S-ASSOCIACÃOdeMÃES
VIOLENCIE
Colo cor ta Pater
de las Muses Cofondamas
en los Process de
*
Par Fermín González* | blindé entre dans l'enceinte du Forum rès tôt dans la matinée, un tourgon social mondial (FSM) pour y approvisionner un distributeur de billets. Fusillade, morts, blessés et fuite des assaillants. Au même moment, un jeune Noir issu d'un quartier pauvre pénètre dans l'Université catholique pontificale (PUC) où se déroule le FSM, accompagné d'un militant qui tente de le convaincre qu'en plus du football, il existe dans la vie d'autres belles causes. Immédiatement, l'activiste blanc est mis de côté pendant qu'on emmène, pour l'interroger, le "présumé suspect", un footballeur à l'habileté naturelle des afro-américains, lui qui avait voulu faire connaissance avec cet « autre monde possible de l'égalité dans la diversité ». Il me le raconta les larmes aux yeux, larmes qui en disaient plus long sur la douleur morale face à la répression et au racisme que sur les mauvais traitements SubIS.
Cela se passe à Porto Alegre, la ville la plus démocratique du monde capitaliste, le "paradis" du respect des différences. Cela nous rappelle que le capital financier continue à gouverner l'ordre des choses et que pour le défendre, tout lui est permis. La social-démocratie et la guerre
Dans le cadre des rencontres de Porto Alegre s'est tenu un séminaire sur les relations entre le social et le politique, dont le thème était : « Faire de la politique autre-
MNU
MOVIMENTO NEGRO UNIFICADO
REPARAÇÃO JÁ /
Pelo Rampinento com o FMI
Le Foro de São Paulo
révèle les clivages
ment est possible ». Cette réunion était organisée par le Groupe de travail, organe qui coordonne le Foro de São Paulo (FSP), structure rassemblant les principaux partis politiques de la gauche (au sens large) d'Amérique latine et des Caraïbes. Environ mille délégués y participèrent, à titre individuel ou représentant des organisations sociales et politiques du monde entier.
Il revenait à Aloisio Mercadante, responsable des relations internationales du Parti des Travailleurs du Brésil et secrétaire exécutif du Groupe de travail, de faire connaître la proposition du PT, élaborée au sein de son • courant majoritaire (Articulation) : réaliser, dans le cadre du troisième FSM, une rencontre mondiale des partis et chefs d'État qui se différencient du néolibéralisme.
Cette idée est née d'un travail commun entre les secteurs latino-américains du FSP qui appartiennent à l'Internationale socialiste et ceux qui se sont présentés au FSM comme la "République sociale européenne", un regroupement des gauches des différents partis sociaux-démocrates. Ces derniers (1) prétendent se différencier des politiques de la "troisième voie" incarnée par Tony Blair en se réclamant d'une vision prétendument humanisée du néolibéralisme. Rappelons que cela ne les a nullement empêché de voter toutes les mesures antipopulaires et guerrières que l'impérialisme états-unien et les organisations internationales leurs avaient dictées.
Ce projet a été précédé d'une polémique vigoureuse à l'intérieur même du Forum parlementaire mondial qui s'est réuni au cours du FSM, provoquée par la gauche radicale européenne (et en particulier par la puissante délégation italienne) et au-delà par des parlementaires du monde entier. Les critiques virulentes adressées aux parlementaires français et européens, notamment aux fondateurs de la "République sociale" avaient pour racine leur vote au Parlement européen en faveur de la guerre contre l'Afghanistan. Si la déclaration qui est sortie du Forum parlementaire a contredit ce que ces secteurs avaient voté en Europe en se prononçant contre la guerre, il est clair que le débat ne fait que commencer. Et si d'autres façons de faire de la politique sont possibles, elles exigent au minimum que soit levée la menace permanente de guerres impérialistes contre les peuples du monde. Restaurer le rôle des partis politiques
L'intervention du délégué de Presentes por el Socialismo de Colombie, qui s'exprimait au nom du Groupe de travail, visait à retracer l'histoire politique de l'évolution du Foro de São Paulo et de ses multiples tentatives pour se rapprocher du "social". Cette autre intervention centrale a permis de présenter la vision du courant de la gauche révolutionnaire à l'intérieur du FSP, lieu de confluence des anciens partis communistes et des organisations de la gauche révolutionnaire dans toute la diversité de leurs origines et des formes d'action.
Au vu des positions antiparti et centristes qui existent au sein du Comité organisateur du FSM et des débats et tensions qui ont précédé cette rencontre, il était fondamental de commencer par rappeler le rôle des partis et organisations politiques comme instruments stratégiques, sans ignorer la critique de leurs erreurs de forme et de fond en particulier dans leurs rapports aux mouvements sociaux. Cette intervention comme une bonne part des autres prises de parole que le secrétariat exécutif n'a pu empêcher (les méthodes bureaucratiques de celui-ci ont confirmé la justesse des critiques envers le comportement des partis, dans le cas présent, des sociaux-démocrates) ont permis que s'expriment les deux positions en présence : d'une part celles qui réaffirment, d'un point de vue social ou politique, la fonction révolutionnaire nécessaire des partis, d'autre part celles, issues d'une partie de la bureaucratie du Forum social mondial, qui * Fermín González, dirigeant de Presentes por el Socialismo (organisation marxiste révolutionnaire de Colombie), un des animateurs du Frente social y político, est membre du Groupe de travail du Foro de São Paulo. 1. En France, la Gauche socialiste représente ce • courant dans le Parti socialiste.
nient cette fonction ou du moins réduisent la fonction des partis politiques à la représentation au sein des institutions bourgeoises, ou qui cherchent à construire un FSM qui deviendrait une succursale des Nations Unies ou une voiture-balai des politiques possibilistes.
Il nous paraît important de rappeler le débat idéologique de la première étape du FSP, il y a plus de onze ans, qui s'est conclu par la réaffirmation de son caractère antiimpérialiste et anti-néolibéral. Un tel regroupement, avec une représentation si nombreuse et si diverse, n'a jamais pu être construit dans une autre région du monde sur une telle base politique, si éloignée de celle dont se réclament les partisans de la République sociale européenne. Si au sein du FSP les idées-forces surgissent lorsqu'elles sont impulsées par des partis très influents (le PC cubain, le PT du Brésil ou le Frente Amplio d'Uruguay), son consensus politique s'établit au cours de débats pléniers dont aucune. organisation, ni parce qu'elle est petite ou nouvelle, ni par les formes de lutte qu'elle emploie, n'est exclue. C'est un point loin d'être acquis par la gauche social-démocrate européenne, qui prétère se mesurer par le nombre d'euro-députés, dépréciant ainsi le reste des forces politiques et encore plus les organisations sociales qui agissent en dehors du schéma des grandes centrales et des ONG
Suite à la phase initiale qui fut celle de la résistance aux effets de l'effondrement du camp prétendument socialiste, le FSP s'est lancé dans un dialogue avec les secteurs sociaux s'inscrivant dans la dynamique des luttes et en faveur des différences. On commença à assumer, au moins théoriquement et avec des difficultés à le traduire dans la pratique, que les travailleurs se définissaient aussi par une culture, une religion, une ethnie, des générations, des préoccupations environnementales, des orientations sexuelles et surtout, par un genre. D'innombrables ateliers de discussions furent élaborés avec des organisations sociales, des ONG et des intellectuels du monde entier. Avec des rythmes différents, le mouvement ouvrier incorpore les problématiques de ces secteurs à ses plates-formes politiques et participe lui-même à l'impulsion de ces questions. Dans le cas des luttes indigènes, plusieurs organisations de Bolivie ou d'Equateur, comme Pachakuti, se sont agrégées au FSP avec leurs caractéristiques fortement paysannes 2. Le mouvement piquetero est le mouvement des chômeurs argentins dont la forme d'action principale est le barrage de routes (piquetes). Voir Inprecor n° 466-467 de janvier-février 2002.
et indigènes. La Colombie a renforcé cette tendance avec la présence d'organisations formant partie du Frente social y político, qui regroupe sous un même programme des partis de gauche, des syndicalistes, des dirigeants et animateurs de mouvements indigènes, des communautés noires, des femmes, des gays et lesbiennes, des défenseurs de droits humains et de la paix. Dans le cadre de cette pluralité, l'expression politique des deux organisations de la guérilla, les FARC et l'ELN, est aussi garantie.
Il est important de souligner que le débat sur la validité ou non des différentes formes de lutte qui a eu lieu jusqu'à récemment au sein du FSP commence à se tenir dans le cadre du FSM. Les organisations armées ne sont pas autorisées à participer au FSM. C'est un point qui mérite discussion, non en ce qui concerne les insurrections
CAMPANYA
CONTRA
L'EUROPA
UE
DEL CAPITAL
I DE LA GUERRA armées qui se placent clairement sur le terrain des organisations politiques, mais touchant aux organisations sociales qui sont victimes et produit de l'agressivité ou de la violence du système. Celles-ci peuvent être amenées à s'engager dans l'autodéfense armée en vertu du droit légitime d'une mobilisation à se transformer en pouvoir populaire, comme le montrent de nombreux cas à travers le monde : aux Philippines, en Palestine, en Bolivie, en Equateur ou encore en Argentine avec la lutte des piqueteros (2). Cette thématique est restée absente, pendant le FSM, de l'agenda des grandes ONG internationales, qui veulent en rester à un FSM où le social soit le moins possible lié à l'économie et à la politique de classe et encore moins à la question de la révolution. Les défis du futur
Si le séminaire du FSP n'a été qu'un parmi tant d'autres du FSM, le débat qui sy est ouvert marquera l'avenir même du FSM. Les différentes options idéologiques se sont exprimées cette fois-ci plus clairement à l'intérieur du FSM, et on a pu noter un poids important des positions centristes et d'une tendance à éluder les débats. D'importantes contributions d'organisations sociales, d'universitaires, d'intellectuels et de dirigeants de luttes populaires doivent encore ressortir de cette énorme diversité d'expressions présentes à Porto Alegre. Quatre forums ont fonctionné en même temps : le plus combatif et conséquent fut celui des paysans du Mouvement Sans Terre du Brésil (MST) et de Vía Campesina, qui tendent de plus en plus à être en décalage par rapport au FSM ; celui du campement des 15 000 jeunes avec des débats de fond et combatifs, des échanges d'expériences, notamment autour du cas argentin ; celui des ONG et des organisations sociales qui travaillèrent à partir de l'axe des différences ; et celui des intellectuels et militants politiques qui tentèrent de rendre concrets les débats actuels dans le champ de la confrontation des idées.
La priorité donnée à l'harmonie idéalisée sur la confrontation, à la médiatisation et la concertation sur la mobilisation, à la mystification de la thématique sectorielle ou personnelle sur le global et le collectif, apparaît comme une tendance de plus en plus importante du FSM. On peut caractériser le FSM comme un espace combinant l'ingénuité rafraîchissante d'une initiative naissante et la malice ancestrale de ceux qui essayent de placer cet espace au-dessus du conflit et de la lutte des classes. Où était par exemple la dénonciation des assassinats passés et en cours de milliers de Noirs, d'indigènes, de syndicalistes et de militants des mouvements sociaux en Colombie, par le biais de l'Initiative régionale andine ou les paramilitaires ? Pourquoi l'oubli de la lutte des indigènes du Chiapas ? La défense conséquente des droits humains et sociaux, de la confrontation directe, continue à être un point d'achoppement du débat interne
Le débat sur la réunion mondiale des partis et la proposition que des chefs d'État puissent assister au prochain FSM pour y signer un accord reprenant des revendications du Forum reste ouvert. On peut considérer cette initiative hypocrite comme un hommage du vice à la vertu, comme le rappelait avec malice le camarade Livio Maitan, dirigeant de la IV° Internationale et du Parti de la refondation communiste. Mais il serait naif de croire que derrière les flatteries du vice ne se cache pas le danger qu'il corrompe la vertu. La lutte contre la répression du mouvement pour une autre mondialisation, contre celle des luttes populaires et des différents secteurs sociaux, écologistes et culturels continue. Mais plus que jamais liée au débat pour empêcher sa cooptation et son institutionnalisation.