Les élections du mois de mai
1979, en Grande-Bretagne, marquent une nette victoire électorale du Parti conservateur, après une période de luttes ouvrières contre la politique d'austérité du gouvernement travailliste de Callaghan. Nous publions un premier dossier sur ces élections. Il s'articule en trois parties: un bref aperçu des
Les élections de mai 1979, en termes de députés à la Chambre des Communes, donnent un avantage de 43 sièges aux conservateurs; ceci est proche de la majorité de 40 gagnée en juin 1970 par Edouard Heath.
Le Parti conservateur, qui totalise 339 sièges, en enlève 51
Thatcher p
June nouve contre les résultats électoraux, la politique de Thatcher et les perspectives de lutte contre le gouvernement conservateur. Ce dernier article de John Marshall présente la ligne politique mise en avant par l'International Marxiste Group (IMG), Section britannique de la IVe Internationale, pour la période à venir. au Parti travailliste, 3 au Parti libéral et 7 au Scottish National Party (Parti national écossais -SNP). Le Parti travailliste, qui compte 269 sièges, en a pris 6 aux conservateurs (dont 4 avaient été perdus lors d'élections partielles après les élections d'octobre 1974), 1 aux nationalistes du Pays de Galles (le répare le offensive travailleurs
Plaid Cymru) et 2 provenant du Scottish Labour Party (Parti travailliste écossais). (Voir ta bleau I).
Sur le plan strictement parle mentaire, la majorité de 43 siè ges des Conservateurs ne sera donc pas mise en question par des défaites qui pourraient in tervenir à l'occasion d'élections partielles jusqu'à la date des prochaines élections générales de 1984.
Le déplacement des voix en faveur du Parti conservateur est significatif; il est parmi le plus important depuis les élections de 1945. Si l'on calcule ce dé placement des voix en faveur des conservateurs par rapport aux élections d'octobre 1978,
RESULTATS COMPARES DES ELECTIONS D'OCTOBRE 1974 ET DE MAI 1979
VARIATIONS DES VOTES PAR REGION ENTRE OCTOBRE 1974 ET MAI 1979
Sources : Financial Times du 12 mai 1979 et The Economist du 12-18 mai 1979 système bi-partiste (c'est-à-dire à partir du calcul du pourcentage du total des votes en ne prenant en compte que les travaillistes et les conservateurs), il s'élève à 6,5 % pour toute la Grande Bretagne, a 2,6 % pour l'Ecosse, pour le Pays de Galles, à 5,5 % pour le Nord de l'Angleterre et à 7 % pour le Sud et les Midlands. (Voir tableau II). La différence régionale traditionnelle nord-sud, en faveur du Parti travailliste ressort bien du recul inférieur de ce dernier dans le Nord (voir tableau III).
Cependant, Thatcher n'a obtenu que 44,8 % du total des suffrages exprimés, ce qui représente un pourcentage plus faible que celui obtenu par tous les premiers ministres d'une forte majorité aux Communes depuis 1922. Le Parti
Conservateurs Travaillistes Libéraux Nationalistes écossais Nationalistes gallois Front national Autres* Participation Ecosse Pays de Galle Angleterre (Nord, Sud et Midlands) Grande-Bretagne (total)
travailliste quant à lui a obtenu le pourcentage de voix le plus faible depuis 1931.
nalistes est net. Le SNP a perdu
2,9 % des suffrages exprimés à à 8,9 %
1,6 %)
(de 11 à 2). Le Plaid Cymru faut enfin souligner que dans les circonscriptions le plus grand nombre de vailleurs conscriptions qui étaient ont été réélus.
disposant
Octobre 1974
Voix
10429094
11406768
5346 704
2007911
72,8%
*Autres : 12 députés de l'Ulster, plus le speaker
Conservateurs
31,4 ( 6,7)
32,0 ( 8,9)
47,2 ( 8,2)
44,8 ( 8,1)
Le recul des formations natioen nombre de voix (passant de et en nombre de sièges
(Pays de Galles) est passé de
0,6 % à 0,4% et de 3 à 2 sièges.
Néanmoins, leurs positions restent plus fortes qu'avant les élections d'octobre 1974. Il qui comptent traimmigrés (Bradford
West et Leicester South), cirmains des conservateurs avant octobre 1974, des travaillistes
Ces élections indiquent une fois de plus que le Parti travaillis- poster existe.
TABLEAU I
Mai 1979
Nore de sièges
Voix
276
13697753
11509524
319
13
4313931
11
3
1699582
13
76%
TABLEAU II
(en pourcentage)
Travaillistes
41,5 ( 5,3)
49,1 (-0,8)
36,7 (-3,4)
37,9 (-2,3)
te paie le prix, sur le plan électoral, de sa politique anti-ouvrière. Une partie des salariés, déçus et attaqués par les mesures préconisées par Wilson-Callaghan, ont déserté la bataille électorale, laissant ouverte la voie aux conservateurs. La victoire électorale de Margaret Thatcher marque ur recul pour la classe ouvrière, mais elle ne signifie pas un changement qualitatif des rapports de forces entre classes en faveur de la bourgeoisie. Le Parti conservateur et la classe possèdent certes une meilleure base pour mettre en oeuvre leurs projets réactionnaires. Ce qui doit être aujourd'hui testé, c'est la possibilité de les appliquer effectivement. La classe ouvrière et tous les opprimés seront sur la défensive dans les mois à venir. Néanmoins, leur capacité de résister et de ri-
Nore de sièges 339 269 11 2 -13
Libéraux Nationalistes
9,0 ( 0,7) 17,3 (-13,1)
10,5 (-5,0) 8,4 (-02,8)
14,9 (-5,2)
14,1 (-4,7)