Inprecor 1974–2004

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EUSKADI (PAYS BASQUE)

L'impasse : entrée d'Izquierda unida dans le gouvernement autonome

· Inprecor n° 466-467, janvier-février 2002 · p. 9-12 · 3 011 mots

Euskadi État espagnol

Par José Ramón Castaños* a question de la participation d'Esker

Batua (1) à l'administration autonome basque n'est en soi pas d'une importance primordiale. De cette collaboration ne dépend ni la stabilité institutionnelle, ni l'orientation sociale ou politique du gouvernement. C'est sans doute pour cela que cette petite innovation politique n'a pas retenu l'attention, bien que pour la première fois depuis la guerre civile de 1936-1939, des communistes soient entrés dans l'exécutif régional. D'autres problèmes politiques plus importants lui volent la vedette, et le peu d'influence d'Esker Batua dans la gauche basque ne fait qu'amplifier le désintérêt pour la question. Malgré tout, cette coalition de gouvernement aura des conséquences pour la gauche, car elle lui pose des problèmes d'identité et d'orientation politique. Le programme de gouvernement

Ce programme est structuré en trois chapitres.

Le premier, concernant la politique contre la violence, indique plusieurs directions complémentaires : la défense des droits humains, centrée sur le soutien aux victimes et l'exigence que ETA mette fin à la violence armée : la collaboration policière de l'Ertzantza (2) avec les forces de sécurité des États espagnol et français ; l'offre de dialogue à toutes les forces politiques pour construire une alliance démocratique contre ETA, basée sur la reconnaissance du droit à l'autodétermination des Basques (donc différente du pacte Ajuria-Enea et de celui conclu récemment entre PP et PSOE, qui, sous prétexte de combattre le terrorisme est devenu une entente contre le nationalisme basque).

Á déchiffrer ce chapitre, c'est la lecture unilatérale des droits humains qui retient le plus l'attention, car on n'y parle pas des problèmes dont souffre "l'autre partie" : la dispersion des prisonniers basques et leur éloignement dans des prisons situées à des

L'impasse

L'entrée d'Izquierda Unida dans le gouvernement autonome basque ne permettra pas une recomposition de la gauche basque milliers de kilomètres de leur domicile, la pratique de plus en plus courante de la torture dans les commissariats, le classement comme délits de terrorisme d'actes politiques qui dans d'autres parties de l'Etat espagnol n'entraîneraient pas de condamnation judiciaire significative, mais qui en Euskadi peuvent amener un jeune à faire 10 ans de prison (pour l'incendie d'un distributeur automatique de billets, par exemple). On ne peut non plus omettre l'insistance à demander la participation de l'Ertzantza dans l'espace policier de Schengen, revendiquée comme droit national (celui d'avoir une voix propre dans les instances européennes), mais en oubliant le caractère répressif et antidémocratique de cet espace policier.

Le second chapitre s'intéresse à la politique autonomiste, qui a trois objectifs. Le premier est la poursuite du transfert de compétences prévu dans le Statut d'autonomie Certaines, comme la Sécurité sociale ou le travail, sont si importantes qu'elles n'ont pu encore faire l'objet d'un transfert, car leur gestion confère une légitimité certaine. Si on ajoute la Sécurité sociale aux secteurs déjà gérés par le gouvernement basque (santé, éducation, culture, logement, ordre public), il ne restera rien à l'État espagnol pour entretenir la loyauté politique des citoyens à son égard. Alors son rôle se limitera exclusivement au contrôle des actes de gouvernement des institutions basques, ce qui provoquera une crise de légitimité irrévocable. Le second objectif de la politique d'autonomie est de donner une stabilité au Concert économique, afin de le transformer en instrument autonome de gouvernement au caractère indéfini (et non soumis à la signature d'un accord avec l'État tous les 20 ans comme c'est le cas jusqu'à présent). Le troi* José Ramón Castaños "Troglo" anime la Charte des droits sociaux (GOGOA) et fut à ce titre l'un des signataires du pacte de Lizarra. 1. Esker Batua est l'organisation basque de Izquierda Unida. Elle a trois députés au parlement basque et son secrétaire général, Javier Madrazo, est entré au gouvernement comme ministre du logement. 2. La Ertzantza est la police basque..

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Euskadi (Pays Basque) sième objectif est une continuation logique des précédents : le gouvernement basque veut garantir la participation d'Euskadi aux institutions européennes, afin d'y disposer d'une voix propre, et ainsi obtenir des garanties quant au caractère autonome du gouvernement et non dépendre des humeurs de l'État espagnol pour ce qui touche à la question basque.

Le troisième chapitre est celui de la politique sociale, et il est précédé d'un développement critique de la globalisation, des inégalités sociales qu'elle entraîne et des risques d'exclusion sociale pour des pans entiers de la société (jeunes, vieux, chômeurs de longue durée...). Cette récapitulation du discours critique, une habitude depuis le premier plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement basque, pionnier à son époque dans l'État espagnol, permet de mesurer l'influence qu'ont exercé sur le Parti Nationaliste Basque (Partido Nacionalista Vasco, PNV) les gouvernements de coalition avec le PSE et EA, et plus encore la distance qui existe entre le discours et la réalité. Cette littérature permet d'observer un paradoxe : la lente évolution idéologique du gouvernement basque vers un néolibéralisme de type social-démocrate et en même temps l'évolution de l'autonomie basque vers le plus d'avancées en matière de couverture sociale dans l'Etat espagnol. Ce disant, il faut prendre en compte la portée des moyens pratiques adoptés dans le programme du gouvernement. Les plus importants sont ceux relatifs au revenu de subsistance (renta basi3. Le pacte d'Ajuria-Enea fut un accord contre le terrorisme conclu par tous les partis du parlement basque à l'exception de Herri Batasuna. Il a été dissous par le PNV parce que les partis de la droite espagnole l'avaient converti en une tribune de dénonciation d'ETA au lieu de remplir le rôle pour lequel il avait été constitué : ouvrir le dialogue pour résoudre le problème de la violence.. 4. Batasuna est l'organisation politique de la gauche nationaliste basque. Elle se substitue à l'ancienne Herri Batasuna. Lors des premières élections réalisées pendant le cessez-le-feu d'ETA, elle est devenue la deuxième force politique avec 18% de l'électorat. La couverture politique du retour aux armes d'ETA a eu pour conséquence la perte de 30% de son électorat et la moitié de ses parlementaires (7 contre 14 en un an). 5. Le pacte de Lizarra (ou d'Estella) fut une alliance de la gauche et du nationalisme basque démocratique, avec la collaboration active de la majorité des syndicats et mouvements sociaux. Il ouvrit une période de dialogue et de trêve militaire d'ETA. Son objet était de créer un cadre de décision politique basque. Le rejet de cette voie de sortie de crise par le PSOE et le PP a favorisé la rupture de la trêve par ETA et celle du pacte de Lizarra ensuite.

ca) et au logement.

La politique du revenu de subsistance est inspirée de la Charte des droits sociaux impulsée par une initiative populaire, mais son contenu a été largement revu à la baisse. C'est justement ce qu'oublient de dire les porte-paroles d'Esker Batua, lorsqu'ils affirment péremptoirement que leur entrée dans le gouvernement constitue « un tournant de sa politique sociale ». Pour appuyer cette proclamation ils mentionnent le chiffre de 33 600 millions de pesetas (plus de 1,32 million d'euros) destinés à cette dépense dans le budget du gouvernement basque, ce qui est vrai, mais ils oublient de préciser que cette somme est allouée pour les quatre prochaines années, ce qui fait que le nombre des bénéficiaires du revenu de subsistance de même que le montant de celui-ci (75 % du salaire minimum interprofessionnel, SMI) ne vont pas varier. Bien qu'il soit également vrai que le pacte gouvernemental inclue une augmentation progressive du revenu de subsistance à 79 % du SMI en 2002 — et qui doit même atteindre 86 % en 2006 — ce qui paraît ainsi progressiste n'est autre qu'une manière de rendre plus présentable l'accord, car les revenus de subsistance payés actuellement par le conseil général d'Araba (gestion PP-PSOE) ou ceux décidés récemment par celui de Bizkaia à la demande de Herri Batasuna, du PSE, de EB et du PP équivalent déjà à 85 % du SMI. C'est dire que le prétendu tournant social imprimé par Esker Batua à la politique du gouvernement relève tout simplement du mensonge.

La politique du logement et des affaires sociales sera le domaine géré directement par Esker Batua. Ce chapitre sera doté de 20 milliards de pesetas (plus de 788 millions d'euros), et on peut supposer que la gestion de Javier Madrazo sera bonne. Sa première décision a été de nommer un immigré africain, Omer Oke, à la Direction de l'immigration, montrant ainsi sa préoccupation pour le sujet. Cependant, le problème auquel il sera confronté est beaucoup plus complexe que celui d'une bonne distribution des ressources économiques qu'il a entre les mains. Si l'on cherche à mettre fin à l'insuffisance de logements, les aides à la location ou la construction de logements sociaux officiels ne suffiront pas.

Les vrais problèmes résident dans la pénurie de sol urbain disponible, et cette question ne se résout pas seulement par la municipalisation des terrains, comme l'a montré l'expérience de la municipalité de Gasteiz sous la présidence de Cuerda. La propriété publique du sol n'avait pas servi à faire baisser les prix, mais avait métamorphosé la Ville en spéculateur immobilier. Esker Batua détient avec cet exemple les données nécessaires pour agir sur les vraies causes de la pénurie de logement, et s'il veut baisser les prix il devra intervenir dans le mécanisme de marché en fixant à la baisse le prix du sol constructible. Osera-t-il le faire ? Un gouvernement éloigné des pactes d Ajuria-Enea et de Lizarra

Le nouveau gouvernement ne se situe pas dans la continuation du pacte de Lizarra, comme le laissent entendre avec malveillance le PP et le PSE. Il ne constitue pas non plus un retour aux principes du pacte d'Ajuria-Enea (3) comme l'affirme Herri Batasuna (4) avec les mêmes intentions de délégitimation. Il y a au moins deux choses qui le différencient du pacte de Lizarra (5) : il n'aspire pas au dialogue ni à la négociation politique avec ETA, du moins tant que celle-ci ne renonce pas à la violence. Le nouveau dialogue dont parle le lehendakari est un dialogue avec les partis politiques. Il ne renonce pas à parler avec la gauche indépendantiste radicale, mais il exige l'abandon préliminaire des armes, ou, dans le cas de Herri Batasuna, le démarquage critique d'ETA. La différence est notoire, car dans les jours qui précédèrent Lizarra, on recherchait le dialo-

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gue avec ETA tout en se référant au pied de la lettre à la phrase d'Yitzhak Rabin : « Nous négocierons même s'ils continuent à tuer, et nous les poursuivrons même si nous continuons à négocier ». La seconde différence réside dans le fait que le gouvernement ne recherche pas un accord entre nationalistes avant de dialoguer avec ceux qui ne le sont pas. Au contraire, le gouvernement basque a cherché avec insistance à rompre la dialectique des blocs nationaux à laquelle le conduisaient les deux extrêmes politiques de la scène basque (ETA d'un côté et le PP de l'autre), en offrant à IU-EB d'entrer au gouvernement et en tendant la main aux différentes familles du Parti socialiste (depuis Zapatero jusqu'à Margall, en passant par la vieille direction du socialisme espagnol). Ceci afin de recréer une nouvelle alliance politique qui permette d'ouvrir la Constitution espagnole à un nouveau pacte d'Etat avec les nationalités historiques. Les différences que ce gouvernement présente avec le vieux pacte d'Ajuria-Enea ne sont pas moins évidentes. La plus importante d'entre elles relève de la politique autonomiste, comme on peut l'apprécier dans le cas de certaines institutions basques qui ont abandonné leur ancienne politique de dissidence envers le Statut de l'Autonomie (le possible) en faveur de celle de l'affirmation du droit à l'autodétermination nationale (le souhaitable). L'accent est aujourd'hui mis sur l'autonomie pleine (demande de nouveaux degrés de souveraineté politique), sur l'incorporation des institutions basques dans le cadre européen, et sur la consultation populaire, pour que ce soient les Basques eux-mêmes qui décident du type de relation entre Euskadi et l'État espagnol (exercice du droit à l'autodétermination). L'ambivalence du PNV: du chloroforme pour la gauche

Le programme de gouvernement est un fidèle reflet de la politique du PNV, et cela confère aux institutions basques une dualité manifeste. Ainsi, alors que d'un côté le PNV propose une issue démocratique au problème national, en s'engageant à sa manière dans une lutte pour le droit à l'autodétermination, de l'autre il gère le budget avec des politiques sociales néolibérales. Cependant, c'est dans la gestion de la politique nationale que l'on peut le mieux apprécier l'ambiguité calculée du gouvernement basque.

Si l'on s'attache à son programme et à la littérature qui l'accompagne, on ne peut que constater que nous sommes en présence d'un réajustement politique de son projet national, qui nécessite, pour aller de l'avant,

VIL de réformer la constitution espagnole ou d'en dépasser les limites étroites. Le problème est qu'il n'existe pas de traduction en terme de forces pour le faire, en dépit de la majorité existante à la Communauté autonome basque, en raison du poids mort que représente la coalition PP-PSOE à l'échelle de l'État et sa traduction radicalement antibasque en Euskadi. La solution réside de nouveau dans la nécessité de provoquer un bouleversement dans la politique nationale du Parti socialiste. Pour y arriver, le PNV a toujours joué le jeu d'une politique combinant la radicalisation nationaliste de gauche et la main tendue, avec la négociation et les accords.

Le PNV a toujours été maître dans l'art de l'équilibre. Tout le monde sait qu'il n'ira jamais jusqu'à la rupture de la stabilité politique. C'est sans doute pour cela que nous le voyons aujourd'hui menacer de transformer le gouvernement basque en institution rebelle qui fomenterait l'insoumission politique à l'Etat. C'est cela qui le rend attractif, et c'est sur cette base qu'il assoit son hégémonie sur la société basque. Il n'y a aucun risque de désaffection, d'éloignement ou de crise de relation entre la bourgeoisie basque et les institutions autonomes, ni non plus de ruptures politiques avec l'État qui ne puissent être surmontées, car au final il y a invariablement la possibilité d'un accord, même si les formules offertes restent toujours à michemin entre le souhaitable et le possible, entre le droit et l'affaiblissement du droit C'est dans cette capacité à singer la fermeté que réside sa fonction anesthésiante sur la gauche et la société basque.

Euskadi (Pays Basque) La politique d'alliance d'Esker Batua

La politique d'alliance d'Esker Batua a été critiquée selon des points de vue très différents et pas toujours heureux. Il y a par exemple ceux qui la comparent avec la participation de socialistes et de communistes dans les gouvernements de reconstruction nationale du premier et du second après-guerre, pour conclure que cette alliance finira comme les autres avec une gauche s'enfonçant dans la boue de l'abandon de ses principes. Ceux-là oublient naturellement qu'il n'existe, dans la situation présente, aucun vide de pouvoir laissé par les déroutes militaires, ni mouvements révolutionnaires qui mettent en question la stabilité politique du système, ni même nécessité, comme au temps du pacte de la Moncloa pour la réforme du franquisme, de freiner la radicalisation politique qui risquerait d'échapper à la capacité de contrôle du système. De plus, si on se réfère à la capacité de mobilisation sociale de chacun, Esker Batua n'est pas aujourd'hui à Euskadi ce que fut en son temps le PCE à l'Espagne.

D'autres comparent cette alliance de gouvernement à la participation des sociaux-démocrates aux gouvernements de gestion capitaliste des États d'Europe occidentale Mais ils oublient qu'à la différence de ceux-ci, le gouvernement basque ne structure pas un appareil d'État, mais est au contraire une institution qui promeut (au moins verbalement) la rébellion politique contre l'État espagnol, et qu'en cela les alliances de gouvernement jouent un rôle différent de celles

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Euskadi (Pays Basque) / Argentine qui existent dans les États déjà constitués.

Il y a ceux qui préfèrent émettre un jugement de valeur du point de vue de "l'intérêt national", pour affirmer que cette alliance rompt la dialectique des fronts nationalistes opposés, permettant ainsi d'inclure Izquierda Unida à une solution démocratique au problème basque à l'échelon de l'Espagne. Il y a beaucoup de vérité dans cette affirmation, car d'un côté elle rompt avec l'opposition du PCE à la collaboration de IU à la lutte pour l'autodétermination nationale, et de l'autre elle incommode le gouvernement du PP dans sa campagne démagogique contre la prétendue exclusion des non-nationalistes de la société basque. Reste à savoir s'il n'est pas possible de faire les deux choses sans pour autant participer au gouvernement, en signant par exemple un accord de législature, comme le fit Euskal Herritarrok après Lizarra. Cela permettrait de s'assurer une majorité qualifiée au sein du parlement sans avoir à payer le prix de la solidarité inconditionnelle avec l'action d'un gouvernement qui gère la politique sociale et économique avec des critères néolibéraux.

Les plus mal intentionnés disent que cette alliance de gouvernement entraînera avec elle la consolidation d'Esker Batua, grâce à la gestion d'une bonne partie du budget qui lui permettra de démontrer son utilité sociale et politique. Cela peut se révéler exact, mais en aucun cas on ne peut assimiler ce qui est bon pour Esker Batua avec ce qui est bon pour la gauche en général. Pour la régénération de ses valeurs alternatives et pour l'accumulation des forces anticapitalistes, on ne peut oublier que, clause de oyauté oblige, Esker Batua est contrainte d'être solidaire de l'action du gouvernement, quand bien même elle ne serait pas d'accord, ou quand bien même cette politique serait contraire aux intérêts manifestes de la classe ouvrière et des secteurs les plus défavorisés de la société. Le fait que l'histoire jugera ce nouveau gouvernement sur sa capacité à favoriser une sortie démocratique au problème basque ne doit pas nous faire oublier les ambiguïtés du PNV quant à sa politique d'accords avec l'État, ni les politiques antisociales auxquelles il nous a habitué. A connaître ce parti, une alliance démocratique en dehors du gouvernement concernant tout ce qui touche à la question nationale aurait été préférable, afin de conserver la liberté d'action et la liberté de critique sans lesquelles on ne peut construire ni renforcer la gauche de transformation sociale.

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