Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SALVADOR

Solidarité et unité face à la dictature Romero

Inprecor n° 53, 24 mai 1979 · p. 24-25 · 1 291 mots

El Salvador

•L'occupation de l'Ambassade de France et de celle de Costa-Rica par un groupe de militants du Bloque Popular Revolutionario (Bloc Populaire Révolutionnaire), le 4 mai dernier, l'attention du monde entier sur la situation qui existe au Salvador. Quelques jours plus tard, les spectateurs de la télévision plusieurs pays pouvaient assister «en différé» à un spectacle atroce : l'armée tirait sur une foule de 500 personnes qui s'étaient dans la cathédrale de San Salvador pour exprimer leur conIl y a eu au moins une trentaine de morts.

El Salvador est dominé par un régime dictatorial pratiquement depuis 1932, lorsqu'une insurrection populaire fut écrasée par une massacre monstrueux (on a parlé de 30 000 morts !). Il s'agit d'un des pays les plus petits et les plus peuunité face e Romero population

10 000 habitants.

ro se parlementaires manifestations de masse aux dellin),

12) «Alliance quement, tis se dence).

plés d'Amérique latine (plus enlèvements de 4 millions d'habitants sur une surface de 21 000 km2).

Les conditions d'existence de la sont littéralement dramatiques : une personne sur chement trois est au chômage, 60 % de la main-d'œuvre agricole est sous-employée ou totalement inemployée; le taux d'analphabétisme atteint 40 %; la malnutrition affecte 93 % des enfants d'âge scolaire, 48 % de la population manque d'eau potable et il n'y a qu'un médecin pour

Le régime du Général Romemaintient par une répression féroce qui a été constatée, véritable entre autres, par une commission de parlementaires britanniques qui ont visité le pays en l'électricité, décembre 1978. Dans leur rapport du 14 mars dernier, ces ont dénoncé toutes les formes de répression classiques, de l'écrasement de

Augusto Trujillo (Tunja), Hernando Velasquez (Jacatativa), Ruben Isaza Restrepo (Cartagena), Pedro Rubiano Saenz (Cucuta).

populaire nationale», dont le candidat aux présidentielles était le général Rojas Pinilla, arrivé largement en tête selon les premiers résultats des élections de 1970; brusla commission électorale cessa d'annoncer les scores pour dire que Pastrana Borrero, candidat des Partis libéral et conservateur, avait remporté les élection dans le cadre de la rotation des présidences (depuis leur guerre civile, les deux parsont mis d'accord pour se succéder à tour de rôle à la prési-

Get à la torture systématique.

Toutefois, la répression n'a pas empêché, au cours des derniers mois, aussi bien le déclende mouvements masses importants que des initiatives de groupes pratiquant à des niveaux différents la lutte armée. Mentionnons notamment la lutte des travailleurs des entreprises Pesca S.A., Pronacsa, Constancia et Tropical, qui, au mois de mars, a réussi à arracher des revendications importantes. Constancia et Tropical avaient été attaquées par l'armée, y compris par des hélicoptères, qui avait établi un siège contre les 300 ouvriers qui s'y étaient renfermés. A cette occasion, la solidarité des ouvriers de organisée par le syndicat STECEL, et d'autres catégories qui ont lancé un paro general (suspension générale du travail) a été décisive. Dans la même période, les

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étudiants et les enseignants ont été eux aussi les protagonistes de mobilisations

Les organisations qui s'opposent à la dictature restent toutefois fragmentées avérées jusqu'ici incapables de réaliser une unité d'acau cours des derniers six mois : le FARN (Fuerzas Armadas de la Resistencia Nacional),

La réalisé l'enlèvement de l'homme d'affaire japonais Matsumoto et qui en décembre dernier a obtenu la publication dans les quotidiens de plusieurs pays d'un long texte politico-programmatique la dictature et l'impérialisme; l'ERP (Ejercito Revolucionario del Pueblo) qui a revendiqué une série d'attentats réalisés le premier février (une vingtaine de policiers et de soldats ont été tués), en riposte à l'assassinat par la police d'un prêtre et de quatre jeunes gens dans une maison paroissiale de la capitale; les FLP (Fuerzas Populares de Liberacion) qui ont été les protagonistes, il y a quelques semaines d'une attaque d'une patrouille militaire à Santa Tecla, près de capitale; le FAPU (Frente de Accion Popular Unificada) qui, au mois de janvier, a occupé les locaux de l'Ambassade du Mexique, de la Croix Rouge et de l'OEA ; le BRP, dont nous avons déjà mentionné les actions récentes. Il existe, en outre, communiste du Salvador avec une orientation assez traditionnelle. Du marxisme révolutionnaire, se réclame le GSI (Grupe Socialista Internacional) qui est sympathisant de la IVe Internationale et qui a diffusé il y a quelques semaines un texte dont nous reproduisons les conclusions: «Le Groupe socialiste internationaliste, sympathisant de la IVe Internationale, que, dans la conjoncture actuelle, l'unité est une nécessité urgente pour la gauche et les couches populaires. Cette unité doit viser à canaliser, centraliser la lutte des couches exploitées dans le but de riposter ensemble et d'une manière unitaire à la politique actuelle du secteur secteur hégémonique de la bourgeoisie qui s'exprime à travers le gouvernement Romero et de commencer à construire une alternative de classe indépendante des courants bour-

Dans la situation actuelle, c'est une erreur politique de nier l'urgente nécessité de l'unité. Il est encore plus grave parler d'unité et de ne rien faire dans la pratique pour la mettre en œuvre, dans la mesure où cela impliquerait de remettre en question, de critiquer et peut-être de changer certaines orientations politiques et de travail qui, loin d'avoir fait progresser les luttes des larges masses, les ont condamnées à la stagnation poli-

Ni les uns ni les autres n'ont une compréhension claire de ce qui est en jeu: il ne s'agit pas du prestige de telle ou telle organisation, mais de l'avancée ou du recul du mouvement révolutionaire dans son ensemble.

La tâche immédiate que les couches populaires imposent à la gauche, est la lutte et la conquête des libertés politiques et des conditions de vie meilleures, ce qui créerait des conditions plus favorables à l'organisation et à l'éducation politique des couches opprimées. réalisé si la gauche s'unifie éveille la conscience du mouvement populaire à l'aide de ses propres forces et organisations. En d'autres termes, ces objectifs pourront être réalisés si les les paysans, les enseigants et les étudiants, s'unissent contre la répression, sous la direction de la gauche révolutionnaire.

C'est pourquoi le GSI lance un appel aux organisations de la gauche: Bloque Populare Revolucionario, Frente de Accion Popular Unificada, Partido Comunista de El Salvador, Liga Obrera Revolucionaria, Brigadas Obreras, Ligas Populares 28 de Febrero, Associacion de Obre-

Revolucionarios Independientes et autres, pour construire le Front de la Gauche révolutionnaire (Frente de Izquierda Revolucionaria - FIR), instrument capable de canaliser, centraliser et diriger les luttes des exploitées contre la répression, un front basé sur un de masse large, indépendant de tout courant

L'unité de la gauche doit se réaliser sans trahir les intérêts principaux et fondamentaux du prolétariat, à savoir l'indépendance politique absolue par rapport à tous les courants bourmême déguisés en «progressistes», l'objectif de toute orientation bourgeoise ou pro-gouvernementale étant de préserver le système capitaliste que nous voulons détruire. En outre. le FIR devra garantir dès sa naissance la participation large de la base et le droit démocratique de chaque organisation. PROGRAMME DE LUTTE * CONTRE LA REPRESSION: suppression de la loi sur l'ordre public et dissolution de toutes les organisations para-militaires. Libération de tous les prisoniers politiques et amnistie générale. Arrêt des persécutions contre l'Eglise. Réouverture immédiate de l'Université nationale, sans la présence de la police. * POUR LA CONQUETE DES

LIBERTES POLITIQUES: liberté d'organisation et légalisation de toutes les organisations politiques. Liberté de la presse, droit de manifester et de s'exprimer. Droit de grève. * POUR DES CONDITIONS DE

TRAVAIL MEILLEURES

POUR TOUTES LES CATE-

GORIES: augmentation générale des salaires. Journée de travail de 7 heures pour tout le monde. Liberté d'organisation syndicale à la ville comme à la campagne. Du pain pour les travailleurs, la terre aux paysans et liberté pour tous. OUVRIERS, PAYSANS, ENSEIGNANTS ET ETUDIANTS: TOUS AVEC LE FIR CONTRE LA REPRESSION !

VAINCRE, LES OUVRIERS AU POUVOIR !

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