Inprecor 1974–2004

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IRAN

Déclaration des « homofars »

Inprecor n° 46, 1er mars 1979 · p. 5 · 781 mots

Iran

La résolution suivante, intitulée « Pour protester contre la nomination des commandants des forces armées», a été distribuée dans des meetings et des manifestations d'homofars et d'autres soldats. Signee par « Un groupe d'homofars, qui soutiennent la démocratie dans l'Armée», cette résolution a été votée par acclamation lors d'un meeting d'homofars à l'université technique de Téhéran, le 16 février. « Camarades homofars,

La lutte pour obtenir la démocratie et la justice sociale, qui a commencé dans notre société il y a un an, se reflète aussi dans l'Armée. Les soldats, les homofars, et tous ceux qui étaient insultés chaque jour par leurs officiers, les individus dont les moindres droits humains - comme la liberté de parole, de presse, de réunion, et le droit de vote - étaient niés, ceux-là se sont joints à la grande masse du peuple iranien pour renverser cet ordre corrompu.

Nous, les homofars, nous avons vu que notre intérêt était de tendre nos mains pour nous unir avec le peuple, pour renverser le régime corrompu et pour le remplacer par un ordre qui défende les intérêts de tous les opprimés, un ordre qui supprime la misère et les excès du passé.

Nous nous sommes joints, avec le reste du personnel militaire, à l'immense manifestation d'Arba'in (la marche du 8 février pour soutenir Bazargan contre Bahktiar). Nous avons alors pris part aux journées d'insurrection, unis avec le peu-

Sie pour combattre les gardes et les généraux du

Mais. malheureusement, les événements de ces derniers jours ont été dans une direction entièrement opposée à ces buts. Cela nous donne une raison de continuer notre lutte. Ces pions de l'ancien régime - ceux qui non seulement ont juré fidélité au Shah, mais qui en plus ne nous ont jamais rejoints derrière les barricades pendant la lutte - ont maintenant été nommés nos commandants. Et ceci sans nous demander le moins du monde notre avis.

Nous devons nous demander : pourquoi il y a eu tant de martyrs parmi les homofars et les soldats ? Nos camarades soldats n'ont pas risqué leurs vies pour voir les mêmes personnes reprendre leurs fonctions. Non, si nous avons volontairement combattu aux côtés du peuple face aux balles de l'ennemi, c'est pour la justice sociale et pour la démocratie. Mais maintenant, nous nous retrouvons dans les mêmes conditions qu'avant.

Où est la démocratie dans l'Armée, pour laquelle nous avons combattu ? Où est notre droit à la liberté de parole et à la liberté de la presse ? Où sont nos droits à nous réunir et à appartenir à un parti politique ? Où est notre droit à voter et à participer aux élections ? Où est notre droit d'élire nos officiers? Et, finalement, ou est no tre droit à nous organiser dans l'Armée, à établir nos propres comités, où nous pouvons discuter et prendre nos propres décisions ?

Les généraux du Shah nous ont toujours dit de ne pas intervenir dans la politique. Mais c'était un piège. C'était pour nous empêcher de protester contre leurs crimes envers le peuple et leur pillage des richesses de la nation.

Nous devons avoir le droit de participer à la politique, afin que l'on ne nous utilise plus, nous et les soldats, pour massacrer et réprimer ceux qui combattent pour la liberté. Nous devons avoir le droit d'élire des officiers auxquels nous faisons confiance, et on ne doit pas nommer des individus pour nous commander.

Il est maintenant clair que ces droits ne nous seront pas garantis si nous ne luttons pas avec obstination pour eux et si nous ne nous organisons pas. C'est pourquoi un groupe d'entre nous s'est organisé autour des revendications suivantes: 1. Droits démocratiques complets à l'intérieur des Forces armées : liberté de parole, de presse, et de réunion; droit de nous organiser, d'appartenir à des partis politiques, de voter lors des élec tions; fin de l'interdiction aux homofars d'aller à l'université. 2. Les homofars eux-mêmes doivent élire leurs propres officiers. Les élections devraient être faites par un vote à la majorité, tout le monde pouvant se présenter aux postes d'officiers. 3. Nous voulons le droit de former des comités d'homofars dans chaque garnison afin de lutter pour ces revendications. 4. Extension de tous les droits ci-dessus à toutes les branches des Forces armées.

Les soldats de l'Armée constituent l'immense masse armée du mouvement révolutionnaire. Obpour toutes les Forces armées. Nous invitons tous les homofars et le reste du personnel militaire à se joindre à nous pour réaliser ces revendications. Nuus invitons aussi les militants civils et ceux qui combattent pour la liberté à se joindre à nous. Ceci sera un nouveau progrès dans le renforcement des liens qui nous unissent.

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