Joseba BARRIOLA • Les élections du 15 juin
1977ont inauguré une nouvelle période dans l'Etat espagnol. Les mesures politiques et économiques prises après ces élections furent une escroquerie, seule réponse donnée aux aspirations nationales du peuple basque. De large secteurs du peuple basque - et, en particulier, la jeunesse - l'ont bien compris ainsi. Ces mesures étaient loin de répondre aux aspirations et aux objectifs qui avaient animé les dures luttes contre la dictature.
Les forces de l'ordre public franquistes ont été maintenues intactes; la pré-autonomie n'est qu'une escroquerie (1); la langue basque est toujours une langue opprimée; la souveraineté du peuple basque est encore niée; l'application de la Constitution n'accorde qu'une autonomie contrôlée et subordonnée aux décisions prises par le gouvernement central pour tout ce qui concerne les problèmes fondamentaux - tant économiques
En décembre 1977, le gouvernement de l'UCD a publié un décret-loi prévoyant la mise en place d'un organe basque appelé «Conseil général basque». Cet organe, auquel participent PUCD, le PSOE, le PNV et Euskadiko Ezkerra et dont le président est le socialiste Ramon Rubial, a le soutien -en plus de celui des partis cités ci-dessus- du PCE, du PTE, de l'ORT. Le parti centriste EMK lui avait donné un soutien de principe qu'il lui a retiré au bout de quelques mois. Depuis le début, la coalition nationaliste ra-
Avant
sur le Stat
que politiques... tout cela n'a fait qu'accroître la méfiance de larges couches de la population à l'égard de tout ce qui vient du gouvernement central. Un mouvement de rébellion latente se développe contre le nouveau régime central, qui s'est manifesté de manière évidente lors du référendum constitutionnel. Le peuple basque n'a pas approuvé la Constitution. La majorité absolue de la population d'Euskadi a, soit choisi l'abstention, soit donné un non catégorique lors du vote. La Constitution apparaît donc à de larges couches comme imposée.
Les partis ouvriers majoritaires, le PSOE et le PCE, soutiennent depuis deux ans, sur le fond, la politique du gouvernement et ils ont collaboré étroitement avec celui-ci pour tenter de mettre en place la réforme en Euskadi. Ils ont soutenu sans réserve la pré-autonomie -le PSOE était majoritaire au sein du Conseil général basque-; ils ont été les principaux défenseurs du Pacte de la Moncloa devant les travailleurs et ils ont dicale Herri Batasuna et la LKI s'y sont opposées.
Cet organisme ne détient aucun pouvoir réel. La Navarre n'y est pas comprise province fait partie d'Euskadi-sud. Sans pouvoir, il a cependant vocation de gouverner en collaboration avec les forces bourgeoises centristes (UCD), les partis ouvriers (PSOE), les partis nationalistes bourgeois (PNV) et les partis nationalistes radicaux (coalition Euskadiko Ezkerra).
Il suscite très peu d'intérêt chez le peuple basque et il a été mis fon-
Euskadi le référendum du 25 octobre at d'autonomie soutenu les mesures répressives prises par le gouvernement sinon globalement, du moins ils en ont approuvé la ligne générale. Le 11 novembre 1978, les CCOO et l'UGT ont lancé un appel à une journée contre le terrorisme d'où qu'il vienne - mettant dans le même sac aventuristes l'appareil tat et les actes fascistes contre le mouvement de masse. Les deux partis (PSOE et PCE) ont apporté leur soutien aux Cortes et approuvé la loi anti-terroriste promulgée par le gouvernement de lUCD; ils ont voté la loi sur la sécurité urà réprimer l'ETA et le mouvement de masse, en particuouvrier. En définitive, leur attitude laisse le champ libre à la politique public PUCD.
Mais par-dessus tout, ont entrepris campagne d'intoxication idéoauprès du mouvement ouvrier, au nom du renforcerevendication de l'arrêt de la centrale nucléaire de Lemoniz, répondant par le mépris au peuple basque et, lors de la grève générale après les assassinats de German et de Joseba, au cours de laquelle la seule prise de position du Conseil général basque fut de tenter de récupérer la mobilisation populaire pour faire accepter la réforme en échange de quelques pouvoirs dérisoires, dans des domaines tels que les transports, l'agriculture, etc.
ment de la Réforme. Les effets tions et des espérances nées s'en sont fait sentir dans l'énorme difficulté rencontrée pour obtenir une solidarité réelle de masse aux luttes du peuple basque, lors par exemple de l'assassinat de notre camarade German Rodriguez à Pampelune et de Joseba Barandiaran à San Sébastien en juillet 1978, et encore lors de l'assassinat de Gladis del Estal à Tudela au cours d'une manifestation anti-nucléaire et, récemment, après l'assassinat d'Inaki Guijera à San Sébastien. Dans tous ces cas, la grève générale en Euskadi s'est trouvée pratiquement isolée.
Le Parti nationaliste basque, parti bourgeois fortement planté dans les masses populaires, qui, avec le PSOE, a obtenu le plus de voix en Euskadi lors des élections du 15 juin, a eu durant toute cette période une attitude on ne peut plus démagogue et ambiguë, qui lui a permis de conserver son audience auprès des masses. L'expression la plus nette de cette ambiguité fut sa position d'abstention face à la Constitution. C'est sous la pression de la radicalisation des masses en Euskadi, tout autant que de sa propre base, qu'il a été obligé de prendre cette position, révélant un début de développement de contradictions au sein de ses organes dirigeants.
Une nouvelle phase s'est ouverte en Euskadi, avec des caractéristiques particulières. C'est le produit des contradic2) Euskadi Ezkerra et Herri Batasuna sont deux coalitions nationalistes radicales. Toutes deux sont l'expression politique de la radicalisation de la petite-bourgeoisie liées à la révolte de la jeunesse. Ce sont des courants petits-bourgeois présentant les caractéristiques de cette couche : manque d'homogénéité politique, oscillations entre la bourgeoisie nationale et le mouvement ouvrier, recherche d'un impossible équilibre entre nationalisme et internationalisme, liens avec T'ETA, etc.
Mais ces deux courants ont des différences notables. Euskadiko Ezkerra est le porte-parole des plus modérés. Cette organisation s'est engagée progressivement dans le voie du pragmatisme. Elle participe au Conseil général basque, négocie le statut d'autonomie et est l'un de ses plus ardents défenseurs en ce moment.
sont : a) le développement d'une radicalisation sans précédent au sein de couches de plus en plus larges de la population, qui s'est produite dans le cadre d'un renforcement du mouvement de libération nationale, qui englobe des classes et des couches diverses. Elle est de nature sentiellement politique - contre la répression et pour la souveraineté - mais aussi d'ordre social - contre L'austérité, pactes sociaux, la politique nucléaire du gouvernement, etc. Il faut souligner une des caractéristiques de ce processus de radicalisation qui est sa grande combativité, clairement exprimée à de multiples occasions lors des grèves générales de cette année. Mais, par-dessus tout, on a assisté à un processus de maturation de la conscience de couches de plus en plus larges et s'exprime fondamentalement à travers l'élargissement de la conscience nationale et anti-répressive. b) le développement du mouvement nationaliste et la croissance en son sein même du nationalisme radical. Les élections du 15 juin ont rendu possible une expression politique différenciée. D'importants secteurs des classes moyennes urbaines et rurales basques, ainsi qu'un grand nombre de travailleurs, ont trouvé un point de référence dans le nationalisme bourelle appelle à calisation auquel nous faisons allutique ou un geois du PNB. Mais, dans le même temps, un processus s'est renforcé, qui est le produit direct de la fin des années cinquante : la séparation du mouvement nationaliste en deux ailes, l'une inodérée, l'autre radicale. Cette demière est le résultat d'une radicalisation d'une partie de la petite-bourgeoisie, des intellectuels et de la jeunesse basques, dont l'expression la plus authentique est l'ETA. Avec le changement de régime, ce courant radical, en perpétuelles crises et recompositions, a trouvé de nouvelles formes d'expression, dont les dernières en date sont l'apparid'Herri Batasuna (2).
Mais l'élément déterminant de cette évolution a été l'attitude des partis réformistes; depuis geois et, par-dessus tout, le développement de choix radicaux non ouvriers, l'écho de plus en plus grand rencontré dans des secteurs de la classe ouvrière, le développement même de l'activité de l'ETA et de la sympathie qu'elle rencontre dans de nombreuses couches du peuple basque, tout cela n'a été rendu possible que par les trahisons des partis réformistes. Déjà, lors des derniers affrontements avec la dictature et plus encore par la suite, ils ont fait preuve du plus grand cynisme chauvin gnol et collaborationiste, n'apportant au prolétariat et au peuple basques que désillusions. C'est la raison pour laquelle des de cette coalition est fragile et les contradictions internes commencent à apparaître au grand jour. Leur développement peut donner lieu à de nouvelles recompositions des forces nationalistes et, de fait, le statut va aiguiser très rapidement ces contradictions. Herri Batasuna n'est pas la cause de la radicalisation qui existe en Euskadi, mais le produit. Elle recueille en grande partie, sinon en totalité, votes sympathie l'ETA. Malgré de graves actions aventuristes menées par l'ETA (comme la bombe placée à la centrale de Lemoniz qui a coûté la vie à deux travailleurs), ce potentiel de sympathie se maintient. raisons doivent en être recherchées dans les frustrations qui se développent au sein du peuple basque face à la réforme de l'UCD et face aux trahisons constantes des partis ouvriers majoritaires et l'exaspération que provoquent le chômage, la crise, la marginalisation sociale.
secteurs importants de la classe ouvrière se trouvent désarmés face aux problèmes politiques et ne font plus confiance aux partis et syndicats traditionnels. c) l'affaiblissement de l'allian-
Ice entre la classe ouvrière et les masses nationalistes, alliance qui s'est forgée au travers des luttes pour l'amnistie, contre la répression, contre la dictature enfin; alliance-clé, étant donné quEuskadi a été le fer de lance de la lutte contre le franquisme et est aujourd'hui la principale source de contradictions du nouveau régime. Cet affaiblissement se manifeste à fois en Euskadi même, mais aussi dans l'ensemble de l'Etat. C'est le produit le plus grave de la politique traitre des directions réformistes (3).
L'ensemble de ces données se refléte dans les résultats des élections générales du ler mars, des élections municipales du 3 avril, des deux grèves générales ultérieures (de juin et septembre) et dans le cours quotidien de la vie en Euskadi. Les résultats des élections montrent que le PNV maintient son influence, que le nationalisme radical et,
Uses courants les plus surtout, extrémistes (Euskadiko Ezkerra et Herri Batasuna) se développent, que la banqueroute des ouvriers majoritaires poursuit. L'affaiblissement politique de la classe ouvrière se manifeste aussi par la stagnation des partis ouvriers à la gauche du PSOE et du PCE et, parmi ceux-ci, la LKI (sigle de la LCR en Euskadi).
Les effets de la politique des réformistes sur le mouvement ouvrier se sont reflétés clairement non seulement dans les résultats électomais encore dans le processus de syndicalisation qui a connu une baisse considérable, et encore dans le rôle que joue le mouvement ouvriier organisé dans les mobilisations centrales. Dans les assemblées d'usine, les comités jouent un rôle prédomınant, organisent la lutte quotidienne. Aujourd'hui, bien que la participation à la grève soit générale, mouvement ouvrier organisé n'y joue pratiquement aucun rôle (à l'exception des partis à la gauche des réformistes). Il faut signaler aussi un autre effet de cette politique qui est l'attraction quasi nulle des syndicats au-
Il paraît évident dans ces conditions que le gouvernement de l'UCD ne pourra pas retarder plus longtemps la mise en œuvre de «son» débouché politique en Euskadi, le Statut à l'intérieur des limites mêmes de la Constitution. La plus ou moins grande flexibilité de ces limites est liée aux résultats électoraux en Euskadi et dans l'ensemble de l'E-
LA NEGOCIATION DU STATUT D'AUTONOMIE Le référendum constitutionnel du 6 décembre fut un test essentiel pour l'ensemble du projet de réforme, et en particulier en Euskadi. Les parlementaires basques de l'UCD, le PNV, le PSOE et Euskadiko Ezkerra, quelques jours avant le référendum, ont élaboré un projet de statut, connu sous le nom de «Statut de Guernica» (4). Ils l'ont fait à la hâte et dans le dos du peuple, sans aucun débat et dans le plus grand silence. L'objectif était d'offrir au peuple basque profondément mécontent, quelque chose de concret, quelque chose qui rende le rejet de la Constitution le moins intense et le plus ambigu possible. Nous en avons déjà commenté les résultats. Euskadi a majoritairement clairement la Constitution.
La situation ouverte après le référendum et la convocation à des élections générales et municipales laisse prévoir un nouveau retard dans la négociation et l'approbation définitive du projet de statut par les Cortes. 4) Le Statut de Guernica reconnait, dans son Article 1er, la subordination à la Constitution et nie ainsi le droit d'Euskadi à l'auto-détermination. L'Aberri Eguna (jour de la fête nationale basque) de l'année passée, auquel ont participé des milliers de personnes, avait été justement placé sous le signe de cette revendication, Le statut laisse cependant les organes autonomes pieds et poings liés face aux décisions du ment central et des Cortes. Un exemple significatif : l'ordre public. Une police basque a été mise en place avec pour but de faire respecter la Constitution. En outre, le gouvernement pourrait forces de l'ordre chaque fois qu'il le jugerait nécessaire, en décrétant l'état d'exception, d'urgence tat. Ainsi le gouvernement d'UCD se trouve raffermi par les élections - triomphe obtenu grâce en fait au PCE et au PSOE, après deux années de politique de concensus dans tout l'Etat - et il doit mettre en cuvre son projet politique en Euskadi, face à un processus grandissant de radicalisation masses.
Ces délais n'ont pas réduit les contradictions, qui, au contraire, avaient été aiguisées par les résultats électoraux. La négociation entre l'UCD et le PNV fut de courte durée. Il était alors urgent d'arriver à un accord. Et, au cours d'un affron-
Garaikoetxea, président du PNV, menaça de quitter le Parlement et Suarez, chef du gouvernement, fit courir des rumeurs au sujet d'une militaire de l'Euskadi pour imposer le statut, si besoin en était; le PNV et, avec lui, les parlementaires basques du PSOE et d'Euskadi Ezkerra, cédèrent sur des points importants • l'ordre public, la réunion de la Navarre à lEuskadi, la propriéte basque, etc. et alors qu'elle gagnait sur ces points, l'UCD perdait une partie de ses mode désaccords avec le Alors que les négociations sur le statut d'autonomie poursuivent, il commence à apparaître et à se développer un large courant pour le rejet du à la Moncloa, le palais du chef du gouvernement.
La coalition Herri Batasuna, EMK et LKI a entrepris un travail de dénonciation permanente du pacte. Le 3 juin, journée mondiale anti-nucléaire, la grande Assemblée des conseils municipaux d'Euskadi s'est réunie à Vitoria, pour soutenir le statut de Guernica et sa négociation; dans le même temps,
Herriko Batzarre Naétait réprimée; le même jour, l'Euskadi se mit en grêve générale exigeant lors de milliers d'assemblées et de manifestala dissolution des corps répressifs franquistes, corps que
le Statut entend maintenir en Euskadi. La journée du 3 juin, marquée par la réponse massive à l'assassinat de Gladis del Estal, est symbolique.
Euskadi désire être souveraine, pouvoir choisir son destin. Euskadi désire utiliser sa souveraineté pour en finir avec les forces répressives, pour paralyser la centrale nucléaire de Lemoniz, pour bénéficier d'organes souverains ne dépendant que du peuple, pour se sentir une république libre, pour en finir avec la crise économique, pour faire sortir les prisonniers des prisons, etc.
Pour manifester leur opposition au Statut, de nombreux conseils municipaux se sont 5) Euskal Herriko Batzarre Nazio-
Inal (Assemblée populaire nationale basque) est la réunion des conseils et des députés d'Herri Batasuna. Elle s'est constituée le 3 juillet à Pampelune et fut immédiatement réprimée par le gouvernement. Sa première tâche fut d'élaborer un nouveau projet de statut, mais elle n'a pas pu l'achever. Elle poursuit son projet de constitution; cependant, sa fonction reste très peu claire. 6) Euskadi-nord: est la partie d'Euskadi soumise à l'Etat français. Sur les septs provinces d'Euskadi, trois sont au nord : Lapurdi, Benabarra et Zuber Euskadi-nord est l'une réunis en Navarre, en Guipuzcoa et exigèrent que les forces répressives quittent Euskadi. de retirer le drapeau espagnol. Beaucoup se prononcèrent contre la centrale nucléaire de Lemoniz. Et enfin, après l'assassinat d'Inaki Quijera, lors d'une manifestation en faveur des réfugiés d'Euskadi-nord (6), 36 conseils du Guipuzcoa, ainsi que plusieurs partis et cats, appelèrent à une grève générale contre la répression.
Deux dynamiques s'affrontent en Euskadi. D'un côté, il y a ceux qui prétendent enfer-
Euskadi dans les limites de la réforme, de l'autre, ceux qui aspirent à conquérir la souveraineté, le droit à l'auto-détermination. des régions les moins développées de l'Etat franais, Elle connaît une émigration intense et le projet du gouvernement est d'en faire une région réservée au tourisme. Les luttes en Euskadi-sud ont une forte répercussion en Euskadi-nord et ont éveillé la conscience nationale bien que celle-ci soit faible. Ces derniers mois, il y a eu des mobilisations importantes de soutien aux Basques d'Euskadi-sud réfugiés en Euskadi-nord. réfugiés, après les accords entre les gouvernements de Discard et de Suares, sont en butte à une répression de plus en plus grande.
EN ATTENDANT LE REFERENDUM
Le 25 octobre doit avoir lieu le référendum concernant le Statut en Euskadı, ainsi qu'en Catalogne. Toutes les for ces sociales et politiques se sont mises en marche. Toutes ont conscience qu'il s'agit d'une bataille importante, bien que non définitive.
L'UCD, le PNV, le PSOE, le
Euskadiko Ezkerra, PTE se préparent à mener une campagne intense pour le oui. Herri Batasuna, l'EMK et la LKI se sont mis d'accord pour appeler à l'abstention pour exprimer le refus du Statut. Notre parti a prévu de faire une campagne d'explication dans tout l'Etat en faveur du droit à l'auto-détermination en Euskadi Catalogne, pour la solidarité avec Euskadi face à la répression. Les de Fuerza Nueva se préparent à faire campagne contre ceux qui s'attaquent à «l'unité de la patrie».
Mais cette campagne ne se déroulera pas dans le calme. Un mois juste avant le référendum, l'ETA (militaire) a revendiqué un attentat dans lequel le gouverneur militaire de Guipuzcoa, le Général Gonzalles Valles, a trouvé la mort. Les actions armées de l'ETA se sont multipliées. Les réfugiés dans le nord du Pays basque sont toujours dans une situation désespérée. Les grévistes de la faim ont été transportés à l'hôpital et l'on craint beaucoup pour leurs vies. Un projet de mobilisation contre l'austérité et les plans économiques du gouvernement commence à se mettre sur pied. Après la mort du gouverneneur militaire de San Sébastien, le chef du gouvernement a repoussé son voyage en Amérique. Des réunions des chefs militaires ont lieu. Les fascistes manifestent (2000 personnes selon la presse) au centre de la capitale, Madrid. En Euskadi, la campagne contre le procès de onze femmes accusées d'avoir pratiqué des avortements s'amplifie. Une campagne pour le divorce s'é-
tend dans l'Etat tout entier. Les enseignants sont mobilisés pour leurs conditions de travail et la qualité de l'enseigne. ment.
Tout cela va créer un climat particulier, qui grandit déjà, et chaque question va peser d'un poids particulier sur les résultats du référendum. Dans ce sens, il faut signaler que les actions de masse vont servir à mettre à l'épreuve l'utilité réelle du Statut face aux problèmes et aux conditions sociales. Les activités fascistes vont renforcer pour le oui par la terreur. Et l'activité de l'ETA, qui est un obstacle à la solidarité avec Euskadi et à la défense du droit à l'auto-détermination, dans l'ensemble de l'Etat, ne va pas renforcer la campagne pour le rejet du Statut. Ainsi que le dit le Comité national de la LKI dans une déclaration à la suite de l'attentat de San Sébastien : «La succession d'attentats de l'ETA pourrait avoir aussi un autre objectif : créer un climat de confusion politique afin de provoquer un plus grand taux d'abstentions lors du référendum sur le statut.» Et plus loin : «Il s'agit de convaincre le peuple basque afin qu'il se prononce contre le statut et se mobilise pour la défense de ses droits. Le climat de confusion, la persuation par la peur ne servent pas à grand chose...» Et la
IPAR EUSAI
ERREFUXIEN
IL DE déclaration se termine ainsi : «L'ETA et ses attentats... font le jeu des partis majoritaires fa-
D'un autre côté, l'aiguisement des tensions sociales peut être utilisé par les direction réformistes dans une campagne démesurée contre ceux qui refusent le Statut, donnant des arguments à la répression grâce à cette campagne même et visant à freiner le processus de mobilisation en cours au nom de la «consolidation de la démocratie et du refus de tomber dans les provocations».
Mais, de toutes manières, il est absolument improbable qu'un changement de ligne gouvernementale se produise, c'est-à-dire la recherche d'une approbation majoritaire, la plus large possible, du statut d'autonomie signé entre la bourgeoisie centriste et la bourgeoisie nationaliste.
Et cette approbation est nécessaire au gouvernement de l'UCD, aussi bien pour essayer de renforcer l'ensemble de son projet de réforme politique que pour asseoir les bases d'une collaboration avec la bourgeoisie nationaliste afin de résoudre la crise économique sur le dos des travailleurs, à un moment particulièrement important pour son développement industriel en Euskadi, entre autres.
ET APRES ?... LE STATUT A L'EPREUVE
Bien que l'on puisse prévoir que le rejet sera très important, le vote pour le oui sera certainement majoritaire en Euskadi. Mais c'est immédiatement après que le Statut sera mis à l'épreuve. Parce que de nombreux secteurs qui vont voter oui le feront en y plaçant toute une série d'espérances : l'espoir que les prisonniers politiques seront libérés, que la menace quotidienne que font peser les forces répressives héritées du franquisme seront supprimées, que le chemin menant à l'unification de la Natarre et d'Euskadi sera aplani, que les organes basques - parlement et gouvernement basques - auront de réels pouvoirs pour régler les problèmes litigieux. Le Statut et ses organes vont devoir affronter espérances et ces aspirations parce que les partis qui soutiennent le Statut, en particulier Euskadiko Ezkerra, se sont vus obligés de freiner ces aspirations pour obtenir un vote positif. Ainsi Euskadi Ezkerra a lancé une campagne sur le thème : «Avec le Statut, les prisonniers à la maison». Et on va en faire l'expérience.
De plus, avec le Statut, la confiance en Euskadi va être augmentée et toute ingérence du gouvernement dans les affaires du peuple basque sera très mal acceptée. Ainsi les organes autonomes vont se trouver pris entre deux feux, entre les exigences intactes du peuple basque face à des thèmes tels que l'ordre public, la Navarre, Lemoniz, la crise économique, etc. et les exigences du gouvernement de l'UCD de s'en tenir aux limites de la Constitution et des plans de la bourgeoisie pour résoudre la crise économique.
Dans ces conditions, trois questions d'importance capitale pour Euskadi se posent, pour que la bataille d'Euskadi contre les projets de l'UCD s'approfondisse et s'élargisse, pour une résistance généralisée des différents peuples de l'Etat es-
CHANGEMENT DE TARIF : A PARTIR DU PROCHAIN NUMERO
ABONNEMENT POUR UN AN A INPRECOR, SOIT 25 NUMEROS
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(Canada : 35 dollars canadiens; 45 par avion ; USA : 30 dollars US,
Virement à l'ordre de SCHOLTZ - rue Josse Impens 127 - BRUXELLES - pagnol et de la classe ouvrière dans son ensemble.
En premier lieu, les risques qui découlent de l'inconséquence et de la nature du courant Herri Batasuna (lié à l'ETA militaire) qui est actuellement à la tête du processus de radicalisation vont se préciser. Ce courant petit-bourgeois est amené (à des niveaux déterminés, conseils municipaux, par exemple, et il en a déjà la preuve), à tantôt pencher du côté de la bourgeoisie nationaliste, à s'engager tantôt dans des actions aventuristes radicales, ce dont il a montré qu'il était capable lors de nombreuses mobilisations.
En second lieu, il y a également les risques qui découlent bimensuel
INE
INTERS
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Chèques postaux ou bancaires à l'ordre de Pascal Henri, adressés à
Inprecor - BP 57 - 93101 - MONTREUIL Cedex - FRANCE ou
Belgique - N. 001-1085001-56
(envoyer copie à Inprecor Montreuil)
d'un approfondissement possible de l'isolement d'Euskadi par rapport à l'ensemble des travailleurs de l'Etat espagnol. Eviter ce risque présuppose une activité constante pour maintenir la solidarité avec les luttes d'Euskadi et pour dévolopper la solidarité de l'Euskadi et la conjonction de ces luttes avec celles des autres travailleurs et des peuples de tout l'Etat. C'est par cet aspect fondamental que les actions de l'ETA présentent de fait et objectivement un obstacle supplémentaire pour assurer le triomphe de la lutte du peuple basque pour sa souveraineté.
Notre parti, en Euskadi comme dans la totalité de l'Etat, s'efforce constamment d'as40 dollars par avion) INTER
Brésil : Le mouvement Le!
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surer à la résistance basque aux projets de l'UCD le soutien de tous les travailleurs et un débouché politique qui mène à la victoire, c'est-à-dire à la défaite de l'UCD et de son projet et à la satisfaction des aspirations nationales du peuple basque qui, sans aucun doute, devra d'un s'accompagner changement radical du rapport de forces dans l'Etat espagnol, en faveur de la classe ouvrière, et se dans les répercutera avec force luttes de la classe ouvrière européenne.
C'est pour cela que, comme au temps de la dictature, la solidarité avec Euskadi est une tâche actuelle pour tous les révolutionnaires d'Europe. Et la IVe
Internationale s'y est engagée.
INTERCONTINENTAL PRESS de masse et la construction du Parti des travailleurs
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