Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRAN

Déclaration du PST sur le référendum

Inprecor n° 50, 12 avril 1979 · p. 8-10 · 1 834 mots

Iran Femmes

UN REFERENDUM

ANTI-DEMOCRATIQUE

Une attaque contre les droits des masses travailleuses et opprimées!

Pour la convocation immédiate d'une

Assemblée constituante !

Pour l'instauration d'une

République ouvrière et paysanne, seule solution pour assurer la victoire de la révolution iranienne !

Avec la chute de la monarchie, ce pilier du maintien de Tordre, de l'exploitation et de l'impérialisme, a débuté la lutte des masses laborieuses et opprimées en Iran pour instaurer un gouvernement qui puisse satisfaire leurs revendications.

Défendre les acquis de la Révolution, garantir son approfondissement et sa victoire dépend du choix et de l'instauration d'un tel gouvemement.

Mais comment un tel gouvernement peut-il s'établir, sur quelles forces doit-il s'appuyer?

Les victoires et les acquis actuels sont le résultat de la lutte acharnée et des sacrifices immenses de ces dizaines de millions de travailleurs et d'opprimés d'Iran, et leur appartiennent.

Le prochain gouvemement, un gouvernement qui puisse sauver l'Iran du joug de l'impérialisme, de la dictature et du sous-développement doit être choisi à partir de l'action des masses exploitées et opprimées elles-mêmes.

Seules les masses populaires iraniennes sont en mesure de trouver la solution véri-

Document table à la crise que nous lègue l'impérialisme et la monarchie qui le servait, en discutant et en tranchant sur le destin du futur gouvernement. La convocation immédiate de l'Assemblée constituante, une assemblée où pourront participer tous les représentants politiques du peuple, est la seule façon qui permette l'expression de la volonté réelle de celui-ci.

Une telle assemblée qui serait l'expression de la souveraineté populaire et qui ne serait responsable devant aucune autorité, si ce n'est le peuple et ses organisations de lutte, qui ne reconnaitrait aucun pouvoir au-dessus d'elle, doit et peut être instaurée immédiatement par le biais d'élections générales, au scrutin direct, égalitaire et secret. Les illéttrés, comme les gens instruits, les jeunes, les soldats, bref tous les hommes et toutes les femmes de ce pays doivent pouvoir participer à ces élections.

Les organisations de masse indépendantes doivent pouvoir surveiller ces élections. Tous les partis et organisations politiques doivent avoir le droit de participer librement aux élections et jouir de droits égaux pour présenter leurs programmes et leurs idées.

La composition finale de cette Assemblée constituante doit correspondre au résultat des votes, à la proportionnelle, afin qu'aucun courant politique ne soit lésé.

Seule une telle Assemblée constituante peut déterminer et instaurer le gouvernement qui répondrait aux véritables besoins de la société.

Dans l'Assemblée constituante, le PST proposera de faire approuver «la Charte des droits des travailleurs iraniens» en tant que nouvelle constitu tion et la formation d'un gouvernement qui y corresponde c'est-à-dire un gouvernement qui exprime et défende les intérêts des exploités et des opprimés.

C'est le chemin qu'indique la lutte des masses.

Notre révolution s'achemine vers l'instauration d'une République ouvrière et paysanne et le PST lutte aux côtés des masses pour y parvenir.

Les problèmes de la société iranienne, depuis la répression politique jusqu'au sous-développement et la misère, ne peu vent être résolus par un gouvernement capitaliste. Aucun gouvernement capitaliste ne désire nationaliser les industries au profit des travailleurs, aucun gouvernement capitaliste ne défend l'occupation des terres par les paysans qui y travaillent. Aucun gouvernement capitaliste ne veut la libération du Kurdistan, de l'Azerbaïdjan, du Balouchistan, de l'oppression nationale. Aucun gouvernement capitaliste ne fait un véritable ef fort pour que les femmes, cette autre moitié opprimée de la société, jouissent de l'égalité des droits.

Dans ces conditions, le réfé rendum anti-démocratique proposé par le gouvernement de Mehdi Bazargan est une attaque directe aux droits démocratiques et constitue une attaque contre les intérêts de l'ensemble des masses exploitées et opprimées de TIran.

Au lieu de la convocation immédiate d'une Assemblée constituante, le gouvernement Bazargan, en montant la farce du réferendum, tente de mettre fin à la vocation des masses révolutionnaires de s'auto-

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déterminer et tente pêcher de participer aux affaires du pays, de pecter leur volonté.

Au lieu de développer un climat démocratique, rassé de toute répression et de toute censure, dans toutes les idées, tous les programmes politiques puissent s'exprimer de la plus libre, le gouvernement Bazargan montre qu'il n'a pas le moindre respect pour e droit fondamental du peuple, c'est-à-dire sa liberté politique, qui avait été bafouée pendant la nuit noire de la dictature.

Les mass-media, la radio, la télévision, la presse sont soumises à la censure la plus dure.

Les partis politiques qui critiquent le gouvernement n'ont pas le droit d'exprimer et de populariser leur point de vue.

En s'en prenant aux libertés, on a ligoté tout le peuple iranien et aujourd'hui, en forçant le peuple à choisir entre l'Ancien Régime et la République islamique, on d'étouffer les problèmes qui se posent.

Le gouvernement soire de Bazargan a jusqu'à présent justifié son existence en prétextant de la nécessité d'en finir avec la Pahlavi et d'en extirper les restes.

Le référendum aujourd'hui démontre qu'en fait, ce gouvernement a comme objectif d'en finir avec la révolution iranienne détruire les symboles de la liberté qui y ont fleuri.

Non seulement, le référendum proposé ne permet pas au peuple iranien de choisir la forme du gouverement, mais c'est en fait une tentative pour l'empêcher de participer décisions sur le sort du nouveau gouvernement. done un moyen pour lider une forme de de les emment intérêts des faire resleuses iraniennes.

débarlequel façon la que.

Les travailleurs qui chômeurs les grandes établissements trôle montré dans ment ils veulent.

et remboursements, tente provile référendum.

dictature proposé nement. Le référendum antiment de et ces.

Bazargan tend la main et demande l'aide des capitalistes et des grands propriétaires pour instaurer la « République islamique », cette nouvelle couveraux ture pour camoufler le gouver-

C'est nement des capitalistes, au lieu de répondre consotions des opprimés.

gouvernequi est contraire masses travail-

Les différents secteurs des masses exploitées et oppri- Bazargan mées ont déjà commencé la lutte pour déterminer le gou- tes. vernement qu'ils désirent et ce gouvernement, ce n'est pas ce qui est promis sous le nom de République islami-

Get les luttes. luttent pour la nationalisation de toutes entreprises et financiers, pour l'instauration du conouvrier, leur action ont déjà quelle forme de gouverne-

Les paysans qui, pour déposséder les grands propriétaires, luttent pour occuper la terre et faire annuler les emprunts

Sont démontré dans les faits quels doivent être les nouveaux rapports dans les campagnes et quel gouvernement doit rem- femmes. placer la monarchie Pahlavi.

Les minorités nationales opprimées qui luttent pour se libérer de l'oppression nationale et pour le droit à l'autodétermination ont clairement défini leurs positions et dit non à cette élection truquée qu'est cratique

Les femmes iraniennes qui luttent aujourd'hui pour conquérir l'égalité des droits ont clairement fait savoir leurs revendications au futur gouverdémocratique et le gouverneproposé ne répondent d'aucune façon à ces exigences attaques

Le gouvernement de Mehdi soldats, les aux revendica- populaires.

Au lieu de nationaliser les usines, que les industriels ont fermées, conduisant au chômage des centaines de milliers de travailleurs, le gouvernement offre des subven tions colossales aux capitalis-

Au lieu de défendre les paysans pauvres qui sont ruinés par les grands propriétaires et les capitalistes, le gouvernement Bazargan tente par tous les moyens de bloquer leurs

Au lieu de reconnaître le droit à l'autodétermination des peuples opprimés, le gouvernement Bazargan utilise tous ses moyens de propagande pour déformer les réalités de leurs luttes. Il envoie même l'«armée nationale islamique» pour les réprimer.

Au lieu de défendre les revendications légitimes des femmes, le gouvernement Bazar gan autorise des voyous à attaquer les meetings et les manifestations pacifiques des

Tels sont les exemples que la République islamique ap porte au peuple. Ce n'est pas pour rien qu'ils veulent collecter des voix et tenter de justifier leur action par le biais d'un référendum anti-démoqui n'est précédé d'aucune discussion. LES MASSES IRANIENNES ONT D'ORES ET DEJA AFFIRME LEUR POSITION

Face à toutes ces attaques contre la liberté d'expression, d'association, de presse, contre aux droits légitimes des ouvriers, des travailleurs, des jeunes, des femmes, des minorités nationales, des agents du gouvernement ont commencé une campagne éhontée de propagande sur la nature de la République islamique. Le but de cette propagande est de créer des illusions parmi les masses

En créant cette illusion dans l'opinion publique,

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le gouvernement provisoire tente d'inciter le peuple à participer à un référendum qui est contradictoire avec les intérêts du peuple dans sa lutte contre l'impérialisme.

(...) Le référendum du gouvernement provisoire est contradictoire avec la participation du peuple aux affaires du pays. Et c'est un programme dont le résultat n'a aucune légitimité.

Dès maintenant il est clair que la République islamique est le gouvernement des capitalistes. La répression contre le peuple kurde, la tragédie de Sanandaj montrent quel chemin le gouvernement emprunte pour lutter contre l'une des bases de la révolution actuelle et montrent la nature de cette République islamique.

Les châtiments injustes, comme le fouet contre les démunis et les femmes, témoignent de la violence capitaliste.

En limitant la démocratie et en tentant de s'imposer par le référendum, ce gouvernement démontre sa nature capitaliste.

Aujourd'hui en Iran un nouveau pouvoir se lève : le pouvoir des travailleurs et des masses laborieuses de la ville et de la campagne, le pouvoir de dizaines de milliers d'opprimés et de démunis.

C'est à ce pouvoir qu'il revient de sauver notre pays de la dictature, de la misère et du sous-développement, de construire la société sur de nouvelles bases.

Seules les masses iraniennes peuvent garantir la victoire de ce pouvoir, en étendant leurs luttes, en consolidant leurs organisations de combat. C'est par ce moyen seulement que le gouverement ouvrier et paysans sera instauré en Iran.

Le référendum proposé par le gouvernement provisoire est un moyen d'empêcher les luttes des divers secteurs du peuple opprimé.

Nous sommes contre ce référendum anti-démocratique !

Au lieu de participer à ce référendum, nous proposons de développer les luttes des masses opprimées.

C'est le seul moyen de défendre, garantir et développer les acquis de la révolution.

La convocation de l'Assemblée constituante est la revendication centrale de toutes les masses laborieuses.

La revendication centrale de l'Assemblée constituante doit se répercuter partout, dans les localités, les usines, les campagnes, les lycées et les universités.

Avec cette farce de référendum, on ne peut empêcher la réalisation de ces revendica tions. L'instauration d'une Ré publique ouvrière et paysanne est la seule solution pour ré soudre les problèmes des ex ploités et des opprimés.

Malgré ce référendum sur la République islamique, les tra vailleurs et les masses laborieuses d'Iran continueront la lutte pour instaurer un tel gouvernement.

Le PST n'empêche pas les travailleurs et les masses laborieuses de participer à ce réfé rendum, mais voter pour la République islamique, ce n'est pas voter pour les intérêts des masses laborieuses.

Des réunions de discussion doivent se développer partout pour débattre de la nécessité de l'Assemblée constituante, comme le seul moyen d'établir la souveraineté sans conditions des masses iraniennes.

Non au référendum avant la convocation d'une

Assemblée constituante !

Non au référendum anti-démocratique ! Vive la République ouvrière

Get paysanne !

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