Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Pour une aide massive, immédiate, directe et sans condition

Inprecor n° 59, 19 septembre 1979 · p. 8 · 679 mots

Nicaragua

C'est au compte-goutte que l'aide alimentaire et financière parvient au Nicaragua: 100 à 120 tonnes fournies par jour au lieu des 400 néces-

La CEE qui alloue un crédit de 7 millions de dollars alors qu'elle en a alloué un autre de 3 millions de dollars pour un projet universitaire au Mexique.

Le FMI qui ouvre un crédit de 22 millions de dollars, alors qu'il en avait offert un de 40 millions, soit près du double à Somoza avant sa chute (ce prêt a été dès lors suspendu!)

La politique d'aide des bourgeoisies latino-américaines et des puissances impérialistes est d'ores et déjà une forme de blocus invisible, d'autant plus dangereuse qu'elle ne dit pas son nom, qu'elle n'est pas un défi ouvert, cynique et affiché comme l'avait fait l'impérialisme à propos de Cuba. Sur le plan humanitaire, la bourgeoisie aussi a appris à faire «le dos rond ».

L'aide ainsi distribuée au compte-goutte est le plus possible orientée en fonction du programme, en direction de secteurs économiques ou d'institutions qui peuvent le mieux servir de points d'appui à la contre-révolution.

C'est une aide massive, directe, sans conditions ni contre-partie, allouée directement aux dirigeants de la ré volution nicaraguayenne qu'il faut exiger des gouvernements bourgeois, des organismes internationaux, des institutions financières et des trusts agro-alimentaires et pharmaceutiques.

Cette bataille pour l'aide concerne à l'évidence toutes

Pour une aide massive, immédiate, directe et sans condition naires, tout le mouvement ouvrier et anti-impérialiste.

L'enjeu de cette campagne n'est pas seulement « humanitaire », il est évidemment poli-

Il s'agit d'empêcher une caraconte coni

Чех пери. volution et serait la couver-

ture idéologique pour toutes les interventions politiques, voire militaires de la contrerevolution, des bourgeoisies latino-américaines et de l'impérialisme contre la révolution nicaraguayenne.

L'enjeu est directement politique.

Nous savons comment la pénurie alimentaire, la détérioration grave des conditions alimentaires, le chômage - s'ils persistaient ou s'aggravaient -peuvent devenir des foyers naturels où s'incrustent et se développent les germes mortels de la contre-révolution.

Nous savons - d'expérience -comment la pénurie lorsqu'elle signifie que l'essentiel des préoccupations de chaque ouvrier, de chaque paysan, de chaque jeune est tourné uniquement vers la recherche des moyens de survivre, est un facteur d'atomisation sociale et de dépolitisation, un frein direct à l'auto-organisation et à l'activité révolutionnaire de ces couches qui sont les forces motrices de la révolution et peuvent assurer demain sa transcroissance socialiste. Non, dans la bataille de soutien à la révolution nicaraguayenne, la bataille pour l'aide, la bataille contre le blocus invisible ou une aide limitée et « contrôlée» revêt une toute première importance.

Pour nous cette bataille, qu'il faut entamer dans les jours, les semaines qui viennent, sans retard ni délais, les organisations révolution- dans l'unité la plus large prépare aussi l'avenir de cette ré-

Si aujourd'hui, l'ensemble du mouvement ouvrier et syndical de par le monde, l'ensemble des forces anti-impériales Etats ouvriers eux-mêmes, en premier lieu l'URSS - pour laquelle la ratification des accords SALTII et le maintien du statu quo dans la région déterminent sa position face à la montée révolutionnaire - annoncent leur décision d'aider massivement la révolution nicaraguayenne, commenceront forgés ces liens de solidarité demain se révéler décisifs pour contrecarrer intervention militaire contre la révolution nicara-

Et cela n'est pas rien.

Dans cette bataille pour l'aide, comme lorsqu'il s'agissait autrefois de lutter contre le blocus impérialiste de Cuba ou contre l'agression américaine en Indochine, toutes les or ganisations se mobiliseront et seront au premier rang pour organiser la défense la plus large, la plus unitaire possible de la révolution nicaraguayenne.

Il ne faut pas que cette révolution en marche, qui reste encerclée et menacée, qui sera demain peut-être agressée militairement par l'impérialisme et ses relais locaux ne dispose pas de tout le soutien dont elle a besoin.

Selon la formule désormais célèbre que Che Guevara employait à propos du Vietnam, il ne faut pas que la révolution nicaraguayenne se retrouve au moment décisif « tragiquement seule » face aux menaces extérieure et intérieure. Il faut éviter à tout prix de déboucher « sur un nouveau moment illogique de l'histoire de l'humanité».

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