Inprecor 1974–2004

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BRÉSIL

Quelques chiffres...

· Inprecor n° 478-479, janvier-février 2003 · p. 6 · 353 mots

Brésil

Alors que s'ouvrait la campagne électorale, le Brésil était au bord de la cessation de paiements. Le 7 août 2002 le Fonds monétaire international a annoncé le plus important plan de sauvetage de son histoire, 30,5 milliards d'euros ont été prêtés au Brésil (en totalité par le FMI), en deux versements : 6,1 milliards libérés immédiatement pour permettre Fernando Herique Cardoso de terminer son mandat, le reste, libérable en 2003, soumis à des conditions d'austérité budgétaire que le FMI demande au nouveau président.

La dette publique brésilienne est gigantesque. Elle est passée de 128 à 288 milliards de dollars entre 1992 et 2002 ! Elle a déjà conduit à une modification substantielle du budget de l'Etat : les dépenses de l'éducation qui représentaient 20,3 % des recettes courantes en 1995 n'en comptaient plus que 8,9 % en 2000 ; le paiement des intérêts de la dette, qui absorbait alors 24,9 % des recettes, en détourne aujourd'hui 55,1 %.

Indexée à 40 % sur le cours du dollar, la dette publique a démesurément grossi pour atteindre 64 % du PIB en septembre 2002. La baisse du cours du real (le real valait un dollar à sa création en 1994, il ne vaut plus que 0,2658 USD) et la reprise de l'inflation (environ 8 % en 2002) en sont en partie responsables. La croissance brésilienne est très faible (au mieux 1,2 % en 2002). Les taux d'intérêt sont parmi les plus élevés du monde (taux directeur de la banque centrale : 21 %) pour attirer les capitaux étrangers, spéculatifs et placés à court terme, qui accentuent la fragilité financière.

Le Brésil est un des pays les plus inégaux du monde. 20% de la population concentre 65% des revenus et 1 % des propriétaires ruraux possèdent la moitié des terres agricoles. Il y a 4,5 millions de paysans sans terre. Le secteur « informel » domine : 55 % des travailleurs n'avaient pas de contrat de travail, ne bénéficiaient donc pas des droits qu'il confère en 2000 et la précarisation s'est encore accélérée au cours des deux dernières années du gouvernement Cardoso. J. M.]

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