Italie FIAT-SEAT:
initiativ
A tobre a eu lieu à Turin une U premier week-end d'ocrencontre des militants ouvriers des sections italienne et espagnole de la IVe Internationale, respectivement de FIAT et de SEAT. La délégation de la LCR était composée de quatre camarades de deux établissements de Barcelone, Zona Franca (26000 ouvriers) et Martorell (2500 ouvriers), dont trois membres des Comisiones Obreras et un membre de l'UGT. Tous appartiennent aux comités d'entreprise respectifs; un est membre de la direction de CCOO de Catalogne, un autre responsable de l'UGT de la zone industrielle où se trouve l'établissement SEAT de Zona Franca. Les militants ouvriers italiens travaillent à Mirafiori, Lingotto, Rivalta et Materierro. Ont assiste a la rencontre contre aussi des ouvriers de aussi des ouvriers IVECO, de Bertone et d'Alfa Romeo (Milan). La plupart des militants sont délégués ouvriers ou cadres syndicaux.
La première partie des travaux, limitée aux délégations restreintes, a été consacrée à une discussion sur le rôle de la coordination stable dont la création a été décidée et sur la préparation d'un journal commun. Dans la deuxième journée, il y eut une réunion plus large où ont été débattues la situation et les perspectives des deux grandes entreprises de l'automobile.
Au centre des débats était placé le problème des conséquences de l'intégration de SEAT dans FIAT. Il s'agit de toute évidence d'une opération qui est dans la logique des multinationales et qui implique tinationales une homogénéisation des conne première e internationaliste ditions de production des deux entreprises. Il est significatif, que précisement dans les semaines qui ont précédé la rencontre, des luttes assez dures se soient déroulées dans les ateliers de vernissage aussi bien à Turin qu'à Barcelone. Dans les deux cas il s'agissait d'une attaque patronnale contre les droits acquis par les ouvriers à des étapes précédentes, combinée avec une attaque du droit de grève lui-même (le patronat dénonce le caractère «sauvage» des luttes qui, d'après lui, auraient été inspirées par des minorités d'ultras et va jusqu'à prétendre que les ouvriers doivent payer les prétendus dégâts provoqués par les grèves).
La discussion sur les perspecdes deux entreprises a mis en lumière qu'à plus court terme ce seront surtout les ouvriers de SEAT qui vont être menacés par les conséquences du processus de profonde restructuration que les nouveaux maîtres veulent imposer. On SEAT ne pourra maintenir le niveau d'emploi actuel que si elle passe d'une production 300000 à une production de 500000 voitures par an (à partir de 1981). Une telle hypothèse n'est pas réaliste dans le contexte présent de l'industrie mondiale de l'automobile, qui laisse prévoir des difficultés accrues dans les années qui viennent. En fait, l'objectif de 500000 voitures à Barcelone ne pourra être maintenu sans un transfert dans l'entreprise catalane d'une partie de la production d'autres établissements
FIAT. Un exemple concret : FIAT a projeté de créer dans la région de Barcelone une entreprise pour la construction de boîtes de vitesse qui devrait produire en 1981, 600000 pièces, à savoir, en gros, le double de ce dont SEAT a besoin. Il est évident que FIAT a l'intention de transférer en Ca talogne une partie de la production actuelle de Turin.
Tout cela indique qu'il est nécessaire que le mouvement ouvrier des deux pays se pose dès maintenant le problème d'une riposte à l'attaque que la multinationale de l'automobile lancera contre la classe ouvrière, par la réduction de l'emploi et l'accroissement du taux d'exploitation.
Malheureusement ni les partis réformistes ou néo-réformistes, ni les syndicats ne préparent sous une forme tant soit peu sérieuse, les échéances qui s'approchent. Pire, certains syndicalistes sont allés jusqu'à s'engager de ne pas communiquer à leurs partenaires de l'«autre» pays des informations dont ils disposent sur des opérations envisagées par les patrons.
C'est dans un tel contexte que les camarades de Turin et de Barcelone ont décidé de mettre sur pied une coordination régulière qui devra être un instrument d'élaboration et d'intervention commune des marxistes-révolutionnaires des deux pays. Le travail va se développer selon les axes suivants : a) une bataille dans les organisations syndicales respectives pour qu'elles assument la
tâche de coordonner les structures syndicales de la multinationale FIAT entre les différents pays et d'abord entre l'Italie et l'Etat espagnol; b) La définition des terrains de luttes et d'objectifs communs pour les ouvriers de la multinationale en question. Une première démarche sera la bataille pour intégrer dans la plateforme pour les contrats d'entreprises de chez SEAT et chez FIAT l'objectif de l'égalisation des conditions des ouvriers dans les deux entreprises (actuellement, les ouvriers turinois jouissent des conditions plus favorables du point de vue des normes et des horaires de travail); c) une bataille plus générale sur la nécessité d'une lutte internationale contre l'attaque générale des patrons, dans la perspective d'une alternative ouvrière à la crise du capitalisme
La coordination aura un organe de presse qui sera diffusé à Barcelone et à Turin. Il aura le titre commun: FIAT-SEAT Stessa lotta - Misma lucha. Le numéro zéro paraîtra au cours du mois d'octobre. Il aura une partie commune et une autre oct.-nov 79 1 partie d'information qui sera évidemment différente (les informations sur SEAT n'apparaitront que dans l'édition italienne et vice-versa). Il paraîtra tous les deux mois.
«Face à l'internationalisation croissante du processus productif, les directions du mouvement ouvrier ont réagi le plus souvent par une stratégie myope, nationaliste et en allant jusqu'à diviser et opposer les intérêts des ouvriers des diffé-
A LIRE EGALEMENT DANS n. 60 - «Les tenants et les aboutissants d'une restructuration industrielle -Winfried WOLF rents pays,» écrit l'édito du premier numéro qui va paraître, «ce n'est pas un mystère que les syndicats sont favorables à positions de leur propre industrie nationale contre celle des pays concurrents et qu'ils acceptent le slogan de la bourgeoisie «exporter davantage et importer moins». En cas de licenciements, ils préfèrent que soient frappés les filiales étrangères ou les travailleurs immigrés. Cette politique divise les travailleurs face à un patronat Sme *11 8F vient de paraître
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qui, lui, est uni... Le but de notre publication est d'œuvrer sur la base de notre force très modeste afin que le mouvement ouvrier de nos deux pays et de l'Europe en général se dote d'une stratégie différente, d'une stratégie de lutte de classe anticapitaliste. Face aux processus de multinationalisation, nous voulons démontrer que des organisations de pays différents, mais animées d'une conception internationaliste commune peuvent apporter une réponse unitaire permettant de combattre ensemble les forces patronales.» A l'issue des travaux de la rencontre, eut lieu une assemblée ouverte avec la participation d'une centaine d'ouvriers, où ont pris la parole pour expliquer la portée de l'initiative deux camarades de SEAT et deux de FIAT. Et la réunion s'est terminée par une inter• du camarade Livio Maitan, du Secrétariat unifié de la IVe Internationale, qui a esquissé une analyse des problèmes qui se posent au mouvement ouvrier en Europe capitaliste et les axes de lutte des marxistes-révolutionnaires à cette étape.
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