Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

18e Camp international de jeunes révolutionnaires

· Inprecor n° 459-460, juin-juillet 2001 · p. 10-11 · 1 852 mots

Italie Économie mondiale État espagnol IVe Internationale

contre la

Propos recueillis par Penelope Duggan*

/ solidarité avec la IVe Internationale se tiendra cette année du 23 au 29 juillet, près de Rome, en Italie. Ce sera l'occasion pour plusieurs centaines de jeunes militantes et militants de tirer les enseignements des mobilisations contre la mondialisation capitaliste — et en particulier de la mobilisation internationale contre la réunion du G-8 à Gênes, qui aura eu lieu juste avant l'ouverture du camp. Inprecor a posé quelques questions à Cinzia Arruzza, militante de l'association Bandiera Rossa, qui participe à la construction des Giovani Communisti en Italie, engagée dans la préparation de la mobilisation contre le G-8 à Gênes ; à Marco Espvall, militant du Parti socialiste de Suède, organisateur de la délégation suédoise, engagé dans la préparation de la mobilisation contre le sommet de l'Union européenne de Göteborg ; et à Josep Maria Mantentas, militant d'Espacio alternativo de Barcelone, engagé dans le Mouvement de Résistance Globale.

Italie

Questions à Cinzia Arruza Inprecor : Le sommet du G8 est présenté comme un des prochains rendez-vous centraux du mouvement contre la globalisation capitaliste. A quelle mobilisation vous attendez-vous ? Cinzia Arruza : La manifestation de Gênes représente un passage très important pour le mouve-

E Débat rélax au E cours d'un camp précédent ment contre la mondialisation capitaliste : autour de ce rendez-vous, surtout après la forte participation à la manifestation contre le sommet de l'OCDE de Naples au mois de mars, il est possible de travailler pour un élargissement de la mobilisation vers des secteurs plus amples de la jeunesse et du monde du travail. D'ici au mois de juillet il faut absolument saisir le défi et faire de Gênes un rendez-vous de masse, en impliquant dans la préparation et la participation aux mani-

Le 18° Camp international des

Au cœur de

mondialis

festations les secteurs sociaux avec lesquels nous travaillons tous les jours : en particulier les travailleurs précaires, les lycéens et les étudiants, les chômeurs. Inprecor : Le camp jeunes en solidarité avec la IVe Internationale commencera en Italie le lendemain de la manifestation de Gênes. Comment vous voyez le lien entre les deux événements? Cinzia Arruza : Le camp de cette année ne veut pas être un événement séparé des autres moments de discussion ou de mobilisation internationaux contre la mondialisation capitaliste : pour cela le thème central du programme du camp est justement celui des luttes antiglobalisation. Le fait que le Camp se tienne juste après les manifestations de Gênes nous donnera la possibilité de nous trouver pendant une semaine avec une partie de cette jeunesse radicalisée qui aura animé les manifestations de Gênes, pour faire un bilan des mobilisations mais surtout pour réfléchir au renforcement politique et social du mouvement dans chaque pays. Inprecor : Comment les jeunes en Italie s'insèrent-ils dans ces mobilisations ? Y-a-t-il une spécificité dans les formes et les thèmes de leur radicalisation? Cinzia Arruza : En Italie la mobilisation contre la mondialisation capitaliste est très marquée par la participation de la jeunesse : sur les thèmes de la mondialisation, des désastres pour l'environnement, de la précarité et du démantèlement croissant des droits sociaux et de la vie démocratique par les politiques néolibérales, on assiste en Italie à une nouvelle radicalisation et politisation d'une couche significative de la jeunesse. Les organisations qui travaillent à la préparation et à la coordination des mouvements de lutte sont nombreuses et très différentes : des Jeunes Communistes du PRC, aux Centres Sociaux, de l'association Ya Basta (les Tutte Bianche) aux collectifs étudiants et aux associations de base. Chaque acteur, politique ou social, met en avant ses propres mots d'ordre, ses façons de manifester (comme la « désobéissance civile ») et sa propre intervention spécifique sur les thèmes de la précarité du travail, de l'écologie, de la défense de l'éducation. Certes, il reste le problème crucial de comment animer quotidiennement la lutte contre le capitalisme mondial à un niveau local, dans les écoles, les facs ou les lieux de travail, et de comment mettre en relation chaque lutte particulière et locale * Penelope Duggan est membre du Secrétariat unifié de la IVe Internationale, responsable des les réalations avec les organisations de jeunesse.

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jeunes révolutionnaires la lutte ation capitaliste avec le mouvement plus général. Inprecor : Le camp se tient en Italie mais est un camp international et autogéré. Comment se passe concrètement sa préparation? Cinzia Arruza : Les thèmes, les moments de discussion, les activités politiques et festives du camp n'ont pas été définis par les Italiens tous seuls : le programme du camp est le résultat d'une discussion et de choix collectifs entre les différents groupes de jeunes liés à la IVe internationale. Chaque pays a la responsabilité de gérer et animer avec les autres les discussions aux forums, les commissions ou les meetings; le camp n'est donc pas seulement une occasion de discussions politiques, mais aussi d'échange et de coordination des expériences, de divertissement et de « travail » en commun, étant donné qu'il s'agit d'une initiative autogérée par les jeunes. Chacun et chacune prend en charge aussi bien les discussions que les fêtes et le nettoyage des douches...

Catalogne

Questions à Josep Maria Mantentas Inprecor : Quelle a été la place de la jeunesse dans la mobilisation contre la réunion de la Banque mondiale, prévue fin mai à Barcelone et finalement annulée par l'institution internationale qui avait craint de voir sa légitimité encore plus ébréchée ? Josep Maria Mantentas : La jeunesse a joué un rôle central dans la préparation de la mobilisation de Barcelone. La radicalisation de la jeunesse espagnole et spécialement catalane, dans la lutte contre la mondialisation capitaliste est un phénomène politique et social remarquable, très visible depuis Prague. La mobilisation de Prague en septembre a constitué une véritable lutte fondatrice pour le mouvement de la jeunesse espagnole et catalane, et dans le cadre de cette mobilisation s'est constitué le Mouvement de Résistance Globale (MRG), le réseau qui rassemble la plupart des jeunes actifs dans le mouvement antimondialisation et le seul à se mobiliser pour Prague. La mobilisation de Nice, même si elle n'a pas été aussi importante pour les mouvements espagnols et catalans, a signifié pour nous une première convergence, partielle et limitée, entre la gauche syndicale et une partie de la jeunesse radicalisée. La préparation des mobilisations de Barcelone a comporté une convergence très large entre la majorité des organisations et mouvements sociaux catalans, qui ont constitué un cadre unitaire, la campagne contre la banque mondiale Barcelone 2001. Avec Barcelone 2001 la base sociale du mouvement contre la mondialisation capitaliste dans l'État espagnol et en Catalogne s'est élargie, même si dans ce nouveau contexte la jeunesse continue à jouer un rôle dynamisant important. Inprecor : Quelles sont les thèmes de radicalisation les plus présentes? Josep Maria Mantentas : La radicalisation de la jeunesse dans l'État espagnol et en Catalogne, comme dans la plupart des pays où ce phénomène est aussi important, se fait autour d'une critique générale de l'ordre existant et a un profil clairement anticapitaliste. Peut-être que les deux éléments identitaires les plus notables de la radicalisation de la jeunesse espagnole et catalane sont : en premier lieu, la recherche de formes d'organisation horizontales et de base, et son refus des organisations plus structurées, comme les partis où les syndicats ; en deuxième lieu, sa défense résolue de l'action directe non violente comme méthode de lutte et sa volonté de chercher des formes innovatrices de mobilisation, qui vont au-delà des cortèges traditionnels aux manifestations, comme les street-parties anglaises où les blocages des tutte bianche italiens. Inprecor : Comment comptez-vous profiter du camp de jeunes de la IV* Internationale pour faire avancer le mouvement? Josep Maria Mantentas : Le camp doit être un moment de discussion stratégique importante sur la lutte contre la mondialisation capitaliste et sur les nouveaux mouvements de jeunes qui jouent un rôle central dans cette lutte dans beaucoup de pays. Il doit offrir un cadre qui nous permettra de connaître les différentes expériences et réalités nationales et apprendre des différents bilans qu'on peut tirer de chaque situation.

Suède

Questions à Marco Espvall Inprecor : Quelle a été la place des jeunes dans la mobilisation pour un contre-sommet européen à Göteborg et quels ont été les thèmes de la radicalisation des jeunes ? Marco Espvall : La mobilisation de Göteborg a inclu toute la gauche radicale scandinave et de très nombreux mouvements sociaux. Ce fut une mosaïque de happenings différents, tous unis autour d'une même exigence : « Contre la politique néolibérale de l'Union européenne, pour une Europe différente, une Europe sociale ». La lutte contre la mondialisation capitaliste et le sentiment internationaliste sont les thèmes centraux de la radicalisation de la jeunesse. Et il faut noter que la majorité des militants qui préparèrent la

Jeunesse mobilisation de Göteborg étaient des jeunes. Beaucoup de jeunes se sont rendus compte que l'Union européenne fait partie de la triade qui domine le système capitaliste mondial, aux côtés des États-Unis et du Japon ; que l'Union européenne fait partie de ce nouvel ordre - en fait pas si nouveau que ça — qui met en danger notre avenir ; qu'il s'agit d'une institution tout aussi détestable et dangereuse que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou le Fonds monétaire international. Ainsi l'Union européenne se heurte à une résistance similaire de la part des mouvements sociaux à celle rencontrée par l'OMC à Seattle ou par le FMI à Washington et à Prague. C'est pour cette raison qu'autant de jeunes se sont rendus à Göteborg, car ils pensaient que tous ensemble ils pouvaient faire la différence. Inprecor : Qu'attendez vous du camp jeune de la IV Internationale, où vous allez mener une délégation? Marco Espvall : Le camp jeune de la IVe Internationale et la mobilisation contre le G-8 à Gênes témoignent — à deux niveaux différents — que la lutte pour laquelle nous nous sommes mobilisés à Göteborg, continue. Il faut un succès de masse à Gênes. Et il faut pouvoir prendre du temps pour se connaître, débattre et tirer ensemble les enseignements des diverses mobilisations contre la mondialisation capitaliste — c'est ce que nous espérons faire au Camp jeune en Italie.

Cette année le camp international de jeunes révolutionnaires organisé depuis dix-huit ans à l'initiative de la IV• Internationale en Europe se tiendra en Italie, près de Rome, du dimanche 22 au samedi 28 juillet 2001. Ce sera l'occasion pour des centaines de jeunes militant(e)s de tirer les lecons des mobilisations contre la mondialisation capitaliste — à l'issue de la grande mobilisation du 21 juillet contre le sommet du G-8 — et de débattre de cet « autre monde possible » que nous opposons à la barbarie du capitalisme sénile.

Une semaine de débats, de formation et de fêtes se terminera par un grand meeting et une grande fête le samedi 28 juillet.

Pour y participer il faut prendre contact : • en France, avec les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) : <[email protected]> • en Belgique, avec la Jeune garde socialiste (SJW/JGS) : <[email protected]> • en Italie avec Bandiera Rossa : <[email protected]> • Pour les autres pays contacter Inprecor :

<[email protected]>

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