A vier dernier a la faculte de sciences- près la réunion qui s'est tenue le 9 janéconomiques, la nécessité s'est imposée de travailler à la formulation de propositions alternatives face à la crise. Ce document vise à ouvrir le débat : il part du principe que la charge de ce désastre incommensurable doit retomber entièrement sur les secteurs capitalistes qui ont entraîné le pays à sa perte, et pas sur les travailleurs, les chômeurs, les employés, les petits producteurs, les commerçants ou les épargnants
Cette crise dépasse largement celles de 1975, 1981 ou 1989 du fait de la brutale intensification de la pauvreté, du démantèlement de l'appareil industriel et de la désintégration régionale. La dépression que nous traversons n'est pas le seul résultat de la « convertibilité », du « modèle » ou de « l'ouverture » : elle exprime les effets combinés des convulsions périodiques du capitalisme, de son insertion périphérique et de la politique néolibérale de la dernière décennie.
Notre initiative est un écho à la révolte populaire qui a renversé ce gouvernement d'affameurs et qui se poursuit dans les protestations et les concerts de casseroles quotidiens.
Nous sommes partie prenante de la mobilisation populaire et nous rejetons le pouvoir actuel, basé sur un gouvernement nommé par décret au service de la classe dominante, avec la délégation du pouvoir législatif aux responsables de l'ajustement et le maintien en poste des juges qui garantıssent l'impunité de ceux qui ont pillé la richesse nationale. Nous soutenons les manifestations qui prennent d'assaut les banques et les entreprises privées et nous impulsons le débat sur les solutions à la catastrophe sociale actuelle dans les assemblées populaires apparues dans divers quartiers et agglomérations. Notre point de départ est l'opposition aux mesures que met en œuvre ce gouvernement illégitime surgi d'un compromis au sein de l'assemblée législative
Les éléments que nous présentons ici constituent nos propositions et une première ébauche du programme que nous cher-
Propositions
chons à élaborer. Nous sommes conscients que ces objectifs ne pourront être atteints que par un approfondissement significatif du processus ouvert par les événements de décembre dernier. Nous considérons aussi que les mobilisations doivent viser à changer le sens des expropriations qui frappent les couches populaires pour les faire retomber sur les capitalistes. Il s'agit de développer les luttes pour augmenter les salaires, indemniser les chômeurs et garantir l'épargne menacée de confiscation. Mais nous considérons aussi que la solution des aspirations de l'ensemble de la société ne pourra être réalisée que dans le contexte d'une transformation socialiste.
La dévaluation visait à opérer un transfert régressif des revenus au bénéfice de la classe dominante et elle conduira au renchérissement du panier de la ménagère, des médicaments et des produits de première nécessité. Si le cours libre du dollar continue à s'envoler, on assistera à une escalade inflationniste génératrice de souffrances supplémentaires pour la population. La situation est déjà effarante avec, parmi les 14 millions de pauvres dont le revenu familial est inférieur à 460 pesos mensuels, 4,5 millions d'indigents qui ne peuvent même pas subvenir à leurs besoins élémentaires quand le panier de la ménagère coûte 70 pesos. On estime que si l'inflation progresse de 10 %, le nombre de pauvres augmentera de 1,3 millions et que si elle progresse de 30 % il augmentera de 3,7 millions.
Pareille descente aux enfers de la misère ne sera pas enrayée par un gouvernement partisan de la dévaluation qui a précipité les souffrances de la population. Ses mesures de contrôle des prix seront inefficaces face à l'augmentation des biens indispensables produits par l'industrie, l'agriculture et l'élevage et il y a déjà pénurie d'articles et de produits de première nécessité. La spéculation bancaire est revenue en force, financée par la banque centrale elle-même avec la vente subventionnée de devises aux bureaux de change. Les mesures prises pour limiter le chômage en taxant plus lourdement les licenciements n'ont aucune efficacité dans le cadre de « l'hyperchômage » actuel et du blocage des salaires approuvé par la majorité des députés.
Le « revenu garanti pour l'emploi et la formation » de 150 pesos que prépare le gouvernement est une entourloupe face aux 450 pesos demandés par le récent référendum populaire. Nous pensons qu'on peut éliminer sans délai la pauvreté, mais pas en plaçant ses espoirs dans une relance prochaine des investissements : cela exige une réorganisation planifiée de la production et une redistribution draconienne des revenus Ce n'est pas la classe dominante mais les travailleurs qui ouvriront un « cercle vertueux de croissance » au bénéfice du peuple.
Face à cette situation dramatique nous avançons des solutions simples et radicales : allocation-chômage de 500 pesos, réduction de la journée de travail, répartition entre tous du travail disponible, embauches, salaire minimum universel de 600 pesos. Cela permettra de commencer à reconstituer le pouvoir d'achat, avec l'idée de parvenir rapidement à un salaire minimum équivalent aux 1030 pesos strictement nécessaires pour une famille. Le niveau minimum des retraites doit être fixé à 450 pesos et doit concerner aussi toutes les personnes âgées qui n'ont pas de couverture sociale. Il faut évidemment trouver comment financer ces mesures.
Nous proposons trois modalités de financement : la suspension totale du paiement de la dette extérieure ; la mise en place d'un impôt sur les grandes fortunes et la restauration des apports provisionnels. Les derniers budgets incluaient 9 milliards de pesos par an pour le paiement de la dette externe et ce montant dépasse 5 milliards dans la proposition de budget pour 2002
En matière d'impôt, on peut instaurer une taxe de 10 % sur le chiffre d'affaires des cent premières entreprises et de 5 % sur celles dont le chiffre d'affaires dépasse 5 millions de pesos, ainsi qu'un impôt spécial pour les plus-values des rentiers. Si cela s'avère nécessaire pour éviter les dissimula-
tions, l'imposition des actifs pourra être remplacée par une imposition exceptionnelle des profits ou du chiffre d'affaires des entreprises. Ces mesures permettraient de collecter 20 milliards de pesos. Il faudrait aussi taxer à hauteur de 30 % les capitaux placés à l'étranger qui ne constituent pas un investissement direct, en prélevant ces sommes sur les biens déclarés dans le pays même.
En troisième lieu, la suppression immédiate des AFJP (caisses privées de retraites par capitalisation) et la mise en place d'un système unique de retraites solidaires avec une cotisation patronale imposée permettraient au fisc de récupérer quelque 4 milliards de pesos par an. Il faut aussi mettre fin aux exemptions, reports et autres subsides en faveur des groupes capitalistes et des entreprises privées. Ces trois sources de financement et l'ensemble des mesures que nous préconisons ici permettent de trouver les fonds pour commencer à répondre à l'urgence sociale. 2) Le « corralito » (littéralement parc pour enfants, c'est à dire le blocage des dépôts) conçu par Cavallo pour voler au secours des banquiers au détriment des petits épargnants s'est révélé être un moyen transparent d'expropriation des classes moyennes. Pour protéger les banques on paralyse d'abord toute l'activité financière et on renforce ensuite le verrou en limitant davantage les possibilités de retrait de fonds.
Duhalde a menti en promettant que les dépôts seraient « évalués dans leur monnaie d'origine ». Il ne sort plus un seul dollar des banques et la conversion en pesos de tous les dépôts est une question imminente, ce qui revient purement et simplement à les
POLTIGO ARGENTINO
DE
confisquer. Plus le cours du dollar s'envole et plus s'aggrave l'escroquerie au détriment des petits épargnants qui recevront des pesos dévalués ou garantis au-dessous de leurs cours en contrepartie des sommes qu'ils avaient déposées. Nous avons procédé à une première estimation de cette expropriation en termes financiers qui se chiffre à 50 % de la valeur actuelle des dépôts soit quelque 23 milliards de dollars.
Les établissements financiers qui ont servi à l'évasion de plus de 20 milliards de dollars en 2001 doivent être contraints à rétrocéder les dépôts en procédant au prélèvement anticipé du crédit concédé aux grandes entreprises (les grandes firmes ont contracté des dettes auprès des banques qui couvriraient le montant des petits et moyens dépôts) en mettant à contribution les maisons mères ou leur propre capital. On estime à 6,2 milliards de dollars le seul patrimoine des banques étrangères.
On prétend que cette exigence conduirait les entreprises étrangères à fuir le pays et les entreprises nationales à se déclarer en faillite. Si c'était le cas il faudrait procéder à la confiscation immédiate de tous les biens de ces entités. Celles qui quitteront le pays devront y laisser tous leurs actifs y compris les propriétés directes, dissimulées ou en association.
Nous pensons que la société ne peut en aucun cas assumer le coût des faillites bancaires en liquidant leurs passifs par le biais de l'inflation ou en opérant des nationalisations ruineuses. Cette voie est aussi néfaste que l'externalisation complète (« offshorisation ») qu'opèrent d'autres groupes financiers. Le soutien aux banques a représenté une dépense équivalant à 25 % du PIB du Mexique après la crise de 1994, à 16 % du
PIB coréen ou encore 40 % du PIB indonésien après l'effondrement des économies asiatiques en 1997-1998. Dans le cas argentin il y a un précédent récent, mais en l'état actuel des finances publiques, cela signifierait le coup de grâce pour l'économie nationale. 3) L'autre versant de ce « corralito » concerne la masse des gens qui se sont endettés pour acheter quelque bien. Mais, nous l'avons déjà souligné, le gros des débiteurs est constitué par les entreprises qui, au sortir de quatre années de dépression, font face à de graves difficultés pour rembourser les crédits qui leur ont été consentis. Le gouvernement affirme que le fait de recouvrer rapidement ces prêts pour sortir du « parc » provoquerait la taillite générale des entreprises. Mais si les entreprises font faillite, qui doit payer les pots cassés ? Leurs propriétaires ou le reste de la société ? Qui est responsable de la crise, les patrons ou les employés ? Est-il inconcevable que les grands capitalistes subissent le même traitement que les petites entreprises ?
De même que pour les organismes bancaires, le gouvernement s'apprête à obliger la population à payer cette facture. Les hommes du gouvernement travaillent à la liquidation des passifs, déjà bien engagée avec la dévaluation. Les bénéficiaires de la « nouvelle alliance productive » proposée par Duhalde sont les Macri, Soldati, Eurenkian, Techint, Bridas, Perez Companc et tous les groupes qui ont fait fortune en tirant parti de l'inflation dans les années 1980 pour liquider leurs passifs. Bon nombre des capitalistes qui ont vendu leurs entreprises dans la dernière décennie et investi à l'étranger se préparent maintenant à jouer les premiers rôles dans l'achat d'actifs dévalués. Tous ces groupes négocient en secret et au plus haut niveau la conversion en pesos de leurs dettes, en attendant le moment propice pour sanctionner les lois qui avalisent cette escroquerie. Tout en menant à bien ce sauvetage, le gouvernement abandonne à leur sort les débiteurs hors système bancaire, ce qui conduit à léser gravement la classe moyenne qui s'est endettée pour acheter un appartement, une voiture ou des outils de travail. Les petites gens endettées seront victimes au même titre que les petits épargnants de la politique de ce gouvernement qui s'est donné pour objectif de voler au secours des grandes entreprises capitalistes.
Face à cette situation nous proposons que les industriels, tout comme les banquiers, honorent les dettes contractées auprès des banques en mettant à contribu-
tion leur patrimoine, leurs investissements à l'étranger, leur fortune personnelle et celle de leurs prête-noms. Il faut recouvrir sans délai les crédits concédés aux grandes entreprises, ce qui représente la moitié de l'ensemble des prêts consentis. Si l'entreprise répond par des fermetures et des licenciements, il faut la nationaliser et l'intégrer à un secteur public rénové, combinant propriété collective et gestion démocratique sous le contrôle des travailleurs et de la population, avec des priorités d'investissement, d'épargne ou de dépenses transparentes, démocratiquement débattues et approuvées par la population.
L'état de cessation de paiement où se trouve l'Argentine confirme la totale inutilité des sacrifices consentis par le peuple pendant des années pour honorer le paiement de la dette publique. On va vers une totale impossibilité d'honorer les échéances d'intérêts qui atteignaient le triple des dépenses de gestion du gouvernement et représentaient un budget six fois supérieur à celui des dépenses sociales et vingt-trois fois supérieur à celui de la politique pour l'emploi. On ne peut même pas recourir à de nouvelles privatisations parce que le patrimoine de l'État a été totalement bradé.
De nombreux travaux montrent que le gros de la dette relève de pratiques frauduleuses et n'a pas été consacré à des investissements productifs : c'est le résultat de manœuvres spéculatives qui ont enrichi les créanciers et leurs associés. C'est pourquoi nous réaffirmons que la revendication essentielle, que reprend déjà largement la population, porte sur la suspension immédiate du paiement de la dette qui se compose en grande partie de titres détenus par des capitalistes argentins. Cette mesure doit s'accompagner de la rupture des négociations avec le FMI, l'annulation définitive de tous les passifs frauduleux, la renégociation de lignes de crédits concernant des transactions commerciales prioritaires et la mise en place d'un nouveau système de paiement réservé aux seuls petits détenteurs nationaux de titres. Toutes les alternatives mises en œuvre pour éviter ces mesures ont conduit au désastre actuel. Le plan Brady et les réductions successives du montant des intérêts ainsi que l'allongement des délais de paiement n'ont fait qu'alourdir le passif et soumettre toute l'activité économique aux exigences des créanciers.
C'est la même voie qu'emprunte le nouveau gouvernement en accélérant, en pleine crise, les négociations avec le FMI pour arrêter un nouveau chronogramme de remboursement. Ils cherchent à poursuivre la politique tracée par Cavallo avec l'échange des titres aux mains des créanciers extérieurs et la validation de nouveaux bons remis aux AFJP et aux banques locales. Pour garantir cette continuité, Duhalde a placé à la tête de la Banque centrale un représentant direct du FMI.
A ce niveau, personne ne peut nier que les difficultés que créerait la dénonciation de la dette seraient bien moindres que les dégâts liés à la poursuite de son remboursement. Quel scénario pire que l'actuel pourrait provoquer un moratoire ? Une nouvelle restriction du crédit international complètement interrompu depuis plus d'un an ? Une nouvelle baisse d'investissements inexistants ? Un risque accru pour le pays ? La confiscation de biens publics dérisoires à l'étranger ? Tous les épouvantails brandis contre une éventuelle dénonciation de la dette sont déjà devenus réalité pour n'avoir pas pris cette mesure. Le moment est venu de s'engager sur une autre voie : il faut s'émanciper des créanciers de la dette extérieure, y compris ceux qui résident dans le pays.
Cela nous vaudra la sympathie de tous les peuples étouffés par les mêmes chaînes. Le soulèvement populaire que nous venons de connaître a provoqué un grand émoi à l'étranger et la peur, chez les créanciers, d'une « contagion politique de l'exemple argentin ». Cette situation permet la mise en œuvre immédiate de la décision souveraine de suspendre les paiements. La dénonciation de la dette permettrait de revoir complètement le budget 2002, de le soumettre au débat public et d'en refuser toute supervision par les technocrates du FMI. Dans son état actuel, le budget renonce au « zéro déficit » mais pas au principe d'ajustement des salaires, des retraites et des budgets provinciaux en fonction du niveau des recettes, dans la mesure où il se fixe comme priorité le paiement de 5,275 milliards de pesos au titre des intérêts de la dette relevant d'organismes internationaux ou de créanciers locaux. || valide ainsi les 13 % de réduction des salaires décidés par Cavallo et étend cette mesure à la totalité de l'exercice. En matière d'éducation, il ne prévoit pas le paiement des primes d'enseignement ; il poursuit la réduction des financements du PAMI et des hôpitaux publics. Comme la dévaluation a généré un processus inflationniste et que les recettes continueront à baisser du fait de la récession record du semestre en cours, les coupes budgétaires du budget en 2002 seront bien supérieures à tout ce que l'on a connu. Voila pourquoi nous pensons que toute politique fiscale devrait s'adapter aux objectifs que nous avons énoncés précédemment : augmentation des salaires et assurance chômage financées par la dénonciation de la dette et les impôts sur le grand capital
En pleine hémorragie économique, les entreprises privatisées continuent à bénéficier d'énormes avantages liés à leur prise de contrôle des secteurs clés de l'appareil productif. L'imposition des compagnies pétrolières pour secourir les banques reste
en l'air et la renégociation des tarifs des services publics n'a pas été réglée lors des récentes délibérations du parlement. Les compagnies étrangères et leurs représentants diplomatiques (ambassadeurs et présidents) exercent une pression éhontée pour réduire les prélèvements sur les exportations pétrolières, obtenir des taux de change garantis et des compensations tarifaires. Mais la mentalité coloniale et le comportement servile sont si répandus parmi les fonctionnaires que personne ne dénonce cette ingérence dans les choix économiques du pays.
Les compagnies privatisées n'ont pas renoncé à leur projet de dollariser l'économie pour favoriser leurs placements à l'étranger. Elles cherchent seulement à le faire sur la base d'une nouvelle parité comme en Équateur après la période de chaos inflationniste. Alors même qu'elles préparent ces nouvelles conditions de convertibilité, elles se consacrent dans l'immédiat à planifier des indexations tarifaires.
Les conséquences néfastes des privatisations sont patentes. Les compagnies ont réalisé une accumulation sans précédent de bénéfices au détriment du pays. Elles ont acquis des entreprises pour des montants dérisoires, ont engagé des investissements minimums dans certains secteurs et liquidé des branches entières. Elles se sont approprié la rente pétrolière, elles ont détruit le secteur terroviaire, liquidé les compagnies aériennes, imposé de lourds péages au secteur des transports, augmenté le téléphone, l'eau et l'électricité. Face à leur enrichissement abusif lié à des contrats frauduleux, il est temps de mettre fin à ces déprédations pour s'engager dans la reconstruction de l'économie du pays.
Un programme d'urgence dans l'intérêt des travailleurs doit engager la renationalisation des entreprises privées sans aucune indemnisation et leur réorganisation complète au service du pays, la baisse des tarifs (le paiement des factures est repoussé car personne ne peut payer), la relance de l'investissement et l'affectation des profits et des rentes au secteur productif national. La renationalisation est indispensable vu que les entreprises se sont fait une spécialité de déjouer toutes les formes de contrôle et de régulation de leurs activités et qu'il s'avère impossible de mettre en œuvre un plan économique pour la population sans que l'État contrôle les secteurs stratégiques. Pour ne pas retomber dans les travers antérieurs de bureaucratisation, de corruption et d'enrichissement de groupes liés aux entreprises publiques, nous proposons la mise en place de nouvelles formes de gestion démocratique, basées sur la participation directe des salariés et des usagers.
Entre autres mesures, un programme d'urgence devrait garantir la gestion centralisée du commerce extérieur et le contrôle des changes. Il faut aussi impérativement restructurer les économies des régions frappées par la chute de la production, l'indigence, l'endettement généralisé et les impôts qui asphyxient les petits producteurs. Nous pensons encore qu'il faudrait réduire immédiatement le taux de la TVA Enfin, l'imposition du capital que nous proposons doit s'accompagner d'une révision de la structure de l'impôt qui conduise, entre autres, à mettre fin à l'évasion scandaleuse de 20 milliards de dollars par an. 8) Les propositions présentées dans ce document ne constituent qu'un point de départ dans le cadre de la discussion qui a eu lieu le 9 janvier dernier à la faculté de sciences économiques. Nous voulons aider à l'élaboration de programmes concrets sur chacun des différents thèmes abordés dans cette première ébauche. Au cours de ces années de néolibéralisme, les économistes se sont largement identifiés aux gourous, conseillers et hommes d'affaires qui se produisent dans les médias pour justifier les mesures imposées à la population. Nous voulons changer radicalement cette image, prouver qu'il y a aussi des économistes critiques face au capitalisme, qui travaillent en opposition ouverte avec les fondations de la classe dominante. Nous nous situons aux côtés des revendications des travailleurs, des demandes des manifestants, des mobilisations de la jeunesse et des attentes des classes moyennes qui ont convergé dans un processus de luttes extraordinaires qui changera le futur de l'Argentine
24 janvier 2002 Luis Becerra, Alberto Bonnet, Alfonso Florido, Guillermo
Gigliani, Claudio Katz, Edouardo
Lucita, Jorge Marchini, Alberto
Teszkiewicz