Inprecor 1974–2004

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DOSSIER ARGENTINE

Déclaration unitaire des forces de gauche (PO, IU, LSR, FOS)

Inprecor n° 466-467, janvier-février 2002 · p. 35 · 772 mots

Argentine et Chili Économie mondiale

Le soulèvement populaire a mis fin à De la Rúa et Cavallo !

Nous ne voulons plus de la même chose !

e peuple et les travailleurs argentins ont mis fin dans les rues au gouvernement De la Rúa - Cavallo. C'est une victoire populaire gigantesque alors que la crise atteint le fond avec le séquestre des salaires, l'accaparement de l'épargne populaire et la banqueroute généralisée des finances publiques. Les De la Rúa - Cavallo, les Menem et les Duhalde, les Ruckauf, les Puerta et les Rodríguez Saá sont responsables de la catastrophe sociale et de la désorganisation économique qui sape la vie même des millions d'Argentins. Les partis qui dominent l'Assemblée sont coresponsables de ce désastre. Ils n'ont ni la capacité ni l'autorité pour former un gouvernement et encore moins pour réaliser la phase finale du plan Cavallo.

C'est contre cela que le peuple s'est levé, a pris les rues, a coupé les routes, a occupé ses lieux de travail, a marché sur les sièges mêmes du pouvoir. Pour la même raison nous rejetons et dénonçons la poursuite de l'état de siège et l'intention de continuer la répression sanglante contre le peuple en lutte, nous exigeons la punition des coupables et la libération de tous les détenus.

L'Argentine de la banque et du grand capital est finie : nous entrons dans une année de grand cru de l'histoire avec des multitudes d'affamés, avec un appareil de production arrêté et une masse sans précèdent de chômeurs. Un système d'exploitation, une organisation économique, sociale et politique ont atteint leur stade final. Ça suffit !

Les organisations signataires* déclarent qu'il y a une issue ; mais cette issue est incompatible avec ceux qui promeuvent le chaos en faveur de la marchandise, du capital financier, du monopole capitaliste national ou étranger. Ni la dollarisation ni la dévaluation promues par les secteurs dominants ne nous sortiront de cette pénurie sans fin. Ce ne sont que des variantes d'une nouvelle tentative de confiscation de notre propre travail.

Tous doivent partir. Nous devons mettre fin non seulement aux De la Rua - Cavallo, mais aussi aux Rodríguez Saá, aux partis et

DOCUMENT aux gouverneurs complices qui cherchent un accord avec les pillards du FMI. Ceux qui ont de quoi payer la crise, ce sont les banques, les corporations du grand capital, les monopoles privatisés qui se sont approprié le patrimoine étatique. Il faut nationaliser les banques, libérer tous les soldes et dépôts des travailleurs et ceux des petits producteurs et commerçants et geler les fonds millionnaires des voleurs qui détiennent déjà 150 milliards de dollars hors du pays. Il faut re-étatiser tous les services privatisés et mettre fin au paiement de la dette extérieure. C'est sur une telle base qu'il faut réorganiser l'économie au travers d'un plan national des travailleurs et remettre ainsi en marche la production paralysée

Pour cela il est nécessaire qu'au cours de la lutte le peuple débatte et s'organise. Nous appelons à une assemblée ou une rencontre nationale des travailleurs et des chômeurs, des mouvements des piqueteros, des secteurs en lutte, des partis de la gauche et de tous ceux qui luttent contre le système économique, social et politique actuel. C'est une condition indispensable pour structurer un pouvoir qui se lève face à la décomposition du pouvoir actuel. C'est une autre Argentine — ni celle du Parti justicialiste, ni celle de l'Alliance — c'est l'Argentine des travailleurs qui va exproprier nos éternels expropriateurs.

— Pour un gouvernement ouvrier et populaire ! Non au gouvernement du Parti justicialiste et de ses variantes complices du système ! — A bas l'état de siège dans la Nation et dans les provinces ! - Non au FMI ! — Non au payement de la dette extérieure ! - Nationalisation des banques ! - Re-étatisation des AFPJ (1) ! - Soutien à toutes les luttes des travailleurs ! — Pour un plan de lutte national et progressiste échelonné jusqu'à la défaite de ce système ! - Libération de tous les détenus emprisonnés durant ces journées de luttes populaires ! Libération de Ali, Castells (2) et des autres prisonniers ! Non aux procès contre ceux qui luttent!

Buenos Aires, 23 décembre 2001 * Les organisations signataires sont : Parti ouvrier, Gauche Unie (Parti communiste - Mouvement socialiste des travailleurs), Ligue socialiste révolutionnaire, Front ouvrier socialiste 1. Les AFJP sont les caisses de retraite privées par capitalisation, qui ont remplacé le système de retraites publique. 2. Castells est un dirigeant très connu des Piqueteros ; Ali est un militant piquetero emprisonné pour avoir réclamé de la nourriture à la tête d'une colonne de manifestants.

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