Appel de la fer rencontre internationale des mouvements sociaux
Le texte qui suit a été adopté par la
Première rencontre internationale des mouvements sociaux qui a eu lieu du 12 au 14 août à
Mexico. Il a été signé par des représentants d'organisations paysannes (en particulier Via campesina, dont sont membres les Sans terre du Brésil), d'organisations syndicales (dont la
CUT brésilienne, SUD de France et la
Confédération des COBAS d'Italie), de mouvements populaires (dont l'Assemblée des pauvres d'Inde et de Thailande), d'ATTAC-
France, de la CONALE d'Équateur, de différentes organisations religieuses (dont la
Commission pastorale de la terre du Brésil), de partis politiques (dont le Parti de refondation communiste et les Jeunes communistes d'Italie) et par une série d'ONG (dont Focus on the Global South et le Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde). Etaient également présents des centre d'études (dont
GLACSO, le Conseil latino-américain de
Sciences sociales) et des revues (notamment
Critique communiste, la revue de la Ligue communiste révolutionnaire de France).
Nous, hommes et femmes d'organisations, réseaux et mouvement provenant de 39 pays et de tous les continents de la planète, nous nous sommes rencontrés au Mexique — une nation victime du néolibéralisme, mais en même temps une terre de résistances populaires comme celle des indigènes zapatistes — pour analyser la dynamique d'une mondialisation du capital de plus en plus clairement au service des grands pouvoirs économiques et politiques, mais aussi pour échanger les différentes expériences de lutte et de résistance qui se développent dans le monde entier contre cette mondialisation de l'injustice. En outre, nous voulions discuter sur les actions et les formes permettant au mouvement croissant de résistance internationale d'atteindre un niveau plus élevé de convergence, de coordination et d'efficacité dans notre action d'ensemble. C'est en partant des réflexions de notre rencontre que nous avons réalisé un accord sur l'appel qui suit :
1. La mondialisation du capital se poursuit cipation a été très large et enthouimportante de son activité en élargissiaste. La plupart des participants sant son espace politique.
sont conscients de l'enjeu et des dif-
1. Cf. Inprecor n° 458 de mai 2001 et
Inprecor n° 459/460 de juin-juillet ficultés multiples à surmonter : se posent notamment les questions de
2001.
savoir comment il faut organiser
2. Vittorio Agnoletto a été membre de Democrazia Proletaria. Lors de concrètement le mouvement dans le cadre le plus démocratique et coml'entrée de celle-ci dans le PRC, il est ment lier ce mouvement aux mouveresté indépendant en continuant son ments sociaux qui s'annoncent dans activité de médecin et de militant les prochains mois, sans risquer de d'organisations sociales Lors des tomber dans une sorte de routine de élections législatives de mai 2001 il a la mobilisation à l'occasion des été candidat indépendant dans les listes du PRC.
des diverses institutions internationales. Le PRC est partie
3. Sur le nombre des manifestants prenante de toutes ces activités et sa classés comme Black Block les estimations les plus différentes ont été participation n'est contestée par personne. Il connaît ainsi une relance avancées : La police et les portecontre vents et marées en imposant aux peuples et aux nations du monde entier sa logique de pillage masqué en « en libre commerce », de liberté absolue des investissements et des capitaux spéculatifs, alors que des millions de migrants sont soumis à toutes sortes de contrôles et de vexations, que se poursuivent les privatisations indiscriminées même dans des secteurs vitaux, le démantèlement des acquis sociaux, les discriminations et les violences contre les femme et s'aggrave l'exclusion sociale des marginalisés de toujours. La logique de la mondialisation de la misère, des injustices et des inégalités renforce, en outre, les pouvoirs supranationaux qui suppriment le droit des peuples et des nations à décider souverainement de leur propre développement, en provoquant partout de véritables désastres sociaux, destructions de l'environnement et faim.
2. Nous dénonçons l'action du capital qui, dans le but de maintenir ses propres intérêts, domine les peuples lorsqu'il pratique, par exemple, la violence croissante qui s'est exprimée à Gênes et dans d'autres endroits contre les mobilisations, l'embargo économique contre Cuba et l'Irak, les agressions militaires contre les peuples, la répression de l'armée israélienne contre le peuple palestinien, le Plan Colombie, Puebla Panama et le Plan Dignidad en Bolivie.
3. Par ailleurs, de l'insurrection indigène zapatiste aux mobilisations récentes de Gênes, en passant par la manifestation historique de Seattle, toute une série d'événements comme la révolte indigène et populaire en Équateur, la lutte des Sans terre au Brésil et plus généralement les mouvements paysans en Amérique, en Europe et en Asie, les protestations populaires et ouvrières en Argentine et les marches contre le chômage en Europe, la Marche mondiale des femmes et les mobilisations successives lors des rendez-vous des puissants à Windsor, Göteborg, et Québec, de même que le Forum social mondial de Porto Alegre sont en train de prouver que la résistance populaire contre le modèle néolibéral s'accroît inexorablement à l'échelle mondiale en mettant à jour la faillite de ce modèle, en représentant un défi de plus en plus fort aux projets de ce modèle et rendant de plus en plus difficiles, en les obligeant quasiment à la clandestinité, les sommets des puissants qui, tout en maintenant leur pouvoir et leur argent, sont en train de perdre la bataille pour leur légitimité.
paroles du gouvernement ont donné des chiffres fantaisistes (allant jusqu'à 10 000 et même 20 000) soit pour justifier leur incapacité à les contrecarrer soit en faisant un amalgame avec des secteurs de Tute bianche (salopettes blanches), c'est-à-dire des militants des centres sociaux et des secteurs des COBAS. Devant la commission parlementaire d'enquête (qui siège alors que nous écrivons) un dirigeant de la police a avancé le chiffre de 500 qui semble plus proche de la réalité. 4. Le second Forum social mondial se tiendra à Porto Alegre (Rio Grande do Sul, Brésil) du 31 janvier au 5 février 2002.