La position de la COB ous reproduisons ci-dessous des extraits des interventions du secrétaire exécutif de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), Jaime Solares, lors de la réunion de la direction nationale élargie de la COB après la chute et la fuite du président Sánchez de Lozada. Ces citations ont été rapportées par Miguel Pinto Parabá (Econoticiasbolivia.com) dans un reportage intitulé « Les erreurs de la rébellion de l'Altiplano ». Jaime Solares a été reconnu comme le dirigeant légitime de la COB par le nouveau ministre du travail.
« Pour continuer à dominer l'Amérique latine, les gringos vont même faire appel aux armes pour nous repousser. C'est pourquoi nous devons aussi réfléchir à comment nous allons répondre à une possible invasion et à une agression internationale sous divers prétextes, comme il l'ont fait au Panama [1989] et dans d'autres pays. »
« Comment expliquer que les comités de quartiers de La Paz, qui ont été ceux qui impulsèrent les marches gigantesques et inédites, n'ont pas eu une direction unique? »
« Les bases ont soif de justice et, dans le prochain conflit, elles vont passer au-dessus des directions qui ne se sont pas mises à leur hauteur »
« Nous, qui nous considérons révolutionnaires, nous ne pouvons pas mentir. Aucun chef ni aucun parti politique n'a dirigé ce soulèvement populaire. Ni Evo [Morales), ni Felipe (Quispe), ni nous, ne dirigèrent la rébellion. Ce conflit n'a pas eu, malheureusement, de direction unitaire. Les travailleurs boliviens d'en bas ont été ceux qui ont jeté bas le pouvoir de l'assassin "Goni" [Gonzalo Sánchez de Lozada]. Ce sont les masses mises en fureur qui ont donné une gifle à l'impérialisme nord-américain. Personne, aucun individu ni aucun parti, ne peut s'attribuer la direction de ce conflit. Jamais ! »
Cette réunion de la COB a adopté une résolution, que nous reproduisons ci-dessous : La sang du peuple ne se négocie pas
« L'issue conjoncturelle qui se dessine au parlement pour la succession présidentielle ne constitue nullement un signe invitant les Boliviens à ranger les bannières sous lesquelles nous avons lutté durant quatre semaines.
« 140 vies ont arrosé notre patrie de leur sang généreux, montrant qu'avec notre force nous sommes capables de renverser les dictatures, même quand elles utilisent les oripeaux de la démocratie. Les gouvernements les plus sanguinaires qu'ils soient tombent sous les coups du peuple. Nous savons maintenant qu'avec notre organisation et notre lutte nous pouvons et devons mettre en échec le néolibéralisme.
« Aucune solution ne peut venir des partis politiques qui ont consenti au carnage du peuple et en ont été complices. Aucune solution n'est possible si la politique économique d'aliénation de nos ressources naturelles est poursuivie. Aucune solution n'est possible si l'on maintient les lois qui ne favorisent que les privilégiés de toujours. Avec un héroïsme inégalé le peuple a lutté pour le gaz. Nous ne voulons pas seulement un changement de personnes du même acabit ; nous voulons des changements réels et profonds.
« Il n'y aura une solution qu'à la condition de réaliser les exigences de la mobilisation nationale et populaire pour laquelle sont tombés 140 de nos héros, ceux que nous ne devons pas trahir: Les exigences du peuple mobilisé sont : • Annulation du Décret suprême 24806 qui établit le renoncement de l'État aux hydrocarbures. Annulation le la loi sur les hydrocarbures. Élaboration d'une politique souveraine de gestion des hydrocarbures, fondement des décisions futures en ce qui concerne l'industrialisation et l'avenir du gaz. • Révision par le Congrès de tous les contrats de capitalisation, d'exploitation partagée et de location des gisements pétrolifères, miniers et des entreprises étatiques, dans le respect de l'esprit de la Constitution. • Annulation de la loi INRA qui mercantilise la terre. Redistribution des terres. Respect de la propriété communautaire et originelle. • Restitution des droits sociaux aux travailleurs boliviens. Annulation immédiate de l'embauche libre. • Réactivation de l'appareil productif national et rejet du libre échange tel celui établi par la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA). • Non à l'impunité des bouchers d'Octobre : ils doivent être jugés pour le génocide de la population bolivienne qui s'est soulevée en défense de ses ressources naturelles et de la démocratie. Annulation de la loi de sécurité des citoyens, à l'abri de laquelle on a assassiné le peuple.
« Quel que soit le gouvernement, il doit réaliser les exigences populaires. Dans le cas contraire les rues et les chemins de la patrie seront à nouveau nos barricades. »
La Paz, 17 octobre 2003
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