Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE BRETAGNE

Les perspectives de lutte contre le gouvernement conservateur

· Inprecor n° 53, 24 mai 1979 · p. 9-14 · 4 228 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme Femmes

contre le gol

conservateu

John MARSHALL •La victoire du Parti conservateur n'a pas modifié qualitativement le rapport de forces entre la classe dominante d'une part, et la classe ouvrière et les couches populaires, d'autre part. Ce qui a changé, c'est la façon dont le combat devra être mené.

ives de lutte

vernement

Dire «Travaillistes ou conservateurs, la lutte continue» est juste mais totalement inapproprié. Pendant cinq ans, le prolétariat a dû faire face à un gouvernement travailliste qui menait une politique anti-ouvrière retorse. La «ligne de démarca-

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tion» au sein du mouvement ouvrier séparait alors ceux qui luttaient contre cette politique de ceux qui l'acceptaient.

Nous avons toujours œuvré à l'unité de tous ceux qui étaient prêts à résister aux plans gouvernementaux, unité résumée par le mot d'ordre «Construisons une alternative socialiste à la politique du gouvernement travailliste».

Le combat pour cette alternative socialiste passait par la gauche dans les syndicats, basée sur une orientation de lutte de classe; par l'unité d'action autour de mouvements tels que la Ligue anti-nazie; par le rassemblement d'une importante possible des secteurs opprimés de la population dans le mouvement des femmes et dans le mouvement noir; par la présentation lutte de classe aux élections, et par la construction d'une organisation révolutionnaire uni-

Maintenant, le combat contre travailliste continuera sous une forme différente. Encore et encore, ceux qui lutteront contre les conservateurs et leur politique se heurteront aux dirigeants des syndicats et du Parti travailliste, qui essayeront de bloquer et de saboter leurs actions.

La nouvelle «ligne de démarcation» passera dorénavant entre ceux qui combattront les conservateurs et ceux qui gèneront ce combat. L'axe central d'intervention pourra plus être simplement résumé par le mot d'ordre «Construire une alternative socialiste à la direction travailliste». C'est le gouconstituera la cible essentielle de toutes les luttes de la période

L'ennemi principal est le gouvernement Thatcher et le mot d'ordre principal : «Unité pour combattre les conservateurs !».

ACTION DE MASSE POUR DEFENDRE LES DROITS FONDAMENTAUX

Que va faire Thatcher ? La solution des problèmes du capitalisme britannique exige l'affaiblissement et finalement la suppression de beaucoup d'acquis fondamentaux gagnés par la classe ouvrière depuis la Seconde Guerre mondiale sur les plans économique, social, politique et organisationnel.

Pour ce faire, Thatcher dpit combattre l'idée que ces acquis sont des droits. Elle doit diviser les travailleurs ayant un emploi et ceux qui n'en ont pas, les travailleurs du secteur public et ceux du secteur privé, les noirs et les blancs, les femmes et les

Les conservateurs ont à faire Même si la classe ouvrière ne combat pas encore dans une perspective socialiste claire, l'histoire a montré qu'elle considère comme fondamentale la défense de ces droits : les droits syndicaux, le Service national de santé (National Health Service), les «avantages» sociaux, les droits des femmes et bien d'autres.

Du fait à la fois du cours poursuivi par le capital britannique conscience de la classe ouvrière et des secteurs opprimés de la population, les batailles décisives tendront à s'organiser autour du combat pour la défense de ces droits fondamentaux.

La pertinence de la politique socialiste sera donc jugée d'après la façon dont elle s'articulera concrètement avec ces combats. Les axes de lutte peuvent être sommairement présentés ainsi : a) défense du niveau de vie : pas de contrôle sur les salaires, un salaire national, l'inflation; défense de l'emploi et du droit au travail : réduction de la semaine de travail, partage du travail sans perte de salaire, nationalisation des sociétés qui licencient; défense des services sociaux : pas de réduction des dépenses sociales, abolition du ticket modérateur, échelle mobile des dépenses sociales en rapport avec l'inflation. b) défense et extension des extension des droits des femmes : pas de restrictions au droit à l'avortement, défense des crèches et de leur extension contre la baisse des dépenses sociales; défense des syndicats : pas de restrictions au droit de faire des piquets ou au droit de grève, défense de la démocratie syndicale, pas de pénalisation contre le racisme : suppression des «Sus laws» (1), pas de contrôle sur l'immigration, action de masse pour battre les fascis-

Cette politique ne peut être poursuivie qu'en alliance avec la classe ouvrière sur le plan international : troupes britanniques hors d'Irlande, non-reconnaissance du «contrat interne» du Zimbabwe.

L'unification de la classe ouvrière doit se constituer au travers de l'expérience unitaire des luttes et de leur contrôle démocratique par la base, et du combat pour l'unité dans l'action des organisations ouvrières.

La défense des droits fondamentaux des masses travailleuses doit être replacée dans une perspective socialiste claire. En effet, même les acquis actuels de la classe ouvrière ne peuvent être réellement garantis sans remettre en cause la logique de la domination capitaliste sur l'économie et le pouvoir politique de la classe dominante.

Rien que pour maintenir les salaires réels actuels, l'emploi et les services sociaux, il faudra de larges nationalisations, du poids vers les riches, la nationalisation des banques et des compagnies d'assurances, et la mise en œuvre d'un programme massif travaux publics utiles pour combler les besoins sociaux et employer les chômeurs.

C'est pourquoi c'est seulement par l'action de masse que peuvent être défendus les droits

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fondamentaux des travailleurs. La bourgeoisie opposera une forte résistance aux exigences ouvrières et déclenchera des mesures de répression massive dès que la lutte mettra en question les intérêts et le pouvoir des capitalistes. CONSTRUIRE UNE AILE GAUCHE DE LUTTE DE CLASSE

L'unité ouvrière sera essentielle dans le combat contre les conservateurs. Quand il s'agit de défense de droits fondamentaux, nous devons favoriser un unique même avec les dirigeants de l'aile droite du mouvement ouvrier. Mais le fondement de l'unité ne peut être de simples déclarations d'intentions, elle se trouve dans l'action unitaire elle-même. Ce dont on a besoin, c'est d'une aile gauche et combative de lutte de classe.

Il suffit d'écouter Thatcher pour savoir quelles seront les premières lignes de confronta* Ce qui sera le plus décisif, ce sera la défense des droits syndicaux et la préparation des prochaines négociations salariales. En dépit des affirmations contraires de Thatcher, tous les dirigeante croient à la nécessité du contrôle des salaires. Thatcher s'orientera donc nécessairement vers des discussions avec les bureaucrates syndicaux pour voir quelle forme de politique des revenus ils pourront le plus facilement imposer à leurs membres. * Une autre question à l'ordre du jour sera la tentative de limitation du pouvoir d'action de la base : restriction du droit à établir des piquets de grève, imposition du vote à bulletins secrets, réduction des remboursements de sécurité sociale aux familles de grévistes; toutes ces campagnes coïncident, au moins partiellement, avec les intérêts des bureaucrates syndicaux, qui cherchent à limiter le pouvoir de leurs membres.

Ces marchandages être étouffés dans l'œuf. La pression de la base doit se faire sentir puissamment, à l'encontre des dirigeants syndicaux, en provenance des sections syndicales comme lors de la Conférence du TUC, en septembre 1979 : «Pas de négociation avec les conservateurs!».

La résistance à l'offensive anti-syndicale du Parti conservateur doit être le fait des comités de défense syndicaux. Des conférences locales et des comités d'action devraient chercher à organiser une campagne coordonnée nationalement. * Les attaques contre les travailleurs du secteur public seront le second problème auquel nous allons être confronconservateurs implique d'énormes restrictions aux dépenses sociales. La colonne vertébrale de toute politique des revenus sera le contrôle du secteur public, et l'une des questions auxquelles prochainement faire face le gouvernement sera la publication des études de rentabilité du secteur public. Dans le secteur public, Thatcher ne cherche pas à collaborer avec les bureaucrates syndicaux mais à porter des coups brutaux et frontaux au pouvoir des syndicats.

La résistance à cette offensive réclamera une unité entre les syndicats du secteur public, qui s'exprime dans l'exigence d'une alliance dans le secteur public local et national et d'une action syndicale vigoureuse pour défendre les services * En ce qui concerne le chôma-

Thatcher a certainement été encouragée par l'absence de riposte importante, sous le gouvernemnt travailliste, au doublement du nombre des sans-emploi. Les jeunes et les femmes seront touchés presque immédiatement si les conservateurs commencent à faire des coupes claires dans les subsides qui avaient été accordées aux chômeurs par les travaillistes. Une campagne unitaire sur l'emploi des jeunes est plus nécessaire que jamais. * La défense générale des droits sociaux et démocratiques. La stratégie politique de Thatcher conduira bientôt à des attaques particulièrement sévères à à la fois contre les acquis, meme limités, des couches les plus opprimées de la société et la société et contre les droits démocratiques. Outre l'attaque contre les droits syndicaux, Thatcher s'est déjà engagée à des mesures clairement réactionnaires au sujet de l'immigration, de la peine de

Get de l'avortement. Cela sera sans doute rapidement suides mesures contre la liberté d'expression et de maniles syndicats étudiants, ete. Il faudra de façon prioritaire des campagnes unitaires contre cette politique, en commençant probablement par les lois sur l'avortement et sur l'immigration, et le racisme de l'Etat. * La politique internationale.

Un des problèmes à propos desquels l'aile Thatcher du Parti conservateur est le plus sous pression est celui de la politique étrangère. Elle doit bientôt prendre une décision clé au sujet de la reconnaissance ou non du «contrat interne» au Zimbabwe, où il est probable qu'une crise se produira quoi qu'il en soit. Le fait que les travaillistes se trouvent dans l'opposition peut ouvrir de nouvelles possibilités au mouvement en faveur du retrait d'Irlande des troupes britanniques, mouvement qui pourrait ainsi consolider l'influence qu'il a gagnée lors de la campagne électorale.

Il faudra lutter pour l'unité d'action de toute la classe ouvrière sur l'ensemble de ces thèmes. Ce combat ne peut être impulsé que par une aile gauche, organisée dans le mouvement ouvrier et engagée dans une politique de lutte de classe. Elle ne peut être menée dans le cadre de la politique de collaboration de classe des dissidents «gauches» du Parti travailliste.

Une telle aile gauche ne naîtra pas en une nuit. Mais ce qui est possible, c'est d'aider au développement de mouvements analogues à celui qui s'était formé sous le gouvernement Heath au sujet de la loi sur les relations industrielles ou analogues à la Ligue anti-nazie, qui est apparue sous le gouvernement tra-

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vailliste : mouvement orientés vers l'action comme l'unité et pouvant acquérir une envergure nationale. DEHORS LES CONSERVATEURS ! POUR UN GOUVERNEMENT TRAVAILLISTE!

Toute opposition à Thatcher s'exprimera questions particulières. Mais les mouvements d'opposition tendront inévitablement à exprimer une hostilité générale envers le gouvernement conservateur et à remettre centralement en cause

Comment s'en débarrasser ? Telle sera la question centrale qui dominera les discussions au sein du mouvement ouvrier. La ligne de Callaghan est d'ores et déjà claire : unité dans l'inaction, et attendre cinq ans la chute des conservateurs et l'élection d'un gouvernement travail-

Ce n'est pas seulement une trahison de la classe ouvrière dans sa lutte pour défendre ses droits tondamentaux, c'est aussi une politique utopique. Pendant ces prochaines années, en l'absence de toute résistance, Thatcher aurait la possibilité de transformer tellement les rapports de forces aux de la classe ouvrière, que la probabilité d'un retour au pouvoir des travaillistes serait très faible.

Il y a une alternative à cette politique de passivité : suivre la voie tracée par la lutte sous le gouvernement Heath. Le combat mené par les mineurs n'a pas seulement fait voler en éclats la loi sur les relations industrielles. Il montre que l'action de masse peut à la fois mettre en échec l'offensive des conservateurs et créer les conditions nécessaires au renversement gouvernement lui-même. En ce qui concerne ce qui le remplacerait, nous devons toujours affirmer que les meilleures conditions pour construire une alternative socialiste à la politique de trahison des dirigeants travaillistes sont réunies quand ces dirigeants sont au pouvoir. Les révolutionnaires sont toujours loin de commencer à être considérés comme une alternative gouvernementale crédible. Dans ces conditions, les travailleurs ont raison de voter par millions contre les partis de la classe dirigeante et pour les travaillistes. C'est pourquoi nous devons être favorables au retour d'un gouvernement travailliste. CHASSER CALLAGHAN ET SES PARTISANS

Lors de la campagne élecprincipaux thèmes développés par les travaillistes et les dirigeants syndicaux était la probabilité d'une confrontation l'éventualité d'une victoire des

Néanmoins, malgré ces épanchements verbaux, la politique de Thatcher exerce une réelle attraction sur certains dirigeants syndicaux. L'aile droite montante, conduite par Dufty, Boyd et Chapple (2), a acquis son crédit en s'opposant vigoureusement au gouvernement Heath. Ils reçoivent l'aide et le soutien de ceux qui, comme Bassnett, Evans et Gormley (3), ont déja accepté le principe d'une collaboration et de négociations avec les conservateurs.

Callaghan va continuer à faire bloc avec les dirigeants qui s'opposent à toute action de masse contre les conservateurs. Il n'a pas hésité à déclarer, lorsqu'il a quitté son poste de Premier ministre, que «le nouveau gouvernement est en droit d'attendre qu'on lui laisse les mains ubres pour mettre en œuvre sa politique. Il a déjà suffisamment de difficultés à surmonter sans que nous en rajoutions inutilement par une opposition fractionnelle». Cette déclaration ne laisse aucun doute quant au rôle que Callaghan entend jouer.

La lutte contre les conservateurs et le combat pour une politique qui défende la classe ouvrière et les secteurs opprimés de la population doivent être poursuivis jusqu'aux sommets mêmes du mouvement ouvrier.

L'idée qui doit guider notre attitude face aux bureaucrates travaillistes est «Combattre les conservateurs. Combattre Callaghan et ses partisans dans la mesure où ils font obstacle à cette lutte».

Le combat contre l'aile droite dans l'AUEW et le NUM, parmi d'autres syndicats, est une lutte à mort pour maintenir la capacité d'action de ces organisations et les sauvegarder. On doit chercher à construire une direction alternative et une nouvelle gauche à l'intérieur des

Parallèlement, il la gauche, dans le Parti travailliste, à se présenter contre Cal-

You son successeur de droite; le combat pour la resélection automatique des députes (4), pour que la conterence du parti élise la direction du parti et pour l'abolition des bannissements et des proscriptions, sera encore plus décisif qu'auparavant.

Toutes ces actions poseront dans la pratique la nécessité de chasser Callaghan • et ses QUEL TYPE DE POLITIQUE AU SEIN DU PARTI TRAVAILLISTE?

Il est clair que les luttes les plus décisives de la période à venir ne seront pas celles qui auront lieu au sein du Parti travailliste. travers et dans les syndicats que les luttes décisives se dé-

Le mouvement des femmes, les comités et les mouvements anti-racistes, les campagnes anti-impérialistes, les organisations étudiantes auront aussi un rôle

Les courants actifs dans le Parti travailliste refléteront plus ces développements qu'ils ne les impulseront, ce qui est une situation clairement différente, par exemple, de celle du mouvement Bevanite (6) au début des années 50. C'est en fonction de l'évolution des luttes de masse et non d'après la ronde des résolutions discutées et passées dans le Parti travailliste que les révolutionnaires doivent organiser l'essentiel de leur travail.

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Mais il n'y en aura pas moins, dans la prochaine période, un renouveau dans le nombre de membres et l'activité du Parti travailliste, ainsi que dans l'organisation de jeunesse des travaillistes. Cela tend toujours à se produire quand le Parti travailliste est dans l'opposition mais que la lutte de classe est intense - par exemple, en 1970-1974, on a assisté à une nette augmentation des membres du LPYS (organisation de jeunesse des travaillistes) et à une augmentation plus modeste mais réelle des membres des sections locales (Constituency Labour Parties -CLP). Etant donné que Thatcher mènera une politique extrêmement réactionnaire, ces développements risquent d'être plus rapides cette fois-ci. De plus, beaucoup de personnalités travaillistes chercheront à retrouver une certaine crédibilité et à cacher leur passé de 1974-1979, en faisant les problèmes des droits démocratiques, de la politique étrangère, et des questions sociales, au sujets desquels ils que Thatcher s'opposera même à certains secteurs de la classe dirigeante. Dans le contexte présent, des secteurs de la «nouvelle gauche» peuvent aussi être attirés par le Parti travailliste. Pour toutes ces raisons, accroissement du nombre membres LPYS et des CLP se produira dans le proche avenir.

L'ampleur exacte de cet accroissement ne peut pas être entièrement prévue dès maintenant. Cela dépend d'un certain nombre de facteurs clés. En particulier, cela dépend du développement de la lutte de classe elle-même. Si Thatcher est capable de se maintenir en place et qu'il y a une crise importante au sein du Parti travailliste, et si Benn (7) et l'aile gauche sont obligés, sous la pression de la classe ouvrière, à se présenter sérieusement pour la direction du parti, alors cet accroissement du nombre des membres du parti pourrait être important. Si Thatcher tombe rapidement, et si il n'y a pas de défi sérieux à Callaghan, alors l'accroissement sera plus modeste. Les révolutionnaires devront prendre en développements quand ils se produiront, porter une attention accrue à passe dans le Parti

La période du gouvernement Callaghan n'a pas été particulièrement bonne pour les secteurs du mouvement ouvrier qui se socialistes. En fait, la gauche travailliste s'est évanouie dans une série de capitulations honteuses face à la politique de l'aile droite depuis le temps de Ramsey MacDonald. Les dirigeants les plus célèbres de la gauche syndicale, Jack Jones et Hugh Scanlon (8), ont directement aidé à concevoir et à renforcer les restrictions apportées aux salaires, à la sécurité sociale et à l'emploi, qui ont fait baisser le niveau de vie de la classe ouvrière et ont fait perdre les élections aux travaillistes et assuré l'élection de Thatcher. Tony Benn et Michael Foot (9) ont siégé, parfois silenapprobateurs, dans le cabinet travailliste qu a décidé de ces politiques. Le groupe «Tribune» (10), et d'autres courants de la gauche travailliste comme l'Institut pour le contrôle ouvrier, mais sérieusement tenté d'organiser des forces pour le combat

Au-dela du Parti travailliste, le Parti communiste est reste paralysé par son refus de rompre avec la gauche de la bureaucratie. Il a, en conséquence, perdu des membres, de l'influence et de la crédibilité politique.

Le courant qui se nomme lui-même l'alternative marxiste travailliste, groupe du «Militant» (11), a placé le maintien de ses posidans l'appareil du Parti travailliste au-dessus de tous les besoins de la classe ouvrière. Son glissement de plus en plus à droite s'est reflété adoption publique d'une «voie» démocratique et pacifique au socialisme.

Parmi les forces de la gauche révolutionnaire, la situation a été plus honorable. Le Socialist Workers Party (Parti socialiste des travailleurs) a joué un rôle clé en impulsant la seule initiative politique efficace des cinq dernières années : la Ligue antinazie. Quelle que soit l'impordes divergences que nous avons avec le SWP, il a aussi réellement soutenu toutes les luttes de masse de la classe ouvrière et des secteurs opprimés de la population contre la politique de Wilson et de Callaghan.

L'International Group (Groupe marxiste international) a été à même de prendre des initiatives qui ont eu un significatif. connues ont été l'alliance électorale Unité socialiste et le lancement du journal Socialist Challenge (Défi socialiste). Mais il y a eu aussi l'Alliance socialiste des instituteurs, la campagne pour l'action du NUPE, l'Alliance socialiste des étudiants, journal de jeunesse Revolution, et son rôle actif dans la construction de l'ANL et de la Camnationale pour l'avorte-

Sur cette base, l'IMG a modifié sa composition sociale de façon significative. Elle s'est implantée dans les syndicats et a augmenté son poids relatif parles forces présentes à la gauche des bureaucraties des partis travailliste et communiste.

Mais, en dépit de ces acquis limités, la gauche révolutionnaire n'a absolument pas réussi à réaliser les progrès qui étaient possibles. Sous le gouvernement travailliste de 1964-1970, un mouvement de masse important organisé autour de la «Campagne de solidarité Vietnam» (VSC - Vietnam Solidarity Campaign), a eu des incidences politiques générales. La vigoureuse initiative pour l'unité des révolutionnaires engagée par International Socialists (aujourd'hui le SWP) a permis à une organisation révolutionnaire sérieuse et crédible de se constituer dans cette situation et de s'imposer comme alternative auprès des militants.

Sous le gouvernement travailliste, une campagne importante, avec une base encore

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plus grande dans la classe ouvrière, la Ligue anti-nazie, a également touché de larges couches populaires. Mais le sectarisme de la plus importante des organisations de l'extrême-gauche, le SWP, a empêché qu'une force sérieuse et organisée ne se constitue à cette occasion. Le SWP a payé le prix de cette politique en sortant de la période du gouvernement travailliste, peut-être pas plus petit en nombre de militants, mais terriblement affaibli, par rapport à 1974, en termes de militants ouvriers ayant une implantation réelle dans les syndicats. Il a perdu un nombre important de cadres. Son sectarisme a empêché de gagner à l'activité révolutionnaire organisée de nombreux jeunes travailleurs qui auraient pu l'être.

La campagne pour l'unité révolutionnaire menée par l'IMG correspondait aux besoins objectifs de la situation, et lui a donc permis de maintenir son nombre de militants, et d'améliorer sa composition sociale de façon significative. Mais la taille de notre organisation n'était pas suffisante pour réaliser l'unité nécessaire des forces révolutionnaires.

Du fait de son sectarisme, la gauche révolutionnaire a done manqué une occasion de faire de sérieux progrès organisationnels et de recruter une couche considérable de travailleurs, ces dernières années. De plus, elle est apparue de ce fait comme irresponsable et elle s'est discréditée auprès des militants ouvriers. Sa crédibilité en tant qu'alternative politique est plus faible qu'à la fin du dernier gouvernement travailliste

Cette situation est lourde d'implications dans la nouvelle période de lutte qui s'ouvre contre les conservateurs. La gauche travailliste réformiste est loin d'avoir payé le prix politique qu'elle aurait pu et dû payer au vu du bilan de son action, sous Wilson et Callaghan. Les réformistes de gauche ne payent pas automatiquement le prix de leurs trahisons; ils ne le font que si on leur oppose une alternative organisée réelle. L'échec des révolutionnaires dans la construction d'une telle alternative, dans cette situation, donne une plus grande marge de manœuvre aux partisans de Benn, de «Tribune», et à leurs semblables, qu'ils n'auraient dû avoir aujourd'hui ou qu'ils n'avaient en 1970.

Ce fait n'est pas seulement important pour les révolutionnaires, c'est un recul pour l'ensemble de la classe ouvrière. Les réformistes de la gauche travaillistes utilisent leur crédibilité, non pour mener la lutte de classe, mais pour l'empêcher, comme ils l'ont montré en 1979. Le fait que les réformistes de gauche n'ont pas perdu leur influence au profit des révolutionnaires, comme cela aurait dû se passer, n'aide que la classe dirigeante.

Comme toujours, le sectarisloin d'aider les organisations révolutionnaires qui le pratiquent, n'a fait qu'accumuler des obstacles devant la classe ouvrière. La gauche révolutionnaire en payera le prix dans la période à venir, sous la forme d'une influence inutilement forte de la gauche réformiste par rapport à la sienne. Ceci aidera aussi à ouvrir la voie à de nouvelles trahisons de Benn, de Foot et de nouveaux Scanlon et Jones.

Ce problème pose également un défi difficile à la gauche révolutionnaire. Pour contrer les positions de la gauche travailliste, il faut que l'extrême-gauengage l'action la plus réfléchie et vigoureuse possible pour combattre de façon conséquente le gouvernement conmettre en avant la base d'une alternative programmatique à la politique faillie de la socialdémocratie. Le besoin d'une organisation révolutionnaire unifiée qui comprenne la nature des tâches fondamentales à accomplir face aux conservateurs se fait maintenant plus que jamais sentir. La période à venir offre de très importantes poslutionnaires parmi les jeunes, les travailleurs industriels et les Parti travailliste.

couches opprimées de la population qui seront le plus touchés par l'offensive de Parti conservateur. On ne doit pas laisser passer ces possibilités, ni les gaspiller. NOTES 1) «Sus law» ou «suspicion's law» : loi permettant l'arrestation par la police d'une personne sur la seule base d'un soupçon. 2) Duffy, dirigeant syndical de l'AUEW («Amalgamated Union of Engineering Workers», syndicat de la métallurgie); Boyd, dirigeant syndical de l'AUEW; Chapple, dirigeant de l'EPTU («Electrical and Plumbing Trade Union», syndicat des électriciens et plombiers). 3) Bassnett, dirigeant du GMWU («General and Municipal Workers Union», syndicat des salariés des administrations municipales); Evans, dirigeant du TGWU («Transport and General Workers Union», syndicat des camionneurs); Gormley, dirigeant du NUM («National Union of Mine Workers», syndicat des mineurs). 4) Dans le Parti travailliste, une fois qu'un candidat a été élu à la députation, il reste de droit le candidat pour les élections suivantes. L'exigence de «resélection automatique» tend à redonner aux organismes de base concernés le droit de mettre en question cette procédure et de choisir éven tuellement un autre candidat. 5) Les bannissements et proscriptions concernent l'interdiction de principe faite à un certain nombre d'individus d'adhérer au Parti travailliste du fait de leurs activités dans d'autres formations militantes. 6) Bevan : dirigeant du Parti travailliste, ministre de la Santé Reconstruction ment travailliste d'Attlee (en 1945), il sera dans les années 50 un des diri7) Benn : un du Parti travailliste; il siège instances de direction du ex-dirigeant du TGWU, T'AUDW; tous deux, qui apparaissaient comme des porte-paroles de la gauche syns'aligneront complètement sur la politique anti-ouvrière Parti travailliste, une fois qu'il aura accédé au gouvernement (Wilson, Callaghan). 9) Foot, ex-représentant de la gauche travailliste, qui collaborera ensuite avec la direction Callaghan. 10) «Tribune» : journal représentant l'aile gauche parlementaire du Parti travailliste. 11) Le groupe du «Militant» : du nom de leur publication, «The Militant», d'origine trotskyste, Grant, et qui milite dans le

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