Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER NICARAGUA

Motion sur la Brigade Simon Bolivar, adoptée par le Secrétariat unifié

· Inprecor n° 61, 18 octobre 1979 · p. 8 · 792 mots

Nicaragua IVe Internationale

Motion sur la Brigade Simon Bolivar, adoptée par le Secrétariat Au mois d'août, la direction du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) a expulsé du Nicaragua les membres non-nicaraguayens de la «Brigade Simon Bolivar». La presse capitaliste mondiale a présenté la Brigade Simon Bolivar comme «trotskyste». Le Secrétariat unifié de la IVe Internationale, l'organisation trotskyste mondiale, adopte cette déclaration pour clarifier ses relations avec la Brigade Simon Bolivar.

La Brigade Simon Bolivar a été formée au mois de juin dernier par le Parti socialiste des travailleurs de Colombie (PST). Son objectif ostensible était de recruter une brigade militaire ve finale contre le régime de Somoza.

Même si des individus recrutés par la Brigade ont rejoint le Front et ont été intégrés FSLAN, la Brigade dans des unités du ESLN, la Brigade en tant qu'unité n'est entrée au Nicaragua qu'après la chute de Managua. Des sections de la Brigade ont gagné Managua, Bluefields et d'autres vil-

La Brigade Simon Bolivar, non seulement, s'est présentée comme faisant partie du FSLN mais a aussi déclaré qu'elle agissait pour le compte du FSLN et de sa direction. Pourtant, en fait elle n'a jamais accepté la discipline du FSLN mais a suivi au contraire sa propre voie. Se présentant à tort comme une unité armée du FSLN, la Brigade a tenté d'imposer sa propre direction à des travailleurs engagés dans l'organisation de syndicats dans différentes entreprises, dans certains cas, en recourrant à des méthodes autoritaires et manipulatoires. Elle a même introduit la règle scandaleuse de la «double affiliation» de ces syndicats à la fois à la CST et à la BSB ! Cette activité a été largement connue au Nicaragua. A Bluefields, une ville de la cote Est, largement coupée du reste du pays, où se trouvaient peu de cadres du FSLN, la FSLN, la Brigade s'est présentée comme la la direction du FSLN pour la ville et les environs. Le FSLN a été obligé d'envoyer un détachement armé pour rétablir son autorité.

Confrontée à cette situation, la direction du FSLN a convoqué publiquement une rencontre avec la Brigade Simon Bolivar. La Brigade a répondu en organisation une manifestation de travailleurs près de l'endroit de la réunion. Les travailleurs impliqués ont été conduits à cette manifestation sous le faux prétexte qu'ils y venaient pour discuter de leurs problèmes avec la direction du FSLN.

La direction du FSLN a tenu deux réunions avec la Brigade Simon Bolivar, de plusieurs heures, pour essayer de résoudre la siunifié tuation. Elle a proposé que la Brigade devienne un secteur discipliné et loyal du FSLN, en tant que Brigade internationale. Mais la direction de la Brigade a refusé de se soumettre à la discipline du FSLN, bien qu'elle se présente publiquement comme une organisation militaire et non pas politique.

Après que la direction du FSLN ait expulsé ont été envoyés au Panama, première étape de leur voyage. Le régime Torrijos a saisi cette occasion pour arrêter et frapper des membres de la Brigade avant de les expulser, ce que nous dé-

Le PST colombien est une organisation sympathisante de la IVe Internationale. Cependant, tout le projet de mise en place de la Brigade Simon Bolivar ne s'est pas développé sous la direction ou en collaboration avec les instances de direction élues de la IVe Internationale. Il a développé sa propre politique, à l'encontre de la politique de la IVe Internationale.

Ce rejet et ce refus de la IVe Internationale de la part de la direction de la Brigade Simon Bolivar sont clairement apparus quand ils ont refusé qu'un représentant du Secrétariat unifié de la IVe Internationale qui était présent, assiste aux rencontres entre le FSLN et la Brigade Simon Bolivar, bien que le FSLN ait donné son

Des documents du PST colombien attestent que le projet de la Brigade Simon Bolivar a été largement conçu et réalisé comme une opération fractionnelle contre le FSLN et la majorité de la IVe Internationale. Le PST colombien a placé ses propres intérêts fractionnels au-dessus de ceux de la révolution nicaraguayenne. Ces agissements de la Brigade pouvaient fournir un pouvaient fournir un prétexte à des forces hostiles au développement de la révolution pour réclamer le recours à la répression au sein du mouvement ouvrier pour régler les désaccords politiques, contrairement à la politique actuelle du FSLN.

La IVe Internationale condamne et rejette la Brigade Simon Bolivar et ses activités. Par contre, la IVe Internationale considère que l'expulsion de la Brigade Simon Bolivar du Nicaragua fut erronée. Mais, si nous ne voulons pas minimiser le caractère frauduleux, irresponsable de l'opération de la Brigade Simon Bolivar, nous croyons que le prestige du FSLN était suffisamment grand pour régler le problème par la critique et la dénonciation publique.

Le Secrétariat unifié de la IVe Internationale

Le 1er octobre 1979

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