Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Lumières et ombres de la nouvelle gauche

· Inprecor n° 472-473, juillet-août 2002 · p. 19-22 · 3 985 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme

Par Terry Conway*

L"Alliance Socialiste (1) en Angleterre

vient d'obtenir de bons résultats aux élections municipales (2) qui ont eu lieu le 2 mai 2002. Cela fait suite à une conférence syndicale très réussie qui a eu lieu en mars et qui a réuni plus de 1000 militants. Voilà de beaux succès pour une organisation qui n'existe sous sa forme actuelle que depuis à peine plus de deux ans.

Les nouvelles attaques des travaillistes contre la classe ouvrière se succédant presque chaque jour, l'Alliance Socialiste s'est donné un ambitieux programme d'activités pour cet été et cet automne. Elle organisera une réunion de syndicalistes avant les vacances suivie d'une conférence politique sur l'Europe et l'euro et une conférence, destinée principalement aux jeunes, sur la mondialisation et le nouvel impérialisme. L'organisation continue de faire sentir sa présence dans le mouvements de masse : solidarité avec le peuple palestinien, contre la guerre en Irak ou entre l'Inde et le Pakistan, défense des demandeurs d'asile, etc.

Ses interventions ont lieu non seulement au niveau national, où l'Alliance Socialiste est présente dans les manifestations, participe aux piquets avec des pancartes, des banderoles et des tracts, mais aussi au niveau local. Les camarades tiennent régulièrement des stands dans la rue, mobilisant sur les questions nationales mais aussi se saisissant d'exemples locaux de politique néolibérale comme les privatisations, la mise en vente des HLM ou la fermeture des équipements collectifs. Beaucoup de tracts distribués par des alliances locales après les élections municipales de mai commençaient par la rubrique « Nous restons ici ». En effet, le sentiment que les hommes politiques sont des opportunistes qui ne s'adressent à leur électorat que quand ils veulent obtenir leur vote est une des raisons du taux important d'abstentions (40 %) à ces élections. Il est donc crucial pour l'Alliance Socialiste de montrer qu'elle est différente en cela des grands par-

Lumières et ombres

tis traditionnels. Elle doit prouver qu'elle est une organisation qui travaille à construire des structures de base, sur les lieux de travail et dans les cités, pour lutter contre le néolibéralisme et pas seulement une organisation électoraliste. Montée de l'extrême droite

Ces dernières semaines la réponse du New Labour à la montée de l'extrême droite, aussi bien en Grande-Bretagne qu'en Europe, a été de reprendre à son compte leurs mensonges racistes. Le British National Party (BNP), principal parti d'extrême droite

Defend

asylum and

immigration

rights

Don't bend to racism

britannique, a réussi à remporter trois sièges au conseil de la ville de BurIney (3), qui était une de leurs cibles pour les élections municipales de Mai. C'est la première fois que les fascistes ont des élus depuis 1993. Ce qui est clair en Grande-Bretagne, comme en Europe, c'est que le succès de l'extrême droite dépend de deux aspects du programme néolibéral de la social-démocratie : la question de l'immigration et celle des droits socIaux.

Sur la questions des minorités et de l'immigration, le programme du New Labour depuis son élection en 1997 a été une suite d'attaques contre les droits des réfugiés et des demandeurs d'asile caractérisée par : — un nombre croissant de demandeurs d'asile détenus dans des centres de détention ou des prisons ; — un programme de dispersion des demandeurs d'asile dans des centres d'accueil répartis dans tout le pays. Cela signifie que les gens sont expédiés dans des endroits où ils ne peuvent trouver ni soutien des services municipaux, ni appui de leur propre communauté; — le remplacement de l'allocation versée chaque semaine aux demandeurs d'asile attendant l'examen de leur dossier par des bons pour acheter vêtements, nourriture et autres choses, dans des magasins sélectionnés. Cela les empêche de choisir leurs maga* Terry Conway, rédactrice du mensuel Socialist Outlook, est membre de la direction d'International Socialist Group (ISG, section britannique de la IVe Internationale). ISG est une des organisations qui avaient pris part à la fondation de l'Alliance Socialiste 1. L'Alliance Socialiste regroupe des membres individuels et plusieurs organisations d'extême gauche, dont le Socialist Worker's Party (SWP), l'International Socialist Group (ISG), Worker's Power; Worker's Liberty, le Communist Party of Great Britain (CPGB) et l'Independent Labour Network (ILN). Le Socialist Party (ex-Militant Tendency dans le parti travailliste), qui fut à l'origine de l'Alliance, a connu ces dernières années un tournant d'auto-affirmation et a fini par quitter l'Alliance en décembre 2001. 2. Ce scrutin, auquel est appelé près de la moitié du corps électoral, soit environ 20 millions de personnes, permet d'élire 60 000 conseillers de ville. L'Alliance Socialiste présentait 209 candidats et a obtenu une moyenne de 5,8 % des suffrages exprimés. Cf. aussi l'encadré en p.20. 3. Ville défavorisée du nord de l'Angleterre ayant une importante minorité d'origine asiatique. Elle a connu l'été 2001 de violentes émeutes raciales.

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ter les 30 réservés par accord au Socialist Party (SP) avant son départ du cadre unitaire de l'AS.

més. Si la plupart obtiennent des scores modestes, des percées significatives de 20 à 50 % ont été enre-

52,8 % pour Dave Nellist, et à Lewisham. Il obtient encore 20 à 30 % dans trois autres localités. Mais il manifeste sa déception pour ses autres résultats, qui restent dans la fourchette de ceux de l'AS, en déclarant par la voix de Hannah Sell : « Ces votes ne reflètent pas le soutien enthousiaste que nous avons reçu de milliers de gens dans le porte-à-porte. Une bien meilleure expression de leur soutien est de participation. Dans quelques sections électorales, dont Hackney, Wigan et Walsall, ils dépassent

20 % en doublant le nombre de voix par rapport aux élections générales de l'an dernier, voire en les triplant à Wigan, au nord-ouest de l'Angleterre, où Barry Conway obtient 21,4 % avec 326 suffrages obtenu lors des élections de l'Assemblée de Londres. Fait significatif, l'AS passe devant les candidats des Tories (conservateurs) dans 10 des 13 sections électorales où elle se présentait, en recueillant de 9,2 à 20,8 %. Paul Foot recueille 20, 8 % à Clissold avec 487 voix, suivi par Polly Matcham à Hacney sins, leur ôte la possibilité d'acheter la nourriture correspondant à leurs habitudes alimentaires et conduit a les démarquer du reste de la population. Suite à une campagne de masse menée par les organisations antiracistes et soutenue par de nombreux syndicats, les bons d'achat ont été retirés. Cependant les demandeurs d'asile sont encore supposés vivre avec 70 % de ce qui est attribué aux autres demandeurs sociaux et le droit de travailler leur est refusé.

Aujourd'hui le gouvernement rajoute une série d'attaques à ces indignités. Parmi les mesures actuellement discutées au Parlement, en plus de l'augmentation du nombre de détentions, il y a : — l'interdiction d'accès pour les enfants des nouveaux demandeurs d'asile aux écoles publiques et la décision de leur fournir une éducation dans les centres de détention ; — l'utilisation de l'Armée de l'air pour augmenter les expulsions et de la Marine pour contrôler la Méditerranée ; — la dispersion des enfants et des jeunes qui sont arrivés seuls dans le pays dans des endroits où ils risquent bien d'être les seuls à parler leur langue ; — la réintroduction de la détestée « liste blanche » des pays déclarés comme « sûrs ». Des milliers de demandeurs d'asiles provenant de ces pays pourraient y être reconduits quelques jours après leur arrivée en GrandeBretagne sans pouvoir déposer de recours. Cette « liste blanche » instituée par les conservateurs était combattue par les travaillistes quand ils étaient dans l'opposition ; - l'abandon du droit de faire appel en Grande-Bretagne pour ceux qui essuient un refus du droit d'asile. Ceci risque d'entraîner des milliers d' expulsions (4). Ils seront expulsés soit vers leur pays d'origine, soit vers un « pays sûr » traversé pendant leur voyage. Comme il n'y a pas d'accord avec d'autres pays européens cela risque d'entraîner leur renvoi dans des zones de guerre ou dans des endroits où ils ont connu la torture ou le viol.

Tout en mettant en place ces mesures réactionnaires, des dirigeants travaillistes ont également repris le langage de l'extrême droite pour susciter des réactions racistes. L'exemple le plus connu est celui du ministre de l'intérieur, David Blunkett, qui a défendu 4. Trois quarts des demandes d'asiles sont déboutées en Grande-Bretagne. 5. Le Conseil du Grand Londres (GLC), créé en 1964, était dirigé par Ken Livingstone, avait de grands pouvoirs et était une place forte de résistance à la politique de Thatcher. Elle le supprima en 1985. Il fut rétabli en 1998 par les Travaillistes au pouvoir sous la forme du GLA (Greater London Autority). Il comprend une Assemblée et un maire élu.

L'abstention fut particulièrement importante lors de ces élections.

gistrées dans de nombreuses circonscriptions électorales.

reflétée par le nombre écrasant de journaux que nous avons vendus durant ces élections ».

exprimes.

Downs à 19,1 % avec 356 voix, puis par Richard Peacock à Leabridge à 16,3 % avec 327 voix. sa proposition de ségrégation des enfants des demandeurs d'asile dans des centres de détention en disant que ceux-ci « envahissaient » les écoles locales. Non seulement il s'agit d'une description inexacte et réactionnaire de la réalité des choses, mais il faut savoir que le discours politique raciste britannique le plus célèbre du XXeme siècle, prononcé en 1968 par le dirigeant d'extrême droite Enoch Powell et connu comme le discours des « rivières de sang », utilisait déjà ce terme « d'invasion ». Malgré un immense tollé, venant non seulement de la gauche mais aussi de nombreuses personnalités libérales, Blunkett a refusé de taire marche arrière. On ne s'étonnera donc pas que Le Pen puisse dire que sa politique n'est guère différente de celle de Tony Blair !

Mais la montée de l'extrême droite en Grande-Bretagne n'est pas seulement le résultat de l'encouragement des travaillistes aux idées réactionnaires sur l'immigration et les races. Elle vient aussi de leur échec à satisfaire les aspirations de ceux qui ont voté en 1997 pour se débarrasser des conservateurs détestés. Tony Blair continue à claironner le fait que, sous son gouvernement, la Grande-Bretagne dispose des lois les plus contraignantes pour les syndicats. La flexibilité au travail signifie de bas salaires et l'insécurité du travail pour ceux qui en ont un. Le chômage et le sous-emploi continuent à progresser même si cela n'est pas reflété par les chiffres officiels. Des règlement draconiens introduits par ce gouvernement font qu'un nombre croissant de gens ne peuvent plus prétendre à aucune allocation et sont

Résultats de l'extrême gauche aux municipales en Angleterre ux élections municipales du 2 mai concernant le renouvellement de 60 000 conseillers par la moitié du corps électoral, l'Alliance Socialiste (AS) a présenté 209 candidats — auxquels il faut ajou-

En pratique, là où ils étaient présents, les candidats recueillent entre 5 et 10 % des suffrages expri-

Le SP. qui seul avait des candidats sortants, perd deux sièges et en conserve deux à Coventry, avec

L'AS a obtenu les meilleurs résultats enregistrés jusqu'à ce jour même en tenant compte du bas taux

Dans le Grand Londres, pour 88 sièges en jeu, la moyenne est de 7,5 % , soit le double du résultat considérés comme une sous-classe.

La principale raison pour laquelle les gens ont voté travailliste en si grand nombre en 1997 et leur ont encore accordé le bénéfice du doute en 2001, c'était l'espérance de voir une amélioration dans les services publics qui avaient été mis en pièces par dix- huit longues années de gouvernement conservateur. Sur cette question aussi, ce qui est arrivé en Grande-Bretagne reflète ce qui est arrivé ailleurs en Europe avec d'autres gouvernements sociaux-démocrates. La continuation et l'accélération des privatisations et de la déréglementation a accru les profits du secteur privé et a continué à saper les services publics de qualité dont a besoin la classe ouvrière. Le néolibéralisme a pour conséquence une dégradation du tissu social, particulièrement dans les zones de chômage et les bas salaires. Toute espérance est perdue. Les responsables politiques du centre - c'est-à-dire principalement ceux du New Labour — n'ont aucune réponse à apporter au désespoir profond que leur propre politique a engendré. Le pays est maintenant mûr pour la droite extrême et c'est bien sûr un défi pour la nouvelle gauche qui seule a les capacités d'apporter une alternative à la fois à la droite et au centre.

L'émergence de l'Alliance Socialiste.

L'Alliance Socialiste a livré une bataille importante en mai 2000 pour les élections du Nouveau Conseil du Grand Londres

(GLA) (5). Il régnait à cette époque une grande agitation politique. Trois ans après l'élec-

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tion du New Labour, Tony Blair, en truquant les votes du parti de manière scandaleuse, refusa d'adouber Ken Livingstone, un nonconformiste de la gauche du parti travailliste, comme candidat à la mairie de Londres. Livingstone se présenta malgré tout comme un indépendant et remporta une retentissante victoire (53 %) contre les conservateurs et le poulain néolibéral de Blair estampillé « New Labour ». Il ne présenta cependant aucun candidat pour l'Assemblée sans beaucoup de pouvoirs du GLA (6). L'Alliance Socialiste présenta des candidats à l'Assemblée ainsi que dans les 35 arrondissements (borough). Les résultats furent honorables car ils capitalisaient la colère contre les manœuvres de Blair à l'encontre de Livingstone et la désillusion croissante vis-à-vis des promesses non tenues des travaillistes.

Cette campagne a coïncidé avec la décision du Socialist Worker's Party (SWP), la plus grosse organisation d'extrême gauche en Grande-Bretagne, de s'investir sérieusement dans l'Alliance Socialiste. Cela représentait un grand virage pour le SWP qui, pendant plus de quinze ans, a mené une politique isolée du reste de la gauche en ce qui concerne les campagnes ou les alliances de long terme. Cette attitude lui a valu par le passé beaucoup de méfiance du reste de la gauche, alignée ou pas sur le parti travailliste. Malgré tout, l'implication du SWP, qui coincidait avec l'approfondissement de la crise du New Labour autour de l'affaire Livingstone, a été clairement positive

En juin 2001, l'Alliance présenta 200 candidats aux élections législatives. Cela constituait pour elle un défi plus sérieux que pour les élections au GLA car il s'agissait là de s'organiser à l'échelle du pays. C'est alors que des tensions apparurent au sein de l'Alliance Socialiste. Avant l'élection du GLA, le Socialist Party (SP) était la plus grosse organisation d'extrême gauche au sein de l'Alliance. L'entrée du SWP leur posa un problème, surtout à un moment où leur propre

-FREEDOM SHARON

PALESTINE CHILD

KILLER

organisation internationale, le CWI (Comité pour KEES UNIO une Internationale des Travailleurs), était en plein OME remous. En effet, la majorité de leurs camarades écossais ont quitté le CWI à cause de désaccords à la fois sur le fonctionnement interne et sur l'orientation du Scottish Socialist Party. Le Socialist Party acceptait donc très mal l'entrée du SWP dans l'Alliance qu'il considérait comme sa chasse gardée. Le Socialist Party demanda qu'on lui attribue des circonscriptions qui seraient ses fiefs c'est-à-dire où il aurait ses candidats et où il déterminerait lui-même la campagne à mener. Bien que personne ne soit d'accord avec cette demande, qui privait de leurs droits tous les sympathisants de l'Alliance dans ces circonscriptions, il fut décidé malgré tout de l'accepter afin d'éviter son départ. A cette époque l'Alliance était encore faible, elle ne s'était jamais présentée aux législatives et n'aurait pas été capable de survivre à une scission. L'élection législative a malgré tout permis à l'Alliance de se présenter comme une organisation nationale et elle y gagna un nombre significatif de nouveaux adhérents, certains venant du Labour pour la rejoindre. Parmi ceux-ci, des anciens conseillers municipaux, d'anciens militants de nombreuses régions et une ancienne membre du comité directeur, Liz Davies, qui préside aujourd'hui l'Alliance Socialiste. Au-delà des résultats, qui n'avaient rien de spectaculaire, cet apport fut le véritable point positif de la campagne électorale. Débats d'orientation avec le SWP

L'Alliance a connu quelques difficultés après les élections. La trêve avec le Socialist Party, nécessaire pour permettre de finir la campagne et faire apparaître une force nationale, ne pouvait durer. Elle faisait obstacle maintenant à un réel développement de l'Alliance. De plus, ses statuts constitutifs étaient à revoir. Ils avaient été écrits à une époque où elle était plus petite et plus souple et où l'espace ouvert à la gauche du New Labour était moins grand. Ainsi fut-il décidé d'organiser une conférence constitutionnelle en décembre 2001. Pendant que la préparation de cet événement occupait beaucoup d'énergie, les choses ne se passaient pas très bien sur le terrain. Le groupes locaux connaissaient des difficultés dus à l'épuise-

NO TO WAR

ON IRAQ

ment post-électoral. C'est alors qu'à la fin de l'été, au moment où les discussions s'engageaient sur les activités à mener, l'Alliance Socialiste dut prendre position sur l'attentat du 11 septembre et l'entrée en guerre des impérialismes US et britannique.

Le problème de l'Alliance n'était pas seulement de répondre aux énormes problèmes posés par les récents développement de la politique mondiale : il y avait des désaccords internes sur le rôle qu'elle devait jouer dans le mouvement anti-guerre naissant. A la suite des attaques contre le World Trade Center, le SWP contacta immédiatement des responsables en vue du mouvement pour la paix et à la gauche du Labour pour organiser une grande manifestation contre la menace de guerre. Ils le firent en leur propre nom et n'invitèrent pas l'Alliance Socialiste en tant que telle à participer à cette démarche même si, en fin de compte et après quelques débats houleux à l'intérieur de l'Alliance, l'Alliance eut droit à un orateur à la tribune.

Cela reflète une difficulté qui existait avant le 11 septembre mais que cet événement a mis brutalement en avant. Le SWP comprenait le potentiel de l'Alliance Socialiste comme force électorale profitant de l'espace qui s'ouvre à la gauche du New Labour mais voulait justement la restreindre à ce terrain électoral. Il était juste de penser que le mouvement anti-guerre devait se construire avec des forces plus larges que celles qui ont été gagnées par l'Alliance. On peut d'ailleurs en dire autant des autres fronts unis dans lesquels le SWP s'est investi de plus en plus pendant cette période, comme la Campagne en défense des demandeurs d'asile, la Campagne en défen6. Les attributions du nouveau maire de Londres ont été considérablement réduites : si les borough gardent des marges de manœuvre et surtout des ressources fiscales propres, le GLA en est dépourvu et dépend de l'État pour ses dépenses.

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se des logements sociaux et aussi, bien sûr, comme le mouvement anti-mondialisation qui est au centre du tournant effectué par le SWP. Par ailleurs, le déclin brusque de la gauche du Labour ainsi que du toujours faible Parti Communiste de Grande-Bretagne signifiait que l'extrême gauche, et particulièrement sa composante principale, le SWP, était en position de jouer un rôle beaucoup plus important que ces dernières années.

Le SWP dut apprendre de nouvelles méthodes de travail à ses militants. En effet, depuis les années 1980 jusqu'à la fin du siècle, l'organisation s'est construite autour de la vente du journal et par de la propagande, sans investissement dans les mouvements de masse. Ses militants, à l'exception d'un petit nombre de cadres qui étaient restés impliqués dans le travail de masse suite à la période précédente, n'avaient pas de réelle expérience de travail avec des forces plus larges. Le SWP faisait donc un réexamen de sa politique avec une approche de front unique mais en considérant l'Alliance Socialiste comme un autre front unique avec sa sphère spécifique autour des élections, L'incapacité de voir que l'Alliance ne devait pas être comprise comme un autre front unique créa des tensions avec d'autres groupes d'extrême gauche participant à l'Alliance mais aussi avec beaucoup de personnalités indépendantes clés. Alors que le 11 septembre avait mis ces tensions sur le devant de la scène, la mobilisation contre la guerre en Afghanistan devint la principale priorité de l'ensemble de la gauche. Le SWP mit toutes ses forces dans le mouvement anti-guerre et eut tendance à minimiser son 7. Le PCS Public and Commercial Services union) est le plus grand syndicat de fonctionnaires du pays avec 280 000 adhérents. Il y a 500 000 fonctionnaires en Grande-Bretagne.

investissement dans l'Alliance, laissant certains groupes locaux seuls dans la bataille. Il y eut aussi des désaccords au sein de l'Alliance quand deux petits groupes en faisant partie critiquèrent la coalition contre la guerre comme ne s'opposant pas assez au fondamentalisme musulman. Repli du Socialist Party et nouveau départ de l'Alliance

Pendant cette période, les préparations de la conférence organisationnelle se poursuivaient et les tensions avec le Socialist Party s'accroissaient. Tous les autres partis pensaient que l'accord qui avait été donné au SP d'avoir ses propres fiefs durant les élections législatives ne pouvait être renouvelé. Des statuts basés sur l'adhésion individuelle furent établis, chaque adhérent ayant Socialis/ le droit de vote pour sélectionner les candidats aux élections. Le direction du SP refusa de jouer le jeu et finalement, après que son projet alternatif ait été mis en minorité, il quitta la conférence et l'Alliance Socialiste le ler décembre 2001.

Suite à cette scission, l'Alliance se donna deux objectifs importants. Il fut décidé, en plus de la participation aux élections législatives, d'organiser une grande conférence syndicale le 16 mars. Elle fut centrée sur le débat qui a lieu dans les syndicats sur l'utilisation de leurs fonds politiques. La plupart des syndicats britanniques paient des sommes d'argent importantes au Parti Travailliste en utilisant ces fonds. Les règles détaillées varient selon le syndicat mais le principe est que cet argent ne peut pas être utilisé pour financer un autre parti politique ou un candidat aux élections. Comme le New Labour poursuit les privatisations, maintient en place les lois anti-syndicales de Thatcher et de mille autre manières s'oppose aux aspirations de sa base traditionnelle, ces pratiques sont bien sûr de plus en plus questionnées. Au cours de la tournée de conférences syndicales qui a eu lieu en 2001, un certain nombre de grands syndicats on voté des résolutions demandant que la règle soit

La conférence de l'Alliance qui a elle-même traité cette question, et qui avait également une session consacrée à la lutte contre les privatisations, a été un très grand succès. Elle a permis à l'Alliance de faire connaître son profil à l'intérieur des syndicats et d'atteindre les militants qui se sentent avant tout des militants syndicaux. En même temps, cela a permis à l'organisation d'être en meilleure position pour répondre à la réaction brutale de la bureaucratie qui n'était pas préparée à ces revers sur les fonds politiques en 2001 ni à ce que des élections syndicales internes élisent des militants lutte de classe comme secrétaires généraux de certains syndicats

Ce retour de manivelle bureaucratique leur a permis de faire échec aux résolutions les plus avancées sur les fonds politiques au cours de la tournée de conférences syndicales de 2002 et de faire limoger l'un des nouveaux secrétaires généraux, Mark Serwotka, du syndicat des fonctionnaires PCS (7), par la droite de son syndicat en utilisant des manœuvres supposées légales. C'est une des raisons pour lesquelles l'Alliance compte resserrer encore ses liens avec les organisations syndicales en organisant une nouvelle réunion le 29 juin.

Malgré ces difficultés, l'Alliance Socialiste est sortie renforcée par ses succès électoraux dans les élections municipales et par l'approfondissement de son implantation dans les syndicats. Maintenant il faut s'appuyer sur ces succès en continuant à faire campagne au niveau national et local contre les assauts de blairisme sur la classe ouvrière et ses alliés. Les prochains tests seront: — de faire en sorte que l'Alliance lance une campagne socialiste contre l'euro, suite à sa conférence politique, — que l'Alliance Socialiste se fasse connaître de la jeunesse qui se radicalise autour des mouvements anti-guerre et anti-mondialisation, à la fois en étant active au sein de ces mouvements, en particulier en s'investissant dans le forum social européen qui aura lieu à Florence en novembre, et en faisant en sorte que sa conférence sur la mondialisation et le nouvel impérialisme soit un grand succès.

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