•Document du Varsovie, le 10 mai 1979
On a observé, au cours des derniers mois, une accumula tion de phénomènes inquiétants concemant aussi bien la vie économique que l'opinion publique et les activités des organes politiques et répressifs. Une limitation radicale des importations, une situation catastrophique du
KOR secteur énergétique et des transports ont provoqué une chute de la croissance. Le système de planification et de coordination pratique, cessé d'exister. C'est l'unique raison pour laquelle près d'un tiers de la capacité de production n'est pas utilisée. L'endettement de l'économie a atteint un tel niveau (15 milliards de dollars en près, à la moitié des exportations polonaises payables en dollars. Pour empêcher que cet endettement ne s'accroisse encore, on limite la production exigeant des importations de matières premières et de biens d'équipement; il faut ajouter que ce qui constitue le fondement de nos exportations - le vré à la moitié de son prix, en raison du temps d'attente coûteux auquel se voient astreints les cargos étrangers dans nos ports. Les effets de la modernisation,
1971-1975, à d'investissements - investissements financés es sentiellement étrangers - ont été tout bonne ment gaspillés. L'objectif principal de ces investissements a été l'industrie lourde malheureusement, légère et l'infrastructure des
tique, etc. On a
Men gas nus on bien que vriers mal de pour pas menacés. La population d'irritation développent. gne, un fossé de la nation.
L'explosio n a 1a banque à Varsovie a donné lieu à nombre de suppositions et de bruits, dûs à la méfiance que suscitent toutes les déclarations officielles. A travers des soupçons qui se sont fait jour, on a pu percevoir une aliénation croissante du pouvoir dont les activités, obscures et incompréhensibles, sont ressenties comme une menace pour la société. Les consé quences de ce phénoméne ne peuvent être que dangereuses, étant donné qu'il n'existe point d'institutions permettant au pouvoir et à la société de négocier et que les conflits sociaux, faute de formes d'expressions organisées, tendent à se transformer en affrontements violents et désespérés. Lorsque la paix sociale est menacée, on est en droit d'attendre que les autorités fassent preuve de réflexion et d'un sens des res ponsabilités. Il en est tout autrement. A plusieurs repriles autorités ont entrepris ses, des actions qui semblent avoir pour but d'exaspérer la tension et l'inquiètude et de provoquer des conflits explosifs dont les conséquences sont difficiles à évaluer.
Au village Wola Zarnowska, on a procédé à un remembrement à la suite duquel certains agriculteurs ont perdu une partie de leurs terres ; des conducteurs de tracteurs rétribués avec l'argent des paysans ont labouré les champs, en état d'ébriété. Le
23 avril, à Tychy, on a provoqué une manifestation des habitants en essayant de transplanter d'une façon particuliè rement barbare une croix érigée il y a 180 ans au centre de la ville. Des commandos mis sur pied par l'Union de la jeunesse socialiste, non seulement empêchent la tenue des travaux de la Société des Cours Scientifique (de l'Université volante, N. du T.), mais encore ont recours à la violence la plus brutale, faisant irruption dans des appartements privés pour tabasser tous ceux qui s'y trouvent. Ils ont provoqué ainsi deux commotions cérébrales et battu une femme. Un des chefs et participants actifs d'un tel commando, Jerzy Foleik, étudiant de l'Ecole supérieure de leducation physique et Président du Conseil de l'Union des étudiants de cette université (et délinquant, faudrait-il ajouter), s'est vu remettre par Edward Gierek la carte du parti : il a prononcé une allocution au nom de tous ceux qui venaient de recevoir la carte du parti (Trybuna Ludu, du 30 avril). La cérémonie, qui a été filmée par la télévision, a eu lieu après que la presse indépendante eut mis au grand jour la participation de Foleik dans l'action du commando et qu'une plainte contre lui eût été déposée auprès du Procureur.
Run inconnu tente de détruire le monument de Lénine à Nowa Huta, ausst tôt les autorités se saisissent du fait pour intenter une longue série d'interpellations, d'interrogatoires perquisi tions dans les milieux de l'opposition démocratique.
Nous avons déjà eu l'occanons de décrire se trouve suscitée par le mode de fonctionnement du pouvoir, par le sysvée où les
One sont titutions fiebli, l'appareil s'est damentales répressif. mass-media, et la l'appareil L'état l'adminis tration, l'enseignenaux et de la crise des valeurs collective, tait des ravages et est enco re intensifié par l'organisation du marché. Les boissons alcoolisées constituent la marchandise la plus accessible. Les revenus de leur vente constituent 10 % des recettes budgétaires.
L'insuffisance de l'économie nationale s'aggrave. La campagne contre l'agriculture individuelle continue. L'inertie et le parasitisme bureaucratique tien-
nent lieu de politique économique. La corruption qui prend des proportions de plus en plus dangereuses, frappe de façon particulièrement drastique relations entre les paysans et les pouvoirs locaux.
Le niveau de vie d'importantes couches sociales se détériore. Une baisse importante des allocations sociales, ainsi que l'insuffisance des services de populaire tendre, vrières,
Tous, les la collectivité.
suscitant de nal, est à l'échelle ceci société.
ploitation meurerait cielles.
civique. Il les trouver des gnement et de politique, à présenter aussi bien aux autorités qu'à l'opinion publique des programmes de redressement de la République de Pologne, et ceci, sous toutes les formes possibles. Les éditions indépendantes sont prêtes à publier des programmes politiques d'avenir, ainsi que les résultats des expertises concrètes et pertinentes, et des propositions de changements. Nous appelons également à faire usage des mass-media offi-
L'inquiétude pour le sort de la patrie devrait susciter un débat général autour des problèmes immédiats et fondamentaux de notre réalité. Il y va, à l'heure actuelle, de ce qui est primordial pour notre avenir. La solution à ces problèmes ne saurait être apportée seulement par des changements de personnes. Il est de notre devoir à nous, Polonais, d'engager un débat national sur les problèmes du pays et d'éveiller des initiatives civiques. D'un tel débat, on ne peut exclure personne.
de chacun de plateau de la ne peut conduication de l situSO ciale. On onvre de redresse+ le m ensonge doptant la véricivique.