliers sur une base de lutte de classe. De même, à l'intérieur du Syndicat national des employés du secteur publie (NUPE), la «Campagne pour l'action dans le NUPE» (Campaign for Action in NUPE -CAN) commence à s'organiser de la même façon et a la posside s'implanter réellement dans les grèves actuelles. Chez British Leyland aussi, en dépit de la défaite de la dernière lutte sur les salaires, un groupement similaire s'est créé autour des «Délégués pour une révision annuelle des salaires», qui doit maintenant s'organiser autour d'objectifs à plus long terme. Des regroupements semblables existent déjà dans certains syndicats d'employés, chez les instituteurs, dans l'administration locale et dans le syndicat le plus important des services sociaux.

La constitution de tels organismes de lutte de classe a été permise grâce à une autre leçon expériences de ces dernières années : la hension du caractère futile des tentatives visant à «contourner» les structures officielles et semi-officielles du mouvement ouvrier. Une telle orientation a été animée par le Parti socialiste des travailleurs (SWP) et prend corps dans ses organisations de militants de base et dans la campagne pour le droit au travail, qui ont connu une crise et un déclin la demière période. La théorie qui sous-tendait cette politique du SWP était celle de la «bureaucratisation» supposée des responsables principaux des délégués ouvriers et des sections syndicales d'entreprises. Cette théorie est maintenant considérée, même par eux, comme une absurdité face à l'offensive actuelle dirigée par les délégués d'ateliers. Comme le SWP aussi commence maintenant comprendre, le mouvement des délégués a été politiquement, mais pas socialement, incorporé dans le projet de collaboration de classe de la bureaucratie. Comme il commence aussi à le comprendre, la clé pour combattre cette intégration est la mise sur pieds d'une rechange socialiste». L'UNITE SOCIALISTE

Un des meilleurs moyens de réaliser ce projet est de présenter des candidats de la gauche 1. Au sortir de plusieurs défaites et à la veille d'une année électorale, de Brian

Grogan et de Rich Palser;

paru dans Inprecor no 22, du 17 février 1978. 2. Callaghan et Ford contre la classe ourière, de Brian

Grogan;

paru dans Inprecor no 36, du 19 octobre 1978. 3. La dernière année du gouvernement Callaghan, de

Rich Palser;

paru dans Inprecor no 40, du 14 décembre 1978.

révolutionnaire aux élections. Il n'y a pas de contradiction entre cela et l'appel à une réélection du gouvernement travailliste. Ce serait même, dans la situation actuelle, un manquement au devoir révolutionnaire que de ne pas chercher par tous les moyens possibles à avancer une telle solution de rechange socialiste et que de ne pas lui donner autant d'importance qu'à l'appel à un gouvernement travailliste.

S'il n'en était pas ainsi, on croire que l'appel à gouvernement travailliste équivaut à approuver la politique de Callaghan. Bien sûr, étant donné le contexte dans lequel les prochaines élections vont se dérouler, une intervention dans ces élections devra être reliée à tous les niveaux avec tous les combats de lutte de classe qui se déroulent actuellement, non seulement en ce qui concere les salaires, - mais aussi en ce qui concere le combat contre le racisme et la violence fasciste, le combat pour le droit des femmes et la libération des femmes, le combat pour le retrait des troupes d'Irlande et la solidarité avec les luttes qui se déroulent en Iran et en Afrique du Sud. Il est done tout à fait erroné d'opposer le fait de présenter des candidats contre les travaillistes à l'activisme. Mais l'activisme sur des points isolés est insuffisant en lui-même. Il est indispensable de présenter une solution de rechange globale face à Callaghan, et cela demande de présenter un programme d'action d'ensemble.

C'est pourquoi l'Unité Socialiste - une alliance électorale de lutte de classe - va proposer un certain nombre de candidats lors des élections, dans des circonscriptions soigneusement choisies. Il y a un accord général de la gauche révolutionnaire sur ce programme d'action. Refuser l'action commune dans les élections alors qu'un tel accord existe ne peut, dans cette situation, aider personne, si ce n'est Callaghan.

Le 28 janvier 1979

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